"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
54, Rue Carnot , Immeuble Cheikh Hamidou KANE Dakar , Plateau
(+221) 33 889 34 39
Lun-Sam: 07:30 - 17:00
27 Mai 2020

LA DECLARATION DE SALY 2018 SUR LES STRATÉGIES D’AGRICULTURE ÉCOLOGIQUE ET BIOLOGIQUE

LA Declaration DE Saly 2018  

SUR LES STRATÉGIES D’AGRICULTURE ÉCOLOGIQUE ET BIOLOGIQUE POUR UN DÉVELOPPEMENT CONTINENTAL ET NATIONAL VIABLE DANS LE CADRE DE L’AGENDA DE L’UNION AFRICAINE 2063

Nous, les 160 participants, comprenant des agriculteurs, des scientifiques, des décideurs et des entrepreneurs biologiques de plus de 30 pays participants à la 4ème Conférence africaine sur l’agriculture biologique qui s’est tenue à Saly, au Sénégal, du 5 au 8 novembre 2018, après avoir délibéré sur le thème « Agriculture écologique et biologique. Stratégies pour un développement continental et national viable dans le contexte de l’agenda 2063 de l’Union africaine « ,

CONVIENNENT que l’Agriculture Ecologique Biologique a un rôle important à jouer dans la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine et contribue aux objectifs de développement durable (ODD), à l’intégration continentale, à l’intégration du PAE dans le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA), à la préservation et à la systématiser les connaissances traditionnelles et fournir des preuves scientifiques permettant de mettre en place des politiques permettant de lutter contre la pauvreté, les conséquences du changement climatique, l’insécurité alimentaire, la perte de biodiversité, les contraintes d’accès aux marchés, la création d’emplois et les inégalités entre les sexes pour une Afrique prospère.

APPRECIANT

  • La Commission de l’Union africaine (CUA) pour son rôle moteur dans la mise en œuvre de la décision des chefs d’État et de gouvernement africains sur l’agriculture biologique (Doc. EX.CL/631 (XVIII). Cela ressort clairement des travaux du Comité directeur de l’AEB et initiative de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) visant à développer l’AEB en Afrique de l’Ouest.
  • Les progrès réalisés par le Réseau Africain pour l’Agriculture (AfrONet) dans la promotion du partenariat et du partage des connaissances entre les parties prenantes de l’AEB.
  • Les initiatives de partenaires internationaux tels que SWISS AID, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), le Réseau Intercontinental d’Organisation des Agriculteurs Biologiques (INOFO), la Direction du Développement et de la Coopération (DDC), ), la Société Suédoise pour la Conservation de la Nature (SSNC), IFOAM Organics International, la Société Internationale pour la Recherche en Agriculture Biologique (ISOFAR), Forschungsinstitut für biologischen Landbau / Institut de Recherche en Agriculture Biologique (FiBL) et le Centre de Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD).

RAPPELLENT

  • L’Agenda 2063 de l’Union africaine et ses implications pour le développement agricole en Afrique.
  • L’engagement des gouvernements africains en faveur de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

NOUS RECOMMANDONS À TOUS LES ÉTATS MEMBRES DE

  • Intensifier les efforts pour générer et diffuser des informations permettant de faire progresser l’agriculture biologique écologique et de présenter une analyse de rentabilisation solide pour l’AEB.
  • Combler les lacunes de communication entre scientifiques et agriculteurs afin de garantir l’utilité des résultats de la recherche.
  • Fournir des solutions susceptibles de faciliter l’engagement des institutions financières dans l’amélioration de l’accès au financement des activités liées à l’agriculture biologique.
  • Inclure l’agriculture écologique biologique dans les programmes d’investissement nationaux.
  • Participer au déploiement de l’AEB dans tous les pays d’Afrique, partagez les progrès accomplis et les enseignements tirés.
  • Mieux intégrer les apports des organisations d’agriculteurs et améliorer les agriculteurs – participation de la société civile aux initiatives liées à l’AEB,

