"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
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25 Juin 2020

« COVID-19 et impacts socio-économiques sur le monde rural : il faut réformer les politiques agricoles

Installation de la COVID-19 au Sénégal avec des impacts socio-économiques sur le monde rural et l’Agriculture

Annoncé officiellement au Sénégal le 2 mars 2020, la COVID-19 a touché aujourd’hui toutes les régions du pays. L’interdiction de rassemblement le 13 mars, l’état d’urgence proclamé le 23 mars avec des mesures d’endiguement, notamment la restriction des déplacements interurbains, et la suspension des marchés hebdomadaires ou « louma », ont engendré divers impacts et mis en lumière les limites des politiques sanitaires, mais aussi socio-économiques et agro-environnementales du pays.
Les populations vulnérables les plus touchées par cette pandémie, sont celles des quartiers des banlieues qui vivent dans des situations précaires, mais aussi celles du monde rural, beaucoup moins équipées et résilientes pour se défendre face au virus, notamment les agropasteurs et personnes actives des secteurs de l’informel.
En effet, la commercialisation des produits agricoles de la contre-saison froide qui sont périssables, a été sévèrement perturbée. L’économie rurale principalement assurée par le secteur primaire qui représente 16% du PIB et 50% des emplois est paralysée. Des stocks de semences sont autoconsommés par endroit pour faire face à la soudure précoce, et la campagne agricole d’hivernage est compromise par manque de ressources matérielles (intrants et équipements) et/ou financières qui aurait dû se faire pour certains avec les recettes de la campagne de contre-saison.
Face à une démographie galopante, à un modèle agricole mondial à bout de souffle, aux effets croissants du réchauffement climatique, … : comment parvenir à assurer la sécurité alimentaire des populations de manière durable ? Cette question d’ordre mondial est devenue d’autant plus préoccupante dans un contexte de pandémie de la COVID-19 qui remet plus que jamais en question nos systèmes alimentaires.

Les plans de riposte adoptés par l’Etat, les organisations de la société civile et les populations s’inscrivent dans le très court terme, alors que l’insécurité alimentaire s’accentue

Bien avant le début de la pandémie du COVID-19, 135 millions de personnes à travers le monde étaient déjà confrontées à une situation d’insécurité alimentaire grave en raison de crises ou de chocs préexistants : http://www.fao.org/news/story/fr/item/1269763/icode/.
Selon la FAO, en 2020, 24 millions de Sahéliens, dont la moitié sont des enfants, ont besoin d’une assistance et d’une protection vitales, le nombre le plus élevé jamais enregistré. En raison de la violence généralisée et des catastrophes naturelles, 6,9 millions de personnes sont confrontées aux conséquences désastreuses des déplacements forcés. Plus de 4,5 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur de leur pays ou réfugiées – soit un million de plus qu’en 2019, et 2,5 millions de retournés luttent pour reconstruire leur vie.
Au Sénégal, le bilan négatif de la précédente saison des pluies (2019) annonçait déjà une situation d’insécurité alimentaire et de malnutrition accrue et préoccupante, selon un rapport de la FAO de novembre 2019. L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim) avait déclaré qu’au moins 975 000 personnes avaient été touchées par la sécheresse au Sénégal . Déjà en 2019, des signaux d’insécurité alimentaire étaient perceptibles sur le terrain.
La situation inquiétante de la crise annonce des menaces plausibles d’insécurité alimentaire, et d’écroulement de l’économie nationale, surtout pour un pays comme le Sénégal ou le déficit commercial s’est aggravé au mois de mars dernier, indique la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE). Durant le mois de mars 2020, les échanges extérieurs du Sénégal font ressortir un déficit de 274,5 milliards contre 29,4 milliards en février 2020, soit un creusement de 282,8 milliards’’, constate la DPEE dans son Point mensuel de conjoncture pour le mois de mars : http://aps.sn/actualites/economie/article/le-deficit-commercial-s-est-degrade-en-mars-dpee.

De surcroît, quand on se réfère au communiqué du 18 mars 2020 du Directeur du commerce intérieur, le pays était à un stock cumulé de 246 mille tonnes de riz (denrée la plus consommée par les sénégalais et son niveau d’importation toujours trop importante) pour couvrir deux mois et demi, et attendait un complément de 120 mille tonnes au mois d’avril pour atteindre une couverture des besoins du pays pendant quatre mois

