"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
54, Rue Carnot , Immeuble Cheikh Hamidou KANE Dakar , Plateau
(+221) 33 889 34 39
Lun-Sam: 07:30 - 17:00
05 Fév 2019

FATICK : LES CONSEILLERS MUNICIPAUX DE NDIOB SENSIBILISÉS SUR LA SÉCURISATION FONCIÈRE

Ndiob, 5 fév (APS) – La commune de Ndiob (Fatick, centre), a initié, en partenariat avec l’ONG Enda Pronat, un forum de sensibilisation des conseillers municipaux, des notables et autres acteurs locaux sur les enjeux fonciers et la sécurisation foncière, a appris lundi l’APS.
« Nous avons initié cette formation à l’endroit des jeunes, des femmes, des animateurs, des notables, des chefs de village et les conseillers municipaux de la commune pour qu’ils comprennent les règles de la gestion foncière, et les outiller pour mieux sécuriser le foncier », a dit le maire de la commune de Ndiob, Oumar Bâ.
Il s’entretenait avec des journalistes lors d’un atelier de formation des conseillers municipaux organisé dans le cadre du forum de sensibilisation sur les enjeux fonciers et la sécurisation foncière dans la commune de Ndiob.
« Cette formation, a-t-il souligné, intervient dans un contexte où la terre est au centre des préoccupations géostratégiques au niveau mondial pour la simple raison qu’en Europe, il n’y a plus de surfaces cultivables, mais aussi de problèmes familiaux, entre éleveurs et agriculteurs, au niveau local. »
« Aujourd’hui, les continents européen, asiatique et américain sont confrontés à un problème de terres cultivables pour nourrir leurs populations alors l’Afrique qui détient encore 60% des terres cultivables dans le monde suscite des convoitises’’, a-t-il soutenu.
Le maire de Ndiob a dénoncé « le phénomène de l’accaparement des terres », ajoutant qu’il « peut porter préjudice au continent africain, aux populations africaines et locales puisque nous cultivons nos terres pour se nourrir ».
« Donc, il ne faut pas que nous bazardions nos terres », a-t-il préconisé, expliquant que c’est la raison pour laquelle la commune de Ndiob et Enda Pronat, ont initié ce forum de renforcement de capacité sur la gestion foncière.
Selon lui, un renforcement de capacités des populations leur permettra de connaître, d’une part, la loi sur les modalités de gestion de la terre, et d’autre part, l’importance des terres dans la vie des collectivités locales.
« Quand elles seront suffisamment imprégnées des enjeux fonciers, ce sont elles-mêmes qui pourront sécuriser leurs terres et leurs ressources naturelles sur la base d’une bonne connaissance et une bonne formation des enjeux et la sécurisation des terres », a dit l’édile de Ndiob.
Toutefois, a-t-il précisé, sa commune n’est pas spécifiquement confrontée au problème d’accaparement des terres à cause de la vigilance du conseil municipal.
« Les terres sont destinées à la satisfaction des intérêts des populations et non des multinationales. Et en formant nos populations nous voulons prévenir le phénomène d’accaparement des terres », a-t- encore expliqué.
Ouvert dimanche dernier, ce forum de sensibilisation va se poursuivre jusqu’ au jeudi.
Source: APS
31 Jan 2019

L’alphabétisation fonctionnelle pour une meilleure gestion des ressources naturelles

Du 15 au 18 janvier 2019, une équipe d’Enda Pronat est partie dans la zone de Koussanar en mission de prospection pour la mise en place de classes d’alphabétisation fonctionnelle sur la gouvernance locale des ressources naturelles.

Afin de choisir de manière participative et consensuelle les 10 villages bénéficiaires, les apprenants et les alphabétiseurs, des rencontres ont été organisées dans plusieurs villages, en collaboration avec notre partenaire local la Fédération Yakaar Niani Wulli, avec le chef de village, des notables et divers représentants et représentantes de la population, mais aussi avec les maires de Koussanar et Ndoga Babacar, et avec le sous-préfet de Koussanar et l’adjoint du sous-préfet de Maka Koulibanta.

Le jeudi 17 janvier, Malick SOW, chef du village de Ndémou Gayo, avait rassemblé hommes, femmes et enfants autour de lui pour échanger avec les avec les représentant-e-s d’Enda Pronat et de la Fédération de Yakaar Niani Wulli.