NOUS EXHORTONS

  • Les gouvernements africains, les institutions continentales et régionales, les partenaires de développement, les donateurs et les investisseurs du secteur privé afin d’accroître leur soutien au développement de l’AEB en Afrique.
  • Toutes les parties prenantes et partenaires de développement africains à s’engager et à soutenir l’Initiative AEB en Afrique, ainsi que le développement du Réseau pour la Recherche en Agriculture Biologique en Afrique (NOARA) afin de faire participer les acteurs de la recherche concernés.
  • Les organisations nationales, régionales et internationales engagées dans la réalisation des ODD afin de soutenir activement le développement de l’AEB en Afrique.
  • Les acteurs de l’agriculture biologique au niveau des pays doivent assurer la liaison et collaborer avec les équipes de pays du PDDAA afin d’intégrer l’AEB dans les politiques nationales et les plans d’investissement du PDDAA.

NOUS RECONNAISSONS LES CONTRIBUTIONS EXCEPTIONNELLES DES SUPPORTEURS SUIVANTS DE L’AEB:

  • Tewolode Berhan Gebre Egziabher d’Ethiopie.
  • Janet Edeme, Commission de l’Union Africaine
  • Sue Burnell Edwards (à titre posthume) d’Ethiopie

NOUS REMERCIONS les organisateurs de cette conférence, y compris le ministère sénégalais de l’Agriculture, la Fédération Nationale pour l’Agriculture Biologique (FENAB), l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA), les Mouvements Nationaux Africains pour l’Agriculture Biologique (NOAM) et tous ceux qui ont fourni des fonds et du support technique.

NOUS CONVENONS de nous réunir au Maroc ou au Rwanda en 2021 pour la Cinquième Conférence Africaine sur l’Agriculture Biologique.

 

Jordan Gama

Président du Réseau Africain pour l’Agriculture Biologique

27 Mai 2020

DECLARATION COMMUNE DU COLLECTIF DES 16

DECLARATION COMMUNE DU COLLECTIF DES 16

Réunis en atelier d’échanges d’expériences sur les contentieux fonciers au Sénégal, les 15 – 16 – 17 février 2020 à Warang, 16  collectifs issus des régions de THIES, SAINT LOUIS, DAKAR, TAMBACOUNDA, LOUGA  et KAOLACK avec l’appui des partenaires ENDA PRONAT, OSIWA et le CRAFS ont échangé sur la problématique de l’accaparement des terres au Sénégal.

Considérant la typologie des problèmes : agro industries, mines, habitat, infrastructures publiques ;

Considérant la diversité des problèmes selon les zones et les statuts : rurale/ urbaine/ périurbaine et des acteurs impliqués ;

Considérant les manifestations du problème : manque de concertation  entre promoteurs et communautés locales, décision d’attribution des terres venues du niveau central, rétention des informations par les autorités locales ;

Le collectif déplore les menaces sur les exploitations familiales, le processus de déclassement des forêts, la non implication des communautés dans la gestion foncière, les manquements graves à l’application des textes : Acte III de la décentralisation, Loi sur le domaine national.

Le collectif des 16 s’engage à renforcer la mobilisation sociale, contacter les services techniques de l’Etat, augmenter la visibilité des communautés en lutte pour la sécurisation de leurs terres, faire recours à la justice en cas de besoin et jouer un rôle d’alerte et de veille.

Le collectif des 16, avec l’accompagnement des partenaires, affirme sa ferme volonté à :

  • mettre en place une plateforme des impactés,
  • réaliser un guide sur les cas d’accaparement des terres,
  • mettre en place un système d’information et de communication
  • organiser de visites régulières d’échanges

Le collectif des 16 interpelle l’Etat et ses démembrements sur une réforme foncière favorable aux communautés, l’application des dispositions des différents codes domaniaux, la protection des droits légitimes des communautés.

Le collectif des 16 interpelle les collectivités territoriales à favoriser la participation citoyenne en élargissant les commissions à des non élus.

