"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
54, Rue Carnot , Immeuble Cheikh Hamidou KANE Dakar , Plateau
(+221) 33 889 34 39
Lun-Sam: 07:30 - 17:00
25 Juin 2020

« COVID-19 et impacts socio-économiques sur le monde rural : il faut réformer les politiques agricoles

Installation de la COVID-19 au Sénégal avec des impacts socio-économiques sur le monde rural et l’Agriculture

Annoncé officiellement au Sénégal le 2 mars 2020, la COVID-19 a touché aujourd’hui toutes les régions du pays. L’interdiction de rassemblement le 13 mars, l’état d’urgence proclamé le 23 mars avec des mesures d’endiguement, notamment la restriction des déplacements interurbains, et la suspension des marchés hebdomadaires ou « louma », ont engendré divers impacts et mis en lumière les limites des politiques sanitaires, mais aussi socio-économiques et agro-environnementales du pays.
Les populations vulnérables les plus touchées par cette pandémie, sont celles des quartiers des banlieues qui vivent dans des situations précaires, mais aussi celles du monde rural, beaucoup moins équipées et résilientes pour se défendre face au virus, notamment les agropasteurs et personnes actives des secteurs de l’informel.
En effet, la commercialisation des produits agricoles de la contre-saison froide qui sont périssables, a été sévèrement perturbée. L’économie rurale principalement assurée par le secteur primaire qui représente 16% du PIB et 50% des emplois est paralysée. Des stocks de semences sont autoconsommés par endroit pour faire face à la soudure précoce, et la campagne agricole d’hivernage est compromise par manque de ressources matérielles (intrants et équipements) et/ou financières qui aurait dû se faire pour certains avec les recettes de la campagne de contre-saison.
Face à une démographie galopante, à un modèle agricole mondial à bout de souffle, aux effets croissants du réchauffement climatique, … : comment parvenir à assurer la sécurité alimentaire des populations de manière durable ? Cette question d’ordre mondial est devenue d’autant plus préoccupante dans un contexte de pandémie de la COVID-19 qui remet plus que jamais en question nos systèmes alimentaires.

Les plans de riposte adoptés par l’Etat, les organisations de la société civile et les populations s’inscrivent dans le très court terme, alors que l’insécurité alimentaire s’accentue

Bien avant le début de la pandémie du COVID-19, 135 millions de personnes à travers le monde étaient déjà confrontées à une situation d’insécurité alimentaire grave en raison de crises ou de chocs préexistants : http://www.fao.org/news/story/fr/item/1269763/icode/.
Selon la FAO, en 2020, 24 millions de Sahéliens, dont la moitié sont des enfants, ont besoin d’une assistance et d’une protection vitales, le nombre le plus élevé jamais enregistré. En raison de la violence généralisée et des catastrophes naturelles, 6,9 millions de personnes sont confrontées aux conséquences désastreuses des déplacements forcés. Plus de 4,5 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur de leur pays ou réfugiées – soit un million de plus qu’en 2019, et 2,5 millions de retournés luttent pour reconstruire leur vie.
Au Sénégal, le bilan négatif de la précédente saison des pluies (2019) annonçait déjà une situation d’insécurité alimentaire et de malnutrition accrue et préoccupante, selon un rapport de la FAO de novembre 2019. L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim) avait déclaré qu’au moins 975 000 personnes avaient été touchées par la sécheresse au Sénégal . Déjà en 2019, des signaux d’insécurité alimentaire étaient perceptibles sur le terrain.
La situation inquiétante de la crise annonce des menaces plausibles d’insécurité alimentaire, et d’écroulement de l’économie nationale, surtout pour un pays comme le Sénégal ou le déficit commercial s’est aggravé au mois de mars dernier, indique la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE). Durant le mois de mars 2020, les échanges extérieurs du Sénégal font ressortir un déficit de 274,5 milliards contre 29,4 milliards en février 2020, soit un creusement de 282,8 milliards’’, constate la DPEE dans son Point mensuel de conjoncture pour le mois de mars : http://aps.sn/actualites/economie/article/le-deficit-commercial-s-est-degrade-en-mars-dpee.

De surcroît, quand on se réfère au communiqué du 18 mars 2020 du Directeur du commerce intérieur, le pays était à un stock cumulé de 246 mille tonnes de riz (denrée la plus consommée par les sénégalais et son niveau d’importation toujours trop importante) pour couvrir deux mois et demi, et attendait un complément de 120 mille tonnes au mois d’avril pour atteindre une couverture des besoins du pays pendant quatre mois

Dans la confusion totale et l’incertitude sur l’avenir que la crise de la COVID-19 nous réserve, des initiatives d’appuis sont notées autant du côté de l’Etat que des organisations de la société civile, principalement sur la sensibilisation pour le respect des mesures barrières et des dons de kits de protection sanitaire, de vivres de soudure, l’appui en intrants et en matériel agricole. En effet, des plans de riposte sectorielle, notamment de l’agriculture, de l’élevage et du développement territorial sont mis en place par le gouvernement pour gérer l’urgence de sortie de crise dans le court terme.
Par exemple, pour cette présente campagne agricole 2020, le Gouvernement du Sénégal a décidé de faciliter l’acquisition d’intrants et de matériels agricoles subventionnés à hauteur de 60 à 70% et d’accompagner les petites exploitations agricoles pour un coût global de 90 361 598 870 FCFA.
Au vu des besoins des populations vulnérables touchées par la crise, sans parler des retards liés à leur mise en place effective, ces plans d’aide sont très insuffisants et n’ont pas non plus intégré de planification stratégique à moyen et long terme pour promouvoir le développement de systèmes alimentaires durables et viser la souveraineté alimentaire et nutritionnelle.
En outre, certaines tranches de la population rurale, particulièrement des acteurs économiques agrosylvopastoraux et de l’artisanat, ont eux aussi su mettre à l’épreuve leur ingéniosité en exploitant les potentialités des ressources de leur territoire et réorganisant leur système d’exploitation. Il s’agit notamment devant la situation d’urgence, du développement de marchés de proximité au niveau des villages et communes, de partenariats commerciaux entre producteurs, transporteurs et commerçants, du renforcement de l’autonomie et du pouvoir de négociation des exploitations familiales. Seulement, aucune garantie de pérennisation et de mise à l’échelle de ces initiatives ponctuelles et éparses n’est donnée.