Dans la confusion totale et l’incertitude sur l’avenir que la crise de la COVID-19 nous réserve, des initiatives d’appuis sont notées autant du côté de l’Etat que des organisations de la société civile, principalement sur la sensibilisation pour le respect des mesures barrières et des dons de kits de protection sanitaire, de vivres de soudure, l’appui en intrants et en matériel agricole. En effet, des plans de riposte sectorielle, notamment de l’agriculture, de l’élevage et du développement territorial sont mis en place par le gouvernement pour gérer l’urgence de sortie de crise dans le court terme.
Par exemple, pour cette présente campagne agricole 2020, le Gouvernement du Sénégal a décidé de faciliter l’acquisition d’intrants et de matériels agricoles subventionnés à hauteur de 60 à 70% et d’accompagner les petites exploitations agricoles pour un coût global de 90 361 598 870 FCFA.
Au vu des besoins des populations vulnérables touchées par la crise, sans parler des retards liés à leur mise en place effective, ces plans d’aide sont très insuffisants et n’ont pas non plus intégré de planification stratégique à moyen et long terme pour promouvoir le développement de systèmes alimentaires durables et viser la souveraineté alimentaire et nutritionnelle.
En outre, certaines tranches de la population rurale, particulièrement des acteurs économiques agrosylvopastoraux et de l’artisanat, ont eux aussi su mettre à l’épreuve leur ingéniosité en exploitant les potentialités des ressources de leur territoire et réorganisant leur système d’exploitation. Il s’agit notamment devant la situation d’urgence, du développement de marchés de proximité au niveau des villages et communes, de partenariats commerciaux entre producteurs, transporteurs et commerçants, du renforcement de l’autonomie et du pouvoir de négociation des exploitations familiales. Seulement, aucune garantie de pérennisation et de mise à l’échelle de ces initiatives ponctuelles et éparses n’est donnée.

Nécessité de politiques cohérentes qui promeuvent des systèmes de production et économiques plus résilients et autonomes.

Le Sénégal n’est pas encore sorti de cette situation de crise sanitaire avec des incidences á tous les niveaux (social, économique, écologique). Les plans de riposte des autorités contre la COVID-19 sont éphémères et les défis de l’agriculture sénégalaise énormes. Et pourtant, des acteurs de la société civile avaient sonné l’alerte bien avant la pandémie en incitant les gouvernants vers des politiques de développement plus résilientes aux crises et catastrophes naturelles et qui garantissent mieux la bonne gouvernance des ressources naturelles et la reconquête de la souveraineté alimentaire.
C’est dans cette logique que les résultats du diagnostic produit par la Dynamique pour la Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES) lors d’un vaste processus de consultation dans les six zones éco-géographiques du Sénégal au second semestre de l’année 2019 ont mis en relief 15 défis auxquels l’Agriculture sénégalaise fait face. Et nous constatons que les effets de la crise n’ont pas changé le contenu du diagnostic de la DyTAES, mais l’ont plutôt mis au grand jour. Les difficultés et l’insécurité constatés durant cette crise confirment à nouveau la pertinence des recommandations d’ordre général et spécifiques de la DyTAES sur la nécessité, voir l’obligation de revoir le modèle de développement territorial et les systèmes alimentaires du Sénégal pour une transition agroécologique au niveau national, gage de la résilience et de l’autonomie des exploitations familiales.
L’agroécologie est reconnue à l’international comme un levier puissant pour rendre plus durables l’agriculture et l’alimentation (FAO, 2018 ; IPES-Food, 2018 ; De Schutter, 2011 ). Basée sur des processus ascendants et territoriaux, l’agroécologie aide à résoudre les problèmes locaux grâce à des solutions adaptées au contexte. Les innovations agroécologiques se fondent sur la production conjointe de connaissances, en associant la science et les savoirs traditionnels, concrets et locaux des producteurs et productrices. En renforçant leur autonomie et leur capacité d’adaptation, l’agroécologie donne aux producteurs-trices et aux populations les moyens d’être des acteurs clés du changement.
En Afrique subsaharienne, de nombreuses études de cas prouvent que l’agroécologie peut contribuer à la sécurité́ alimentaire et nutritionnelle tout en restaurant les ressources, les services écosystémiques et la biodiversité (Oakland Institute, 2020 ; AFSA, 2019 ; FAO, 2020). Ces études montrent également que l’agroécologie peut jouer un rôle important dans la cohésion sociale, le renforcement de la résilience et l’adaptation au changement climatique. Elle ouvre de nouvelles perspectives aux jeunes ruraux et peut, de ce fait, concourir à freiner l’exode rural actuellement observé en Afrique sub-saharienne.
Au vu de la nature systémique et multidimensionnelle des freins au changement, on comprend que la transition agroécologique n’est pas qu’une affaire d’agriculteurs ou d’éleveurs. Elle s’appuie nécessairement sur des changements profonds dans l’organisation des filières et des territoires et dans l’ensemble du système d’appui à l’agriculture (recherche, formation, conseil, subvention, etc.).
Dès lors, les initiatives endogènes, généralement fondées sur les principes de l’agroécologie, méritent davantage d’attention des pouvoirs publics pour leur mise à l’échelle en vue de mettre fin aux menaces d’insécurité alimentaire qui s’accentuent chaque année à travers le pays.
Malgré́ la bonne volonté́ du gouvernement qui a placé la transition agroécologique parmi les cinq initiatives majeures du Plan d’Action Prioritaire de la deuxième phase du Plan Sénégal Emergent (2019-2024), et des autres acteurs, la mise à l’échelle de l’agroécologie est freinée par l’éparpillement des initiatives et par des blocages systémiques. Un dialogue entre tous les acteurs et une mise en synergie des initiatives apparaissent comme deux conditions préalables pour aller de l’avant et opérationnaliser la vision du chef de l’Etat.

