"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
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06 Jan 2020

Le CRAFS en Assemblée Générale

Les 11 et 12 décembre 2019, le Cadre de Réflexion et d’Action sur le Foncier au Sénégal (CRAFS) a tenu son assemblée générale à l’hôtel Trarza du Lac rose, en présence des leaders et techniciens des organisations qui le composent et qui l’ont fait naitre une dizaine d’années plus tôt.

Le CRAFS[1] est une plateforme de la société civile sénégalaise qui œuvre pour une gouvernance foncière inclusive, transparente et équitable. Conscient des risques qu’encourent les communautés locales face aux accaparements de terres qui se multiplient suite aux crises alimentaires et énergétiques de 2008, le CRAFS mène des campagnes de sensibilisation et d’information des communautés, et un plaidoyer au niveau national pour la sécurisation des terres paysannes, en faisant remonter les idées et constats des terroirs jusqu’aux plus hautes instances du pouvoir.

Malgré plusieurs succès et avancées notables depuis sa création en 2010, comme la prise en compte d’une bonne partie des propositions paysannes dans le Document de Politique Foncière (DPF), ou encore la victoire des communautés de Dodel[1], les défis auxquels le CRAFS doit faire face continuent de s’accumuler. C’est pour les identifier précisément et mieux s’organiser que les organisations fondatrices et membres du CRAFS, (Organisations Non Gouvernementales, Associations et Organisations Paysannes) ont décidé de se retrouver en assemblée générale en cette fin d’année 2019. Cette assemblée a réuni pendant deux jours les organisations CNCR, Enda Pronat, Action Aid, IED Afrique, Gret, AJS, Congad, CICODEV Africa, ACCESS, FAPD, FONGS, Woobin, ASI, AVSF, Réseau National des Femmes Rurales du Sénégal, FENAB et Forum social sénégalais.

Lors de la première journée, les participant-e-s se sont concentré-e-s sur une analyse du contexte actuel au Sénégal, qui se résume principalement autour de deux axes :

  1. Abandon du processus participatif et inclusif de la réforme depuis 2017 avec l’absence de réaction suite au dépôt du Document de Politique Foncière en avril 2017 et la dissolution de la Commission Nationale de Réforme Foncière CNRF en juin 2017 ;
  2. Mise en œuvre d’une réforme en douceur, à travers d’une part le projet de cadastre et de sécurisation foncière PROCASEF, porté par l’Etat et la Banque mondiale, visant la généralisation de l’expérience de gouvernance foncière du PDIDAS à toutes les communes du Sénégal, sans évaluation préalable ; et d’autre part la promotion par l’Etat des Zones Economiques Spéciales (ZES).

En bref, un contexte où les risques d’immatriculation et de privatisation des terres du domaine national entrainant une systématisation de la vente des terres aux plus offrants, semblent particulièrement élevés et inévitables à moins d’une forte mobilisation de l’ensemble de la société civile.

C’est pourquoi la seconde journée a été dédiée au renforcement organisationnel et à l’élaboration d’une feuille de route pour l’année à venir.

La vision a été actualisée, pour devenir « Le Crafs une plateforme multi-acteurs de la société civile crédible et influente pour une gouvernance foncière participative, inclusive, transparente, équitable et paritaire qui améliore les conditions de vie des communautés ».

Trois objectifs stratégiques ont été définis et validés : i) Promouvoir un espace de la société civile approprié d’échanges et de valorisation d’expériences sur les questions foncières ; ii) Promouvoir la production de connaissances et la veille pour alimenter le dialogue politique et appuyer la mise en œuvre du plaidoyer pour une sécurisation des droits fonciers des communautés ; iii) Développer des dynamiques solidaires et complémentaires autour des initiatives de plaidoyer, de mobilisation sociale et d’engagement citoyen pour la sécurisation des droits fonciers des communautés.

Quatorze autres points ont été validés par l’Assemblée Générale, concernant la collecte d’informations, la participation à de grands événements, l’organisation de grandes mobilisations, la communication, l’élaboration d’une charte d’engagement des membres du CRAFS, l’identification et le financement d’une personne chargée d’animer le cadre, etc.

Il a été donné mandat au comité technique de préciser le plan d’action proposé pour l’année 2020, à partir du contexte et des enjeux partagés, et en fonction des orientations issues de cette AG.

