"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
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22 Nov 2018

Deuxième édition de la Caravane ouest africaine, TERRE, EAU et SEMENCES PAYSANNES

Le lancement officiel de la deuxième édition de la Caravane ouest africaine de la Convergence Globale de Lutte pour la Terre et l’Eau Ouest Africaine (CGLTE-OA)[1], s’est tenu le samedi 10 novembre 2018 à Mamou, Guinée Conackry sous la présidence effective du Gouverneur de ladite région. Cette forte mobilisation a réuni plus de 200 personnes venant d’horizons divers tels que la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. A l’issue de la rencontre, le porte-parole de la Convergence Globale, Monsieur Massa Konè est revenu d’abord sur l’esprit de la caravane qui est l’engagement citoyen et le militantisme. « Cette caravane prône la paix et se définit comme principal objectif la lutte pour le respect des droits humains sur la gouvernance des ressources naturelles, notamment l’eau et la terre. Ces deux ressources constituent la vie. Sans terre et eau, il n’aura pas de vie. Aujourd’hui la jeunesse ouest africaine s’est engagée par le plaidoyer pour un développement durable et viable qui profite à tout le monde. Quel qu’en soit le prix, ce combat sera mené dans la paix mais avec la détermination. Le développement de l’Afrique est entre les mains des Africains et il doit être arraché par la jeunesse. » Abondant dans le même sens, le Gouverneur de la région de Mamou, Monsieur Alpha Omar Diallo s’est réjoui de cette initiative. « L’Afrique est une et indivisible. La caravane est une belle initiative d’intégration des peuples, elle porte espoir puisqu’elle est en majorité portée par des jeunes. La jeunesse c’est l’espoir, l’espérance et le développement. En outre, il avoue la terre et l’eau sont indispensable à la vie. Mais aujourd’hui le phénomène est beaucoup plus global, c’est un problème environnemental. Le monde subit de plus en plus les effets des changements climatiques. Ensemble, nous devons unir nos forces pour une Afrique prospère. » Sur ces mots, il a lancé officiellement le démarrage des activités de la Deuxième Edition de la Caravane Ouest Africaine de Lutte pour la Terre, l’Eau et les Semences Paysannes. La caravane se déroule du 10 au 30 novembre. Elle a déjà fait étapes dans plusieurs localités de Guinée Conakry et Côté d’Ivoire, et se trouve actuellement au Ghana, avant de continuer vers le Togo, et enfin le Bénin. Les caravaniers doivent rencontrer le Président béninois M Patrick Talon, actuel Président de la CEDEAO, pour lui remettre le livret Vert de la CGLTE[2].

[1] https://africaconvergence.net/?lang=fr

[2] https://africaconvergence.net/spip.php?article4

30 Oct 2018

Une transition agroalimentaire s’impose

Ce texte fait partie d’un cahier spécial.

Alors que la population mondiale ne cesse de croître et que, corrélativement, les ressources naturelles s’amenuisent, le défi de la sécurité alimentaire s’intensifie à l’échelle planétaire. Face à cette conjoncture, de nombreuses organisations s’efforcent de promouvoir des modes de production et d’alimentation qui conjuguent performances économiques, environnementales et sociales et qui tiennent compte des impacts sur les milieux de vie. Cas de figure du Sénégal, en Afrique de l’Ouest, où cette démarche est étroitement liée à la lutte pour la sauvegarde des ressources foncières et à celle de la valorisation des produits locaux.

Comme c’est le cas dans de nombreux pays africains, l’insécurité alimentaire menace une part importante de la population du Sénégal. D’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, à l’heure actuelle, près de 750 000 Sénégalais seraient touchés par cette situation.

Il faut savoir que la population de ce pays d’Afrique de l’Ouest vit en majorité en milieu rural (53,5 % selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie) et qu’elle œuvre principalement dans le milieu agricole.

Or, le Sénégal connaît actuellement un important problème de dégradation des sols. D’après des études réalisées par le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel, sur les 3 800 000 hectares de terres arables dont dispose le Sénégal, 2 400 000 sont fortement dégradés.

Cela s’explique notamment par l’utilisation soutenue d’engrais chimiques, l’intensification des cultures industrielles et la réduction du couvert végétal, laquelle est due à la déforestation et aux nombreuses sécheresses qui ont affecté le pays depuis les années 1970.