La protection de l’environnement a toujours été au cœur des activités menées par Enda Pronat dans l’ensemble de ses zones d’ancrage, celle de Koussanar y compris. Mais depuis 2012, des activités spécifiquement dédiées à l’amélioration de la gestion des ressources naturelles ont été mises en œuvre avec les populations de cette zone, où l’implication des populations locales dans la gouvernance locale est très faible et le niveau de dégradation des ressources naturelles particulièrement élevé (exploitation du charbon, changements climatiques, forte croissance démographique, réduction des surfaces cultivables…).

Ce sont d’abord des mises en défens qui ont été installées avec une quinzaine de villages, pour favoriser la régénération forestière. Mais face à l’ampleur du phénomène de déforestation sur de très larges superficies, il est paru essentiel d’adopter des stratégies de gestion plus globale des ressources naturelles. Le travail s’est alors peu à peu orienté vers la sensibilisation des populations sur les enjeux fonciers, et la redynamisation d’une ancienne convention locale de gestion des ressources naturelles, délaissée par les populations. De concertations villageoises, en séances zonales d’harmonisation des règles, le processus de renouvellement et de réappropriation de cette convention par les populations est toujours en cours.

C’est pour répondre à une forte et récurrente demande des populations de la zone où le taux d’analphabétisme est l’un des plus élevé du pays, et avec la volonté de renforcer leur éducation citoyenne et environnementale et de faciliter ainsi l’instauration de cette gouvernance participative, équitable et avertie des ressources naturelles, que des classes d’alphabétisation fonctionnelle doivent être mises en place. Réparties dans 6 villages de la commune de Koussanar et 4 villages de la commune de Ndoga Babacar, ces classes regrouperont chacune une trentaine de jeunes hommes et jeunes femmes analphabètes pendant 6 mois. Elles auront pour objectif de partager et renforcer la compréhension des règles de la convention locale, mais aussi du code pastoral, du tout nouveau code forestier, ou encore des enjeux fonciers et des procédures de sécurisation foncière des terres paysannes.

Dès le mois de février, les alphabétiseurs seront formés puis les classes d’alphabétisation pourront débuter.

Il sera nécessaire de poursuivre l’accompagnement mis en place à travers ces CAF sur plusieurs années et au niveau d’un maximum de villages de la zone, afin de favoriser l’émergence d’une génération de citoyens et citoyennes éveillé-e-s qui comprennent les enjeux et qui pourront ainsi participer activement à la gouvernance des ressources de leurs terroirs et les exploiter durablement pour que les générations futures puissent un jour en bénéficier à leur tour.

24 Jan 2019

Litige foncier à Ngnith : Les populations des 47 villages de la réserve du Djaël ont encore marché pour réclamer leurs terres.

Le torchon brûle toujours entre les populations des 47 villages du Djaël et  les responsables de l’entreprise agro-industrielle installée dans la zone de Ngnith depuis maintenant plusieurs années. La décision de l’attribution de 20 000 ha  par l’État à cette entreprise est toujours contestée par ces populations éleveurs. Ces dernières,  très en colère contre les pouvoirs publics, continuent de réclamer la rétrocession de leurs terres.

Regroupées derrière leurs responsables, elles se sont données rendez-vous au niveau de la commune de Ngnith pour organiser une marche de protestation et afficher leur ferme volonté de continuer la lutte pour que leur terres leur soient restituées. Tous les chefs de village de ces 47 localités impactées par le projet, parmi lesquelles on peut citer Kaddu Ndeff, Ndiorno, Ndiourki, Wouro Diali, Gnilling pour ne citer que ceux-là, sont plus que jamais déterminés à poursuivre le combat.

Gorgui Sow Seyfour Sarr et leurs autres camarades de ces villages peulhs demandent au président Macky Sall de  leur restituer ces terres qui, depuis qu’elles ont été mises à la disposition de ces agro industriels étrangers, n’ont apporté que  malheur et pauvreté pour eux, pour leurs enfants et leurs femmes, mais aussi pour leur cheptel.

Que ce soit Senhuile ou tout autre entreprise étrangère qui aurait pris la relève après l’échec reconnu des premiers producteurs italiens qui se sont lancés dans l’aventure, toutes ont échoué  car le projet n’a rien changé ni apporté comme avancées notoires pour les populations du Djaël.

Une situation qui, selon eux, doit pousser les autorités gouvernementales à méditer sur cette affaire et prendre la décision de leur restituer leurs terres pour que la paix puisse revenir définitivement dans cette zone. Un mémorandum a été remis par les  responsables du collectif a l’adjoint au maire.