[1] http://www.endapronat.org/annulation-de-loctroi-de-10-000-ha-a-une-agro-industrie-une-victoire-pour-les-populations-de-dodel/

[1] Plus d’informations sur le CRAFS : http://www.endapronat.org/crafs/

27 Sep 2019

Transition agro-écologique : consultation multi-acteurs dans la vallée du fleuve Sénégal

Dans le cadre du processus multi-acteurs pour une transition agroécologique, le groupe « Dynamique sur la Transition Agroécologique au Sénégal » (DYTAES) a lancé en août une série de sept ateliers zonaux pour consulter les populations locales et recueillir leurs propositions afin d’élaborer une stratégie d’accompagnement de l’Etat dans le processus de la transition agroécologique au Sénégal annoncé par le Président.

Après les zones de Niayes, le Bassin Arachidier et le Sénégal oriental, c’est au tour de la vallée du fleuve Sénégal d’être auditionnée. Le GITES s’est associé à cette rencontre qui s’est déroulée à Ndioum (Podor) du 17 au 19 septembre 2019 avec la DYTAS, EndaPronat et Action Contre la Faim.

La première journée de travail a consisté à réaliser une étude de terrain entre les terres autour du fleuve et l’espace pastoral. La première équipe a rencontré des acteurs du secteur agricole de l’île à Moprhile et s’est intéressé aux aménagements agricoles et aux terres de décrues. La seconde équipe est allé dans le diéri à la rencontré des groupements d’élevage et d’association pour la promotion de cultures fourragères et de la collecte de lait.

La deuxième journée s’est concentré sur un atelier participatif faisant remonter plusieurs thématiques atour des questions :

  • Comment faire revenir l’arbre dans l’agriculture ?
  • Comment améliorer l’accès aux aménagements hydrauliques responsables et équitables ?
  • Comment intensifier écologiquement l’élevage ?
  • Comment intensifier écologiquement l’agriculture ?
  • Comment améliorer l’accès à la formation en agro-écologie ?
  • Comment améliorer l’accès au crédit ?
  • Comment améliorer la gestion des aménagements hydro-agricoles ?
  • Comment améliorer la répartition de l’eau dans l’espace et le temps ?
  • Comment améliorer la coexistence entre agriculteurs et éleveurs ?

Cette initiative multi-acteurs, composée par des instituts de recherche, des acteurs de la société civile, d’organisations paysannes et les services techniques a été lancée dans un contexte où le Président de la République, dans son programme quinquennal, a fait de la transition agroécologique l’un des axes principaux du développement du Sénégal, « pour sécuriser l’alimentation des générations futures ».

Source: https://www.initiative-gites.org/transition-agro-ecologique-consultation-multi-acteurs-dans-la-vallee-du-fleuve-senegal/

23 Sep 2019

Contribution de la Société Civile à la Politique Nationale de Transition Agro-écologique au Sénégal : Consultation dans le Bassin arachidier

Dans le cadre du processus multi-acteurs pour une transition agroécologique, le groupe « Dynamique sur la Transition Agroécologique au Sénégal » (DYTAES), dont Enda Pronat est membre actif[1], a lancé en août une série de sept ateliers zonaux pour consulter les populations locales et recueillir leurs propositions afin d’élaborer une stratégie d’accompagnement de l’Etat dans le processus de la transition agroécologique au Sénégal annoncé par le Président. En effet, cette initiative multi-acteurs, composée par des instituts de recherche, des acteurs de la société civile, d’organisations paysannes et les services techniques a été lancée dans un contexte où le Président de la République, dans son programme quinquennal, a fait de la transition agroécologique l’un des axes principaux du développement du Sénégal, « pour sécuriser l’alimentation des générations futures ».

A la suite des ateliers tenus les 5 et 6 août et les 30 et 31 août respectivement dans la zone des Niayes et au Sénégal oriental, un troisième atelier a été organisé dans le Bassin arachidier les 12, 13 et 14 septembre 2019. L’objectif général de cette consultation des populations locales sur les questions agroécologiques est de faire un diagnostic sur le potentiel agrécologique et de recueillir les avis des populations pour une transition agroécologique durable et viable Des visites, échanges et témoignages ont permis de constater que la zone du Bassin arachidier regorge d’un fort potentiel et d’initiatives agro écologiques, et que dans certains villages, les populations se donnent à fond pour protéger leur patrimoine foncier et forestier.

En exemple, on peut citer le village de Tcheytou, dans la commune de Dinguiraye, où une forêt communautaire de 417 ha a été délibérée par le conseil municipal avec approbation par la sous-préfecture. Dans cette forêt, les espèces florales et animales sont bien protégées et des activités telles que l’agriculture, l’élevage, la cueillette y sont pratiquées avec le respect strict des règles établies dans la convention de gestion des ressources naturelles élaborées par les populations.

Dans la commune de Ndiob, plus de 345 producteurs ont été formés sur les techniques de régénération naturelle assistée (RNA). Dans le village de Thialé, l’ensemble des exploitations familiales sont engagées dans la production agroécologique des grandes cultures avec l’accompagnement technique de la ferme Beer Sheba.