L’accaparement des terres

Parallèlement, l’accès aux terres est de plus en plus difficile au pays. Actuellement, la loi sur le domaine national met la terre à la disposition des communautés de base, mais sans droits juridiques ; elle ne prévoit ni la transmissibilité, ni l’aliénabilité, ni la cessibilité des terres.

Ce que cela signifie concrètement, c’est que tant que les populations cultivent ces terres, elles peuvent techniquement les considérer comme leurs. Cependant, sur le plan juridique, elles ne leur appartiennent pas.

En vertu de la loi, l’État du Sénégal peut donc octroyer des terres à des investisseurs privés et spolier les agriculteurs de leurs parcelles s’il juge la transaction opportune pour des raisons d’utilité publique.

« L’accès au foncier est un problème qui s’accélère depuis la crise mondiale de 2008 », indique Mme Mariam Sow, présidente du conseil d’administration d’ENDA tiers-monde, une organisation internationale oeuvrant à la promotion d’une société plus juste et plus équitable par le changement politique, économique et social.

En effet, de plus en plus d’investisseurs étrangers convoitent les terres du Sénégal. Il s’agit tantôt d’États désireux d’assurer la sécurité alimentaire de leurs citoyens, tantôt d’acquéreurs intéressés par les retombées financières que leur exploitation peut rapporter.

« C’est très inquiétant, parce qu’ils récupèrent nos ressources foncières pour faire de grandes cultures, souvent destinées à l’exportation, qui engendrent une dégradation [des sols] encore plus forte pour les populations locales et qui contribuent à créer une insécurité alimentaire encore plus grande », souligne Mme Sow.

Sous la pression de la société civile, après son élection en 2012, le président Macky Sall a mis en place une commission nationale de réforme foncière chargée de proposer un texte de politique foncière. Ce dernier a bel et bien été élaboré et soumis aux plus hautes autorités, mais est demeuré sans suites après la dissolution de la commission.

« Nous attendons impatiemment l’adoption d’une réforme foncière, confie Mme Sow. La société civile, et ENDA en particulier, a développé une bataille très forte par rapport à ces multinationales. Mais ce qui est difficile, c’est qu’il y a une pression importante de l’international qui cherche toujours à garder une mainmise autour des ressources africaines. »

Pour une agriculture écologique et locale

Pour répondre au défi de la sécurité alimentaire, plusieurs estiment que le milieu agricole sénégalais doit effectuer une transition vers une agriculture plus écologique et plus durable.

Avec le soutien d’organisations comme ENDA, plusieurs agriculteurs ont amorcé un changement de pratiques, notamment en diversifiant leurs cultures, en adoptant des méthodes biologiques et en évitant de recourir aux produits chimiques, mais ceux-ci restent encore insuffisamment nombreux. « Si on n’accélère pas cette transition, nous sacrifierons tout un continent et toute une génération future, juge la militante d’ENDA tiers-monde. Il y a beaucoup de dispositifs à mettre en place pour soutenir cette transition. Il faut se doter d’une vision politique plus claire et instaurer des mécanismes de financement d’une agriculture plus durable. […] Il faut aussi se mettre à former des jeunes qui vont devenir des paysans intellectuels qui travaillent en connaissance de cause. » La valorisation des produits locaux figure également au palmarès des priorités. Considérant que les besoins alimentaires des Sénégalais sont aujourd’hui couverts à près de 70 % par des importations, principalement de riz, de blé et de maïs, le défi s’annonce de taille.

De passage au Canada

Mme Sow entame ces jours-ci un séjour au Canada. Le 30 octobre, aux côtés de l’organisation canadienne Inter Pares, elle prendra la parole à Ottawa lors du lancement officiel du plus récent rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Elle participera également à l’événement la Tablée des idées, le 10e forum du Réseau pour une alimentation durable, lequel aura lieu du 1er au 4 novembre. Elle y discutera de l’impact de l’agriculture industrielle et du besoin urgent d’une transition vers l’agriculture écologique en Afrique.

