"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
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25 Juin 2020

« COVID-19 et impacts socio-économiques sur le monde rural : il faut réformer les politiques agricoles

Installation de la COVID-19 au Sénégal avec des impacts socio-économiques sur le monde rural et l’Agriculture

Annoncé officiellement au Sénégal le 2 mars 2020, la COVID-19 a touché aujourd’hui toutes les régions du pays. L’interdiction de rassemblement le 13 mars, l’état d’urgence proclamé le 23 mars avec des mesures d’endiguement, notamment la restriction des déplacements interurbains, et la suspension des marchés hebdomadaires ou « louma », ont engendré divers impacts et mis en lumière les limites des politiques sanitaires, mais aussi socio-économiques et agro-environnementales du pays.
Les populations vulnérables les plus touchées par cette pandémie, sont celles des quartiers des banlieues qui vivent dans des situations précaires, mais aussi celles du monde rural, beaucoup moins équipées et résilientes pour se défendre face au virus, notamment les agropasteurs et personnes actives des secteurs de l’informel.
En effet, la commercialisation des produits agricoles de la contre-saison froide qui sont périssables, a été sévèrement perturbée. L’économie rurale principalement assurée par le secteur primaire qui représente 16% du PIB et 50% des emplois est paralysée. Des stocks de semences sont autoconsommés par endroit pour faire face à la soudure précoce, et la campagne agricole d’hivernage est compromise par manque de ressources matérielles (intrants et équipements) et/ou financières qui aurait dû se faire pour certains avec les recettes de la campagne de contre-saison.
Face à une démographie galopante, à un modèle agricole mondial à bout de souffle, aux effets croissants du réchauffement climatique, … : comment parvenir à assurer la sécurité alimentaire des populations de manière durable ? Cette question d’ordre mondial est devenue d’autant plus préoccupante dans un contexte de pandémie de la COVID-19 qui remet plus que jamais en question nos systèmes alimentaires.

Les plans de riposte adoptés par l’Etat, les organisations de la société civile et les populations s’inscrivent dans le très court terme, alors que l’insécurité alimentaire s’accentue

Bien avant le début de la pandémie du COVID-19, 135 millions de personnes à travers le monde étaient déjà confrontées à une situation d’insécurité alimentaire grave en raison de crises ou de chocs préexistants : http://www.fao.org/news/story/fr/item/1269763/icode/.
Selon la FAO, en 2020, 24 millions de Sahéliens, dont la moitié sont des enfants, ont besoin d’une assistance et d’une protection vitales, le nombre le plus élevé jamais enregistré. En raison de la violence généralisée et des catastrophes naturelles, 6,9 millions de personnes sont confrontées aux conséquences désastreuses des déplacements forcés. Plus de 4,5 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur de leur pays ou réfugiées – soit un million de plus qu’en 2019, et 2,5 millions de retournés luttent pour reconstruire leur vie.
Au Sénégal, le bilan négatif de la précédente saison des pluies (2019) annonçait déjà une situation d’insécurité alimentaire et de malnutrition accrue et préoccupante, selon un rapport de la FAO de novembre 2019. L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim) avait déclaré qu’au moins 975 000 personnes avaient été touchées par la sécheresse au Sénégal . Déjà en 2019, des signaux d’insécurité alimentaire étaient perceptibles sur le terrain.
La situation inquiétante de la crise annonce des menaces plausibles d’insécurité alimentaire, et d’écroulement de l’économie nationale, surtout pour un pays comme le Sénégal ou le déficit commercial s’est aggravé au mois de mars dernier, indique la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE). Durant le mois de mars 2020, les échanges extérieurs du Sénégal font ressortir un déficit de 274,5 milliards contre 29,4 milliards en février 2020, soit un creusement de 282,8 milliards’’, constate la DPEE dans son Point mensuel de conjoncture pour le mois de mars : http://aps.sn/actualites/economie/article/le-deficit-commercial-s-est-degrade-en-mars-dpee.