Bref, les initiatives et potentiels agroécologiques dans le Baol, le Sine et le Saloum sont d’une importance cruciale. Néanmoins, la zone est confrontée à des problèmes d’eau (salinisation, indisponibilité et cherté), les effets des changements climatiques, la restauration des terres dégradée… Les ressources naturelles se dégradent et se raréfient de plus en plus, menaçant ainsi la satisfaction des besoins alimentaires des populations en quantité et en qualité.

La réponse à ces problématiques est d’encourager des systèmes de production et de consommation durables. Cela nécessite de mener un travail d’information, de conscientisation et d’accompagnement des populations locales et un plaidoyer vis à vis des autorités aux niveaux national, sous régional et international pour influencer les politiques de développement vers des pratiques durables.

[1] Plus d’informations sur la DYTAES et le rôle d’Enda Pronat dans cette dynamique dans ce précédent article : http://www.endapronat.org/2622-2/?fbclid=IwAR0EkfgXcr9nsUqpXQ3b7POtl3mXhkAZkYvI1hbGLKp5bXH4N0-pPT8AeSM

13 Sep 2019

Contribution de la Société Civile à la Politique Nationale de Transition Agro-écologique au Sénégal : Consultation dans les Niayes et dans le Sénégal oriental

Dans le cadre du processus multi-acteurs pour une transition agroécologique le groupe « Dynamique sur la Transition Agroécologique au Sénégal » (DYTAES), dont Enda Pronat est membre actif, a lancé en août une série de sept ateliers zonaux pour consulter les populations locales et recueillir leurs propositions afin d’élaborer une stratégie d’accompagnement de l’Etat dans le processus de la transition agroécologique au Sénégal annoncé par le Président. En effet, cette initiative multi-acteurs, composée par des instituts de recherche, des acteurs de la société civile, d’organisations paysannes et les services techniques a été lancée dans un contexte où le Président de la République, dans son programme quinquennal, a fait de la transition agro-écologique l’un des axes principaux du développement du Sénégal, « pour sécuriser l’alimentation des générations futures ».

La naissance de la DYTAES

Depuis lors, dans un souci de soutenir le gouvernement dans son ambition et consciente que la Transition Agroécologique est un projet de société qui nécessite la mise en synergie de tous les acteurs, Enda Pronat a initié une étude sur le partenariat multi-acteurs allant dans ce sens. Lors de l’atelier de restitution de l’étude, organisé à l’hôtel Good Rade le 8 mai dernier, les échanges entre les 80 participants issus de la société civile, de la recherche et de la formation ont confirmé le besoin d’harmonisation entre les différents cadres de l’agroécologie existants et plus particulièrement, la nécessité de mettre en place un groupe de travail pour appuyer politiquement ou sur le plan de la recherche la transition agroécologique (TAE) au Sénégal. C’est ainsi qu’est née, le 24 mai 2019, la DYTAES qui a pris l’engagement de conduire un processus de co-construction d’un document de contribution aux politiques nationales sur la TAE en partant des préoccupations de la base. Pour répondre aux défis actuels, il est crucial de mener des réflexions profondes avec les populations sur des modèles de production beaucoup plus durables qui visent une souveraineté alimentaire, la santé des êtres vivants, la création des richesses, la création d’emploi et la protection de l’environnement. C’est dans ce sens que les sept ateliers zonaux sont organisés en couvrant les différentes zones agroécologiques du Sénégal, en l’occurrence les Niayes, le bassin arachidier, la zone sylvo-pastorale, la vallée du fleuve Sénégal, le Sénégal oriental, la Casamance et la zone de Dakar.

Atelier de consultation dans la zone des Niayes

Le premier atelier de cette série s’est tenu les 5 et 6 août dans la zone des Niayes, plus précisément dans les communes de Keur Moussa, Diender et de Cayar (département de Thiès). Ces zones subissent aujourd’hui de plein fouet les effets des changements climatiques, des actions anthropiques et de politiques de développement peu soucieuses de l’environnement. Les ressources naturelles se dégradent et se raréfient de plus en plus, menaçant ainsi la satisfaction des besoins alimentaires des populations, en quantité et en qualité. Lors de la première journée des visites de terrain et des entretiens ont été effectués à Landou et à Diender pour échanger avec les populations locales. En plus, des restitutions et des séances de discussion ont été tenues, suite à des travaux de groupe, en présence des autorités locales et des services techniques.  