 

 Fait à Warang le 17 février 2020

Ont signé :

  • Collectif de Ndiayel (Gnith)
  • Association pour le Développement de Bandia
  • Commission pour la défense des intérêts de Sandiara
  • Collectif WOBIN (Keur Moussa)
  • Comité d’initiatives pour le développement de Ndayane
  • Collectif pour la défense des intérêts de Mbour
  • Collectif de Méouane
  • Collectif de Wassadou (Tambacounda)
  • Collectif de Darou Khoudoss
  • Collectif de Diogo
  • Collectif de Ourour
  • Collectif de Dodel
  • Collectif de défense des populations de Mbour
  • Collectif de Yène
  • Collectif de Diockoul Diawrigne
  • Collectif REPTEV (Dagana)
27 Mai 2020

Communique moustiques génétiquement modifiés 01 juillet 2019

Communiqué de presse

La Coalition pour la protection du Patrimoine Génétique africain (COPAGEN) et le Collectif Citoyen pour l’Agroécologie (CCAE) découvrent avec amertume le lâcher imminent de moustiques génétiquement modifiés dans le cadre du projet Target Malaria par l’Institut de

Recherche en Sciences de la Santé (IRSS). Le lâcher-test est programmé pour ce 1 er juillet 2019 dans le village de Bama, relevant de l’arrondissement 7 de la commune de Bobo Dioulasso.

En dépit des efforts de concertation, de communication et d’interpellation des acteurs du projet et du Gouvernement du Burkina Faso, à travers l’Agence Nationale du Biosécurité, sur la nécessité de mieux cerner les risques potentiels d’une telle expérimentation, sur le respect des textes de lois qui encadrent de telles expériences et sur l’indispensable inclusion et acceptation de tous les acteurs, notamment des populations exposées en première ligne, nous regrettons le passage en force qui est en train d’être opéré,

Il nous plaît de rappeler que ce lâcher-test intervient en totale négation de l’éthique de la vie humaine et en violation des lois et conventions nationales et internationales dont le Burkina Faso est signataire.

C’est le cas, notamment :

  • de la loi N 0 064-2012/AN du 20 décembre 2012 portant régime de sécurité en matière de biotechnologie , du Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques du 1 1 juillet 2012.
  • de la déclaration finale sanctionnant la 14e réunion de la conférence des parties (COP 14) à la Convention sur la Diversité Biologique en novembre 2018 à Sharm El Sheikh, Égypte

Le projet Target Malaria et le Gouvernement du Burkina Faso ont fait le choix dangereux, malgré tout, d’exposer les populations et leur milieu de vie à des situations aux évolutions incertaines.

Au regard de tout ce qui précède, et prenant l’opinion nationale, sous régionale et internationale à témoin, la COPAGEN et le CCAE, dans un ultime élan d’alerte, exhortent les porteurs du projet et le Gouvernement burkinabè à savoir raison garder.

Si malgré tout, le lâcher des moustiques génétiquement modifiés venait à se concrétiser, la COPAGEN et le CCAE •  tiendront pour responsable l’Etat burkinabè et le projet Target Malaria de toute situation de dégradation de la santé humaine, animale et sur l’environnement à court, moyen et long termes, consécutive aux tests menés en milieu ouvert ;  saisiront les juridictions compétentes sur le non-respect des dispositions relatives à l’évaluation des risques biotechnologiques, des procédures d’essai des organismes génétiquement modifiés, des conditions de dissémination des organismes génétiquement modifiés.