Ndar Info | 22 Janvier 2019

Tension foncière : les démons de la contestation ressurgissent dans le NDIAEL (vidéo)

​La mutation de SENHUILE devenue désormais «  Ferme de la Téranga » n’enterre pas les accusations de spoliation de terres qui poursuivent cette entreprise installée dans la zone du NDIAEL.Les populations des 47 villages riverains ont marché, mardi, pour exiger de manière définitive la mise à la disposition de leurs terres.

Excédées notamment par l’incapacité du maire de GHITH Adama SARR à gérer le dossier, les populations s’adressent au président Macky SALL à qui ils ont donné une échéance.  « Si, d’ici la présidentielle, aucune mesure n’est prise pour nous mettre dans nos droits, nous prendrons nos responsabilités », a averti un manifestant. Les ruraux renseignent que les parcours du bétail obstrué, les barbelés dressés sur les sillages blessent les troupeaux.

Au terme de la marche, ils ont remis un mémorandum à un adjoint au maire de la Commune.

17 Jan 2019

Bénin/Le Gouvernement prend des mesures contre l’injustice foncière à Womey

La plateforme nationale de la convergence au Bénin a le plaisir de vous informer qu’après le passage de la 2e édition de la Caravane à Womey, une localité où règne une injustice foncière dénommée « affaire MARCOS » sur un domaine litigieux, le Gouvernement du Bénin a en conseil des ministres de ce Mercredi 16 Janvier 2019 retiré des mains de la collectivité MARCOS responsable de cette injustice, le domaine de 12ha pour cause d’utilité publique, au grand soulagement des populations victimes.
En effet, il s’agit d’un conflit domanial qui oppose des acquéreurs de parcelles et la collectivité MARCOS présumée propriétaire du foncier en litige, en raison de l’intention de cette dernière de faire exécuter des décisions de justice qui remonteraient à l’année 1941. Après des investigations menées et qui renseignent que le site impacte un nombre important de personnes (plus de 3000 personnes)  , et que des doutes subsistent sur l’existence de l’authenticité  des jugements mis à exécution, de même que sur la superficie réelle du domaine litigieux, le gouvernement a décidé de prendre des mesures conservatoires allant dans le sens d’une expropriation pour cause d’utilité publique, en application de la législation en vigueur.
Cette décision montre que le plaidoyer fait par la convergence à l’endroit des décideurs politiques lors de la caravane au Bénin et en particulier à Womey est entrain d’avoir ses effets. Ceci constitue une victoire pour toute la convergence.
Vive la convergence.
13 Déc 2018

Participation à la 4e Conférence Africaine sur l’Agriculture Biologique

Enda Pronat a participé à la 4e Conférence Africaine de l’Agriculture Biologique (African Organic Conference – AOC)[1] à Saly au Sénégal du 5 au 8 novembre 2018. Cette conférence est une initiative du Réseau africain de l’Agriculture Biologique (AfrONet)[2], organisée tous les trois ans pour :

  • Mettre en valeur le potentiel de l’Agriculture Biologique (AB) au niveau i) du développement économique, ii) de la résilience face au changement climatique, iii) du renforcement de la souveraineté alimentaire, et iv) de manière plus générale au niveau de la réalisation des objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine ;
  • Faciliter les partages d’expériences entre tous les acteurs de l’Agriculture Ecologique et Biologique (AEB) ;
  • Renforcer les organismes sous-régionaux d’AfrONet et réfléchir à la stratégie de mise en œuvre du Plan d’action africain pour l’AEB d’ici à 2025. L’événement a rassemblé plus de 150 participant-e-s d’horizons divers, évoluant dans et pour l’agriculture écologique et biologique : agriculteurs, consommateurs, acteurs de la société civile, chercheurs et universitaires, formateurs, professionnels de la vulgarisation, décideurs, partenaires techniques et financiers, médias, acteurs du secteur privé, étudiants, …

De nombreuses présentations y ont été faites en plénière, et des travaux de groupes ont permis d’approfondir les discussions, sur le commerce et les politiques en lien avec l’AEB, la production AEB, et la recherche scientifique en lien avec l’AEB. La conférence s’est terminée par la visite de la ferme-école agroécologique de Kaydara. Une des principales conclusions de la conférence est que l’AEB a la capacité de nourrir le monde si les gouvernements font confiance aux acteurs de l’AEB.