Nécessité de politiques cohérentes qui promeuvent des systèmes de production et économiques plus résilients et autonomes.

Le Sénégal n’est pas encore sorti de cette situation de crise sanitaire avec des incidences á tous les niveaux (social, économique, écologique). Les plans de riposte des autorités contre la COVID-19 sont éphémères et les défis de l’agriculture sénégalaise énormes. Et pourtant, des acteurs de la société civile avaient sonné l’alerte bien avant la pandémie en incitant les gouvernants vers des politiques de développement plus résilientes aux crises et catastrophes naturelles et qui garantissent mieux la bonne gouvernance des ressources naturelles et la reconquête de la souveraineté alimentaire.
C’est dans cette logique que les résultats du diagnostic produit par la Dynamique pour la Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES) lors d’un vaste processus de consultation dans les six zones éco-géographiques du Sénégal au second semestre de l’année 2019 ont mis en relief 15 défis auxquels l’Agriculture sénégalaise fait face. Et nous constatons que les effets de la crise n’ont pas changé le contenu du diagnostic de la DyTAES, mais l’ont plutôt mis au grand jour. Les difficultés et l’insécurité constatés durant cette crise confirment à nouveau la pertinence des recommandations d’ordre général et spécifiques de la DyTAES sur la nécessité, voir l’obligation de revoir le modèle de développement territorial et les systèmes alimentaires du Sénégal pour une transition agroécologique au niveau national, gage de la résilience et de l’autonomie des exploitations familiales.
L’agroécologie est reconnue à l’international comme un levier puissant pour rendre plus durables l’agriculture et l’alimentation (FAO, 2018 ; IPES-Food, 2018 ; De Schutter, 2011 ). Basée sur des processus ascendants et territoriaux, l’agroécologie aide à résoudre les problèmes locaux grâce à des solutions adaptées au contexte. Les innovations agroécologiques se fondent sur la production conjointe de connaissances, en associant la science et les savoirs traditionnels, concrets et locaux des producteurs et productrices. En renforçant leur autonomie et leur capacité d’adaptation, l’agroécologie donne aux producteurs-trices et aux populations les moyens d’être des acteurs clés du changement.
En Afrique subsaharienne, de nombreuses études de cas prouvent que l’agroécologie peut contribuer à la sécurité́ alimentaire et nutritionnelle tout en restaurant les ressources, les services écosystémiques et la biodiversité (Oakland Institute, 2020 ; AFSA, 2019 ; FAO, 2020). Ces études montrent également que l’agroécologie peut jouer un rôle important dans la cohésion sociale, le renforcement de la résilience et l’adaptation au changement climatique. Elle ouvre de nouvelles perspectives aux jeunes ruraux et peut, de ce fait, concourir à freiner l’exode rural actuellement observé en Afrique sub-saharienne.
Au vu de la nature systémique et multidimensionnelle des freins au changement, on comprend que la transition agroécologique n’est pas qu’une affaire d’agriculteurs ou d’éleveurs. Elle s’appuie nécessairement sur des changements profonds dans l’organisation des filières et des territoires et dans l’ensemble du système d’appui à l’agriculture (recherche, formation, conseil, subvention, etc.).
Dès lors, les initiatives endogènes, généralement fondées sur les principes de l’agroécologie, méritent davantage d’attention des pouvoirs publics pour leur mise à l’échelle en vue de mettre fin aux menaces d’insécurité alimentaire qui s’accentuent chaque année à travers le pays.
Malgré́ la bonne volonté́ du gouvernement qui a placé la transition agroécologique parmi les cinq initiatives majeures du Plan d’Action Prioritaire de la deuxième phase du Plan Sénégal Emergent (2019-2024), et des autres acteurs, la mise à l’échelle de l’agroécologie est freinée par l’éparpillement des initiatives et par des blocages systémiques. Un dialogue entre tous les acteurs et une mise en synergie des initiatives apparaissent comme deux conditions préalables pour aller de l’avant et opérationnaliser la vision du chef de l’Etat.

Que propose la Dynamique pour la Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES) ?
Le document de contribution qui a été produit par la DyTAES au sortir des consultations du monde rural a été remis aux autorités compétentes du pays en février 2020, et puis largement diffusé en ligne. Dans ce document, sont formulées des recommandations politiques en faveur de la transition agroécologique dans le court et le long terme. De prime abord, la DyTAES propose trois recommandations immédiates :
i) Mettre en place un cadre national de dialogue regroupant tous les acteurs pour la transition agroécologique ;
ii) Encourager et appuyer financièrement des expérimentations impliquant la mise en œuvre de changements coordonnés et simultanés dans plusieurs secteurs d’activités (éducation, agriculture, alimentation, énergie, habitat, forêt…) à l’échelle de communes ou départements pour mettre en œuvre un plan territorial ;
iii) Identifier des priorités pouvant avoir un effet de levier pour la transition agroécologique et les valoriser dans les expérimentations.
Cependant, la DyTAES n’a pas eu de retour du gouvernement du Sénégal depuis qu’elle lui a remis officiellement ce document de contribution politique lors de la 3ème édition des Journées de l’Agroécologie qui s’est tenue du 30 janvier au 1er février 2020 en présence de 1500 personnes provenant essentiellement du monde rural, d’une diversité d’organisations du Sénégal et de pays de la sous-région ouest africaine, de l’Europe et du Canada.
Présidées à l’ouverture par le Ministre de l’Agriculture et clôturées par le Ministre de l’Environnement représentants du président de la République, ces journées furent l’occasion pour la DyTAES d’appeler le gouvernement sénégalais au dialogue en faveur d’une politique intégrée et fondée sur une vision holistique qui prend en compte le caractère multidimensionnel et transversal de la transition agroécologique.
Toutefois, la DyTAES réitère sa disponibilité pour accompagner l’Etat du Sénégal dans la construction d’une politique de transition agroécologique intégrée et holistique, avec une intervention coordonnée dans plusieurs secteurs, et qui sera capable d’aborder toutes les dimensions nécessaires à cette transformation.
Pour endiguer la menace d’insécurité alimentaire qui s’annonce et renforcer notre autosuffisance alimentaire et notre souveraineté alimentaire, la DyTAES demande à l’Etat de renforcer les investissements dans l’agriculture pour cette année particulière, et plus particulièrement dans l’agroécologie, et de prendre des mesures spéciales pour renforcer la sécurisation de la production agricole et l’autonomisation des exploitations familiales au détriment des agro-industries à qui l’on réserve d’habitude une bonne partie des subventions agricoles, mais aussi étendre les mesures d’appui en intrants aux engrais organiques.
Pour le moyen et long terme, la DyTAES décline sa proposition d’orientation politique sur quatre axes principaux similaires à ceux du Programme National d’Investissement Agricole pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition (PNIASAN) :
Axe 1 – Amélioration et sécurisation des bases productives
• Permettre un accès équitable à l’eau productive pour les exploitations familiales, et susciter une utilisation durable de l’eau par tous les usagers : accroître les investissements et assurer un accès économique à l’eau productive en quantité et en qualité suffisante avec moins d’impact carbone) ;
• Faire de la gestion durable des ressources naturelles (forêts, ressources halieutiques, sols) une priorité nationale : responsabilisation des communautés et application rigoureuse de réglementations adaptées ;
• Protéger et valoriser les semences paysannes, les races rustiques et les espèces forestières et halieutiques locales en veillant à la préservation de la biodiversité.

