"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
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09 Oct 2018

La dernière ligne droite vers une « Déclaration des droit des paysans et autres personnes travaillant en zone rurale

Avec 33 votes pour (dont le Sénégal), 3 votes contre et 11 abstentions, la résolution portant sur la conclusion de la Déclaration des  droit des paysans et autres personnes travaillant en zone rurale a été approuvée le vendredi 28 septembre 2018 par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. Ce vote  est un  très grand succès pour toutes les organisations de paysans, éleveurs, pécheurs artisanaux, peuples indigènes et travailleurs ruraux. 

Depuis 17 ans, de nombreuses organisations de la société civile, portées par le mouvement mondial Via Campesina, ont mené des consultations, élaboré et défendu cette déclaration auprès de l’ONU. Une fois adoptée, la Déclaration des Nations Unies devrait permettre de soutenir la recherche de justice et fournir un cadre global pour les législations et politiques nationales pour mieux protéger les paysannes et paysans des accaparements de terres, pour la libre-circulation et la libre-utilisation des semences paysannes, pour la souveraineté alimentaire, la lutte contre le changement climatique et la conservation de la biodiversité, etc. L’adoption de cette Déclaration pourrait également avoir pour conséquence la diminution de la criminalisation des luttes paysannes. Bien que ce soit une avancée considérable, un outil important vers la reconnaissance et la protection des droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales, une déclaration n’a juridiquement pas de force contraignante, elle a juste une portée politique et morale. Pour qu’elle ait une réelle portée, qu’elle devienne une force contraignante, elle devra être constamment rappelée dans les communiqués, les débats, les notes politiques, … Au mieux elle devra être inscrite dans le préambule des constitutions des Etats, citées dans des textes de lois déjà existants et/ou inspirer de nouvelles lois nationales relatives aux questions y afférents.

Si cette Déclaration devient une référence, elle pourra alors avoir le caractère d’une norme coutumière et pourra devenir juridiquement contraignante.

Pour renforcer le poids juridique de cet outil, il faudra également œuvrer à ce que dans son prolongement, les pays s’engagent juridiquement à protéger, respecter, faire respecter, et promouvoir les droits des paysannes et paysans, à travers des Traités, des accords et des Protocoles. La Déclaration des  droit des paysans et autres personnes travaillant en zone rurale sera présentée au mois d’octobre  à l’Assemblée Générale de l’ONU à New-York. Puis en novembre 2018, elle fera l’objet d’un vote en vue d’être adoptée par tous les États membres de l’Organisation des Nations Unies.

15 Sep 2018

Pour la sécurisation des droits fonciers des femmes:la stimulation des interventions pour un impact durable au Sénégal

Au Sénégal la gouvernance foncière suit essentiellement deux sortes de modèle: un modèle moderne basé sur la législation nationale et un modèle traditionnel fondé sur des règles coutumières. Le 17 Juin 1964, le Sénégal a adopté une nouvelle législation foncière à savoir la LOI N° 64-46 relative au Domaine national. Cette loi, dite également « loi sur le domaine national», classe la grande majorité des terres du Sénégal, notamment celles situées en milieu rural et régulièrement utilisées pour l’habitat, la culture et l’élevage, dans le domaine national.

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09 Sep 2018

Histoire de la cuvette agropastorale du Waloyél et réhabilitation de l’ouvrage de régulation et de franchissement de Pommeyél à Lérabé, commune de Guédé Village

Situé dans le village de Lérabé, au sein de la commune de Guédé Village, la cuvette agropastorale du Waloyél héberge un ensemble de mares et canaux régulés à partir de Pommeyél (nom Puhlar signifiant petit pont). Ce dernier a été construit vers les années 1935 en même temps que la cuvette de Guédé Chantier pour les phases test de la culture du riz. C’est un ouvrage installé sur un chenal naturel qui alimente en eau de crue un grand bassin et des mares. Cette eau permettait l’irrigation gravitaire du casier agricole de Guédé Chantier, la régénération naturelle de la biodiversité, l’accès à l’eau pour le bétail et la création d’espaces de pâture de mars à juillet, la pratique de la pêche traditionnelle de juillet à octobre, puis d’octobre à mars, après le retrait des eaux, la mise en place d’une agriculture vivrière traditionnelle appelée culture de décru. Ce qui fait de cette cuvette une zone multifonctionnelle. Après la sècheresse des années 70 et la prise en charge du casier de Guédé par la SAED, couplée à l’introduction de moyens d’exhaures plus modernes (groupe motopompe), l’ouvrage du Pommeyel a été délaissé. La vétusté des aménagements en particulier du barrage de Pommeyél et des canaux, mixée aux actions anthropiques telles que le surpâturage et le déboisement, a progressivement et fortement affecté la rentabilité et la pérennité des activités socioéconomiques au niveau du Waloyél.