La Déclaration de la 4e Conférence de l’Agriculture Biologique[3] a été lue en fin de rencontre. Quelques recommandations fortes issues des échanges y ont été mentionnées, à l’endroit des Etats :

  • Accroître les efforts de production et de diffusion de l’information pour faire progresser l’AEB, et faire une solide analyse de rentabilité de l’AEB ;
  • Combler les lacunes de communication entre les scientifiques et les agriculteurs, afin d’assurer l’utilité des résultats de la recherche ;
  • Fournir des solutions qui pourraient faciliter l’engagement des institutions financières dans l’amélioration de l’accès au financement des activités d’agriculture biologique (particulièrement pour les petits producteurs) ;
  • Inclure l’AEB dans les programmes nationaux d’investissement ;
  • Participer à la mise à l’échelle de l’I-AEB dans tous les pays d’Afrique, partager les progrès et les enseignements tirés ;
  • Mieux intégrer les apports des organisations paysannes et améliorer la participation des agriculteurs / de la société civile aux initiatives liées à l’AEB.

Enda Pronat, en tant que membre de la FENAB et porteur du pilier recherche-formation-vulgarisation de l’I-AEB au Sénégal, était fortement impliquée dans l’organisation de cet événement.

Suite à un vote, il a été décidé que la prochaine conférence continentale aurait lieu au Maroc en 2021.

[1] https://www.aoc.afronet.bio/

[2] http://afronet.bio/

[3] http://eoai-africa.org/fr/4th-african-organic-conference-declaration-the-saly-2018-declaration/

13 Déc 2018

Suivi de la campagne agricole à Koussanar

 

Du 22 au 27 octobre 2018, l’équipe de coordination de Enda Pronat a organisé une mission de suivi de la campagne agricole à Koussanar (département et région de Tambacounda). Depuis 2014, Enda Pronat et les animateurs de la Fédération Yakaar Niani Wulli (FYNW) accompagnent des exploitations familiales dans la transition agroécologique. En février 2018, durant la dernière évaluation des résultats de production de ces exploitations familiales (appelées hantaandés en poular), l’accent avait été mis sur la gestion de la fertilité. Nous avions constaté que les hataandés ayant les rendements les plus faibles cultivaient de grandes superficies alors qu’elles n’avaient pas les capacités de les fertiliser correctement. De ce fait, une recommandation avait été formulée pour qu’ils privilégient l’intensification agro écologique plutôt que l’agriculture extensive, afin de concentrer les efforts et la matière organique sur de plus petites superficies en vue d’accroitre les rendements agricoles. L’activité de sensibilisation, portée par les animateurs de la Fédération Yakaar Niani Wualli, s’est poursuivie durant tout le 1er semestre auprès de tous les producteurs/trices intéressés dans les 9 villages ciblés. Cette mission de suivi a permis de constater qu’un certain nombre d’entre eux ont suivi nos recommandations en mobilisant du fumier laissé par les transhumants pour restaurer la fertilité des terres les plus dégradées. C’est le cas notamment dans la zone de Paniath. Pour appuyer les efforts de restauration de la fertilité dans les champs d’arachide, Pronat a facilité l’acquisition de 750 kg de deux fertilisants organiques et de biostimulants pour que les exploitations puissent le tester dans les conditions réelles (à raison de 1 t / ha). Déjà, les premières récoltes laissent présager de très bons résultats sur les parcelles fertilisés (voir photos de comparaison des plants d’arachide à Sinthiou Sambarou). Face au niveau avancé de dégradation des sols et du couvert forestier, la Fédération Yakaar Niani Wulli avec l’appui de Pronat a également mené des sensibilisations sur la Régénération Naturelle Assistée (RNA) à Koussanar auprès d’une centaine de producteurs. La RNA consiste à épargner et à entretenir dans les parcelles de culture les régénérations naturelles spontannées d’espèces ligneuses dans le but qu’elles contribuent à la restauration de la fertilité des sols et par ricochet, à l’augmentation des rendements agricoles. Cette technique agro-forestière a été privilégiée au reboisement car elle donne de meilleurs taux de survie à un coût moindre. Ainsi, grâce aux activités de sensibilisation et de formation menées sur les techniques d’élagage, ce sont 68 ha qui ont été mis en RNA dans 11 villages depuis 2017. La régénération de la fertilité des sols repose également sur le renforcement des cultures de légumineuses comme le niébé ou l’arachide qui tient une place de choix dans les systèmes agraires du Sénégal oriental, en rotation ou en association avec le vivrier de base. Ainsi, Pronat a également appuyé la reconstitution du capital semencier d’arachide à travers l’octroi de 9 tonnes de semences certifiées (R2) à 90 producteurs et productrices, à raison de 100 kg/producteurs/trice. A la fin de la campagne, chaque producteur/trice devra rembourser les semences reçues pour qu’un autre producteur puisse en bénéficier. Cela permet de renouveler les stocks de semences des paysan-nes qui tendent à disparaître les années où l’hivernage n’est pas favorable (ce qui fut le cas en 2016).  Dans l’ensemble, la campagne agricole 2018 a été satisfaisante dans la zone de Koussanar, malgré une pause pluviométrique importante durant le mois de juillet et une succession de fortes pluies en août qui a porté préjudice aux épis de mil qui étaient en pleine épiaison.

