Le 8 mai 2019 à Dakar, Enda Pronat a organisé, à l’Hôtel Good Rade à Dakar, un atelier de restitution d’une étude de faisabilité d’un partenariat multi acteurs pour une transition agro-écologique au Sénégal avec une soixantaine d’acteurs issus d’organisations de producteurs, de la société civile, de structures étatiques, d’institutions de recherche,…

Soutenir une vision agro-écologique sur la base d’un engagement commun à l’ensemble des acteurs est l’une des missions principales que se donne Enda Pronat. L’organisation s’investit, depuis les années 80, avec ses partenaires, dans la promotion de systèmes de production et de consommation durables en accompagnant au niveau local des paysan-ne-s dans les alternatives agro-écologiques et la gouvernance durable des ressources naturelles.

C’est dans cet élan qu’Enda Pronat tente aujourd’hui de répondre à la question suivante : Comment mettre à l’échelle la transition agro-écologique dans un partenariat multi-acteurs ? Ce questionnement s’adressant à tous les acteurs, quel que soient leur profil et leur échelle d’action dans la sphère du développement de l’agro-écologie, nécessite aujourd’hui une réflexion pour dégager des pistes d’actions relatives au renforcement des collaborations sur la mise à l’échelle de la transition agro-écologique dans les territoires à travers un processus multi-acteurs. C’est dans ce sens qu’Enda Pronat a commandité une étude de faisabilité d’un partenariat multi-acteurs et a organisé cet atelier de restitution.

A l’ouverture, Madame Mariam SOW, Présidente du Conseil d’administration du réseau Enda Tiers Monde et Secrétaire exécutive d’Enda Pronat a souligné que « la viabilité de notre modèle agricole repose sur la transition agro-écologique » qui doit « transcender les régimes politiques. C’est une question de survie dans un contexte de dégradation de notre environnement. » Elle a ensuite rappelé que « l’Etat du Sénégal, à travers le PSE-vert, a défini un axe pour promouvoir la transition agro-écologique », et que « les acteurs de l’agro-écologie doivent l’aider à préciser le contenu de cette vision et qu’elle s’inscrive dans la durabilité. Il est temps de renforcer les synergies entre les différents acteurs et d’aller vers un dialogue politique pour porter ce projet de société ».

Abondant dans le même sens, Monsieur Omar BA, Maire de la commune de Ndiob et Président du Réseau des villes et communes vertes et écologiques du Sénégal (REVES) a avancé que «  Si l’on parle de transition agro-écologique, cela veut dire qu’il y a une nécessité de changer notre système de production. La sécheresse, la coupe abusive de bois, l’utilisation incontrôlée de l’engrais chimique sont les causes fondamentales de la dégradation de l’environnement. L’alternative, c’est la transition agro-écologique ».

La restitution de l’étude a été l’occasion de souligner les nombreux défis et d’émettre des recommandations, notamment la nécessité de i) produire des études comparatives pour montrer la valeur ajoutée de l’agro-écologie (AE), ii) visibiliser/partager davantage les résultats de l’AE, iii) valoriser les cadres existants sur l’AE (TaFaé, Plate forme AEB et Alliance 3AO) et les élargir progressivement à d’autres acteurs pour constituer une masse critique capable de convaincre les décideurs.

Les échanges entre les participant-e-s ont confirmé la nécessité de construire une vision partagée qui constituera le socle du partenariat multi acteurs et qui permettra de progresser en direction des autres acteurs avec qui nous voulons entrer en dialogue politique. Vu la diversité des acteurs et des centres d’intérêt, ce processus prendra du temps.

A l’issu de l’atelier, il a été prévu de poursuivre les réflexions avec un groupe de travail restreint chargé de consolider la vision partagée et de définir une stratégie de portage politique de cette vision avec un calendrier de travail qui tiendra compte de l’agenda politique.