Consultation locale à Kédougou

Après l’atelier dans les Niayes, la DYTAES a organisé le deuxième atelier dans la zone de Kédougou les 30 et 31 août en suivant la même méthodologie. La zone de Kédougou est confrontée au problème de la gestion intégrée des ressources en eau, des effets des changements climatiques, de la régénération de la végétation naturelle et d’autres défis de développement tel que l’exploitation minière. Lors de la première journée, l’équipe d’animation a visité deux villages, Bakho et Madina Kenioto, et a mené des discussions avec les chefs de villages, les groupements des femmes et d’autres acteurs locaux sur les questions liées à la production agricole et au changement climatique. Plusieurs problèmes ont été relevés par les communautés, notamment la divagation des animaux, l’accès au foncier et à l’eau. Lors de l’atelier de restitution organisé le lendemain, les résultats des visites de terrain ont été partagés avec les autorités locales et les différents acteurs intervenant dans la zone.

« Il est important d’accompagner les communautés dans la mise en place d’un système de gestion de leurs ressources naturelles. » – Mamadou Sow, Agronome à Enda Pronat

Parmi les recommandations qui ont été élaborées lors de deux premiers ateliers, on peut citer les suivantes :

  • Faciliter l’accès à l’eau pour la consommation et la production agricole ;
  • Améliorer la gouvernance des ressources naturelles, notamment le foncier, l’eau et les ressources minières ;
  • Mettre en place des systèmes d’accès aux matières organiques ;
  • Mettre en place des mécanismes de financement adaptés à la situation des producteurs agroécologiques et élargir les interventions à l’ensemble des services techniques de l’Etat ;
  • Prendre des mesures pour faciliter la co-existence entre agriculteurs et éleveurs ;
  • Mener des études d’impact social et environnemental ;
  • Etablir des systèmes d’information sur les marchés ;
  • Identifier l’ensemble des acteurs du secteur ;
  • Favoriser la planification et la diversification des cultures ;
  • Renforcer les dynamismes multi-acteurs ;

Dans ce processus de consultations locales, les prochains ateliers se tiendront à Ndiob, dans le bassin arachidier, du 12 au 14 septembre et à Ndioum, dans la vallée du fleuve Sénégal, du 18 au 19 septembre 2019. S’en suivront les ateliers de la zone sylvo-pastorale, de Casamance et de Dakar, puis un atelier de synthèse et de validation du document de contribution politique sur la transition agroécologique au Sénégal, consolidé avec les conclusions de l’ensemble des ateliers zonaux.

20 Mai 2019

Les maires du Sine Saloum s’engagent à améliorer leur gouvernance foncière et à soutenir la transition agro-écologique pour les générations futures

Enda Pronat a appuyé le collectif des maires du futur Pôle Territoire du Sine-Saloum à organiser le 13 mai 2019 un atelier d’échanges et de réflexion axé principalement sur la transition agro-écologique et les enjeux de la gestion foncière.

Le lundi 13 mai, les maires de 114 communes des 3 régions du Sine Saloum (Kaolack, Fatick et Kaffrine) étaient rassemblés à la chambre de commerce de Kaolack pour échanger sur les cinq initiatives du Plan Sénégal Emergent (PSE2), annoncées par le Président de la République, en présence de nombreux représentants de la presse locale et nationale.

Cet atelier était présidé par Monsieur Oumar GUEYE, Ministre des Collectivités Territoriales et de l’Aménagement du Territoire, accompagné par l’ensemble de son cabinet, et par le ministre conseillé du Président de la République, El Hadji Hamidou Kassé. Ce dernier a présenté aux participants les 5 initiatives majeures du Président de la République (Jeunesse, Economie sociale et solidaire, Société numérique inclusive, Transition agro-écologique et Industrialisation), ainsi que les trois programmes phares (Zéro bidonville, Zéro déchet, et Villes créatives), et les cinq « Accès » (à l’eau et à l’assainissement, à l’électricité, aux moyens de transport, à la protection sociale, et aux services sportifs et culturels).

La secrétaire exécutive d’Enda Pronat, Mariam SOW, a ensuite fait une présentation générale sur la vision, les principes, et l’approche holistique de l’agro-écologie.

Elle a souligné que les exploitations familiales sont les premières à avoir fonctionné sur les bases de l’agro-écologie, depuis très longtemps. Ce sont donc elles qui doivent continuer à porter l’agro-écologie, pour répondre de manière crédible aux différentes formes de dégradation causées par les changements climatiques et les activités humaines, surtout celles liées au modèle agricole productiviste. Elle a également insisté sur le fait que l’agro-écologie ne se résume pas à la reforestation, mais c’est avant tout un mode de vie, une démarche sociétale qui implique un changement de comportement de la part de tous les acteurs. Elle comporte une diversité de pratiques, y compris l’agro-foresterie mais pas uniquement, et elle nécessite le renforcement et la sécurisation foncière des exploitations familiales. Pour y parvenir une approche holistique est nécessaire, une approche qui réunisse l’ensemble des acteurs, avec une vision partagée et une démarche inclusive.