Dans le cadre de la promotion d’une agriculture saine et de gestion durable des ressources, Enda Pronat a appuyé les populations de Lérabé dans l’élaboration d’un plan de revitalisation écologique de la cuvette du waloyel. Ce plan prévoit notamment la mise en place d’un nouveau ouvrage de franchissement et de régulation des eaux de crue afin de contrôler les entrées et les sorties de l’eau en vue de protéger les cultures des inondations tout en permettant le remplissage des mares. Ce processus pourrait permettre de redynamiser les activités socio-économiques de la zone détaillée plus haut. De plus, il pourrait à terme se révéler être une alternative aux aménagements hydrauliques couteux (60% des coûts de production sont dus à l’irrigation avec les pompes à gasoil, ce qui implique de très faibles bénéfices à l’hectare), qui rendent l’agriculture d’aujourd’hui peu attrayante pour les jeunes qui s’en détachent de plus en plus et partent en ville ou à l’étranger pour se convertir dans d’autres métiers. Cette alternative pourrait également offrir aux populations la possibilité de produire sans intrants chimiques des légumes très nutritifs, mais aussi de pérenniser certaines cultures céréalières en voie de disparition. De plus la revalorisation des terres est une des seules alternatives à l’accaparement des terres, pratique malheureusement courante dans la vallée du fleuve.

 

Fort de ce constat, la problématique de revalorisation de la cuvette du Waloyel est devenue une préoccupation pour Enda Pronat et la SAED[1] qui toutes les deux témoignent d’un grand intérêt pour la zone. Pour appuyer la mise en œuvre du plan de revitalisation, Enda-Pronat a appuyé la l’opérationnalité de cet ouvrage et a facilité en parallèle l’implication de la SAED dans la réalisation d’un nouvel ouvrage solide et durable, en aval de l’ancien. Enda Pronat et la SAED ont également appuyé l’organisation des populations pour la gestion de ce nouvel ouvrage, en facilitant la création du comité de gestion du Pommeyél en juin 2018, en présence des autorités locales administratives, coutumières et religieuses, des représentantes de groupements de femmes et d’autres organisations paysannes locales, et de villageois-es. Le nouveau Pommeyél a été officiellement ouvert le dimanche 2 septembre en présence du comité de gestion, du Directeur d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (DAGE)de la SAED, et du technicien de Enda Pronat. Depuis son ouverture, l’eau a commencé à inonder les mares et chenaux de manière très satisfaisante. Le comité de gestion doit à présent rester vigilant pour fermer l’ouvrage avant que l’eau ne commence à envahir les espaces cultivés, ou si la décrue débute.

09 Sep 2018

Séjour interculturel d’un groupe de volontaires de l’organisation belge Quinoa

Pour la 3e année, Enda Pronat a accueilli un groupe de volontaires de l’ONG belge d’éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire, Quinoa (http://www.quinoa.be/). Après Diouroup en 2016 et Guédé en 2017, le groupe de cette année, constitué de 8 volontaires (6 filles et 2 garçons) s’est rendu dans la zone des Niayes, à Keur Moussa, du 4 au 27 juillet 2018. Ils ont été accueillis dans des exploitations familiales des villages de Lène, Soune, Landou et Thiambokh. Ils ont partagé le quotidien de ces familles dans les concessions et dans les champs, et ils ont participé aux activités communautaires de lutte anti érosive.