10 Déc 2018

Participation à la Conférence sur les Systèmes alimentaires africains

Une conférence de trois jours sur « Les systèmes alimentaires africains et les ODD[1] » a été organisée 03 novembre au 05  2018 au Sénégal, par l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA)[2], en collaboration avec ses membres nationaux et l’Initiative pour l’Agriculture Ecologique et Biologique (I-AEB / EOA-I)[3], AfrONet[4],et IFOAM International[5]. Cet événement a rassemblé une grande diversité d’acteurs – agriculteurs, pêcheurs, associations de consommateurs, médias, gouvernements et ONG – pour réfléchir sur la promotion de « la complexité, la diversité et la valeur nutritionnelle des systèmes alimentaires africains et lancer un plan d’action et une déclaration de changement pour de meilleurs systèmes alimentaires à l’intention du grand public et des organes décisionnels »[6]. Les discussions, facilitées par des moyens artistiques (très peu de projection de document), ont tourné autour de 5 grands thèmes :

  • Les systèmes alimentaires urbains ;
  • Systèmes alimentaires et changement climatique ;
  • Apporter un changement de politique sur les systèmes alimentaires ;
  • L’avenir des systèmes alimentaires dans un monde de plus en plus complexe ;
  • Protéger les systèmes alimentaires africains.

Pendant le discours d’ouverture, Mme Mariama Sonko, la Présidente du mouvement international « Nous sommes la solution », regroupant 800 associations de femmes rurales dans sept pays d’Afrique de l’Ouest, a insisté sur le fait que les paysans ont besoin d’avoir un accès libre aux semences, à l’eau, à la terre, au matériel agricole et aux financements. Elle a souligné l‘importance d’augmenter la quantité de produits régionaux sur les marchés, et de mieux approvisionner les petites boutiques dans les villages. Dans ce contexte elle a proposé la création de « boutiques communautaires« . Selon elle, pour promouvoir l’agriculture familiale, il faut améliorer les moyens de communication, l’éducation, le transport et le marketing des produits. Au cours de la deuxième journée de la conférence, Mme Heila Lotz-Sisitka de l’Université Rhodes en Afrique du Sud et coéditrice du journal « Learning, Culture and Social Interaction », a parlé de l’importance d’une transformation de la société avant tout pour aller vers l’agroécologie, la diversité et l’égalité. Pour elle, le changement climatique n’est pas une crise naturelle, mais une crise sociale. Il faut donc d’abord changer la société, c’est-à-dire les activités de la société, pour créer une base de « l’activisme collectif » et remplacer « les monocultures de notre esprit« . Selon elle, cette transformation est possible seulement à travers la mise en place d’un système éducatif qui permet aux gens d’échanger, de rencontrer d’autres personnes et d’être plus créatifs. Mr. Pat Mooney, fondateur du groupe ETC qui cumule plus de quatre décennies d’expérience dans la société civile internationale, a parlé du pouvoir des entreprises multinationales qui contrôlent de plus en plus les semences au niveau international. Depuis 2014 l’entreprise privée chinoise BGI – Global Genomics Organization (nommé Beijing Genomics Institute avant 2008), est devenue l’un des plus grands instituts de séquençage de l’ADN au niveau international avec la plus grande plateforme des variétés de semences de ce monde. Des entreprises comme John Deere, le plus grand constructeur de machines agricoles du monde, ont commencé à collecter des données sur les sols, le climat, etc. à travers les capteurs des machines vendues (= JD box) et ont contribué donc à la « robotisation des systèmes alimentaires« . Dans ce contexte la plus grande menace d’aujourd’hui selon Mooney c’est la dématérialisation des aliments, la digitalisation d’ADN/semences et de l’agriculture en général. Selon lui, les multinationales sont très bien organisées et c’est très important que la société civile unisse ses forces pour construire au sein du mouvement agroécologique un « business case » basé sur l’évidence scientifique que cette alternative est rentable, crée des emplois, produit des aliments de haute qualité, et contribue à la diversification de l’économie. Cette conférence a permis entre autres de faire la promotion des solutions agroécologiques face à la crise des systèmes alimentaires urbains et au changement climatique, et d’identifier des besoins de recherche à travers le continent africain dans toute sa diversité. Enda Pronat était membre du comité d’organisation de cette conférence internationale, et a activement participé aux 3 jours de rencontre, en tant que point focal national de la Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africain (COPAGEN)[7], qui est membre de l’AFSA. A la fin de cette conférence les participant-e-s se sont joint(e)s à ceux et celles de la 4e Conférence Africaine sur l’Agriculture Biologique pour …