Source: https://www.ledevoir.com/vivre/alimentation/539763/une-transition-agroalimentaire-s-impose

 

26 Oct 2018

Identification et cartographie des couloirs de transhumance dans la zone du Delta et du lac de Guiers

Le projet BRACED (Building Resilience and Adaptation to Climate Extremes and Disasters -Programme de Renforcement de la Résilience et de l’Adaptation aux Episodes Climatiques Extrêmes et aux Désastres) a pour objectif général de renforcer les moyens d’adaptation aux changements climatiques des familles très pauvres et pauvres dans la bande Sahélo-saharienne par l’optimisation de la mobilité locale et transfrontalière des animaux. En effet, le fait de pouvoir circuler avec leur bétail le long des pistes transfrontalières aide les pasteurs et agropasteurs du Sahel à gérer les variabilités climatiques, à trouver des zones de repli en cas de sécheresse aigüe, et à accéder aux marchés. Le projet ambitionne donc de renforcer la résilience des pasteurs et agropasteurs (femmes, hommes, enfants) en sécurisant les pistes transfrontalières stratégiques, en fournissant des services de base, en aidant les communautés et les parties prenantes à mener un plaidoyer pour la mobilité transfrontalière du bétail et pour l’élaboration de politiques appropriées à l’échelle locale, nationale et de la CEDEAO (Afrique de l’Ouest). Le projet intervient au Mali, au Sénégal, en Mauritanie, au Burkina Faso et au Niger depuis 2014. Au Sénégal, sa zone d’intervention se limitait à la zone sylvopastorale jusqu’en 2017, et c’est pour étendre ses activités dans la zone du Delta et du lac de Guiers qu’Enda Pronat a été intégrée en début d’année 2018, avec le CIRAD en appui technique. Dans la zone du projet où Enda Pronat intervient, une des principales activités consiste à appuyer les collectivités territoriales dans l’identification et la sécurisation des couloirs et pistes de passage des animaux pour réguler le passage et atténuer les tensions entre agriculteurs et éleveurs, dans une zone où le front agricole et les agro industries envahissent de plus en plus de nouvelles terres, bloquant ainsi des passages. C’est pourquoi une mission du projet a été organisée fin septembre, pour faire l’identification des axes et couloirs prioritaires de transhumance dans chaque commune (Keur Momar Sarr, Syer, Ngnith) avec les conseillers municipaux, les agents fonciers et les chefs de villages des localités traversées par ces couloirs. Les couloirs ont donc été identifiés, et suite à une formation SIG (Système d’Information Géographique), une cartographie a pu être élaborée. La suite des activités consistera à partager les différents tracés avec les communautés et les collectivités, avant d’aller vers les négociations et les délibérations pour sécuriser avec des balises les pistes et toutes les autres ressources aux abords des couloirs (zones de pâturage, mares, points d’eau, parcs à vaccination, marchés à bétail, etc…). Le même travail sera ensuite effectué d’un côté dans les communes frontalières avec la Mauritanie pour prendre en compte la transhumance internationale, et d’un autre côté dans des communes de la zone sylvo pastorales pour faire la jonction avec les couloirs déjà matérialisés. Ainsi, ce maillage complet permettra d’éviter au maximum les conflits entre agriculteurs et éleveurs, et de protéger la ressource pastorale.

22 Oct 2018

Auto-évaluation de la Convention Locale dans la commune de Diouroup

Le mardi 9 octobre, l’équipe de Diouroup et des représentant-e-s de la coordination d’Enda Pronat ont facilité l’auto-évaluation de la convention locale de gestion durable des ressources naturelles, dans le terroir de Diop Ndoffene, dans la commune de Diouroup. Cette rencontre regroupait les veilleurs de la convention locale, les chefs de villages, des producteurs et productrices, l’agent local de l’ANCAR, l’agent des Eaux et forêt, un conseiller municipal et l’équipe de Enda Pronat. Diop Ndoffene est un village assez dynamique qui protège sa forêt depuis les années 80. La convention locale a permis de renforcer la légitimité des veilleurs et de renforcer la sensibilisation des populations sur la gestion durable des ressources naturelles. Mais après 18 mois de pratiques, certains points ne faisaient plus l’unanimité et ont été sujet à débat. C’est le cas de la règle qui concerne la limitation de la divagation des petits ruminants pendant la saison sèche. Après de riches échanges entre les différents acteurs et des apports sur l’évolution du contexte et la construction prochaine d’une autoroute non loin du village, les participant-e-s ont retenu de conserver cette règle. Un autre point important d’échange portait sur la volonté des villageois de voir la mairie s’impliquer davantage dans la délimitation des parcours de bétail, le respect des dates de la coupe de la paille et la dotation d’équipement pour renforcer les veilleurs. Les jours suivant, le même processus a été répété dans 4 autres zones inter villageoises. Une restitution de ce processus d’auto-évaluation est prévue avec l’ensemble des acteurs en présence des autorités locales, avant la fin du mois d’octobre, pour l’ensemble de la commune.

