"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
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27 Fév 2020

Les impacts de la sensibilisation sur la gouvernance forestière dans la commune de Ndoga Babacar au Sénégal oriental

C’est dans un contexte où les cas d’accaparement de terres se multiplient dans la zone, et où l’exploitation abusive de la forêt en lien avec la Gambie voisine s’intensifie, conduisant à une forte dégradation de l’environnement, qu’Enda Pronat s’est engagée à travailler depuis plusieurs années avec la commune de Ndoga Babacar, avec l’objectif principal d’appuyer la mairie et les populations à s’inscrire dans une dynamique de gestion durable de leurs ressources naturelles. Cela passe par des sessions de formation et de sensibilisation de l’ensemble des acteurs pour une meilleure prise de conscience et un engagement citoyen pour la défense et la restauration de l’écosystème.

Plusieurs sessions de sensibilisation/formation ont ainsi été organisées en 2019 avec l’appui d’experts et une forte implication des conseillers municipaux, chefs de villages, notables, présidents d’associations d’agriculteurs, d’éleveurs, d’exploitants forestiers, de femmes et de jeunes et de personnes ressources de la commune. Les formations ont porté sur les enjeux fonciers, la législation foncière, la gestion forestière et le nouveau code forestier, notamment les opportunités qu’il offre pour une participation citoyenne à la gouvernance des ressources forestières. 

Dans ce processus, un rôle capital est attribué aux animateurs locaux qui ont été chargés d’animer des réunions thématiques villageoises avec la participation de l’ensemble des catégories sociales (hommes, femmes, jeunes, autorités religieuses et politiques, etc.). C’est ainsi que 1300 personnes ont été sensibilisés dans 26 villages de la commune, avec l’appui de Pronat et du service des Eaux et forêts.

 

Après un an de sensibilisation continue, le maire de Ndoga Babacar, M. Oumar Dème témoigne qu’il a noté de nombreux impacts grâce à la sensibilisation menée avec Enda Pronat.

« La population a une meilleure prise de conscience sur les enjeux liés à la préservation de la forêt ; 80% des villageois sont en train d’abandonner la coupe du bois. En revanche, les coupeurs venant de Koussanar, Sinthiou Maleme et Tamba continuent avec les tronçonneuses. »

Les villageois informent désormais le maire à chaque fois qu’ils voient passer un véhicule avec des troncs. En octobre dernier, le maire est parvenu à en intercepter un qui transportait trois troncs. Il a appelé les Eaux et Forêt qui ont saisi la voiture. Jusqu’à présent cette dernière est garée aux Eaux et forêt avec les troncs.

Les charbonniers qui étaient dans la forêt classée depuis des années ont été dénoncés par les populations sensibilisées et sont retournés en Guinée. Les Eaux et forêts ont évalué ce qu’ils ont coupé, ont dressé un Procès-Verbal, ont saisi le charbon et ont reversé 18% des ventes à la mairie.

La maire attire également notre attention sur le fait que certains coupeurs de bois sont particulièrement démunis et manquent d’alternative pour subvenir aux besoins de leur famille. D’où l’importance de soutenir les alternatives génératrices de revenus.

Grâce à la sensibilisation sur la foncier, les populations ont compris la loi sur le domaine national et commencent à demander des titres de régularisation pour leurs parcelles agricoles.

24 Fév 2020

Expérimentation de mécanismes et d’outils intégrés de gouvernance locale des ressources naturelles au Sénégal Oriental

 Depuis la fin des années 90, Enda Pronat accompagne des communautés du département de Tambacounda dans la promotion d’une agriculture saine et durable. Dans la continuité de ces actions et face au niveau avancé de dégradation de la forêt et des cas d’accaparement des terres, depuis 2017, Pronat expérimente avec la mairie et les populations de Ndoga Babacar des mécanismes et outils intégrés pour une gouvernance participative, équitable et durable des ressources naturelles.