[1] https://foodsystems.afsafrica.org/?lang=fr

[2] https://afsafrica.org/fr/

[3] http://eoai-africa.org/fr/

[4] http://afronet.bio/

[5] https://www.ifoam.bio/

[6] https://afsafrica.org/fr/hold-the-date-african-food-systems-conference-in-cameroon-3-5-november-2018/

[7] http://www.endapronat.org/copagen-2/

10 Déc 2018

Journée Mondiale des Sols, le 5 décembre 2018

Historique du World Soil Day

La Journée mondiale des sols (WSD) se tient chaque année le 5 décembre afin d’attirer l’attention sur l’importance d’un sol en bonne santé et préconiser la gestion durable des ressources en sol. Recommandée par l’Union internationale des sciences du sol (IUSS) en 2002, la FAO a soutenu l’instauration du WSD en tant que plate-forme mondiale de sensibilisation. Et finalement, en décembre 2013, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté officiellement le 5 décembre 2014 comme la toute première journée mondiale des sols[1].

Une forte dégradation des sols au Sénégal

Depuis plus de trois décennies, on assiste au Sénégal à une dégradation continue de la terre avec pour conséquence un effondrement continu des performances de l’agriculture. En effet, le véritable mal de l’agriculture sénégalaise reste principalement la perte prononcée de la fertilité des sols. Ainsi, des études réalisées par le CILSS en Novembre 2010 indiquent que sur les 3 805 000 ha de terres arables dont dispose le pays, 2 400 000 ha sont fortement dégradés (soit 63%). Cette perte de fertilité des sols est due principalement aux effets conjugués de facteurs tels que l’utilisation d’engrais chimiques, la pratique de cultures sur brûlis, le déboisement massif, la surcharge de bétail mais surtout la baisse et l’instabilité des pluies en partie consécutive au recul des boisements naturels (20 000 ha de forêts perdues par an).[2]

En 2015, le Gouvernement du Sénégal a adopté la Stratégie Nationale de Développement Durable (SNDD) et le Cadre National d’Investissement Stratégique pour la Gestion Durable des Terres (CNIS/GDT), en vue d’inverser durablement, d’ici 2026, la tendance à la dégradation des terres dans tous les écosystèmes pour une productivité durable.  Cependant, en dépit des efforts consentis, force est de constater qu’il reste encore beaucoup à faire pour restaurer la fertilité des sols.

Comment restaurer la fertilité des sols ?

Depuis plus de 30 ans, Enda Pronat expérimente avec des organisations paysannes partenaires des pratiques agro écologiques comme alternative à une agriculture productiviste basée sur l’utilisation d’intrants de synthèse et la monoculture, en partie responsables de la dégradation des sols et de l’environnement. Parmi les pratiques agroécologiques expérimentées qui contribuent à la restauration des sols, nous pouvons citer :

  • La mobilisation de matières organiques
    • valorisation des déchets organiques ménagers,
    • valorisation des déchets agricoles,
    • valorisation du fumier des foirails ou des transhumants,
    • utilisation de bio-fertilisants prêts à l’emploi,
    • parcage du bétail au niveau des champs.
  • Le développement de la culture de plantes fourragères, pour compléter l’offre de fourrage, maintenir plus longtemps les animaux dans la zone, et faciliter leur parcage au niveau des parcelles pour enrichir les sols avec leur fumier ;
  • La Régénération Naturelle Assistée au niveau des parcelles agricoles, avec des espèces comme Faidherbia albida (kaad), Piliostigma reticulatum (guiguiss), Guieria senegalense (nger), Leucena (dans les vergers) ou encore Annageisus leocarpa (ngediane) ;
  • La lutte anti-érosive associée à la plantation de vetiver par exemple, pour fixer les sols ;

Exemples concrets expérimentés par les paysan-ne-s accompagné-e-s par Enda Pronat

Photo 1 : Lutte anti érosive – Sortie pédagogique avec les élèves de la Licence en agriculture écologique et biologique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar[3], observation des ouvrages de lutte anti érosive au village de Landou (commune de Keur Moussa, département et région de Thiès). On peut voir ici un pont filtrant qui a presque complètement permis l’obstruction d’un ravin.

Photo 2 : Epandage de fumier de vache semi composté au niveau du jardin du GPF de Guédé Village (département de Podor, région de Saint Louis).

