"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
54, Rue Carnot , Immeuble Cheikh Hamidou KANE Dakar , Plateau
(+221) 33 889 34 39
Lun-Sam: 07:30 - 17:00
23 Mai 2020

Le Groupe de Dialogue Social et Politique (GDSP)

Les Acteurs Non Etatiques (ANE) du Sénégal ont entrepris de constituer le Groupe de Dialogue Social et Politique (GDSP) en 2014. Ce groupe a une mission : (i) d’interface, de mobilisation et de facilitation du dialogue entre les acteurs de la société civile et les décideurs étatiques, et (ii) d’information et de communication sur l’état d’avancement et l’évaluation du Programme National d’Investissement Agricole, de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (PNIASAN) et géralement sur les politiques agricoles.
Le GDSP constitue le troisième pilier du dispositif institutionnel de gouvernance du PNIASAN, après le comité de pilotage placé sous l’autorité de la primature et le comité technique coordonné par la Direction de l’Analyse, de la Prévision et des Statistiques Agricoles (DAPSA) et chargé de l’exécution du Programme.
Il regroupe toutes les organisations (OP, SC et Privés) légalement reconnues manifestant leur intérêt à intégrer le groupe. Il se veut un cadre ouvert et son fonctionnement repose sur plusieurs composantes dont l’Assemblée Générale, le Comité Technique et le Comité Directeur.
Conscients de leurs rôles et responsabilités dans les transformations sociales et économiques de l’Agriculture, les Organisations de Producteurs et de la Société civile, à travers le Groupe de Dialogue Social et Politique (GDSP) se sont impliquées significativement dans le processus de formulation (démarré en février 2017) du PNIASAN.
Pour y arriver, le GDSP a mené plusieurs activités, notamment l’animation de cinq ateliers zonaux (zones agro-écologiques) de concertations avec les producteurs, éleveurs, pêcheurs,… et de plusieurs rencontres du comité technique pour la finalisation des propositions. Plus de 200 OP/OSC ont participé à l’ensembre des concertations et consultations parmi lesquelles 63 organisations de femmes.
Ce travail a permis de réaliser un bilan sommaire des programmes de développement actuels et passés et d’identifier les investissements prioritaires en valorisant et en prenant en compte les potentialités, les spécificités et la vocation économique des territoires. Un atelier national sur le rôle des jeunes et des femmes dans l’agriculture a permis de compléter ces consultations.
L’ensemble des contributions ont été synthétisées dans le document de propositions des OP et de la SC qui a été partagé avec le gouvernement en septembre 2017.
Ces contributions ont permi de définir une vision partagée qui devra régir les interventions du GDSP dans le cadre spécifique du PNIASAN : « Pour des investissements qui améliorent durablement les capacités des exploitations familiales, à nourrir le Sénégal et à contribuer à la création d’emplois et de richesses aux différents niveaux et dont la gouvernance est inclusive, transparente et équitable. »
Cette vision est déclinée en quatre axes stratégiques qui constituent les principales orientations du GDSP et sur lesquelles devront porter les interventions :
Axe stratégique 1 : ⇒ Gouvernance du secteur agricole et financement de l’Agriculture familiale
Meilleure prise en compte des besoins spécifiques et des préoccupations des acteurs de la base ; Meilleure participation des organisations paysannes (OP) et de la société civile (SC) à toutes les étapes d’exécution des politiques publiques ; Choix des secteurs et des cibles d’investissement fait de manière inclusive et selon des principes d’équité entre les secteurs, les acteurs et les zones.
Axe stratégique 2 : ⇒ Amélioration de la production et de la productivité des Exploitations Familiales + La promotion de Chaines de valeurs inclusives et créatrices de richesses pour les EF
Amélioration des capacités des exploitations familiales, base du développement agricole au Sénégal, par un meilleur accompagnement et une plus grande accessibilité aux facteurs de production
Axe stratégique 3 : ⇒ Résilience des exploitations familiales
Valorisation de l’agriculture familiale et des pratiques agroécologiques pour contribuer à la préservation des ressources naturelles et à la promotion de systèmes de production diversifiés et durables
Axe stratégique 4 : ⇒ Sécurité alimentaire et nutritionnelle
Soutien prioritaire aux exploitations familiales, à la diversification de leur production et de leur alimentation, à la promotion des productions à haute valeur nutritionnelle, à la promotion de la consommation des produits locaux. Favoriser l’accès des exploitations familiales à l’éducation, à l’eau potable, aux soins de santé et à l’assurance agricole.
Après des mois de réflexion et de plaidoyer, l’intégration des propositions du GDSP dans le PNIASAN semble en bonne voie, ce qui ne garantit pas pour autant leur mise en œuvre effective. Les Organisations de producteurs et la société civile, à travers le GDSP, vont donc devoir continuer à travailler pour avoir un rôle actif et reconnu dans la socialisation du PNIASAN auprès des populations, l’animation du dialogue politique au niveau local, la participation au suivi-évaluation de la mise en œuvre du PNIASAN, la collecte de données et la transmission des préoccupations des organisations de base pour continuer la revue annuelle du secteur agricole. Il est prévu pour cela que l’Etat dégage une ligne budgétaire permettant au GDSP de jouer son rôle sur le terrain.
Enda Pronat est dans le GDSP depuis sa création, en tant que membre de l’AG et du Comité Technique, et participe aux différents ateliers et réunions.
Plus d’informations sur le GDSP, contactez le CNCR qui préside le GDSP :
(+221) 33 827 74 53 ; cncr@cncr.org ; http://www.cncr.org/