19 Avr 2020
Ibrahim Ouedraogo

Ibrahim Ouedraogo : une FORCE TRANQUILLE nous a quittés

Au moment où on se projetait vers de grands projets, notre Homme, très cher ami, frère, collègue, formateur et surtout et surtout fervent combattant pour les droits des agriculteurs vient de nous quitter. Ô qu’elle est brutale cette séparation qui déchire nos cœurs que Ibrahim savait tant remplir de joie, nos esprits bouleversés qu’il savait tant remplir de sagesse.
Pionner de l’agroécologie dans son pays natal à côté de Pierre Rabi, avant de servir à d’autres nations et dans d’autres sphères du développement rural, retenons de cet homme du Faso qu’il n’avait pas de frontière dans ses œuvres.
Aujourd’hui le Burkina est frappé par ce choc inattendu, mais aussi les pays de la sous-région notamment le Sénégal, et au-delà de ces frontières pour citer l’Afrique toute entière et le reste du monde. Les tiers-mondistes du monde entier ont perdu un Grand et Aimable Homme.
Le compagnonnage d’Enda Pronat avec Ibrahim a commencé depuis le début des années 1998, en tant que Directeur d’Inades Formation Côte d’Ivoire, jusqu’au moment où on apprend son voyage vers l’au-delà : une collaboration pleine de succès et sans regret.
Au Sénégal beaucoup de gens l’ont connu comme expert du développement des chaînes de valeurs agroalimentaires quand il dirigeait l’ONG Ricolto (ex VECO), mais aussi en tant que personne ressource active de la société civile sénégalaise pour la protection et la défense des ressources naturelles, en commençant par le foncier en 2010 avec le CRAFS, puis les semences paysannes avec la COPAGEN Sénégal et la transition agroécologique à l’échelle des territoires avec notre équipe d’Enda Pronat. Il fut membre fondateur de la COPAGEN régionale où il est membre du groupe de coordination et de la coalition du Sénégal. Il a animé à cet effet plusieurs sessions de sensibilisation et de formation avec les agriculteurs pour leur parler des OGM, des enjeux et menaces qui pèsent sur la santé des consommateurs, et que le recours à la valorisation des semences paysannes était la seule voie à suivre et la seule voix à porter. Entre autres fruits de ce combat noble qu’il a toujours porté à côté d’Enda Pronat et de la société civile sénégalaise, nous pouvons citer la naissance de l’Association Sénégalaise des Producteurs de Semences Paysannes (ASPSP) : il était aussi là.
En tant que membre actif de notre conseil d’administration, il a toujours marqué les esprits par sa qualité d’écoute, sa capacité de synthèse et la brillance de ses interventions constructives. Il a toujours répondu à toutes nos sollicitations sans exception, notamment la définition des orientations stratégiques dans le cadre de l’élaboration de notre plan stratégique, le coaching de la jeune équipe de l’organisation dont il n’a jamais douté de ses capacités et le besoin de les renforcer pour porter haut le flambeau de la lutte contre les inégalités et pour des transformations sociales durables. Il n’a cessé de rappeler l’importance d’encadrer cette jeunesse, la motiver et la féliciter à sa juste valeur.
Tisserand du partenariat bilatéral et multi-acteurs, Ibrahim était aussi présent pour faciliter notre contact avec des acteurs du développement, du local à l’international. En effet, à l’échelle territoriale la plus petite nous nous rappelons des missions de terrain faites ensemble dans le terroir de Lérabé et dans la commune de Ndiob dans le cadre de la recherche-action sur la mise à l’échelle de la transition agroécologique. Mais aussi hors du territoire national, avec d’une part, des organisations du sud, notamment avec les réseaux de la COPAGEN, du COASP, et d’autre part avec des partenaires du nord tels que Interpares, CCFD, USC Canada, Fondation Rosa Luxemburg, WFD, Misereor, SUCO, pour appuyer Enda Pronat sur son plaidoyer à travers la sensibilisation des décideurs occidentaux.
D’une modestie inestimable et d’une générosité sans fin, Ibrahim s’est distingué dans le partage illimité de son savoir, de son savoir-faire et de son expérience. Toujours disponible et positif, il savait apporter sa pierre à l’édifice dans toutes nos réflexions stratégiques et planifications opérationnelles pour le respect de la dignité et des droits des communautés à la base en faveur du développement durable de leurs territoires. La toute dernière occasion fut sa participation aux journées de l’agroécologie de la DyTAES tenues du 30 janvier au 1er février 2020 où il a modéré le panel 4  » Politiques, lois et financements en faveur de la TAE » et en marge de cet événement au dîner d’affaire que le conseil d’administration d’Enda Pronat avait organisé avec ses partenaires techniques et financiers.
Nous avons appris avec Ibrahim plus que l’on attendait. Il ne nous doit rien.
Nul n’eut été cette crise sanitaire qui nous oblige à nous confiner là où nous sommes, au moment où les frontières terrestres et aériennes sont fermées, nous ne manquerions pas de nous rendre à Ouaga à côté de ta femme et de tes enfants t’accompagner dans ta dernière demeure sur terre. Mais nous ne manquerons pas de te porter dans nos prières.
Que ton âme repose en paix notre très cher Ibrahim Ouedraogo.
Amen !
L’équipe d’Enda Pronat