Que propose la Dynamique pour la Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES) ?
Le document de contribution qui a été produit par la DyTAES au sortir des consultations du monde rural a été remis aux autorités compétentes du pays en février 2020, et puis largement diffusé en ligne. Dans ce document, sont formulées des recommandations politiques en faveur de la transition agroécologique dans le court et le long terme. De prime abord, la DyTAES propose trois recommandations immédiates :
i) Mettre en place un cadre national de dialogue regroupant tous les acteurs pour la transition agroécologique ;
ii) Encourager et appuyer financièrement des expérimentations impliquant la mise en œuvre de changements coordonnés et simultanés dans plusieurs secteurs d’activités (éducation, agriculture, alimentation, énergie, habitat, forêt…) à l’échelle de communes ou départements pour mettre en œuvre un plan territorial ;
iii) Identifier des priorités pouvant avoir un effet de levier pour la transition agroécologique et les valoriser dans les expérimentations.
Cependant, la DyTAES n’a pas eu de retour du gouvernement du Sénégal depuis qu’elle lui a remis officiellement ce document de contribution politique lors de la 3ème édition des Journées de l’Agroécologie qui s’est tenue du 30 janvier au 1er février 2020 en présence de 1500 personnes provenant essentiellement du monde rural, d’une diversité d’organisations du Sénégal et de pays de la sous-région ouest africaine, de l’Europe et du Canada.
Présidées à l’ouverture par le Ministre de l’Agriculture et clôturées par le Ministre de l’Environnement représentants du président de la République, ces journées furent l’occasion pour la DyTAES d’appeler le gouvernement sénégalais au dialogue en faveur d’une politique intégrée et fondée sur une vision holistique qui prend en compte le caractère multidimensionnel et transversal de la transition agroécologique.
Toutefois, la DyTAES réitère sa disponibilité pour accompagner l’Etat du Sénégal dans la construction d’une politique de transition agroécologique intégrée et holistique, avec une intervention coordonnée dans plusieurs secteurs, et qui sera capable d’aborder toutes les dimensions nécessaires à cette transformation.
Pour endiguer la menace d’insécurité alimentaire qui s’annonce et renforcer notre autosuffisance alimentaire et notre souveraineté alimentaire, la DyTAES demande à l’Etat de renforcer les investissements dans l’agriculture pour cette année particulière, et plus particulièrement dans l’agroécologie, et de prendre des mesures spéciales pour renforcer la sécurisation de la production agricole et l’autonomisation des exploitations familiales au détriment des agro-industries à qui l’on réserve d’habitude une bonne partie des subventions agricoles, mais aussi étendre les mesures d’appui en intrants aux engrais organiques.
Pour le moyen et long terme, la DyTAES décline sa proposition d’orientation politique sur quatre axes principaux similaires à ceux du Programme National d’Investissement Agricole pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition (PNIASAN) :
Axe 1 – Amélioration et sécurisation des bases productives
• Permettre un accès équitable à l’eau productive pour les exploitations familiales, et susciter une utilisation durable de l’eau par tous les usagers : accroître les investissements et assurer un accès économique à l’eau productive en quantité et en qualité suffisante avec moins d’impact carbone) ;
• Faire de la gestion durable des ressources naturelles (forêts, ressources halieutiques, sols) une priorité nationale : responsabilisation des communautés et application rigoureuse de réglementations adaptées ;
• Protéger et valoriser les semences paysannes, les races rustiques et les espèces forestières et halieutiques locales en veillant à la préservation de la biodiversité.