Photo 3 : Zone de régénération naturelle assistée protégée, commune de Diouroup (département et région de Fatick).

Photo 4 : Femme marquant un arbre pour signaler le fait qu’il est en RNA et qu’il ne faut pas le couper (département et région de Fatick).

Photo 5 : Montage avec 2 photos de parcelle de mil. Sur celle de gauche, aucune matière organique n’a été amenée, le mil est jauni et peu dense. Sur celle de droite, le producteur a écouté les conseils des techniciens d’Enda Pronat et a amendé sa parcelle en matière organique, le mil y est beaucoup plus vert et dense. Commune de Diouroup (département et région de Fatick).

Photo 6 : Champ de mil d’Ousmane Ba à Paniath (commune de Koussanar, département et région de Tambacounda) où le bétail est régulièrement parqué. La taille des épis fait le double de celle des champs non fertilisés. Certains producteurs qui n’ont pas de vaches ont commencé à ramasser le fumier des transhumants. Nous les encourageons à poursuivre leurs efforts.

Photo 7 : Comparaison de plants d’arachide produits avec et sans biofertilisants à Fass Thidy (commune de Koussanar, département et région de Tambacounda). A gauche, un plant de la parcelle témoin et à droite un plant de la parcelle avec les biofertilisants : on constate que les plants dans la parcelle témoin semblent contenir moins de gousses que ceux de la parcelle qui a été fertilisée.

Vous pouvez trouver plus d’exemples d’initiatives de fertilisation des sols et autres pratiques agroécologiques, développées par Enda Pronat mais aussi par d’autres acteurs nationaux de l’agroécologie, sur ce recueil de fiches de capitalisation produit de 2015 à 2017 par Enda Pronat : http://www.endapronat.org/annuaire-professionnel/1287/capitalisation-de-bonnes-pratiques-agro-ecologiques/

[1] http://www.fao.org/world-soil-day/about-wsd/fr/

[2] Analyse Intégrée du Contexte, PAM Sénégal, 2017 

[3] https://www.youtube.com/watch?v=sPRQ5i9sP68

22 Nov 2018

Nations unies: la Troisième Commission approuve la Déclaration sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales

(Lundi 19 novembre 2018, New York) La Troisième Commission (questions sociales, humanitaires et culturelles) de l’Assemblée générale des Nations unies a voté en faveur d’une Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales, via la Résolution A/C.3/73/L.30. La résolution a été approuvée par 119 voix pour, 7 voix contre et 49 abstentions. C’est un immense pas en avant pour une campagne menée par La Via Campesina – le plus grand mouvement paysan mondial – et soutenue par de nombreuses organisations autour du globe, dont FIAN et le CETIM. La Déclaration des Nations unies vise à mieux protéger les droits de toutes les populations rurales, comme les paysans, les pêcheurs, les personnes transhumantes et nomades, les ouvriers agricoles et les peuples autochtones et à améliorer leurs conditions de vie tout en renforçant la souveraineté alimentaire, la lutte contre les changements climatiques et la conservation de la biodiversité. L’approbation de cette Déclaration est également une importante contribution à l’effort de la communauté internationale pour promouvoir l’agriculture familiale et paysanne. La Bolivie, qui présidait le processus, a insisté sur l’importance d’une telle déclaration pour parvenir à des sociétés humaines plus résilientes, durables et inclusives: « Nous pensons qu’il s’agit d’un pas important vers des politiques publiques qui reconnaissent non seulement les droits et les besoins des paysans, mais aussi leur contribution au bien-être et à la qualité de vie des sociétés qu’ils nourrissent quotidiennement par leur travail. Nous sommes convaincus que cet instrument jouera un rôle central dans le domaine des droits de la personne ainsi que dans l’éradication de la faim et de la pauvreté, conformément à l’Agenda 2030 pour le développement durable et à la Décennie pour l’agriculture familiale, sans laisser personne derrière. » Depuis son adoption par le Conseil des droits de l’homme à Genève fin septembre, La Via Campesina et ses alliés ont redoublé d’efforts pour que cette Déclaration des Nations unies soit adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies. Les déléguées et délégués de La Via Campesina présents à New York depuis le début de la session de la Troisième Commission ont exprimé leur joie à l’issue du vote.« L’assemblée est une victoire stratégique, non seulement pour les paysans mais aussi pour les peuples du monde entier. Nous allons continuer sur ce long chemin de lutte et d’unité, pour les droits et la justice sociale, convaincus que la pleine démocratie n’est possible que par la réforme agraire, la fonction sociale de la terre et la pleine jouissance des droits des paysans » a affirmé Diego Monton de La Via Campesina Amérique latine.  L’approbation de la déclaration par la Commission a été ponctuée de quelques débats mais a bénéficié du soutien conséquent des régions de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine. Quelques réactions négatives sont survenues de la part de l’Europe et autre régions, avec la délégation des USA rejetant le texte en raison de préoccupations de longue date au sujet de la Déclaration, qui chercherait à étendre des droits existants, en distinguant les droits humains des paysans de ceux d’autres groupes, ainsi que concernant les droits collectifs stipulés dans le contenu. Les pays européens se sont également montrés divisés dans leur réponse. « Au sein de la Troisième Commission, à laquelle participent tous les pays de l’ONU, nous avons assisté à une grande diversité de positions de l’Europe orientale et occidentale. Nous remercions vivement ceux qui nous ont soutenus. Vos votes en faveur de la déclaration mettent des valeurs humaines dans les droits de l’homme et donnent de l’espoir à des millions de paysans, hommes et femmes, à travers le continent. A ceux qui se sont abstenus ou ont voté contre, nous tenons à vous dire que les paysans et les petites familles paysannes de vos pays ne peuvent être laissés pour compte », a rappelé Ramona Duminicioiu de la Coordination Européenne de La Via Campesina.