Axe 2 – Accroissement durable de la productivité́ et des productions d’agriculture, d’élevage et de la pêche
• Renforcer la résilience des systèmes de production agricole, d’élevage et de la pêche via l’adoption de pratiques agroécologiques : accompagner les exploitations familiales qui souhaitent s’engager dans l’agroécologie à travers des mesures incitatives (produits d’assurance agricole adaptés, amortissement des risques, infrastructures de stockage et conservation, etc.)
• Faciliter l’accès des exploitations familiales à des intrants organiques et à des équipements de qualité́ pour accroître la productivité́ des systèmes agriculture, d’élevage et de la pêche :
• Subventionner et rendre plus accessibles les biofertilisants, les biopesticides et le matériel agricole et soutenir toutes les initiatives de valorisation des ressources alimentaires pour le bétail et de production de cultures fourragères afin de favoriser la complémentarité́ agriculture-élevage ;
• Prioriser l’agroécologie dans les programmes de recherche, de formation et de conseil agricole.
Axe 3 – Promotion des produits issus de l’agroécologie dans les chaînes de valeur agricole, d’élevage et de la pêche
• Limiter les pertes post-récolte, améliorer la qualité sanitaire des produits et diversifier l’offre en produits transformés : renforcer les capacités des acteurs et les infrastructures de conservation, de transformation et de transport ;
• Promouvoir la consommation des produits issus de l’agroécologie au niveau national : campagnes d’information, sensibilisation et inclure dans les commandes publiques des quotas ou clauses pour faciliter l’accès des produits agroécologiques aux marchés, notamment institutionnels.
• Faciliter l’accès des exploitations familiales à des marchés qui valorisent les produits agroécologiques : renforcer les mécanismes de régulation des marchés et d’information sur la disponibilité́, la localisation et le prix des produits issus de l’agroécologie.
Axe 4 – Amélioration de la gouvernance, des conditions cadres et du financement pour une transition agroécologique à grande échelle
• Instaurer un cadre de concertation intersectoriel, participatif et inclusif pour faciliter la construction, la mise en œuvre et le suivi des politiques de transition agroécologique : soutenir également la mise en place de cadre de concertation multi-acteurs au niveau local ;
• Améliorer, adopter et faire appliquer les lois, codes et règlements favorables à la transition agroécologique : foncier, biosécurité et aménagement du territoire ;
• Assurer le financement de la transition agroécologique en priorisant le soutien aux exploitations familiales : budgets spécifiquement alloués à la transition agroécologique et orientés en priorité vers le soutien aux exploitations familiales, à la recherche sur l’agroécologie, à la préservation des ressources naturelles et à la restauration des sols.

09 Juin 2020

NOTE D’INFORMATION SUR LES IMPACTS DU COVID19 DANS LES ZONES D’ANCRAGE D’ENDA PRONAT

INTRODUCTION

Le Coronavirus COVID-19 a surpris le monde entier par la rapidité et l’ampleur de sa propagation et ses conséquences multidimensionnelles et multisectorielles.A l’instar de plusieurs pays, le Sénégal a été touché. Depuis l’apparition du premier cas déclaré le 02 Mars2020, l’Etat du Sénégal a pris plusieurs mesures budgétaires, économiques, sanitaires, sociales et politiques pour faire face à cette pandémie.L’installation de l’état d'urgence et du couvre-feu, les limitations de déplacements,l’interdiction des rassemblements et la fermeture de bon nombre des marchés sont parmi les mesures prises pour faire face à cette pandémie qui n’épargne aucun secteur ni aucune couche de la population.Enda Pronat,qui travaille sur la transition agroécologique et la gestion durable des ressources naturelles avec les populations rurales,suit et vit avec les bénéficiaires les conséquences de Covid -19.

I –ETAT DES LIEUX

Quelle que soit la zone d’intervention (Vallée du Fleuve Sénégal, Niayes Sud, Bassin arachidier et Tambacounda), la situation vécue par les communautés rurales reste sensiblement identique.

11 -Situation par rapport à la mise en œuvre des activités de projet d’Enda Pronat

Enda Pronat travaillant avec des populations rurales, la période actuelle de pandémie de Covid 19 (mars à mai) coïncide avec une phase intensive d’activités non agricoles sur le terrain.Dans la plupart des zones, les populations ont plus de temps libre et sont facilement mobilisables pour la mise en œuvre des activités participatives. Vu sous cet angle, nous notons plusieurs inconforts :

  • le report de plusieurs activités structurantes et participatives relatives à la redynamisation des cadres locaux de gestion des ressources naturelles (GRN) à Koussanar (formations sur le foncier, renforcement et accompagnement de comités villageois paritaires de GRN, renforcement des caisses villageoises, etc.) ;
  • les difficultés dans le suivi des activités,notamment la restriction de l'appui-conseil auprès des producteurs et productrices et du suivi rapproché effectué au niveau des caisses locales autogérées pour recouvrer les crédits de semences et de matériel agricole et prendre en charge les expressions de besoins pour la campagne d’hivernage à venir ;
  • Un service minimum est cependant assuré avec les collègues des équipes locales présentes dans les zones d’intervention qui parviennent à accompagner les producteurs et productrices individuellement autant que possible, et avec l’utilisation accrue du téléphone pour les acteurs à la base et l’équipe de coordination qui démarche pour obtenir des autorisations de circuler.