Axe 2 – Accroissement durable de la productivité́ et des productions d’agriculture, d’élevage et de la pêche
• Renforcer la résilience des systèmes de production agricole, d’élevage et de la pêche via l’adoption de pratiques agroécologiques : accompagner les exploitations familiales qui souhaitent s’engager dans l’agroécologie à travers des mesures incitatives (produits d’assurance agricole adaptés, amortissement des risques, infrastructures de stockage et conservation, etc.)
• Faciliter l’accès des exploitations familiales à des intrants organiques et à des équipements de qualité́ pour accroître la productivité́ des systèmes agriculture, d’élevage et de la pêche :
• Subventionner et rendre plus accessibles les biofertilisants, les biopesticides et le matériel agricole et soutenir toutes les initiatives de valorisation des ressources alimentaires pour le bétail et de production de cultures fourragères afin de favoriser la complémentarité́ agriculture-élevage ;
• Prioriser l’agroécologie dans les programmes de recherche, de formation et de conseil agricole.
Axe 3 – Promotion des produits issus de l’agroécologie dans les chaînes de valeur agricole, d’élevage et de la pêche
• Limiter les pertes post-récolte, améliorer la qualité sanitaire des produits et diversifier l’offre en produits transformés : renforcer les capacités des acteurs et les infrastructures de conservation, de transformation et de transport ;
• Promouvoir la consommation des produits issus de l’agroécologie au niveau national : campagnes d’information, sensibilisation et inclure dans les commandes publiques des quotas ou clauses pour faciliter l’accès des produits agroécologiques aux marchés, notamment institutionnels.
• Faciliter l’accès des exploitations familiales à des marchés qui valorisent les produits agroécologiques : renforcer les mécanismes de régulation des marchés et d’information sur la disponibilité́, la localisation et le prix des produits issus de l’agroécologie.
Axe 4 – Amélioration de la gouvernance, des conditions cadres et du financement pour une transition agroécologique à grande échelle
• Instaurer un cadre de concertation intersectoriel, participatif et inclusif pour faciliter la construction, la mise en œuvre et le suivi des politiques de transition agroécologique : soutenir également la mise en place de cadre de concertation multi-acteurs au niveau local ;
• Améliorer, adopter et faire appliquer les lois, codes et règlements favorables à la transition agroécologique : foncier, biosécurité et aménagement du territoire ;
• Assurer le financement de la transition agroécologique en priorisant le soutien aux exploitations familiales : budgets spécifiquement alloués à la transition agroécologique et orientés en priorité vers le soutien aux exploitations familiales, à la recherche sur l’agroécologie, à la préservation des ressources naturelles et à la restauration des sols.

23 Mai 2020

Cadre de réflexion et d’action sur le foncier au Sénégal

Présentation

Le cadre de Réflexion et d’Action sur le Foncier au Sénégal (CRAFS) a été créé en 2010 au terme d’un long processus de maturation qui a émergé en 2007 avec la survenue de la grande crise alimentaire dont les conséquences désastreuses sur les conditions de vie des populations, singulièrement les plus pauvres, ont mis le foncier au cœur des enjeux de développement. Il regroupe des organisations de la société civile sénégalaise dont ENDA PRONAT ( membre fondateur et membre du comité de pilotage)   et des organisations paysannes qui entendent unir leurs efforts pour construire et animer, de manière solidaire, une plateforme d’échanges, de réflexion et d’action aussi large que possible pour promouvoir une meilleure gouvernance du foncier.

Vision

La vision du CRAFS est énoncée comme suit : Le CRAFS, une plateforme multi-acteurs crédible qui œuvre pour une gouvernance foncière inclusive, transparente et équitable.

Missions 

  • Dialogue et influence sur les politiques foncières;
  • Veille, alerte et mobilisation sociale;
  • Réflexion et mise en commun des connaissances et des capacités des membres et des autres acteurs.

Objectifs stratégiques:

OS1 : Promouvoir un espace approprié d’échanges et de partage d’expériences sur les questions foncières (capitalisation et partage d’informations, communication);

OS2 : Développer une dynamique solidaire et des actions concertées autour des initiatives de plaidoyer, veille, de mobilisation sociale et d’engagement citoyen dans la gouvernance foncière;

OS3 : Développer des initiatives concertées et innovantes de recherche, renforcement de capacités pour alimenter le dialogue politique inclusif et participatif sur la gouvernance foncière.

Publications

Déclaration pour la suite de la réforme foncière

Position du CRAFS sur la réforme foncière au Sénégal

Des articles sur les actions du CRAFS

Réforme foncière: CRAFS plaide pour le maintient de l’esprit de la loi sur le domaine national; 

13 Mai 2020

Le monde rural á l’agonie

La propagation du Covid 19 au Sénégal est entrain de dévaster les communautés rurales notamment les exploitations familiales (agriculteurs, éleveurs, pêcheurs) et le secteur informel (commerçants, tailleurs, mécaniciens, menuisiers…) qui souffraient déjà de faibles revenus, des effets du changement climatique, de la dégradation des ressources naturelles (eau, foncier et forêts…), de la concurrence des multinationales… Et pourtant, le SENEGAL, dépend de ces populations rurales pour assurer une bonne partie de sa souveraineté et de sa sécurité alimentaire. Or, la pandémie et les perturbations qui en découlent sur le plan des échanges commerciaux et des marchés réduisent considérablement la création de revenus.

Les mesures de prévention au niveau du transport prises par l’État du Sénégal pour limiter la propagation du Covid-19 ont des impacts économiques et sociaux. Des mesures venues au moment où toutes les spéculations horticoles, notamment l’oignon, la carotte, le chou, la tomate, etc. sont au pic de la production. Des milliers de tonnes pourrissent dans les mains des paysans par faute de marchés. Cependant, il est encore trop tôt me semble-t-il pour percevoir tous les effets de la pandémie, mais nous constatons déjà que l’interruption des chaînes d’approvisionnement met à mal les activités du monde rural.