06 Jan 2020

Le CRAFS en Assemblée Générale

Les 11 et 12 décembre 2019, le Cadre de Réflexion et d’Action sur le Foncier au Sénégal (CRAFS) a tenu son assemblée générale à l’hôtel Trarza du Lac rose, en présence des leaders et techniciens des organisations qui le composent et qui l’ont fait naitre une dizaine d’années plus tôt.

Le CRAFS[1] est une plateforme de la société civile sénégalaise qui œuvre pour une gouvernance foncière inclusive, transparente et équitable. Conscient des risques qu’encourent les communautés locales face aux accaparements de terres qui se multiplient suite aux crises alimentaires et énergétiques de 2008, le CRAFS mène des campagnes de sensibilisation et d’information des communautés, et un plaidoyer au niveau national pour la sécurisation des terres paysannes, en faisant remonter les idées et constats des terroirs jusqu’aux plus hautes instances du pouvoir.

Malgré plusieurs succès et avancées notables depuis sa création en 2010, comme la prise en compte d’une bonne partie des propositions paysannes dans le Document de Politique Foncière (DPF), ou encore la victoire des communautés de Dodel[1], les défis auxquels le CRAFS doit faire face continuent de s’accumuler. C’est pour les identifier précisément et mieux s’organiser que les organisations fondatrices et membres du CRAFS, (Organisations Non Gouvernementales, Associations et Organisations Paysannes) ont décidé de se retrouver en assemblée générale en cette fin d’année 2019. Cette assemblée a réuni pendant deux jours les organisations CNCR, Enda Pronat, Action Aid, IED Afrique, Gret, AJS, Congad, CICODEV Africa, ACCESS, FAPD, FONGS, Woobin, ASI, AVSF, Réseau National des Femmes Rurales du Sénégal, FENAB et Forum social sénégalais.

Lors de la première journée, les participant-e-s se sont concentré-e-s sur une analyse du contexte actuel au Sénégal, qui se résume principalement autour de deux axes :

  1. Abandon du processus participatif et inclusif de la réforme depuis 2017 avec l’absence de réaction suite au dépôt du Document de Politique Foncière en avril 2017 et la dissolution de la Commission Nationale de Réforme Foncière CNRF en juin 2017 ;
  2. Mise en œuvre d’une réforme en douceur, à travers d’une part le projet de cadastre et de sécurisation foncière PROCASEF, porté par l’Etat et la Banque mondiale, visant la généralisation de l’expérience de gouvernance foncière du PDIDAS à toutes les communes du Sénégal, sans évaluation préalable ; et d’autre part la promotion par l’Etat des Zones Economiques Spéciales (ZES).

En bref, un contexte où les risques d’immatriculation et de privatisation des terres du domaine national entrainant une systématisation de la vente des terres aux plus offrants, semblent particulièrement élevés et inévitables à moins d’une forte mobilisation de l’ensemble de la société civile.

C’est pourquoi la seconde journée a été dédiée au renforcement organisationnel et à l’élaboration d’une feuille de route pour l’année à venir.

La vision a été actualisée, pour devenir « Le Crafs une plateforme multi-acteurs de la société civile crédible et influente pour une gouvernance foncière participative, inclusive, transparente, équitable et paritaire qui améliore les conditions de vie des communautés ».

Trois objectifs stratégiques ont été définis et validés : i) Promouvoir un espace de la société civile approprié d’échanges et de valorisation d’expériences sur les questions foncières ; ii) Promouvoir la production de connaissances et la veille pour alimenter le dialogue politique et appuyer la mise en œuvre du plaidoyer pour une sécurisation des droits fonciers des communautés ; iii) Développer des dynamiques solidaires et complémentaires autour des initiatives de plaidoyer, de mobilisation sociale et d’engagement citoyen pour la sécurisation des droits fonciers des communautés.

Quatorze autres points ont été validés par l’Assemblée Générale, concernant la collecte d’informations, la participation à de grands événements, l’organisation de grandes mobilisations, la communication, l’élaboration d’une charte d’engagement des membres du CRAFS, l’identification et le financement d’une personne chargée d’animer le cadre, etc.

Il a été donné mandat au comité technique de préciser le plan d’action proposé pour l’année 2020, à partir du contexte et des enjeux partagés, et en fonction des orientations issues de cette AG.

[1] http://www.endapronat.org/annulation-de-loctroi-de-10-000-ha-a-une-agro-industrie-une-victoire-pour-les-populations-de-dodel/

[1] Plus d’informations sur le CRAFS : http://www.endapronat.org/crafs/