Dans un contexte où la sécheresse des années 70-80 a fragilisé l’écosystème sahélien, l’action anthropique renforcée par des politiques agricoles basées sur les principes de la Révolution verte ont conduit à une forte dégradation des ressources naturelles qui accroit la situation d’insécurité alimentaire au Sénégal. Malgré le transfert de compétences aux communes rurales en matière de gestion des ressources naturelles, ces dernières manquent de moyens pour jouer leur rôle et impliquer les communautés de base.

Ces constats sont particulièrement visibles au Sénégal Oriental, notamment dans la commune de Ndoga Babacar, où l’implication des populations dans la gouvernance locale est très faible et le niveau de dégradation des ressources naturelles élevé. Les ménages pauvres ne parviennent, avec leur production, qu’à couvrir 6 à 7 mois de consommation. Ceux qui tentent de diversifier leur production rencontrent des difficultés liées au sous-équipement agricole.

Face à toutes les contraintes précitées, et dans la continuité du processus d’accompagnement mené avec la commune depuis plus de 20 ans, Enda Pronat s’est fixée pour défis de i) Promouvoir l’instauration de mécanismes et d’outils propices à une gouvernance participative, équitable et durable des ressources naturelles, ii) Soutenir le développement de systèmes de production alternatifs dans une perspective de contribuer à l’atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle de manière durable, iii) Poursuivre le plaidoyer auprès de l’Etat pour l’adoption de politiques agricole et foncière cohérentes qui permettent aux exploitations familiales d’améliorer leur accès sécurisé aux ressources productives.

Pour relever ces défis et accélérer la prise de conscience et les transformations, Enda Pronat mène des activités de sensibilisation et d’information des populations de la commune, met en place des mesures d’accompagnement et des alternatives, et soutient le plaidoyer au niveau national, pour une gestion plus durable et équitable des ressources naturelles.

Sensibilisations sur la gestion durable des ressources naturelles

C’est dans ce contexte qu’Enda Pronat s’est engagée à travailler avec la commune de Ndoga Babacar avec l’objectif principal d’appuyer la mairie et les populations à s’inscrire dans une dynamique de gestion durable des ressources naturelles.

  • Sessions de formation et de sensibilisation de l’ensemble des acteurs

Plusieurs sessions de sensibilisation/formation ont ainsi été organisées en 2019, pour une meilleure prise de conscience et un engagement citoyen pour la défense et la restauration de l’écosystème. Ces ateliers, organisés au niveau de la commune et portés par le conseil municipal, se sont déroulés dans une dynamique inclusive avec le Sous-Préfet et les agents du service des Eaux et Forêts, des experts foncier et forestier, les chefs de villages, notables, présidents d’associations d’agriculteurs, d’éleveurs, d’exploitants forestiers, de femmes et de jeunes, les animateurs de la commune et autres personnes ressources. Les formations ont porté sur les enjeux fonciers, la législation foncière, la gestion forestière et le nouveau code forestier, notamment les opportunités qu’il offre pour une participation citoyenne à la gouvernance des ressources forestières. 

Partant du principe que seul un travail à la base peut conduire à des changements et garantir la durabilité de ses actions, Enda Pronat a fondé sa stratégie d’intervention sur l’approche-village pour s’étendre progressivement à l’échelle du terroir. Ainsi, c’est suite aux ateliers de formation que les animateurs de la commune, spécifiquement renforcés par les experts, sont descendus dans les villages. Accompagnés par l’équipe locale d’Enda Pronat, ils ont animé des réunions thématiques villageoises avec la participation de l’ensemble des catégories sociales (hommes, femmes, jeunes, autorités religieuses et politiques, etc.).

C’est ainsi que 1300 personnes ont été sensibilisés dans 26 villages de la commune (sur un total de 107 villages et hameaux), avec l’appui d’Enda Pronat et du service des Eaux et forêts. Ces sensibilisations ont permis de : (i) mieux comprendre les causes des problèmes de gouvernance; (ii) vulgariser les textes législatifs auprès des populations notamment le code forestier et la loi sur le domaine national ; (iii) réfléchir avec les populations sur les solutions à adopter.