Toutes les activités sont à l’agonie mettant ainsi des milliers de familles dans des situations de précarité extrêmement difficiles à surmonter.  Certes, nous devons appliquer toutes les mesures barrières pour éviter la propagation du virus Covid 19, mais nous devons aussi réfléchir à des stratégies d’adaptation afin que les activités économiques puissent continuer à faire vivre les populations rurales.  Si certains peuvent rester des mois sans travailler tout en continuant d’assurer leur sécurité alimentaire, ou ont la possibilité d’adapter leur façon de travailler (télétravail par exemple), d’autres n’ont pas ces possibilités. Le Sénégal, dans sa majorité, est constitué de « Goorgoorlu » et de « Fatou-Fatou » , c’est-à-dire de « Papas » et de « Mamans » qui gagnent leurs repas au quotidien. Il faut aller au marché, aux champs, au quai de pêche…récolter et vendre un produit pour pouvoir assurer le repas familial de 13 heures.

Comment-on peut envisager de confiner de telle catégories de familles sans pouvoir les nourrir ? La mort c’est la mort. Soit la covid 19 vous tue, soit la faim ou la famine vous tue. Entre ces deux options, je choisis de ne pas rester chez moi et de prendre toutes les mesures idoines contre tout risque de contamination pour ne pas mourir de la faim. Ce n’est pas que je suis insouciant du danger qui me guette, mais c’est tout simplement une question de survie.

L’heure est à la solidarité. Que les plus forts financièrement soutiennent les plus faibles. L’État ne peut pas tout faire, la solidarité nationale est devenue une condition sine qua non.

En effet, face aux insuffisances et à l’inadaptation des systèmes de solidarité, il devient urgent de concevoir et de mettre en place un mécanisme plus approprié et efficace, capable de trouver des solutions idoines à une demande sociale sans cesse croissante, conséquence de l’état de pauvreté dans lequel est plongé une frange importante de la population sénégalaise.

Il s’agit dès lors, d’apporter des réponses immédiates aux situations de crise et d’urgence mais également de revoir notre système de production et de consommation. Il est temps d’aller vers des modèles et des politiques qui nous mèneront vers la souveraineté alimentaire de façon durable, juste et équitable.

 

25 Avr 2020

Rapport annuel 2017 : Rapport d’activités 2017

I. Contexte

    1.1. Politique

Parmi les nombreuses réformes entamées (des institutions, fiscale, décentralisation,...) depuis l’accès de Macky Sall au pouvoir, celle sur le foncier a été marquée en 2017, au grand regret de la société civile,par l’arrêt du processus inclusif et participatif adopté par le gouvernement sénégalais depuis 2015.

Au niveau du secteur agricole, les différentes politiques et stratégies agricoles nationales qui se sont succédé, depuis l’indépendance, indiquent la ferme volonté politique de faire de l’agriculture un secteur prioritaire. Toutefois, elles n’ont jusque là pas entraîné d’améliorations durables dans les conditions d’existence des ruraux.

Depuis 2014, le PRACAS est articulé à la LOASP et au PNIA dont il hiérarchise, à moyen terme, les actions du volet agriculture, en ciblant les filières porteuses (riz, oignon, arachide, fruits et légumes). Adossé aux objectifs du PSE, le PRACAS poursuit 4 objectifs stratégiques, parmi lesquels l’intensification de la production et l’émergence d’un entreprenariat agricole et rurale basée sur une synergie «intelligente»entre l’agro-business et l’agriculture familiale.

Ainsi, en dépit de la forte mobilisation de la société civile ces dernières années et de la reconnaissance de «nouveaux droits»aux citoyens sur «leurs patrimoines fonciers et leurs ressources naturelles»depuis 2016(referendum constitutionnel), le gouvernement sénégalais continu d’octroyer de grandes superficies de terres arables à des agro-industriels sous prétexte qu’ils seraient des projets «d’utilité publique». Se fut notamment le cas dans la commune de Dodel (au Fouta),en 2017,avec l’attribution par décret présidentiel de 10 000 hectares à une société marocaine.

Néanmoins, à moins de 18 mois des prochaines élections présidentielles, l’Etat du Sénégal a su garder une oreille attentive aux revendications de la société civile et des populations victimes de cet accaparement de terres, en annulant finalement ce projet agro-industriel.La société civile, à travers le CRAFS,espère vivement que les élections à venir seront également une opportunité pour forcer l’Etat à reprendre le processus inclusif et participatif de réforme foncière et l’interpeler sur une nouvelle loi votée «en silence» en janvier 2017 qui menace les droits fonciers des sociétés paysannes. Il s’agit de la loi n°2017-06du 06 janvier 2017 portant sur les zones économiques spéciales (ZES),notamment celles orientées vers le développement de l’agrobusiness, qui sont créées par décret après la réalisation d’une étude d’opportunité initiée par le Ministre chargé de la Promotion des Investissements. Cette loi constitue une menace dès lors qu’elle vise la privatisation des terres des ZES et leur administration par l’Agence nationale chargée de la promotion de l'investissement et des grands travaux (APIX) qui sera chargée d’attribuer des baux emphytéotiques aux privés désirant investir.