19 Oct 2018

Capitalisation et échanges d’expériences en Agroécologie

Du 4 au 7 septembre 2018, Enda Pronat a participé à un atelier à Ouidah au Bénin, portant sur l’échange des savoirs et des pratiques agroécologiques. Cet atelier organisé par DM Echange et mission[1], le Secaar[2], la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau[3] et Pain Pour le Prochain[4], a connu la participation d’acteurs venus de 9 pays africains et de la Suisse. Les objectifs de cette rencontre étaient de créer un espace de dialogue et de concertation pour faciliter la mise en réseau, mais aussi de renforcer les capacités des organisations partenaires ouest africaines et suisses présentes, en échangeant et en capitalisant des expériences, connaissances et savoir-faire en agroécologie paysanne.Les participant-e-s ont pu y partager des supports de capitalisation tels que des fiches de bonnes pratiques, des études de cas, des supports de formation et d’animation portant sur : i) l’accès à la terre, ii) les semences paysannes, iii) les formations, échanges de savoirs et processus de capitalisation, iv) la résilience climatique, et v) les techniques agricoles durables.

Enda Pronat y a fait deux communications portant sur :

  • la Lutte Antiérosive, expérimentée à Keur Moussa au Sénégal et ayant permis la récupération de 114 hectares de terres cultivables sur 7 villages ;
  • la Régénération Naturelle Assistée, expérimentée sur 142 hectares de la commune de Diouroup (dpt Fatick) et 77 hectares de la commune de Koussanar (dpt Tambacounda).

Fiche capitalisation Enda Pronat_LAE (2) Fiche capitalisation Enda Pronat_RNA (1)Voir fiches de capitalisation à télécharger.

Une visite de terrain a également été effectuée sur le site maraicher de l’organisation Jinukun, pour y observer entre autres la technique push-pull vulgarisée par l’ICIPE (International Centre of Insect Physiology and Ecology)[5].

Des recommandations portant sur les 5 thématiques abordées ont été tirées des présentations et des échanges. Certaines font pleinement écho aux actions d’Enda Pronat, comme i) de travailler avec les universités pour ouvrir des cursus de formation (licences et
masters) en agroécologie paysanne ; ii) d’organiser des évènements (journées et nuits) sur l’agroécologie dans les différents pays ; iii) d’inciter les Etats à reconnaitre et soutenir l’agroécologie y compris par des incitations financières, notamment la production et la vulgarisation des intrants ; et bien d’autres encore. Faisant suite aux recommandations de cet atelier, le Secaar a créé une plateforme d’échanges d’expériences, de photos et de messages sur l’agroécologie qui regroupe tou-te-s les participant-e-s.

[1] https://www.dmr.ch/

[2] http://www.secaar.org/

[3] https://africaconvergence.net/

[4] https://painpourleprochain.ch/

[5] Un projet de collaboration entre Enda Pronat et l’ICIPE est en vue, afin de tester et vulgariser le push pull dans les zones d’ancrage d’Enda Pronat. Des semences ont déjà été remises pour installer une parcelle test.

FICHE DE CAPITALISATION D’EXPERIENCES Titre : Lutte Anti-érosive

FICHE DE CAPITALISATION Titre : Verdissement des parcs agro forestiers par la Régénération naturelle assistée (RNA)

16 Oct 2018

LA FAO DÉCERNE LE PRIX DE LA MEILLEURE POLITIQUE AGRICOLE À LA COMMUNE DE NDIOB

La commune de Ndiob, accompagnée par Enda Pronat, a été primée par les Futur Policy Awards pour sa vision verte et résiliente, et son programme agroécologique.  LE PRIX DE LA MEILLEURE POLITIQUE AGRICOLE lui a été décernée par la FAO.