12-Situation sur le terrain

L’état des lieux de la situation sur le terrain nous permet d’analyser les aspects sanitaires,mais aussi la façon dont la pandémie affecte les activités des bénéficiaires et les ressources.

Situation socio-sanitaire dans les zones d’intervention

Nos zones d’intervention sont encore peu touchées par la maladie en terme de contamination1, cependant, il faut poursuivre la vigilance avec les mesures barrières.Des comités locaux de lutte contre le Covid19 sont mis en place et travaillent entre autre à l’identification des bénéficiaires et à la distribution des appuis apportés par l’Etat pour faire face au Covid 19.

Situation sur les activités économiques.

En milieu rural, les populations ont plusieurs activités,toutes impactées de manière plus ou moins grave :

  • les difficultés de commercialisation des récoltes sont liées à la fermeture des loumas et marchés (espaces de service, de vente de produits ruraux et d’approvisionnement), à la réduction de la vente «bord champ» et du commerce de détaille long des axes routiers fait par les femmes revendeuses,et à la fermeture de restaurants et d’hôtels.
  • les perturbations dans les transports ont touché les transporteurs de nos zones avec les bus de transport interurbains reliant des localités du pays à la capitale.
  • Les difficultés sur l’élevage: avec la fermeture des frontières, des loumas, le couvre-feu et l’interdiction des cérémonies,des problèmes sont notés par rapport à la transhumance(déplacement et méfiance envers les éleveurs vus comme des étrangers pouvant contaminer), aux pâturages et à l’alimentation (accès à l’eau et à l’alimentation) du bétail, à l’approvisionnement en animaux sur pied, en viande et lait des unités de transformations et des centres urbains; ce qui constitue également un énorme manque à gagner pour les éleveurs en terme de revenus tirés de leurs activités.

Situation sur les flux migratoires

La saison sèche est une période d’exode pour les jeunes à la recherche d’emplois vers les villes dans le secteur informel et comme ouvriers agricoles dans les zones de culture irriguée. Les revenus obtenus permettent de prendre en charge plusieurs besoins de la famille,d’acheter des intrants pour la campagne agricole et de rendre la période de soudure moins dure.Certains jeunes qui avaient quitté leur village après la saison des pluies sont bloqués dans les villes et avec les mesures mises en place par l’Etat, ils se trouvent dans une situation très précaire, surtout que le secteur informel est aussi durement touché par la crise. L’indisponibilité en main-d'œuvre agricole lors des périodes de récolte d’oignon prolonge la durée de récoltes dans les champs,entrainant ainsi une augmentation des charges d’exploitations et exposant les produits aux attaques et à la pourriture.

Situation sur les ressources naturelles

L’exploitation du charbon de bois procure des revenus aux exploitants et aux femmes qui ramassent les restes au niveau des sites de combustion après exploitation par le propriétaire et les commercialisent ou les utilisent pour leurs besoins en combustibles au niveau des foyers. Avec la fermeture des marchés et la diminution des revenus, on constate une forte pression sur les ressources naturelles de la part des communautés,avec notamment la coupe des arbres pour le bois de chauffe de la part des femmes et le trafic de bois par les hommes. En réalité aucune couche de la société n’est épargnée par les conséquences économiques de la pandémie: les producteurs et productrices, les commerçant.e.s, les exploitants forestiers, les transporteurs, les femmes et les jeunes.Cependant,les communautés s’organisent de mieux en mieux pour s’adapter à la nouvelle situation et faire face aux effets et conséquences du Covid19.

 

27 Mai 2020

LA DECLARATION DE SALY 2018 SUR LES STRATÉGIES D’AGRICULTURE ÉCOLOGIQUE ET BIOLOGIQUE

LA Declaration DE Saly 2018  

SUR LES STRATÉGIES D’AGRICULTURE ÉCOLOGIQUE ET BIOLOGIQUE POUR UN DÉVELOPPEMENT CONTINENTAL ET NATIONAL VIABLE DANS LE CADRE DE L’AGENDA DE L’UNION AFRICAINE 2063

Nous, les 160 participants, comprenant des agriculteurs, des scientifiques, des décideurs et des entrepreneurs biologiques de plus de 30 pays participants à la 4ème Conférence africaine sur l’agriculture biologique qui s’est tenue à Saly, au Sénégal, du 5 au 8 novembre 2018, après avoir délibéré sur le thème « Agriculture écologique et biologique. Stratégies pour un développement continental et national viable dans le contexte de l’agenda 2063 de l’Union africaine « ,

CONVIENNENT que l’Agriculture Ecologique Biologique a un rôle important à jouer dans la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine et contribue aux objectifs de développement durable (ODD), à l’intégration continentale, à l’intégration du PAE dans le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA), à la préservation et à la systématiser les connaissances traditionnelles et fournir des preuves scientifiques permettant de mettre en place des politiques permettant de lutter contre la pauvreté, les conséquences du changement climatique, l’insécurité alimentaire, la perte de biodiversité, les contraintes d’accès aux marchés, la création d’emplois et les inégalités entre les sexes pour une Afrique prospère.

APPRECIANT

  • La Commission de l’Union africaine (CUA) pour son rôle moteur dans la mise en œuvre de la décision des chefs d’État et de gouvernement africains sur l’agriculture biologique (Doc. EX.CL/631 (XVIII). Cela ressort clairement des travaux du Comité directeur de l’AEB et initiative de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) visant à développer l’AEB en Afrique de l’Ouest.
  • Les progrès réalisés par le Réseau Africain pour l’Agriculture (AfrONet) dans la promotion du partenariat et du partage des connaissances entre les parties prenantes de l’AEB.
  • Les initiatives de partenaires internationaux tels que SWISS AID, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), le Réseau Intercontinental d’Organisation des Agriculteurs Biologiques (INOFO), la Direction du Développement et de la Coopération (DDC), ), la Société Suédoise pour la Conservation de la Nature (SSNC), IFOAM Organics International, la Société Internationale pour la Recherche en Agriculture Biologique (ISOFAR), Forschungsinstitut für biologischen Landbau / Institut de Recherche en Agriculture Biologique (FiBL) et le Centre de Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD).