    1.2. Economique et social

La campagne agricole 2017-2018 a été jugée plus favorable que la précédente sur l’ensemble du pays en dépit d’un arrêt précoce des pluies dans la partie du nord du Sénégal qui, dès lors,fait face à une situation de crise humanitaire. La période de soudure sera précoce, frappant les familles les plus vulnérables dès le mois de mars 2018. Le fait de sécheresse est aggravé par le manque de crue annuelle dans le fleuve Senégal et ses affluents où l’on observe un niveau bas record. Ce niveau extrême est dû à la politique favorisant la production du courant à partir du barrage de Manantali au lieu de rendre l’eau disponible pour la production agricole.

Au niveau national, les enquêtes nutritionnelles réalisées fin 2017 montrent une certaine amélioration de la situation nutritionnelle,mais celle-ci reste encore précaire. Dans les 5 régions les plus affectées(Partie Est du Sénégal), plus de 484 000 personnes auront besoin d’assistance nutritionnelle en 2018.

Le taux de la pauvreté reste élevé, notamment en raison du faible taux de croissance du PIB (3.3% en moyenne sous le régime de Macky Sall). Et même si on a constaté un envol depuis2016, les retombés de cette croissance n’arrive guère aux couches sociales défavorisées, notamment aux exploitations familiales en milieu rural.

27 Fév 2020

Les impacts de la sensibilisation sur la gouvernance forestière dans la commune de Ndoga Babacar au Sénégal oriental

C’est dans un contexte où les cas d’accaparement de terres se multiplient dans la zone, et où l’exploitation abusive de la forêt en lien avec la Gambie voisine s’intensifie, conduisant à une forte dégradation de l’environnement, qu’Enda Pronat s’est engagée à travailler depuis plusieurs années avec la commune de Ndoga Babacar, avec l’objectif principal d’appuyer la mairie et les populations à s’inscrire dans une dynamique de gestion durable de leurs ressources naturelles. Cela passe par des sessions de formation et de sensibilisation de l’ensemble des acteurs pour une meilleure prise de conscience et un engagement citoyen pour la défense et la restauration de l’écosystème.

Plusieurs sessions de sensibilisation/formation ont ainsi été organisées en 2019 avec l’appui d’experts et une forte implication des conseillers municipaux, chefs de villages, notables, présidents d’associations d’agriculteurs, d’éleveurs, d’exploitants forestiers, de femmes et de jeunes et de personnes ressources de la commune. Les formations ont porté sur les enjeux fonciers, la législation foncière, la gestion forestière et le nouveau code forestier, notamment les opportunités qu’il offre pour une participation citoyenne à la gouvernance des ressources forestières. 

Dans ce processus, un rôle capital est attribué aux animateurs locaux qui ont été chargés d’animer des réunions thématiques villageoises avec la participation de l’ensemble des catégories sociales (hommes, femmes, jeunes, autorités religieuses et politiques, etc.). C’est ainsi que 1300 personnes ont été sensibilisés dans 26 villages de la commune, avec l’appui de Pronat et du service des Eaux et forêts.

 

Après un an de sensibilisation continue, le maire de Ndoga Babacar, M. Oumar Dème témoigne qu’il a noté de nombreux impacts grâce à la sensibilisation menée avec Enda Pronat.

« La population a une meilleure prise de conscience sur les enjeux liés à la préservation de la forêt ; 80% des villageois sont en train d’abandonner la coupe du bois. En revanche, les coupeurs venant de Koussanar, Sinthiou Maleme et Tamba continuent avec les tronçonneuses. »

Les villageois informent désormais le maire à chaque fois qu’ils voient passer un véhicule avec des troncs. En octobre dernier, le maire est parvenu à en intercepter un qui transportait trois troncs. Il a appelé les Eaux et Forêt qui ont saisi la voiture. Jusqu’à présent cette dernière est garée aux Eaux et forêt avec les troncs.

Les charbonniers qui étaient dans la forêt classée depuis des années ont été dénoncés par les populations sensibilisées et sont retournés en Guinée. Les Eaux et forêts ont évalué ce qu’ils ont coupé, ont dressé un Procès-Verbal, ont saisi le charbon et ont reversé 18% des ventes à la mairie.

La maire attire également notre attention sur le fait que certains coupeurs de bois sont particulièrement démunis et manquent d’alternative pour subvenir aux besoins de leur famille. D’où l’importance de soutenir les alternatives génératrices de revenus.