« Ndiob (Fatick), 15 oct (APS)- L’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a décerné à la commune de Ndiob (Fatick) le prix de la meilleure politique agricole locale pour sa vision du développement rural, a annoncé son maire, Oumar Bâ. « Nous sommes invités ce 15 octobre à Rome (Italie), à l’occasion de l’Assemblée générale de la FAO, pour recevoir le prix qui nous a été décerné », a-t-il déclaré dimanche aux journalistes. Le maire a précisé que cette récompense de l’organisme onusien vise à faire la promotion des initiatives publiques de promotion de l’agriculture et de développement dans le monde. Monsieur Bâ a fait remarquer que Ndiob figure parmi sept autres communes de l’Inde, des Etats Unis, de l’Europe de l’Equateur, lauréate du Prix de la meilleure politique agricole locale. La candidature de la commune de Ndiob à ce concours mondial de la FAO a été portée par l’ONG Enda-Pronat, a-t-il signalé. Plus de 2000 initiatives de politiques agricoles locales de communes de plusieurs pays ont participé à ce concours organisé par la FAO.
La vision de développement rural de la commune de Ndiop a été finalement retenue parmi huit communes dans le monde, après plusieurs pré-sélections effectuées par un jury de neuf experts internationaux, selon le maire. Cette vision, a-t-il dit, est partie de l’évidence que l’agriculture et l’élevage doivent impulser le développement économique des communes. De même, c’est « une vision verte, résiliente à travers un processus de développement endogène, inclusive, respectueuse des droits de personnes vulnérables et de l’environnement », s’est réjoui le maire de Ndiob. « Notre commune par le passé a connu l’autosuffisance et la résilience. Mais, malheureusement, on a perdu cette autosuffisance à cause des effets conjugués de la sécheresse, de l’usage intempestif des pesticides chimiques de synthèses, et de mauvaises politiques agricoles », a déploré le maire. Oumar Bâ a ajouté que sa collectivité a pu redresser la barre depuis quelques années, grâce à l’agro-écologie, l’agriculture saine et durable et la formation des agriculteurs à l’usage du compost.  Selon lui, l’utilisation de l’engrais organique a permis d’augmenter le rendement agricole à l’hectare de 350 kilogrammes à plus de 1000 kilogrammes en moyenne et des pics de 1500 kg à l’hectare dans certains villages. « Donc, si nous généralisons cette approche, la commune de Ndiob sera autonome sur le plan céréalier, et nous nous sommes dotés de deux unités pour transformer cette production agricole afin d’éviter aux agriculteurs de bazarder leur production », a listé le maire.Il a également annoncé la mise en place dans sa commune, des kiosques de commercialisation et de vente d’aliments à base de céréales locales. Sur le plan de l’élevage, il a indiqué, la commune s’est dotée d’un foirail, « sans doute le plus grand de la région ». « Nous avons ouvert des pistes de production, une voie pastorale pour permettre aux éleveurs qui quittent le Ferlo d’y circuler et éviter les conflits entre éleveurs et cultivateurs », a-t-il encore fait savoir.

09 Oct 2018

La dernière ligne droite vers une « Déclaration des droit des paysans et autres personnes travaillant en zone rurale

Avec 33 votes pour (dont le Sénégal), 3 votes contre et 11 abstentions, la résolution portant sur la conclusion de la Déclaration des  droit des paysans et autres personnes travaillant en zone rurale a été approuvée le vendredi 28 septembre 2018 par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. Ce vote  est un  très grand succès pour toutes les organisations de paysans, éleveurs, pécheurs artisanaux, peuples indigènes et travailleurs ruraux. 