RAPPELLENT

  • L’Agenda 2063 de l’Union africaine et ses implications pour le développement agricole en Afrique.
  • L’engagement des gouvernements africains en faveur de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

NOUS RECOMMANDONS À TOUS LES ÉTATS MEMBRES DE

  • Intensifier les efforts pour générer et diffuser des informations permettant de faire progresser l’agriculture biologique écologique et de présenter une analyse de rentabilisation solide pour l’AEB.
  • Combler les lacunes de communication entre scientifiques et agriculteurs afin de garantir l’utilité des résultats de la recherche.
  • Fournir des solutions susceptibles de faciliter l’engagement des institutions financières dans l’amélioration de l’accès au financement des activités liées à l’agriculture biologique.
  • Inclure l’agriculture écologique biologique dans les programmes d’investissement nationaux.
  • Participer au déploiement de l’AEB dans tous les pays d’Afrique, partagez les progrès accomplis et les enseignements tirés.
  • Mieux intégrer les apports des organisations d’agriculteurs et améliorer les agriculteurs – participation de la société civile aux initiatives liées à l’AEB,

NOUS EXHORTONS

  • Les gouvernements africains, les institutions continentales et régionales, les partenaires de développement, les donateurs et les investisseurs du secteur privé afin d’accroître leur soutien au développement de l’AEB en Afrique.
  • Toutes les parties prenantes et partenaires de développement africains à s’engager et à soutenir l’Initiative AEB en Afrique, ainsi que le développement du Réseau pour la Recherche en Agriculture Biologique en Afrique (NOARA) afin de faire participer les acteurs de la recherche concernés.
  • Les organisations nationales, régionales et internationales engagées dans la réalisation des ODD afin de soutenir activement le développement de l’AEB en Afrique.
  • Les acteurs de l’agriculture biologique au niveau des pays doivent assurer la liaison et collaborer avec les équipes de pays du PDDAA afin d’intégrer l’AEB dans les politiques nationales et les plans d’investissement du PDDAA.

NOUS RECONNAISSONS LES CONTRIBUTIONS EXCEPTIONNELLES DES SUPPORTEURS SUIVANTS DE L’AEB:

  • Tewolode Berhan Gebre Egziabher d’Ethiopie.
  • Janet Edeme, Commission de l’Union Africaine
  • Sue Burnell Edwards (à titre posthume) d’Ethiopie

NOUS REMERCIONS les organisateurs de cette conférence, y compris le ministère sénégalais de l’Agriculture, la Fédération Nationale pour l’Agriculture Biologique (FENAB), l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA), les Mouvements Nationaux Africains pour l’Agriculture Biologique (NOAM) et tous ceux qui ont fourni des fonds et du support technique.

NOUS CONVENONS de nous réunir au Maroc ou au Rwanda en 2021 pour la Cinquième Conférence Africaine sur l’Agriculture Biologique.

 

Jordan Gama

Président du Réseau Africain pour l’Agriculture Biologique

27 Mai 2020

Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales

Assemblée générale                                                                                                   Distr. limitée
                                                                                                                                                                30 octobre 2018
                                                                                                                                                                Français
                                                                                                                                                                Original : anglais

Soixante-treizième session

Troisième Commission
Point74 b) de l’ordre du jour
Promotion et protection des droits de l’homme: Questions
relatives aux droits de l’homme, y compris les divers
moyens de mieux assurer l’exercice effectif des droits de
l’homme et des libertés fondamentales

Afrique du Sud, Bolivie (État plurinational de), Cuba, El Salvador, Équateur, Mongolie, Nicaragua, Paraguay, Portugal et Venezuela ( République bolivarienne du) : projet de résolution

 Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales

L’Assemblée générale,

 Saluant l’adoption par le Conseil des droits de l’homme, par sa résolution 39/12 du 28 septembre 20181, de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales,

  • Adopte la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones Rurales, dont le texte figure dans l’annexe à la présente résolution;
  • Invite les gouvernements, les organismes et organisations du système des Nations Unies et les organisations intergouvernementales et non gouvernementales à diffuser la Déclaration et à en promouvoir le respect et la compréhension universels ;
  • Prie le Secrétaire général de reproduire le texte de la Déclaration dans la prochaine édition de la publication Droits de l’homme : Recueil d’instruments internationaux.

LIRE LA SUITE 

27 Mai 2020

DECLARATION COMMUNE DU COLLECTIF DES 16

DECLARATION COMMUNE DU COLLECTIF DES 16

Réunis en atelier d’échanges d’expériences sur les contentieux fonciers au Sénégal, les 15 – 16 – 17 février 2020 à Warang, 16  collectifs issus des régions de THIES, SAINT LOUIS, DAKAR, TAMBACOUNDA, LOUGA  et KAOLACK avec l’appui des partenaires ENDA PRONAT, OSIWA et le CRAFS ont échangé sur la problématique de l’accaparement des terres au Sénégal.

Considérant la typologie des problèmes : agro industries, mines, habitat, infrastructures publiques ;

Considérant la diversité des problèmes selon les zones et les statuts : rurale/ urbaine/ périurbaine et des acteurs impliqués ;

Considérant les manifestations du problème : manque de concertation  entre promoteurs et communautés locales, décision d’attribution des terres venues du niveau central, rétention des informations par les autorités locales ;

Le collectif déplore les menaces sur les exploitations familiales, le processus de déclassement des forêts, la non implication des communautés dans la gestion foncière, les manquements graves à l’application des textes : Acte III de la décentralisation, Loi sur le domaine national.

Le collectif des 16 s’engage à renforcer la mobilisation sociale, contacter les services techniques de l’Etat, augmenter la visibilité des communautés en lutte pour la sécurisation de leurs terres, faire recours à la justice en cas de besoin et jouer un rôle d’alerte et de veille.

Le collectif des 16, avec l’accompagnement des partenaires, affirme sa ferme volonté à :

  • mettre en place une plateforme des impactés,
  • réaliser un guide sur les cas d’accaparement des terres,
  • mettre en place un système d’information et de communication
  • organiser de visites régulières d’échanges

Le collectif des 16 interpelle l’Etat et ses démembrements sur une réforme foncière favorable aux communautés, l’application des dispositions des différents codes domaniaux, la protection des droits légitimes des communautés.