Zainal Arifin Fuat, de La Via Campesina Asie a dit de cette déclaration qu’elle marquait un tournant historique dans l’histoire des luttes paysannes.

« La Déclaration reconnaît le rôle de premier plan que jouent les paysans dans la résolution des multiples crises auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui – alimentaires, environnementales, sociales et économiques. Les paysans ont un rôle essentiel pour la sécurité et la souveraineté alimentaires et pour la réalisation du droit à l’alimentation, en particulier dans les pays en développement, où ils fournissent jusqu’à 80% de la nourriture consommée localement. Cette Déclaration des Nations unies contribuera également aux efforts de l’humanité pour mettre fin à la pauvreté, à la faim et pour atteindre nos objectifs de développement durable. En Asie, nous pensons que si nos droits sont reconnus et mieux protégés, les populations pourront développer les zones rurales et éviter l’exode rural, cause de problèmes insolubles » a-t-il ajouté.

« La ruée sur les ressources qui se poursuit sur le continent africain comme ailleurs a mis les paysans dans une position d’extrême vulnérabilité. L’attaque en cours contre les systèmes semenciers paysans a des répercussions bien au-delà de ceux qui produisent la nourriture. Elle touche tout le monde. Depuis 17 ans, nous faisons patiemment campagne pour un instrument international qui puisse protéger nos droits en tant que paysans et empêcher que nos systèmes alimentaires ne soient démantelés au profit d’une poignée d’individus. C’est un moment de fierté aujourd’hui pour les millions de paysans du monde entier, qui n’abandonnent jamais face à l’adversité. » a affirmé Elizabeth Mpofu, coordinatrice générale de La Via Campesina.

« La force du mouvement paysan se fait sentir au plus haut niveau de la gouvernance internationale: pour cela, nous devons rendre compte du travail acharné et de la passion de tant de paysans du monde entier. La solidarité des paysans, à l’échelle internationale, témoigne du lien étroit qui nous unit et lie nos enjeux, peu importe où nous vivons. Cependant, aujourd’hui n’est qu’une étape sur le long chemin de la justice en matière de droits humains pour les populations rurales. Nous devons poursuivre sur cette lancée et mettre la déclaration en action à tous les niveaux de la société. » a déclaré Jessie MacInnis, La Via Campesina Amérique du Nord.La Déclaration des Nations unies sera formellement ratifiée par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 2019, à la suite de la décision prise par la Troisième Commission cette après-midi.


Une note d’information sur la Déclaration des Nations unies peut être téléchargée ici.
Le texte complet de la Résolution et de la Déclaration est disponible ici.
Pour plus d’information merci de visiter www.viacampesina.org

Contacts pour la presse:

Ramona Duminicioiu (anglais, français, roumain) : +40 746 337 022 , ramona@ecoruralis.ro
Jessie MacInnis: (anglais) : +1 (902) 292-1040 , jessiemacinnis@gmail.com
Diego Monton (espagnol) : +54 9 261 561-5062 , diegomonton@gmail.com

Via-info-fr@viacampesina.org

http://viacampesina.org/Via-info-fr/
https://mail.viacampesina.org/lists/listinfo/Via-info-fr
To unsubscribe from this list, send an email to Via-info-fr-unsubscribe@viacampesina.org.