Témoignage de Chloé, l’une des deux responsables de groupe :

” Quelques lignes sont assez réductrices pour décrire cette expérience. Nous sommes partis dans le cadre du processus de projet international de l’association Quinoa rencontrer Enda Pronat dans le cadre d’une rencontre interculturelle sur la thématique de l’agro-écologie et des problématiques de genre. Nous étions donc sensibilisés avant de partir et chacun avec nos compétences, nos origines et notre curiosité, nous avons pu vivre une expérience d’immersion extraordinaire. D’une part, nous avons pu découvrir la région de Keur Moussa et le mode de vie et quotidien des villages sénégalais puisque nous vivions dans des familles. D’autre part nous avons également pu découvrir la culture sérère à laquelle tout le monde s’est intégré presque naturellement grâce à un sens de l’hospitalité rare. De plus, nous avons pu découvrir et même participer aux ouvrages mis en place par Enda et la fédération Woobin dans le cadre de la lutte contre l’érosion qui touche fortement la région mais également certaines des activités et ouvrages agro-écologiques mis en place. En tant que résidents européens nous avons également été très marqués par la problématique locale de l’accès à l’eau. Cette expérience a été d’une qualité et d’une intensité rare et nous sommes tous repartis enrichis de cette rencontre (certains même voulant prolonger l’aventure au Sénégal).

04 Sep 2018

Journées de reboisement dans les écoles des villages d’intervention de Enda Pronat dans la commune de Koussanar.

Ces journées entrent dans le cadre de la campagne nationale de reboisement lancée depuis le 5 Aout 2018. A l’image de beaucoup d’autres contrées au Sénégal, la commune de Koussanar est confrontée à des problèmes de gestion de ses ressources naturelles. En effet, la coupe du bois est très intense dans cette commune, encouragée surtout par l’exploitation abusive du charbon. En réaction à ce problème, Enda Pronat, en collaboration avec la fédération de producteurs-trices Yakaar Niani Wulli, intervient au niveau de l’éducation environnementale dans les écoles de la commune, pour initier les plus jeunes au respect de l’environnement et éveiller leur conscience. Des activités de sensibilisation sur les bonnes pratiques agroécologiques ont ainsi été initiées, au sein desquelles on compte ces journées de reboisement. L’implication des enseignant-e-s a permis de mettre en place un système de suivi de l’entretien des arbres et d’assurer une sensibilisation en continu. D’autres activités sont ainsi prévues durant l’année scolaire au niveau des écoles pour partager avec les élèves sur des sujets qui portent sur la gouvernance des ressources ainsi que sur d’autres sujets liés à la gestion de l’environnement ou à l’agriculture saine et durable

16 Août 2018

Guédé: Les femmes capacitées sur le genre

Dans le cadre de la promotion de la prise en compte du genre dans l’approche globale d’Enda Pronat, un atelier de renforcement des capacités des femmes de la fédération de Ngatamaré Toro( une fédération paysanne dans les communes de Guédé village et Guédé chantier, département de Podor) a été tenu sur le genre et ses outils d’analyse pour veiller à une meilleure intégration de la dimension genre de ladite fédération. Cet atelier avait réuni une vingtaine de participants et participantes et avait comme objectif principal de faciliter la compréhension du concept « genre » qui pour ENDA Pronat, est approche communautaire visant la mixité en prenant compte les préoccupations de toutes les catégories sociales. Cet atelier a permis aux participants de comprendre l’approche genre d’une manière général et en particulier la démarche ENDA PRONAT pour un développement durable, juste et équitable.

28 Mai 2018

Les producteurs et productrices de la fédération Ngatamaaré Tooro

Dans le cadre de ses activités d’accompagnement des populations dans la promotion d’un développement rural durable, via l’agroécologie, une équipe de ENDA PRONAT a effectué une mission de suivi des activités des producteurs et productrices de la fédération Ngatamaaré Tooro, dans les communes de Guédé Village et Guédé Chantier, département de Podor, région de Saint Louis.

Cette mission a permis de faire le suivi des effets de bonnes pratiques agro-écologique, comme la fertilisation organique, l’épandage de fumier, la gestion de l’irrigation, la mise en place de pépinières. C’était aussi une occasion de renforcer la collaboration avec les organisations paysannes, les services techniques de l’Etat et les autorités locales, et de dégager des perspectives pour améliorer les conditions de vie des populations de cette zone.