De surcroît, quand on se réfère au communiqué du 18 mars 2020 du Directeur du commerce intérieur, le pays était à un stock cumulé de 246 mille tonnes de riz (denrée la plus consommée par les sénégalais et son niveau d’importation toujours trop importante) pour couvrir deux mois et demi, et attendait un complément de 120 mille tonnes au mois d’avril pour atteindre une couverture des besoins du pays pendant quatre mois

Dans la confusion totale et l’incertitude sur l’avenir que la crise de la COVID-19 nous réserve, des initiatives d’appuis sont notées autant du côté de l’Etat que des organisations de la société civile, principalement sur la sensibilisation pour le respect des mesures barrières et des dons de kits de protection sanitaire, de vivres de soudure, l’appui en intrants et en matériel agricole. En effet, des plans de riposte sectorielle, notamment de l’agriculture, de l’élevage et du développement territorial sont mis en place par le gouvernement pour gérer l’urgence de sortie de crise dans le court terme.
Par exemple, pour cette présente campagne agricole 2020, le Gouvernement du Sénégal a décidé de faciliter l’acquisition d’intrants et de matériels agricoles subventionnés à hauteur de 60 à 70% et d’accompagner les petites exploitations agricoles pour un coût global de 90 361 598 870 FCFA.
Au vu des besoins des populations vulnérables touchées par la crise, sans parler des retards liés à leur mise en place effective, ces plans d’aide sont très insuffisants et n’ont pas non plus intégré de planification stratégique à moyen et long terme pour promouvoir le développement de systèmes alimentaires durables et viser la souveraineté alimentaire et nutritionnelle.
En outre, certaines tranches de la population rurale, particulièrement des acteurs économiques agrosylvopastoraux et de l’artisanat, ont eux aussi su mettre à l’épreuve leur ingéniosité en exploitant les potentialités des ressources de leur territoire et réorganisant leur système d’exploitation. Il s’agit notamment devant la situation d’urgence, du développement de marchés de proximité au niveau des villages et communes, de partenariats commerciaux entre producteurs, transporteurs et commerçants, du renforcement de l’autonomie et du pouvoir de négociation des exploitations familiales. Seulement, aucune garantie de pérennisation et de mise à l’échelle de ces initiatives ponctuelles et éparses n’est donnée.

Nécessité de politiques cohérentes qui promeuvent des systèmes de production et économiques plus résilients et autonomes.

Le Sénégal n’est pas encore sorti de cette situation de crise sanitaire avec des incidences á tous les niveaux (social, économique, écologique). Les plans de riposte des autorités contre la COVID-19 sont éphémères et les défis de l’agriculture sénégalaise énormes. Et pourtant, des acteurs de la société civile avaient sonné l’alerte bien avant la pandémie en incitant les gouvernants vers des politiques de développement plus résilientes aux crises et catastrophes naturelles et qui garantissent mieux la bonne gouvernance des ressources naturelles et la reconquête de la souveraineté alimentaire.
C’est dans cette logique que les résultats du diagnostic produit par la Dynamique pour la Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES) lors d’un vaste processus de consultation dans les six zones éco-géographiques du Sénégal au second semestre de l’année 2019 ont mis en relief 15 défis auxquels l’Agriculture sénégalaise fait face. Et nous constatons que les effets de la crise n’ont pas changé le contenu du diagnostic de la DyTAES, mais l’ont plutôt mis au grand jour. Les difficultés et l’insécurité constatés durant cette crise confirment à nouveau la pertinence des recommandations d’ordre général et spécifiques de la DyTAES sur la nécessité, voir l’obligation de revoir le modèle de développement territorial et les systèmes alimentaires du Sénégal pour une transition agroécologique au niveau national, gage de la résilience et de l’autonomie des exploitations familiales.
L’agroécologie est reconnue à l’international comme un levier puissant pour rendre plus durables l’agriculture et l’alimentation (FAO, 2018 ; IPES-Food, 2018 ; De Schutter, 2011 ). Basée sur des processus ascendants et territoriaux, l’agroécologie aide à résoudre les problèmes locaux grâce à des solutions adaptées au contexte. Les innovations agroécologiques se fondent sur la production conjointe de connaissances, en associant la science et les savoirs traditionnels, concrets et locaux des producteurs et productrices. En renforçant leur autonomie et leur capacité d’adaptation, l’agroécologie donne aux producteurs-trices et aux populations les moyens d’être des acteurs clés du changement.
En Afrique subsaharienne, de nombreuses études de cas prouvent que l’agroécologie peut contribuer à la sécurité́ alimentaire et nutritionnelle tout en restaurant les ressources, les services écosystémiques et la biodiversité (Oakland Institute, 2020 ; AFSA, 2019 ; FAO, 2020). Ces études montrent également que l’agroécologie peut jouer un rôle important dans la cohésion sociale, le renforcement de la résilience et l’adaptation au changement climatique. Elle ouvre de nouvelles perspectives aux jeunes ruraux et peut, de ce fait, concourir à freiner l’exode rural actuellement observé en Afrique sub-saharienne.
Au vu de la nature systémique et multidimensionnelle des freins au changement, on comprend que la transition agroécologique n’est pas qu’une affaire d’agriculteurs ou d’éleveurs. Elle s’appuie nécessairement sur des changements profonds dans l’organisation des filières et des territoires et dans l’ensemble du système d’appui à l’agriculture (recherche, formation, conseil, subvention, etc.).
Dès lors, les initiatives endogènes, généralement fondées sur les principes de l’agroécologie, méritent davantage d’attention des pouvoirs publics pour leur mise à l’échelle en vue de mettre fin aux menaces d’insécurité alimentaire qui s’accentuent chaque année à travers le pays.
Malgré́ la bonne volonté́ du gouvernement qui a placé la transition agroécologique parmi les cinq initiatives majeures du Plan d’Action Prioritaire de la deuxième phase du Plan Sénégal Emergent (2019-2024), et des autres acteurs, la mise à l’échelle de l’agroécologie est freinée par l’éparpillement des initiatives et par des blocages systémiques. Un dialogue entre tous les acteurs et une mise en synergie des initiatives apparaissent comme deux conditions préalables pour aller de l’avant et opérationnaliser la vision du chef de l’Etat.