  • Classes d’alphabétisation fonctionnelle

Parallèlement à ces actions, Enda Pronat a mis en place 4 classes d’alphabétisation fonctionnelle dans la commune. Appliquée à la gouvernance locale des ressources naturelles, ce programme d’alphabétisation permet de préparer des jeunes hommes et femmes déscolarisés de 18 à 35 ans environ à participer de façon significative à la gestion de leur terroir, notamment en leur permettant de lire les documents écrits en Puhlar concernant la gestion des ressources naturelles et la gouvernance locale et en devenant de futurs animateurs et/ou conseillers municipaux.

Mesures d’accompagnement et alternatives pour une gestion durable des ressources naturelles

  • Vulgarisation de la Régénération Naturelle Assistée

La régénération naturelle assistée (RNA) consiste à protéger et gérer les repousses naturelles (pousses) que produisent les souches d’arbres et arbustes dans les champs. C’est une stratégie alternative agro forestière développée par Enda Pronat dans plusieurs de ses zones d’intervention, considérée à la fois comme une pratique agroécologique pour faire face à la baisse de la fertilité des sols, mais aussi comme une mesure d’accompagnement bien plus efficace que le reboisement pour améliorer la gestion des ressources forestières en luttant contre la forte régression de la densité et de la diversité végétale. Une bonne gestion des ressources naturelles est essentielle au développement de l’agriculture saine et durable promue depuis plus de 20 ans dans la zone par Enda Pronat.

Les 6 animateurs de la commune de Ndoga Babacar ont reçu une formation et intègrent la RNA dans les sensibilisations qu’ils mènent dans l’ensemble des villages de la commune. La formation et l’accompagnement des producteurs volontaires devraient être étendus progressivement à l’ensemble des villages de la commune.

  • Commissions domaniales et environnementales élargies

On dit qu’une commission qu’elle est élargie lorsqu’elle associe dans ses travaux d’autres personnes non élues et initialement non prévues par les textes.

Par exemple une commission domaniale est composée des conseillers élus dont un président, un secrétaire, un rapporteur et éventuellement un membre simple, accompagnés des services techniques (chef CADL), et le chef du village dans lequel se déroule la mission de la commission (celui-ci est membre d’office de la commission).

Mettre en place une commission domaniale élargie consiste à décider que désormais, en plus de ces membres, la commission est ouverte.

  • Soit à des personnes ressources issues de la commune, identifiées en fonction des particularités et besoins spécifiques de la commune Il peut s’agir du représentant communal des agriculteurs, des femmes, des jeunes, des éleveurs, un religieux, …
  • Soit aux représentants des villages concernés par l’opération foncière, regroupés au sein des comités villageois. Le comité villageois est alors le répondant de la commission domaniale au niveau du village et peut, au même titre que les autres membres de la commission, signer le procès-verbal.

Suite aux sensibilisations avec les élus sur la gouvernance foncière et forestière, la commune de Ndoga Babacar a choisi d’adopter des commissions environnementales et domaniales élargies. La mise en place des comités villageois n’étant qu’à un stade expérimental dans deux villages pilotes de la commune, il a été décidé que les commissions seraient désormais ouvertes aux comités villageois là où il y en a, et à toute autre personnes ressources déléguée par les villageois dans les villages où les comités villageois n’ont pas encore été mis en place. L’arrêté officialisant les comités villageois a déjà été publié, et celui concernant les commissions élargies le sera prochainement

  • Comités villageois paritaires

Le Cadre de Réflexion et d’Action sur le Foncier (CRAFS), dont Enda Pronat est membre active, recommande dans son document de position[1] l’institutionnalisation d’Instances Villageoises Paritaires, espace de dialogue et de concertation sur le foncier à l’échelon le plus proche des populations. Des comités villageois sont ainsi mis en place dans deux villages pilotes de la commune, d’une part pour favoriser un rééquilibrage des relations de pouvoir entre acteurs des communautés en améliorant la participation des femmes et de l’ensemble des catégories socio professionnelles dans la prise de décision, et d’autre part pour renforcer équitablement et durablement le contrôle citoyen sur la gestion des ressources naturelles.