Depuis 17 ans, de nombreuses organisations de la société civile, portées par le mouvement mondial Via Campesina, ont mené des consultations, élaboré et défendu cette déclaration auprès de l’ONU. Une fois adoptée, la Déclaration des Nations Unies devrait permettre de soutenir la recherche de justice et fournir un cadre global pour les législations et politiques nationales pour mieux protéger les paysannes et paysans des accaparements de terres, pour la libre-circulation et la libre-utilisation des semences paysannes, pour la souveraineté alimentaire, la lutte contre le changement climatique et la conservation de la biodiversité, etc. L’adoption de cette Déclaration pourrait également avoir pour conséquence la diminution de la criminalisation des luttes paysannes. Bien que ce soit une avancée considérable, un outil important vers la reconnaissance et la protection des droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales, une déclaration n’a juridiquement pas de force contraignante, elle a juste une portée politique et morale. Pour qu’elle ait une réelle portée, qu’elle devienne une force contraignante, elle devra être constamment rappelée dans les communiqués, les débats, les notes politiques, … Au mieux elle devra être inscrite dans le préambule des constitutions des Etats, citées dans des textes de lois déjà existants et/ou inspirer de nouvelles lois nationales relatives aux questions y afférents.

Si cette Déclaration devient une référence, elle pourra alors avoir le caractère d’une norme coutumière et pourra devenir juridiquement contraignante.

Pour renforcer le poids juridique de cet outil, il faudra également œuvrer à ce que dans son prolongement, les pays s’engagent juridiquement à protéger, respecter, faire respecter, et promouvoir les droits des paysannes et paysans, à travers des Traités, des accords et des Protocoles. La Déclaration des  droit des paysans et autres personnes travaillant en zone rurale sera présentée au mois d’octobre  à l’Assemblée Générale de l’ONU à New-York. Puis en novembre 2018, elle fera l’objet d’un vote en vue d’être adoptée par tous les États membres de l’Organisation des Nations Unies.

15 Sep 2018

Pour la sécurisation des droits fonciers des femmes:la stimulation des interventions pour un impact durable au Sénégal

Au Sénégal la gouvernance foncière suit essentiellement deux sortes de modèle: un modèle moderne basé sur la législation nationale et un modèle traditionnel fondé sur des règles coutumières. Le 17 Juin 1964, le Sénégal a adopté une nouvelle législation foncière à savoir la LOI N° 64-46 relative au Domaine national. Cette loi, dite également « loi sur le domaine national», classe la grande majorité des terres du Sénégal, notamment celles situées en milieu rural et régulièrement utilisées pour l’habitat, la culture et l’élevage, dans le domaine national.

Lire la suite Pour la sécurisation des droits fonciers des femmes la stimulation des interventions pour un impact durable au Sénégal

09 Sep 2018

Histoire de la cuvette agropastorale du Waloyél et réhabilitation de l’ouvrage de régulation et de franchissement de Pommeyél à Lérabé, commune de Guédé Village

Situé dans le village de Lérabé, au sein de la commune de Guédé Village, la cuvette agropastorale du Waloyél héberge un ensemble de mares et canaux régulés à partir de Pommeyél (nom Puhlar signifiant petit pont). Ce dernier a été construit vers les années 1935 en même temps que la cuvette de Guédé Chantier pour les phases test de la culture du riz. C’est un ouvrage installé sur un chenal naturel qui alimente en eau de crue un grand bassin et des mares. Cette eau permettait l’irrigation gravitaire du casier agricole de Guédé Chantier, la régénération naturelle de la biodiversité, l’accès à l’eau pour le bétail et la création d’espaces de pâture de mars à juillet, la pratique de la pêche traditionnelle de juillet à octobre, puis d’octobre à mars, après le retrait des eaux, la mise en place d’une agriculture vivrière traditionnelle appelée culture de décru. Ce qui fait de cette cuvette une zone multifonctionnelle. Après la sècheresse des années 70 et la prise en charge du casier de Guédé par la SAED, couplée à l’introduction de moyens d’exhaures plus modernes (groupe motopompe), l’ouvrage du Pommeyel a été délaissé. La vétusté des aménagements en particulier du barrage de Pommeyél et des canaux, mixée aux actions anthropiques telles que le surpâturage et le déboisement, a progressivement et fortement affecté la rentabilité et la pérennité des activités socioéconomiques au niveau du Waloyél.