Enda Pronat a également mis à la disposition des maires un expert juriste foncier, partenaire de longue date de l’organisation, Kader Fanta Ngom, qui a présenté les enjeux fonciers de l’échelle locale à l’échelle internationale, en sensibilisant surtout les maires sur les risques d’accaparement des terres. Il a également parlé de la législation foncière avec la loi sur le domaine national, du rôle des élu-e-s en perspective avec l’Acte III de la décentralisation, et du processus de réforme foncière.

Suite aux différentes présentations, le collectif des maires a interpelé les ministres pour la mise en place effective du Pôle Territoire Sine Saloum, mais aussi sur les difficultés financières des communes malgré l’Acte III, ou encore sur le manque de fonds du Programme National de Développement Local (PNDL), sur l’utilité et la pertinence de ce programme.

Enfin, le collectif des maires a procédé à la lecture d’une résolution, à travers laquelle ils s’engagent à renforcer leur collaboration au sein du Pôle Territoire pour promouvoir une gouvernance foncière plus inclusive qui préserve les terres pour les générations futures. Ils ont également pris l’engagement de s’approprier des 5 initiatives du PSE2 et de développer des initiatives locales soutenant la transition.

20 Mai 2019

REFLEXION SUR UN PARTENARIAT MULTI-ACTEURS POUR LA TRANSITION AGRO-ECOLOGIQUE AU SENEGAL

Le 8 mai 2019 à Dakar, Enda Pronat a organisé, à l’Hôtel Good Rade à Dakar, un atelier de restitution d’une étude de faisabilité d’un partenariat multi acteurs pour une transition agro-écologique au Sénégal avec une soixantaine d’acteurs issus d’organisations de producteurs, de la société civile, de structures étatiques, d’institutions de recherche,…

Soutenir une vision agro-écologique sur la base d’un engagement commun à l’ensemble des acteurs est l’une des missions principales que se donne Enda Pronat. L’organisation s’investit, depuis les années 80, avec ses partenaires, dans la promotion de systèmes de production et de consommation durables en accompagnant au niveau local des paysan-ne-s dans les alternatives agro-écologiques et la gouvernance durable des ressources naturelles.

C’est dans cet élan qu’Enda Pronat tente aujourd’hui de répondre à la question suivante : Comment mettre à l’échelle la transition agro-écologique dans un partenariat multi-acteurs ? Ce questionnement s’adressant à tous les acteurs, quel que soient leur profil et leur échelle d’action dans la sphère du développement de l’agro-écologie, nécessite aujourd’hui une réflexion pour dégager des pistes d’actions relatives au renforcement des collaborations sur la mise à l’échelle de la transition agro-écologique dans les territoires à travers un processus multi-acteurs. C’est dans ce sens qu’Enda Pronat a commandité une étude de faisabilité d’un partenariat multi-acteurs et a organisé cet atelier de restitution.

A l’ouverture, Madame Mariam SOW, Présidente du Conseil d’administration du réseau Enda Tiers Monde et Secrétaire exécutive d’Enda Pronat a souligné que « la viabilité de notre modèle agricole repose sur la transition agro-écologique » qui doit « transcender les régimes politiques. C’est une question de survie dans un contexte de dégradation de notre environnement. » Elle a ensuite rappelé que « l’Etat du Sénégal, à travers le PSE-vert, a défini un axe pour promouvoir la transition agro-écologique », et que « les acteurs de l’agro-écologie doivent l’aider à préciser le contenu de cette vision et qu’elle s’inscrive dans la durabilité. Il est temps de renforcer les synergies entre les différents acteurs et d’aller vers un dialogue politique pour porter ce projet de société ».

Abondant dans le même sens, Monsieur Omar BA, Maire de la commune de Ndiob et Président du Réseau des villes et communes vertes et écologiques du Sénégal (REVES) a avancé que «  Si l’on parle de transition agro-écologique, cela veut dire qu’il y a une nécessité de changer notre système de production. La sécheresse, la coupe abusive de bois, l’utilisation incontrôlée de l’engrais chimique sont les causes fondamentales de la dégradation de l’environnement. L’alternative, c’est la transition agro-écologique ».