Que propose la Dynamique pour la Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES) ?
Le document de contribution qui a été produit par la DyTAES au sortir des consultations du monde rural a été remis aux autorités compétentes du pays en février 2020, et puis largement diffusé en ligne. Dans ce document, sont formulées des recommandations politiques en faveur de la transition agroécologique dans le court et le long terme. De prime abord, la DyTAES propose trois recommandations immédiates :
i) Mettre en place un cadre national de dialogue regroupant tous les acteurs pour la transition agroécologique ;
ii) Encourager et appuyer financièrement des expérimentations impliquant la mise en œuvre de changements coordonnés et simultanés dans plusieurs secteurs d’activités (éducation, agriculture, alimentation, énergie, habitat, forêt…) à l’échelle de communes ou départements pour mettre en œuvre un plan territorial ;
iii) Identifier des priorités pouvant avoir un effet de levier pour la transition agroécologique et les valoriser dans les expérimentations.
Cependant, la DyTAES n’a pas eu de retour du gouvernement du Sénégal depuis qu’elle lui a remis officiellement ce document de contribution politique lors de la 3ème édition des Journées de l’Agroécologie qui s’est tenue du 30 janvier au 1er février 2020 en présence de 1500 personnes provenant essentiellement du monde rural, d’une diversité d’organisations du Sénégal et de pays de la sous-région ouest africaine, de l’Europe et du Canada.
Présidées à l’ouverture par le Ministre de l’Agriculture et clôturées par le Ministre de l’Environnement représentants du président de la République, ces journées furent l’occasion pour la DyTAES d’appeler le gouvernement sénégalais au dialogue en faveur d’une politique intégrée et fondée sur une vision holistique qui prend en compte le caractère multidimensionnel et transversal de la transition agroécologique.
Toutefois, la DyTAES réitère sa disponibilité pour accompagner l’Etat du Sénégal dans la construction d’une politique de transition agroécologique intégrée et holistique, avec une intervention coordonnée dans plusieurs secteurs, et qui sera capable d’aborder toutes les dimensions nécessaires à cette transformation.
Pour endiguer la menace d’insécurité alimentaire qui s’annonce et renforcer notre autosuffisance alimentaire et notre souveraineté alimentaire, la DyTAES demande à l’Etat de renforcer les investissements dans l’agriculture pour cette année particulière, et plus particulièrement dans l’agroécologie, et de prendre des mesures spéciales pour renforcer la sécurisation de la production agricole et l’autonomisation des exploitations familiales au détriment des agro-industries à qui l’on réserve d’habitude une bonne partie des subventions agricoles, mais aussi étendre les mesures d’appui en intrants aux engrais organiques.
Pour le moyen et long terme, la DyTAES décline sa proposition d’orientation politique sur quatre axes principaux similaires à ceux du Programme National d’Investissement Agricole pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition (PNIASAN) :
Axe 1 – Amélioration et sécurisation des bases productives
• Permettre un accès équitable à l’eau productive pour les exploitations familiales, et susciter une utilisation durable de l’eau par tous les usagers : accroître les investissements et assurer un accès économique à l’eau productive en quantité et en qualité suffisante avec moins d’impact carbone) ;
• Faire de la gestion durable des ressources naturelles (forêts, ressources halieutiques, sols) une priorité nationale : responsabilisation des communautés et application rigoureuse de réglementations adaptées ;
• Protéger et valoriser les semences paysannes, les races rustiques et les espèces forestières et halieutiques locales en veillant à la préservation de la biodiversité.