Dans le cadre de la promotion d’une agriculture saine et de gestion durable des ressources, Enda Pronat a appuyé les populations de Lérabé dans l’élaboration d’un plan de revitalisation écologique de la cuvette du waloyel. Ce plan prévoit notamment la mise en place d’un nouveau ouvrage de franchissement et de régulation des eaux de crue afin de contrôler les entrées et les sorties de l’eau en vue de protéger les cultures des inondations tout en permettant le remplissage des mares. Ce processus pourrait permettre de redynamiser les activités socio-économiques de la zone détaillée plus haut. De plus, il pourrait à terme se révéler être une alternative aux aménagements hydrauliques couteux (60% des coûts de production sont dus à l’irrigation avec les pompes à gasoil, ce qui implique de très faibles bénéfices à l’hectare), qui rendent l’agriculture d’aujourd’hui peu attrayante pour les jeunes qui s’en détachent de plus en plus et partent en ville ou à l’étranger pour se convertir dans d’autres métiers. Cette alternative pourrait également offrir aux populations la possibilité de produire sans intrants chimiques des légumes très nutritifs, mais aussi de pérenniser certaines cultures céréalières en voie de disparition. De plus la revalorisation des terres est une des seules alternatives à l’accaparement des terres, pratique malheureusement courante dans la vallée du fleuve.

 

Fort de ce constat, la problématique de revalorisation de la cuvette du Waloyel est devenue une préoccupation pour Enda Pronat et la SAED[1] qui toutes les deux témoignent d’un grand intérêt pour la zone. Pour appuyer la mise en œuvre du plan de revitalisation, Enda-Pronat a appuyé la l’opérationnalité de cet ouvrage et a facilité en parallèle l’implication de la SAED dans la réalisation d’un nouvel ouvrage solide et durable, en aval de l’ancien. Enda Pronat et la SAED ont également appuyé l’organisation des populations pour la gestion de ce nouvel ouvrage, en facilitant la création du comité de gestion du Pommeyél en juin 2018, en présence des autorités locales administratives, coutumières et religieuses, des représentantes de groupements de femmes et d’autres organisations paysannes locales, et de villageois-es. Le nouveau Pommeyél a été officiellement ouvert le dimanche 2 septembre en présence du comité de gestion, du Directeur d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (DAGE)de la SAED, et du technicien de Enda Pronat. Depuis son ouverture, l’eau a commencé à inonder les mares et chenaux de manière très satisfaisante. Le comité de gestion doit à présent rester vigilant pour fermer l’ouvrage avant que l’eau ne commence à envahir les espaces cultivés, ou si la décrue débute.

09 Sep 2018

Séjour interculturel d’un groupe de volontaires de l’organisation belge Quinoa

Pour la 3e année, Enda Pronat a accueilli un groupe de volontaires de l’ONG belge d’éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire, Quinoa (http://www.quinoa.be/). Après Diouroup en 2016 et Guédé en 2017, le groupe de cette année, constitué de 8 volontaires (6 filles et 2 garçons) s’est rendu dans la zone des Niayes, à Keur Moussa, du 4 au 27 juillet 2018. Ils ont été accueillis dans des exploitations familiales des villages de Lène, Soune, Landou et Thiambokh. Ils ont partagé le quotidien de ces familles dans les concessions et dans les champs, et ils ont participé aux activités communautaires de lutte anti érosive.

Témoignage de Chloé, l’une des deux responsables de groupe :

 » Quelques lignes sont assez réductrices pour décrire cette expérience. Nous sommes partis dans le cadre du processus de projet international de l’association Quinoa rencontrer Enda Pronat dans le cadre d’une rencontre interculturelle sur la thématique de l’agro-écologie et des problématiques de genre. Nous étions donc sensibilisés avant de partir et chacun avec nos compétences, nos origines et notre curiosité, nous avons pu vivre une expérience d’immersion extraordinaire. D’une part, nous avons pu découvrir la région de Keur Moussa et le mode de vie et quotidien des villages sénégalais puisque nous vivions dans des familles. D’autre part nous avons également pu découvrir la culture sérère à laquelle tout le monde s’est intégré presque naturellement grâce à un sens de l’hospitalité rare. De plus, nous avons pu découvrir et même participer aux ouvrages mis en place par Enda et la fédération Woobin dans le cadre de la lutte contre l’érosion qui touche fortement la région mais également certaines des activités et ouvrages agro-écologiques mis en place. En tant que résidents européens nous avons également été très marqués par la problématique locale de l’accès à l’eau. Cette expérience a été d’une qualité et d’une intensité rare et nous sommes tous repartis enrichis de cette rencontre (certains même voulant prolonger l’aventure au Sénégal).