Le collectif des 16 interpelle les collectivités territoriales à favoriser la participation citoyenne en élargissant les commissions à des non élus.

 

 Fait à Warang le 17 février 2020

Ont signé :

  • Collectif de Ndiayel (Gnith)
  • Association pour le Développement de Bandia
  • Commission pour la défense des intérêts de Sandiara
  • Collectif WOBIN (Keur Moussa)
  • Comité d’initiatives pour le développement de Ndayane
  • Collectif pour la défense des intérêts de Mbour
  • Collectif de Méouane
  • Collectif de Wassadou (Tambacounda)
  • Collectif de Darou Khoudoss
  • Collectif de Diogo
  • Collectif de Ourour
  • Collectif de Dodel
  • Collectif de défense des populations de Mbour
  • Collectif de Yène
  • Collectif de Diockoul Diawrigne
  • Collectif REPTEV (Dagana)
27 Mai 2020

Communique moustiques génétiquement modifiés 01 juillet 2019

Communiqué de presse

La Coalition pour la protection du Patrimoine Génétique africain (COPAGEN) et le Collectif Citoyen pour l’Agroécologie (CCAE) découvrent avec amertume le lâcher imminent de moustiques génétiquement modifiés dans le cadre du projet Target Malaria par l’Institut de

Recherche en Sciences de la Santé (IRSS). Le lâcher-test est programmé pour ce 1 er juillet 2019 dans le village de Bama, relevant de l’arrondissement 7 de la commune de Bobo Dioulasso.

En dépit des efforts de concertation, de communication et d’interpellation des acteurs du projet et du Gouvernement du Burkina Faso, à travers l’Agence Nationale du Biosécurité, sur la nécessité de mieux cerner les risques potentiels d’une telle expérimentation, sur le respect des textes de lois qui encadrent de telles expériences et sur l’indispensable inclusion et acceptation de tous les acteurs, notamment des populations exposées en première ligne, nous regrettons le passage en force qui est en train d’être opéré,

Il nous plaît de rappeler que ce lâcher-test intervient en totale négation de l’éthique de la vie humaine et en violation des lois et conventions nationales et internationales dont le Burkina Faso est signataire.

C’est le cas, notamment :

  • de la loi N 0 064-2012/AN du 20 décembre 2012 portant régime de sécurité en matière de biotechnologie , du Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques du 1 1 juillet 2012.
  • de la déclaration finale sanctionnant la 14e réunion de la conférence des parties (COP 14) à la Convention sur la Diversité Biologique en novembre 2018 à Sharm El Sheikh, Égypte

Le projet Target Malaria et le Gouvernement du Burkina Faso ont fait le choix dangereux, malgré tout, d’exposer les populations et leur milieu de vie à des situations aux évolutions incertaines.

Au regard de tout ce qui précède, et prenant l’opinion nationale, sous régionale et internationale à témoin, la COPAGEN et le CCAE, dans un ultime élan d’alerte, exhortent les porteurs du projet et le Gouvernement burkinabè à savoir raison garder.

Si malgré tout, le lâcher des moustiques génétiquement modifiés venait à se concrétiser, la COPAGEN et le CCAE •  tiendront pour responsable l’Etat burkinabè et le projet Target Malaria de toute situation de dégradation de la santé humaine, animale et sur l’environnement à court, moyen et long termes, consécutive aux tests menés en milieu ouvert ;  saisiront les juridictions compétentes sur le non-respect des dispositions relatives à l’évaluation des risques biotechnologiques, des procédures d’essai des organismes génétiquement modifiés, des conditions de dissémination des organismes génétiquement modifiés.

23 Mai 2020

Le Groupe de Dialogue Social et Politique (GDSP)

Les Acteurs Non Etatiques (ANE) du Sénégal ont entrepris de constituer le Groupe de Dialogue Social et Politique (GDSP) en 2014. Ce groupe a une mission : (i) d’interface, de mobilisation et de facilitation du dialogue entre les acteurs de la société civile et les décideurs étatiques, et (ii) d’information et de communication sur l’état d’avancement et l’évaluation du Programme National d’Investissement Agricole, de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (PNIASAN) et géralement sur les politiques agricoles.
Le GDSP constitue le troisième pilier du dispositif institutionnel de gouvernance du PNIASAN, après le comité de pilotage placé sous l’autorité de la primature et le comité technique coordonné par la Direction de l’Analyse, de la Prévision et des Statistiques Agricoles (DAPSA) et chargé de l’exécution du Programme.
Il regroupe toutes les organisations (OP, SC et Privés) légalement reconnues manifestant leur intérêt à intégrer le groupe. Il se veut un cadre ouvert et son fonctionnement repose sur plusieurs composantes dont l’Assemblée Générale, le Comité Technique et le Comité Directeur.
Conscients de leurs rôles et responsabilités dans les transformations sociales et économiques de l’Agriculture, les Organisations de Producteurs et de la Société civile, à travers le Groupe de Dialogue Social et Politique (GDSP) se sont impliquées significativement dans le processus de formulation (démarré en février 2017) du PNIASAN.
Pour y arriver, le GDSP a mené plusieurs activités, notamment l’animation de cinq ateliers zonaux (zones agro-écologiques) de concertations avec les producteurs, éleveurs, pêcheurs,… et de plusieurs rencontres du comité technique pour la finalisation des propositions. Plus de 200 OP/OSC ont participé à l’ensembre des concertations et consultations parmi lesquelles 63 organisations de femmes.
Ce travail a permis de réaliser un bilan sommaire des programmes de développement actuels et passés et d’identifier les investissements prioritaires en valorisant et en prenant en compte les potentialités, les spécificités et la vocation économique des territoires. Un atelier national sur le rôle des jeunes et des femmes dans l’agriculture a permis de compléter ces consultations.
L’ensemble des contributions ont été synthétisées dans le document de propositions des OP et de la SC qui a été partagé avec le gouvernement en septembre 2017.
Ces contributions ont permi de définir une vision partagée qui devra régir les interventions du GDSP dans le cadre spécifique du PNIASAN : « Pour des investissements qui améliorent durablement les capacités des exploitations familiales, à nourrir le Sénégal et à contribuer à la création d’emplois et de richesses aux différents niveaux et dont la gouvernance est inclusive, transparente et équitable. »
Cette vision est déclinée en quatre axes stratégiques qui constituent les principales orientations du GDSP et sur lesquelles devront porter les interventions :
Axe stratégique 1 : ⇒ Gouvernance du secteur agricole et financement de l’Agriculture familiale
Meilleure prise en compte des besoins spécifiques et des préoccupations des acteurs de la base ; Meilleure participation des organisations paysannes (OP) et de la société civile (SC) à toutes les étapes d’exécution des politiques publiques ; Choix des secteurs et des cibles d’investissement fait de manière inclusive et selon des principes d’équité entre les secteurs, les acteurs et les zones.
Axe stratégique 2 : ⇒ Amélioration de la production et de la productivité des Exploitations Familiales + La promotion de Chaines de valeurs inclusives et créatrices de richesses pour les EF
Amélioration des capacités des exploitations familiales, base du développement agricole au Sénégal, par un meilleur accompagnement et une plus grande accessibilité aux facteurs de production
Axe stratégique 3 : ⇒ Résilience des exploitations familiales
Valorisation de l’agriculture familiale et des pratiques agroécologiques pour contribuer à la préservation des ressources naturelles et à la promotion de systèmes de production diversifiés et durables
Axe stratégique 4 : ⇒ Sécurité alimentaire et nutritionnelle
Soutien prioritaire aux exploitations familiales, à la diversification de leur production et de leur alimentation, à la promotion des productions à haute valeur nutritionnelle, à la promotion de la consommation des produits locaux. Favoriser l’accès des exploitations familiales à l’éducation, à l’eau potable, aux soins de santé et à l’assurance agricole.
Après des mois de réflexion et de plaidoyer, l’intégration des propositions du GDSP dans le PNIASAN semble en bonne voie, ce qui ne garantit pas pour autant leur mise en œuvre effective. Les Organisations de producteurs et la société civile, à travers le GDSP, vont donc devoir continuer à travailler pour avoir un rôle actif et reconnu dans la socialisation du PNIASAN auprès des populations, l’animation du dialogue politique au niveau local, la participation au suivi-évaluation de la mise en œuvre du PNIASAN, la collecte de données et la transmission des préoccupations des organisations de base pour continuer la revue annuelle du secteur agricole. Il est prévu pour cela que l’Etat dégage une ligne budgétaire permettant au GDSP de jouer son rôle sur le terrain.
Enda Pronat est dans le GDSP depuis sa création, en tant que membre de l’AG et du Comité Technique, et participe aux différents ateliers et réunions.
Plus d’informations sur le GDSP, contactez le CNCR qui préside le GDSP :
(+221) 33 827 74 53 ; cncr@cncr.org ; http://www.cncr.org/