Axe 2 – Accroissement durable de la productivité́ et des productions d’agriculture, d’élevage et de la pêche
• Renforcer la résilience des systèmes de production agricole, d’élevage et de la pêche via l’adoption de pratiques agroécologiques : accompagner les exploitations familiales qui souhaitent s’engager dans l’agroécologie à travers des mesures incitatives (produits d’assurance agricole adaptés, amortissement des risques, infrastructures de stockage et conservation, etc.)
• Faciliter l’accès des exploitations familiales à des intrants organiques et à des équipements de qualité́ pour accroître la productivité́ des systèmes agriculture, d’élevage et de la pêche :
• Subventionner et rendre plus accessibles les biofertilisants, les biopesticides et le matériel agricole et soutenir toutes les initiatives de valorisation des ressources alimentaires pour le bétail et de production de cultures fourragères afin de favoriser la complémentarité́ agriculture-élevage ;
• Prioriser l’agroécologie dans les programmes de recherche, de formation et de conseil agricole.
Axe 3 – Promotion des produits issus de l’agroécologie dans les chaînes de valeur agricole, d’élevage et de la pêche
• Limiter les pertes post-récolte, améliorer la qualité sanitaire des produits et diversifier l’offre en produits transformés : renforcer les capacités des acteurs et les infrastructures de conservation, de transformation et de transport ;
• Promouvoir la consommation des produits issus de l’agroécologie au niveau national : campagnes d’information, sensibilisation et inclure dans les commandes publiques des quotas ou clauses pour faciliter l’accès des produits agroécologiques aux marchés, notamment institutionnels.
• Faciliter l’accès des exploitations familiales à des marchés qui valorisent les produits agroécologiques : renforcer les mécanismes de régulation des marchés et d’information sur la disponibilité́, la localisation et le prix des produits issus de l’agroécologie.
Axe 4 – Amélioration de la gouvernance, des conditions cadres et du financement pour une transition agroécologique à grande échelle
• Instaurer un cadre de concertation intersectoriel, participatif et inclusif pour faciliter la construction, la mise en œuvre et le suivi des politiques de transition agroécologique : soutenir également la mise en place de cadre de concertation multi-acteurs au niveau local ;
• Améliorer, adopter et faire appliquer les lois, codes et règlements favorables à la transition agroécologique : foncier, biosécurité et aménagement du territoire ;
• Assurer le financement de la transition agroécologique en priorisant le soutien aux exploitations familiales : budgets spécifiquement alloués à la transition agroécologique et orientés en priorité vers le soutien aux exploitations familiales, à la recherche sur l’agroécologie, à la préservation des ressources naturelles et à la restauration des sols.

23 Mai 2020

Le Groupe de Dialogue Social et Politique (GDSP)