La restitution de l’étude a été l’occasion de souligner les nombreux défis et d’émettre des recommandations, notamment la nécessité de i) produire des études comparatives pour montrer la valeur ajoutée de l’agro-écologie (AE), ii) visibiliser/partager davantage les résultats de l’AE, iii) valoriser les cadres existants sur l’AE (TaFaé, Plate forme AEB et Alliance 3AO) et les élargir progressivement à d’autres acteurs pour constituer une masse critique capable de convaincre les décideurs.

Les échanges entre les participant-e-s ont confirmé la nécessité de construire une vision partagée qui constituera le socle du partenariat multi acteurs et qui permettra de progresser en direction des autres acteurs avec qui nous voulons entrer en dialogue politique. Vu la diversité des acteurs et des centres d’intérêt, ce processus prendra du temps.

A l’issu de l’atelier, il a été prévu de poursuivre les réflexions avec un groupe de travail restreint chargé de consolider la vision partagée et de définir une stratégie de portage politique de cette vision avec un calendrier de travail qui tiendra compte de l’agenda politique.

23 Jan 2019

Réunion des membres de l’Alliance 3AO au Sénégal Siège de Enda Pronat, Dakar, le 17/01/19

L’Alliance pour l’Agroécologie en Afrique de l’Ouest (3AO)[1] a été créée en Avril 2018 à Dakar au Sénégal, lors d’une réunion multi-acteurs co-organisée par ROPPA et IPES-Food. 31 organisations s’étaient réunies pour élaborer conjointement une stratégie visant à soutenir, par l’action, le développement de l’agroécologie et des systèmes alimentaires durables en Afrique de l’Ouest.

Depuis sa création, d’autres d’organisations ont rejoint l’Alliance. De ce fait et au vu des différentes initiatives au niveau national en faveur de l’agroécologie, le besoin de se rencontrer entre partenaires s’est fait ressentir.

Ainsi, afin de renforcer la dynamique de l’Alliance 3AO au niveau national, le comité de pilotage de 3AO basés au Sénégal a organisé une rencontre, le 17 janvier 2019, au siège de Enda Pronat, avec les membres de 3AO basés au Sénégal. Sur 25 organisations convoquées, 19 organisations ont répondu à l’appel.

Cette réunion avait pour objectif spécifique de décliner la feuille de route de l’Alliance en plan d’action national 2019 en identifiant le rôle et les contributions des différents membres.

Enda Pronat s’est engagée en particulier sur les thématiques du plaidoyer et sur le développement de systèmes alimentaires durables.

Le suivi du plan d’action de 3AO Sénégal 2019 sera assuré par les organisations membres du comité de pilotage de l’Alliance qui sont basées au Sénégal à savoir Action Contre la Faim, CIRAD et Enda Pronat, en s’appuyant sur les organisations responsables des actions. La prochaine réunion 3AO Sénégal est prévue fin juin.

[1] http://www.endapronat.org/lalliance-pour-lagroecologie-en-afrique-de-louest-3ao/

04 Jan 2019

PROTECTION DES SOLS, DES FORETS ET DES NAPPES La transition agro-écologique pour sauver le système de production

La viabilité de notre modèle agricole repose sur la transition agro-écologique, et celle-ci doit transcender les régimes politiques. C’est une question de survie dans un contexte de dégradation de notre environnement. Cette analyse est faite par Marième Sow, présidente du conseil d’administration du réseau international de Enda Tiers-Monde.

La présidente du conseil d’administration du réseau international de Enda Tiers-Monde, Marième Sow, est comblée de satisfaction. L’appel que les organisations de la société civile ont lancé, depuis les années 70, a été finalement entendu. L’appropriation des principes de la transition agro-écologique était leur cheval de bataille depuis des décennies. Cette figure emblématique d’une agriculture propre salue la prise de conscience des autorités d’aller vers un modèle de production agricole qui ne dégrade pas nos forêts ni nos sols, et qui ne pollue pas nos eaux souterraines et de surface. En effet, dans son message à la nation du 31 décembre 2018, le président Macky Sall a annoncé une préparation du Sénégal, pays sahélien, à la transition écologique à travers le « Pse Vert ». «  Si l’on parle de transition agro-écologique, cela veut dire qu’il y a une nécessité de changer notre système de production. La sécheresse, la coupe abusive de bois, l’utilisation incontrôlée de l’engrais chimique sont les causes fondamentales de la dégradation de l’environnement. L’alternative, c’est la transition agro-écologique », a affirmé Marième Sow. Cette Sénégalaise fait partie des associations de la société civile qui avaient alerté, depuis les années 70, sur les conséquences d’une agriculture qui abuse des intrants chimiques. En fait, qu’est-ce que c’est que la transition agro-écologique ? C’est le basculement vers un système de production qui impacte moins nos formations forestières et qui ne dégrade pas nos sols. En réalité, l’agro-écologie emprunte beaucoup aux techniques agricoles connues en Afrique. C’est pour cela que, depuis les années 70, Enda Tiers-Monde milite pour la vulgarisation de l’agro-écologie. Les spécialistes considèrent que la durabilité du système de production agricole dépend, en grande partie, de cette « alternative ». « La transition agro-écologique, c’est d’arriver à redonner vie à la terre, à nos forêts, aux micro-organismes qui sont dans le sol. C’est sur la base de l’analyse des résidus des pesticide dans le sol, que Enda Pronat a initié les organisations paysannes à faire recours à d’autres techniques de culture », rappelle Marième Sow, qui salue la vision du président de la République de faire de la transition agro-écologique un axe stratégique du Pse.