Grâce à la sensibilisation sur la foncier, les populations ont compris la loi sur le domaine national et commencent à demander des titres de régularisation pour leurs parcelles agricoles.

06 Jan 2020

Le CRAFS en Assemblée Générale

Les 11 et 12 décembre 2019, le Cadre de Réflexion et d’Action sur le Foncier au Sénégal (CRAFS) a tenu son assemblée générale à l’hôtel Trarza du Lac rose, en présence des leaders et techniciens des organisations qui le composent et qui l’ont fait naitre une dizaine d’années plus tôt.

Le CRAFS[1] est une plateforme de la société civile sénégalaise qui œuvre pour une gouvernance foncière inclusive, transparente et équitable. Conscient des risques qu’encourent les communautés locales face aux accaparements de terres qui se multiplient suite aux crises alimentaires et énergétiques de 2008, le CRAFS mène des campagnes de sensibilisation et d’information des communautés, et un plaidoyer au niveau national pour la sécurisation des terres paysannes, en faisant remonter les idées et constats des terroirs jusqu’aux plus hautes instances du pouvoir.

Malgré plusieurs succès et avancées notables depuis sa création en 2010, comme la prise en compte d’une bonne partie des propositions paysannes dans le Document de Politique Foncière (DPF), ou encore la victoire des communautés de Dodel[1], les défis auxquels le CRAFS doit faire face continuent de s’accumuler. C’est pour les identifier précisément et mieux s’organiser que les organisations fondatrices et membres du CRAFS, (Organisations Non Gouvernementales, Associations et Organisations Paysannes) ont décidé de se retrouver en assemblée générale en cette fin d’année 2019. Cette assemblée a réuni pendant deux jours les organisations CNCR, Enda Pronat, Action Aid, IED Afrique, Gret, AJS, Congad, CICODEV Africa, ACCESS, FAPD, FONGS, Woobin, ASI, AVSF, Réseau National des Femmes Rurales du Sénégal, FENAB et Forum social sénégalais.

Lors de la première journée, les participant-e-s se sont concentré-e-s sur une analyse du contexte actuel au Sénégal, qui se résume principalement autour de deux axes :

  1. Abandon du processus participatif et inclusif de la réforme depuis 2017 avec l’absence de réaction suite au dépôt du Document de Politique Foncière en avril 2017 et la dissolution de la Commission Nationale de Réforme Foncière CNRF en juin 2017 ;
  2. Mise en œuvre d’une réforme en douceur, à travers d’une part le projet de cadastre et de sécurisation foncière PROCASEF, porté par l’Etat et la Banque mondiale, visant la généralisation de l’expérience de gouvernance foncière du PDIDAS à toutes les communes du Sénégal, sans évaluation préalable ; et d’autre part la promotion par l’Etat des Zones Economiques Spéciales (ZES).

En bref, un contexte où les risques d’immatriculation et de privatisation des terres du domaine national entrainant une systématisation de la vente des terres aux plus offrants, semblent particulièrement élevés et inévitables à moins d’une forte mobilisation de l’ensemble de la société civile.

C’est pourquoi la seconde journée a été dédiée au renforcement organisationnel et à l’élaboration d’une feuille de route pour l’année à venir.

La vision a été actualisée, pour devenir « Le Crafs une plateforme multi-acteurs de la société civile crédible et influente pour une gouvernance foncière participative, inclusive, transparente, équitable et paritaire qui améliore les conditions de vie des communautés ».

Trois objectifs stratégiques ont été définis et validés : i) Promouvoir un espace de la société civile approprié d’échanges et de valorisation d’expériences sur les questions foncières ; ii) Promouvoir la production de connaissances et la veille pour alimenter le dialogue politique et appuyer la mise en œuvre du plaidoyer pour une sécurisation des droits fonciers des communautés ; iii) Développer des dynamiques solidaires et complémentaires autour des initiatives de plaidoyer, de mobilisation sociale et d’engagement citoyen pour la sécurisation des droits fonciers des communautés.

Quatorze autres points ont été validés par l’Assemblée Générale, concernant la collecte d’informations, la participation à de grands événements, l’organisation de grandes mobilisations, la communication, l’élaboration d’une charte d’engagement des membres du CRAFS, l’identification et le financement d’une personne chargée d’animer le cadre, etc.

Il a été donné mandat au comité technique de préciser le plan d’action proposé pour l’année 2020, à partir du contexte et des enjeux partagés, et en fonction des orientations issues de cette AG.

[1] http://www.endapronat.org/annulation-de-loctroi-de-10-000-ha-a-une-agro-industrie-une-victoire-pour-les-populations-de-dodel/

[1] Plus d’informations sur le CRAFS : http://www.endapronat.org/crafs/

16 Oct 2019

Journée mondiale de l’alimentation – Enda Pronat pour la souveraineté alimentaire des peuples

Cette année, la Journée mondiale de l’alimentation (#WorldFoodDay) lance un appel pour un monde #FaimZéro, avec une alimentation saine, et durable. La @FAO rappelle ainsi que « l’intensification de la production vivrière et le changement climatique sont en train de provoquer une perte rapide de la biodiversité »[1], et que la sécurité alimentaire doit s’accompagner de mesures de préservation de l’environnement.