23 Mai 2020

Alliance pour l’Agroécologique en Afrique de l’ouest

L’Alliance pour l’Agroécologie en Afrique de l’Ouest (3AO) est une plateforme de coordination et de relais d’information compo- sée d’organisations paysannes, d’instituts de recherche/univer- sités, d’ONG internationales et de mouvements sociaux. Elle a pour objectif de promouvoir et d’accompagner une transition agroécologique en Afrique de l’Ouest pour garantir des moyens d’existence résilients, durables et adaptés aux nouveaux enjeux agricoles ouest-africains. À travers une série d’actions concrètes et concertées, 3AO vise à renforcer les synergies entre diffé- rents organismes et échelles d’action pour accentuer la force du plaidoyer, la visibilité du mouvement, et l’impact des initiatives agroécologiques. ENDA PRONAT , membre fondateur de cette alliance joue un rôle fondamentale dans la promotion de l’agroécologie au Sénégal.

NB : 3AO n’est pas un mécanisme de financements, mais un dispo- sitif de coopération intersectorielle.

En savoir plus: 3AO_brochure planche (1)

23 Mai 2020

Task force multi-acteurs pour la promotion de l’agroécologie

Les 5 et 6 novembre 2015, Dakar était le théâtre d’une grande manifestation regroupant 250 participant-e-s de 45 pays différents : la Réunion régionale sur l’agroécologie pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique sub-saharienne[1], organisée par l’organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Food and Agriculture Organization – FAO) et l’Etat du Sénégal à Dakar.

Suite à cet événement, le Programme Pilote Régional “Sociétés Rurales, Environnement, Climat” (SREC) de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et la Plate-forme des ONG européennes au Sénégal (PFONGUE) ont organisé les 17 et 18 novembre une rencontre multi-acteurs autour de l’agroécologie, intitulée Entre champs et laboratoires : comment promouvoir une agroécologie adaptée aux enjeux des exploitations familiales ? 80 personnes de disciplines et d’horizons divers (chercheurs, ONG, organisations paysannes, services de vulgarisation, décideurs, bailleurs) y ont participé, et de leurs discussions est née la volonté de continuer à agir ensemble, entre différents acteurs impliqués dans le déploiement de l’agroécologie au Sénégal. C’est de cette volonté qu’est née la Task Force multi-acteurs pour la promotion de l’Agroécologie au Sénégal (TaFAé), au début de l’année 2016.

Les échanges entre acteurs se sont donc poursuivis tout au long de l’année 2016, à une périodicité mensuelle. Des réunions de réflexion, des partages de connaissance, et des visites ont été organisées (ferme de Kaydara, ONG des villageois de Ndem, station de recherche de l’IRD, …), avec un nombre important d’acteurs. Cette dynamique a permis la naissance de différentes collaborations multi-acteurs aboutissant à des dépôts communs de projets, des renforcements mutuels de capacités ou encore la réalisation de recherches ciblées.

En novembre 2016, une seconde édition de journées multi-acteurs pour le développement de l’agroécologie en Afrique de l’Ouest a été organisée par la TaFAé sur le thème : « Génération Agroécologie », sous l’impulsion du SREC et de la PFONGUE, et avec le soutien de l’IRD, de l’Union Européenne (UE) et de la FAO. L’événement a notamment permis de dresser un premier bilan/perspectives des recommandations issues de la rencontre régionale de la FAO de 2015, ainsi que des actions de la TaFAé[2], avec un focus sur les jeunes.

Les rencontres et visites se sont poursuivies en 2017 et 2018, avec notamment la visite des ouvrages antiérosifs de la Fédération Woobin de Keur Moussa accompagnée par Enda Pronat[3] en avril 2017.