Maîtriser la gestion du patrimoine foncier

Elle considère que la transition agro-écologique doit transcender les régimes politiques. C’est une question de survie dans un contexte marqué par les conséquences du changement climatique pour un pays sahélien comme le Sénégal. « Si l’on y regarde de près, la transition agro-écologique est un projet de société. Nous saluons l’option du président Macky Sall d’en faire un axe prioritaire de sa politique. Même d’autres présidents qui viendront après lui doivent en faire une préoccupation majeure. Nous sommes satisfaits de cet appel, parce que pour réussir la transition agro-écologique, il faut qu’elle soit portée par les décideurs politiques, les communautés et les acteurs de la société civile », a précisé la secrétaire exécutive de Enda Pronat, Marième Sow.

Depuis les années 70, les acteurs à la base ont amorcé ce basculement vers une agriculture biologique qui utilise moins d’intrants chimiques. Aujourd’hui, on dénombre plus de 150 organisations paysannes qui ont adopté les techniques propres de production au Sénégal. Toutefois, la militante refuse de résumer la transition agro-écologique à la préservation de l’environnement. Cette notion, ajoute-t-elle, englobe le mode de gestion du foncier. Pour elle, il faut un équilibre entre l’usage du foncier pour l’agriculture, la restauration du couvert végétal, la protection des forêts entre autres. « La réussite de la transition écologique dépend de la maîtrise de la gestion de notre patrimoine foncier. Et, nous devons accepter que cette ressource soit utilisée pour satisfaire, à la fois, les besoins agricoles et la reconstitution du couvert végétal. Nous devons aussi maîtriser la gouvernance de nos ressources hydriques. On ne peut pas concéder des terres à des multinationales qui font de l’agro-business, qui utilisent toutes sortes d’intrants chimiques et prétendre arriver à la transition agro-écologique », a prévenu cette militante. Mme Sow s’est félicitée de la floraison des marchés de légumes bio aussi bien à Dakar qu’à l’intérieur du pays. La sensibilisation menée depuis les années 70 a vraiment porté ses fruits.

Idrissa SANE, journal LeSoleil

 

17 Déc 2018

Participation ENDA PRONAT à l’atelier de sensibilisation et d’information sur le Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture (TIRPAA), le 12 décembre à Toubakouta

Au Sénégal, plus de 80% des semences utilisées par les communautés paysannes proviennent d’espèces et de variétés traditionnelles. Ce chiffre montre bien que la souveraineté alimentaire des communautés dépend fortement de l’accès aux semences et du droit de les sélectionner, conserver, utiliser et échanger librement selon les pratiques locales des communautés. Mais ces systèmes semenciers paysans sont de plus en plus menacés, car les gouvernements, les grandes entreprises multinationales et certains instituts de recherche ont commencé à promouvoir activement des semences commerciales et des droits de propriété intellectuelle. C’est pour cela qu’il est primordial de trouver des voies pour que les communautés aient une souveraineté semencière afin de rompre toute dépendance des paysans dans l’acquisition de semences non reproductibles et de garantir la diversité de leurs systèmes alimentaires. Face à ces dynamiques, la société civile et les organisations paysannes se sont mobilisées pour partager des informations sur le Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture (TIRPAA)[1] et l’opportunité qu’il offre aux paysans d’assurer leur autonomie en matière de semences. C’est dans ce contexte que la Fédération And Liggey Niombato de Toubakouta (FALN) et le CNCR, avec l’appui de l’Église Luthérienne du Sénégal (ELS) et de Solidagro, ont organisé l’atelier « Carrément pour les Semences Paysannes » qui s’est tenu à Toubakouta le 12 décembre 2018 sous la présidence du Sous-Préfet et de la première adjointe du Maire. Cette activité s’inscrivant aussi dans le cadre du plan d’action de la société civile engagée pour la promotion des semences paysannes, a vu la participation d’autres organisations telles que l’Association Sénégalaise des Producteurs de Semences Paysannes (ASPSP), Nous Sommes la Solution (NSS), Jardin d’Afrique, Fahamu, Enda Pronat et l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA). L’objectif était de constituer un espace pour partager le contenu du TIRPAA avec les paysans, les autorités, les partenaires au développement et les mouvements sociaux, et de les sensibiliser autour des enjeux liés à la commercialisation des semences. Actuellement, la loi de 2009 sur la biosécurité, révisée en 2018, ne défend pas les semences paysannes, raison pour laquelle l’implémentation d’un traité international comme le TIRPAA, méconnu par les parlementaires, est devenue encore plus urgente au niveau national. Dans ce contexte le Directeur de l’Agriculture, Oumar Sané, point focal du TIRPAA au Sénégal, a néanmoins confirmé sa volonté de travailler avec la société civile.