Les Acteurs Non Etatiques (ANE) du Sénégal ont entrepris de constituer le Groupe de Dialogue Social et Politique (GDSP) en 2014. Ce groupe a une mission : (i) d’interface, de mobilisation et de facilitation du dialogue entre les acteurs de la société civile et les décideurs étatiques, et (ii) d’information et de communication sur l’état d’avancement et l’évaluation du Programme National d’Investissement Agricole, de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (PNIASAN) et géralement sur les politiques agricoles.
Le GDSP constitue le troisième pilier du dispositif institutionnel de gouvernance du PNIASAN, après le comité de pilotage placé sous l’autorité de la primature et le comité technique coordonné par la Direction de l’Analyse, de la Prévision et des Statistiques Agricoles (DAPSA) et chargé de l’exécution du Programme.
Il regroupe toutes les organisations (OP, SC et Privés) légalement reconnues manifestant leur intérêt à intégrer le groupe. Il se veut un cadre ouvert et son fonctionnement repose sur plusieurs composantes dont l’Assemblée Générale, le Comité Technique et le Comité Directeur.
Conscients de leurs rôles et responsabilités dans les transformations sociales et économiques de l’Agriculture, les Organisations de Producteurs et de la Société civile, à travers le Groupe de Dialogue Social et Politique (GDSP) se sont impliquées significativement dans le processus de formulation (démarré en février 2017) du PNIASAN.
Pour y arriver, le GDSP a mené plusieurs activités, notamment l’animation de cinq ateliers zonaux (zones agro-écologiques) de concertations avec les producteurs, éleveurs, pêcheurs,… et de plusieurs rencontres du comité technique pour la finalisation des propositions. Plus de 200 OP/OSC ont participé à l’ensembre des concertations et consultations parmi lesquelles 63 organisations de femmes.
Ce travail a permis de réaliser un bilan sommaire des programmes de développement actuels et passés et d’identifier les investissements prioritaires en valorisant et en prenant en compte les potentialités, les spécificités et la vocation économique des territoires. Un atelier national sur le rôle des jeunes et des femmes dans l’agriculture a permis de compléter ces consultations.
L’ensemble des contributions ont été synthétisées dans le document de propositions des OP et de la SC qui a été partagé avec le gouvernement en septembre 2017.
Ces contributions ont permi de définir une vision partagée qui devra régir les interventions du GDSP dans le cadre spécifique du PNIASAN : « Pour des investissements qui améliorent durablement les capacités des exploitations familiales, à nourrir le Sénégal et à contribuer à la création d’emplois et de richesses aux différents niveaux et dont la gouvernance est inclusive, transparente et équitable. »
Cette vision est déclinée en quatre axes stratégiques qui constituent les principales orientations du GDSP et sur lesquelles devront porter les interventions :
Axe stratégique 1 : ⇒ Gouvernance du secteur agricole et financement de l’Agriculture familiale
Meilleure prise en compte des besoins spécifiques et des préoccupations des acteurs de la base ; Meilleure participation des organisations paysannes (OP) et de la société civile (SC) à toutes les étapes d’exécution des politiques publiques ; Choix des secteurs et des cibles d’investissement fait de manière inclusive et selon des principes d’équité entre les secteurs, les acteurs et les zones.
Axe stratégique 2 : ⇒ Amélioration de la production et de la productivité des Exploitations Familiales + La promotion de Chaines de valeurs inclusives et créatrices de richesses pour les EF
Amélioration des capacités des exploitations familiales, base du développement agricole au Sénégal, par un meilleur accompagnement et une plus grande accessibilité aux facteurs de production
Axe stratégique 3 : ⇒ Résilience des exploitations familiales
Valorisation de l’agriculture familiale et des pratiques agroécologiques pour contribuer à la préservation des ressources naturelles et à la promotion de systèmes de production diversifiés et durables
Axe stratégique 4 : ⇒ Sécurité alimentaire et nutritionnelle
Soutien prioritaire aux exploitations familiales, à la diversification de leur production et de leur alimentation, à la promotion des productions à haute valeur nutritionnelle, à la promotion de la consommation des produits locaux. Favoriser l’accès des exploitations familiales à l’éducation, à l’eau potable, aux soins de santé et à l’assurance agricole.
Après des mois de réflexion et de plaidoyer, l’intégration des propositions du GDSP dans le PNIASAN semble en bonne voie, ce qui ne garantit pas pour autant leur mise en œuvre effective. Les Organisations de producteurs et la société civile, à travers le GDSP, vont donc devoir continuer à travailler pour avoir un rôle actif et reconnu dans la socialisation du PNIASAN auprès des populations, l’animation du dialogue politique au niveau local, la participation au suivi-évaluation de la mise en œuvre du PNIASAN, la collecte de données et la transmission des préoccupations des organisations de base pour continuer la revue annuelle du secteur agricole. Il est prévu pour cela que l’Etat dégage une ligne budgétaire permettant au GDSP de jouer son rôle sur le terrain.
Enda Pronat est dans le GDSP depuis sa création, en tant que membre de l’AG et du Comité Technique, et participe aux différents ateliers et réunions.
Plus d’informations sur le GDSP, contactez le CNCR qui préside le GDSP :
(+221) 33 827 74 53 ; cncr@cncr.org ; http://www.cncr.org/