Enda Pronat fait partie de la dynamique depuis le départ, ayant participé autant à la réunion régionale de la FAO qu’aux deux rencontres portées par le SREC et la PFONGUE. Elle est également dans le comité d’organisation de la TaFAé depuis sa création, avec une dizaine d’organisations sénégalaises et internationales, de plateformes et structures de recherche.

Plus d’informations, contactez Jonathan AZEVEDO, animateur de la TaFAé : taskforceagroecologie@gmail.com ; 221 77 488 27 21

Page internet de la TaFAé hébergée sur le site de la PFONGUE : http://pfongue.org/-TaFae-.html

[1] Rapport de l’atelier : http://www.fao.org/3/a-i6364f.pdf

[2] Présentation de la TaFAé faite pendant l’événement : https://drive.google.com/file/d/0B5NkA-lmtcHKbVVBS1Z2aHY4TG8/view

[3] Fiche de synthèse de la visite : http://pfongue.org/IMG/pdf/fiche_enda_vf.pdf

23 Mai 2020

Convergence Globale des luttes pour la terre et l’eau en Afrique de l’ouest

Plusieurs mouvements paysans, mouvements sociaux de bases et organisations de la société civile, engagés dans la défense des droits à la terre et à l’eau, se sont réunis à Dakar en octobre 2014 dans le cadre du Forum Social Africain. Ils ont uni leurs efforts dans le but de soutenir et mobiliser les communautés contre les accaparements de toutes les ressources naturelles et contre les violations systématiques des droits humains qui les accompagnent, et afin d’interpeller les décideurs et de dénoncer les dégâts causés par un système économique et politique basé sur les profits et non sur le bien-être des populations. Une déclaration intitulée Droits à la terre et à l’eau, une lutte commune a été faite.

Le partage des idées les a amenés à reconnaître la solidarité essentielle des luttes et la nécessité de se réunir de nouveau lors du Forum Social Mondial à Tunis en mars 2015 pour continuer ce dialogue avec des mouvements et organisations du monde entier. La déclaration de Dakar a été consolidée, et rebaptisée Dakar à Tunis : Déclaration de la Convergence Globale des luttes pour la terre et l’eau. C’est le socle de l’engagement des organisations et mouvements de base qui se sont engagés à continuer le processus de construction de la Convergence.

Un plan d’action a ensuite été élaboré et validé lors d’une rencontre des acteurs de la Convergence de l’Afrique de l’Ouest qui s’est tenue en juin 2015 au Centre international de formation en agroécologie paysanne de Nyéléni (CIFAN) au Mali, avec des représentant-e-s d’organisations de la société civile et d’organisations paysannes de 12 pays de la sous-région. Cet événement fut le point de départ d’une véritable synergie d’action nationale et sous régionale contre les accaparements des terres et de l’eau, baptisée Convergence des luttes pour la terre et l’eau ouest africaine (CGLTE OA), et structurée d’une commission de coordination régionale, d’une commission de communication, et de 14 plateformes nationales.

La première activité phare du plan d’action fut la Caravane Ouest africaine organisée en mars 2016. Cette activité de taille a mobilisé douze pays, traversée trois pays (Burkina Faso, Mali et Sénégal), et touché près de 10 000 personnes à travers environ 300 organisations. Elle s’est terminée par la remise d’un document de plaidoyer intitulé Livret Vert, au Président de la République du Sénégal, M Macky Sall, alors Président en exercice de la CEDEAO. Cette caravane a ainsi permis i) d’allier une mobilisation sous régionale avec des activités locales portées par les communautés affectées et/ou en lutte contre l’accaparement de leurs ressources naturelles, ii) de sensibiliser les populations, et iii) d’interpeller les décideurs de la sous-région (CEDEAO et UEMOA) sur les engagements qu’ils ont pris en adhérant à certaines conventions et mécanismes, en leur soumettant des propositions constructives pour élaborer des législations foncière, semencière et d’une façon générale, sur les ressources naturelles, bénéfique pour les peuples et non pour les élites et les investisseurs privés.

La caravane de mars 2016 a eu plusieurs impacts, tels que i) le renforcement des synergies entre mouvements paysans, mouvements sociaux de bases, organisations de la société civile et autorités avec la création de plateformes nationales ; ou encore ii) le renforcement des liens avec des institutions comme la FAO ou la CEDEAO.

En février 2018, l’Assemblée Générale de la Convergence s’est tenue à Makeni au Sierra Leone. C’est à cette occasion qu’a été confirmée la tenue d’une deuxième caravane en novembre 2018. Au cours de cette caravane, des séries d’activités portant sur la sensibilisation, la formation et la réflexion sur les enjeux liés au foncier, à l’eau, à l’agroécologie paysanne avec un focus sur les semences paysannes, au pastoralisme, à la pèche, aux APE et à la migration seront organisées, à chaque escale dans les pays itinéraires et / ou pays de départ. En thème transversal, la criminalisation des défenseurs des droits humains sera dénoncée. La caravane devrait partir de la Guinée Conakry, traverser la Côte d’ivoire, le Ghana et le Togo pour prendre fin au Benin, point de jonction avec l’axe II de la caravane qui devrait venir du Nigeria. D’autres pays comme le Sénégal rejoindront la caravane à Kankan en Guinée Conakry. La caravane devrait réunir 300 caravanier-e-s qui remettront le Livret Vert de la CGLTE OA actualisé au Président en exercice de la CEDEAO à Cotonou, M Boni Yayi.

Les points focaux de la plateforme nationale sénégalaise de la CGLTE OA sont le CNCR et le Forum Social Sénégalais, mais Enda Pronat joue également un rôle essentiel au sein de la plateforme. De plus, sa cellule de communication est le point focal Sénégal pour la cellule communication de la CGLTE OA, ce qui se traduit par la participation du chargé de communication d’Enda Pronat à des rencontres sous régionales organisées par la CGLTE OA, et par son implication particulière dans l’organisation des événements de la convergence.

Enda Pronat a activement participé aux différentes étapes qui ont permis la mise en place de la Convergence, ainsi qu’à l’organisation et au déroulement de la Caravane de 2016. Et elle participe activement à la préparation de la Caravane 2018, avec les autres membres de la plateforme nationale.

Plus d’informations sur la CGLTE OA : https://africaconvergence.net/

Et sur la caravane : https://caravaneterreeau.info/