Alors que la production alimentaire mondiale par habitant n’a jamais été aussi élevée, la sous-nutrition repart à la hausse depuis 2015 après des décennies de baisse. Les systèmes alimentaires sont soumis à un ensemble de menaces qui tendent à s’accentuer et s’accumuler ces dernières années, particulièrement dans les pays dit du « Sud ». On peut citer la forte croissance démographique, les changements de régimes alimentaires en lien avec la mondialisation et la libéralisation, la pression sur les ressources naturelles (dont principalement l’eau, les terres et les semences) et la dégradation de l’environnement en lien les changements climatiques.

Pour parer à ces phénomènes, Enda Pronat travaille pour l’émergence d’un modèle de société basé sur la promotion de l’agroécologie et plaçant au centre de ses préoccupations la souveraineté alimentaire des peuples. C’est ainsi par exemple qu’elle accompagne depuis 2011 les communautés de Diouroup (région de Fatick, dans le bassin arachidier) dans l’adoption de pratiques agroécologiques et de gestion durable et équitable des ressources naturelles, pour promouvoir une meilleure adaptation et atténuation des effets des changements climatiques, et des systèmes alimentaires privilégiant une alimentation saine et locale.

Les pratiques agroécologiques les plus utilisées dans la zone sont l’autoproduction de semences (58%), la fertilisation organique (57%), et la valorisation des déchets organiques ménagers (56%).

Pour contribuer à la restauration de la fertilité des sols dans la zone, un accompagnement des producteurs dans la pratique de la Régénération Naturelle Assistée a également permis de reboiser 162 hectares de parcelles agricoles avec une densité de 35 pieds/ha contre 7 pieds/ha avant l’intervention, et une majorité d’espèces ayant un intérêt agronomique (fertilisation et augmentation de la diversité microbienne du sol) comme le Faidherbia albida.

Des études[2] ont montré que cet accompagnement a eu par exemple un impact majeur sur les rendements de mil (+ 17%), et que plus le niveau d’intégration des pratiques agro écologiques est élevé, plus le rendement de mil augmente. La transition agroécologique est donc une réponse adaptée pour fournir une alimentation saine et durable en quantité suffisante aux populations particulièrement impactées par les effets des changements climatiques. Enda Pronat travaille au niveau local, comme l’illustre cet exemple de Diouroup, et au niveau national à travers des partenariats multi-acteurs, pour accompagner la transition agroécologique qui s’inscrit dans l’atteinte de l’#ODD2 #SDG2 #FaimZéro, et plus spécifiquement de sa cible 2.4 : « D’ici à 2030, assurer la viabilité des systèmes de production alimentaire et mettre en œuvre des pratiques agricoles résilientes qui permettent d’accroître la productivité et la production, contribuent à la préservation des écosystèmes, renforcent les capacités d’adaptation aux changements climatiques, aux phénomènes météorologiques extrêmes, à la sécheresse, aux inondations et à d’autres catastrophes et améliorent progressivement la qualité des terres et des sols. »

[1] http://www.fao.org/world-food-day/theme/fr/

[2] Promouvoir l’agriculture saine et durable auprès des exploitations familiales – Voies durables pour un meilleur système alimentaire au Sénégal : http://www.endapronat.org/wp-content/uploads/2018/10/Etude_agroe%CC%81cologie.pdf ;

et Agroécologie : Capitalisation d’expériences en Afrique de l’Ouest – Facteurs favorables et limitant au développement de pratiques agroécologiques – Evaluation des effets socio-économiques et agro-environnementaux : http://www.endapronat.org/wp-content/uploads/2018/10/calao-2018-web-pages.pdf

10 Oct 2019

L’approche par les communs de la terre et des ressources qu’elle porte : illustration par six études de cas

 » Ce sixième numéro de « Regards sur le foncier » regroupe un ensemble de 6 études de cas illustrant l’approche par les « communs tissés autour de la terre et des ressources qu’elle porte ». L’une d’entre elles porte sur le Sénégal, et a été co produite par cinq auteurs, dont El Hadji FAYE, coordinateur des programmes d’Enda Pronat.
Ce document a été élaboré dans le cadre du chantier collectif sur les communs qui a été entamé en 2016 par le Comité Technique « Foncier & Développement », dans l’objectif de mieux appréhender les opportunités et les défis de la prise en compte des communs dans le traitement des questions foncières par les opérateurs de développement. Cette approche par les communs propose de placer l’action collective au cœur du diagnostic et de la recherche de solution, pour tenter de répondre aux enjeux liés à l’adaptation des sociétés contemporaines à un contexte de crises politiques, économiques et écologiques.