[1] http://www.fao.org/plant-treaty/overview/fr/

10 Déc 2018

Rencontre du CRAFS autour de la codification en texte de loi des propositions paysannes sur la réforme foncière

Le comité technique du Cadre de Réflexion et d’Action sur le Foncier au Sénégal (CRAFS)[1] s’est réuni le samedi 24 novembre 2018 dans les locaux d’Enda Pronat, avec un groupe de juristes, pour faire le point sur l’évolution de la participation de la société civile au processus de réforme foncière. En début de rencontre, le groupe est revenu sur sa dernière rencontre stratégique du mois de juin 2018. Ce fut l’occasion de discuter une nouvelle fois au sujet des Zones Economiques Spéciales (ZES) qui se multiplient sur le territoire national alors même que la réforme foncière semble gelée, et de faire le point sur la feuille de route du CRAFS concernant ladite réforme. Puis, le groupe de juristes, personnes ressources du CRAFS depuis plusieurs années, a présenté sa proposition de législation.

Rappel historique – Après avoir fait des études et autres recherches à partir de 2010, les organisations membres du CRAFS dont Enda Pronat, ont profité du contexte de relance du processus de réforme foncière entamé en 2012 pour organiser pendant plusieurs années des ateliers de sensibilisation sur les enjeux de la réforme foncière, et des formations sur la législation foncière, auprès de milliers de Sénégalais et Sénégalaises à travers tout le pays. C’est lors de ces ateliers que des propositions paysannes sont ressorties pour une réforme foncière qui soutient et accompagne les exploitations familiales tout en appuyant une politique de développement rural intégrée afin d’atteindre la souveraineté alimentaire. Un grand travail d’harmonisation de ces propositions a ensuite été fait, pour élaborer le Document de position du CRAFS, qui a été remis à la Commission Nationale de Réforme Foncière. La CNRF s’est fortement inspirée du Document de position du CRAFS pour formuler son Document de Politique Foncière, soumis au Président de la République en avril 2017 en présence du CRAFS.

Malgré tout ce travail participatif très positif, d’une part la CNRF a proposé dans son DPF l’immatriculation des terres du Domaine National en dépit des mises en garde du CRAFS qui y voit une main tendue à la marchandisation des terres paysannes, d’autre part l’Etat du Sénégal a dissout la CNRF en juin 2017, et le processus de réforme est au point mort depuis. Face à cette situation et à la multiplication des cas d’accaparement de terres, le CRAFS a décidé de continuer son travail de contribution à la réforme, en proposant une codification des propositions paysannes en texte de loi.

Le document élaboré comprend d’une part une proposition de Loi-cadre qui reprend la Loi sur le Domaine National (LDN), en y intégrant au fil des articles des précisions permettant de prendre en compte les propositions paysannes, et d’autre part un ensemble de décrets d’application prenant en charge plus en détails toutes ces préoccupations. L’application des grands principes contenus dans cette Loi-cadre sera précisée au niveau local à travers des conventions locales et Plans d’Occupation et d’Affectation des Sols, cadrant avec cette loi, et discutés au niveau de chaque commune.

Le comité technique du CRAFS a eu à faire plusieurs remarques sur le document, et le travail doit continuer dans les jours à venir, afin que les juristes puissent façonner un document traduisant exactement les propositions paysannes contenues dans le document de position du CRAFS.

Un atelier de validation est prévu en fin d’année, regroupant l’ensemble des membres du CRAFS et un groupe élargi de juristes, pour aboutir à un document complet et fidèle au travail effectué depuis des années. Cette proposition de Loi-Cadre sera ensuite partagée aux populations à travers le pays, et remise à l’Assemblée Nationale et au gouvernement, dans l’espoir de relancer le processus de réforme, et d’obtenir une législation favorable aux exploitations familiales et à la souveraineté alimentaire.

[1] http://www.endapronat.org/crafs/