Le comité villageois est ainsi un intermédiaire entre la commune et les populations. Dorénavant, les commissions municipales (dont la commission domaniale), ne pourront plus dialoguer uniquement avec le chef de village, elles devront s’adresser aux comités, garantissant une meilleure circulation de l’information et plus de transparence au sein du village, renforçant la prévention des conflits, prévenant les accaparements de terres, et préservant ainsi les ressources naturelles pour les générations actuelles et futures.

Un arrêté a été signé par le maire, pour officialiser la mise en place des comités. Il envisage également d’associer les comités villageois à certaines réunions du conseil municipal. Une formation de renforcement organisationnel et renforcement de capacités sur la gouvernance des ressources naturelles sera organisée pour préciser le rôle du comité, l’articulation avec le travail du conseil municipal, et garantir la meilleure gestion possible des ressources naturelles des villages concernés.

  • Caisses autogérées villageoises

La problématique de la déforestation ne pourrait se régler qu’à travers la sensibilisation. En effet, les populations qui sont confrontées à une pauvreté extrême sont contraintes de se rabattre sur les ressources naturelles. Ainsi, il est aussi nécessaire de soutenir des alternatives économiques génératrices de revenus. C’est dans ce sens qu’Enda Pronat soutient la mise en place de caisses autogérées villageoises pour faciliter l’accès des populations aux moyens de production (matériel agricole, semences,…). Les caisses sont une composante des comités villageois, elles viennent les renforcer en offrant la possibilité aux populations d’accéder à du crédit pour développer des activités économiques autres que la coupe du bois.

Témoignage du chef de village de Sinthiou Alhadji Mody Ba : « Je porte un intérêt important pour cette caisse, parce que nous sommes fatigués par les problèmes forestiers et ce serait difficile de faire fonctionner le comité sans ça. Quand il y a un besoin tu peux aller à la caisse et rembourser ensuite, ça va aider les gens à s’engager dans la lutte contre la déforestation. »

Les comités de gestion des caisses sont composés d’environ deux tiers de membres du comité villageois pour former les comités de crédit et de recouvrement, et un tiers de villageois extérieurs au comité pour former un conseil de surveillance, avec une répartition équitable entre hommes et femmes.

Les membres des comités de gestion des caisses des deux villages pilotes ont bénéficié d’une formation afin de définir les règles de fonctionnement de leur caisse, leur politique de crédit et de recouvrement, les rôles et responsabilités des différents comités internes. Ces comités de gestion seront accompagnés par les animateurs de la commune et l’équipe locale d’Enda Pronat.

Perspectives

  • Au niveau local

L’expérimentation de ces différents outils et mécanismes au niveau des villages pilotes, dans un premier temps, devrait permettre par la suite une mise à l’échelle dans l’ensemble des villages de la commune, et l’intégration de ces outils et mécanismes au sein d’un mécanisme plus global : une convention locale de gestion des ressources de la commune.

Dès les premières sensibilisations, la convention locale avait été identifiée comme étant l’outil le plus pertinent pour régler les problèmes de la commune en lien avec la gestion des ressources naturelles.

Le travail de construction de cette convention a commencé avec un diagnostic. Les animateurs ont profité de leurs sensibilisations pour identifier les modes d’organisation des villages, les éventuelles difficultés dans la gestion des ressources naturelles, les règles déjà mises en place par les communautés, et les propositions des populations pour renforcer durablement la gestion des ressources naturelles de leur terroir. Une cartographie des ressources de la commune est en cours.

L’ensemble de ces actions articulées et cohérentes contribuera directement à l’atteinte des ODD 2, 13 et 15, et formera un modèle de gouvernance des ressources naturelles qui pourra être adapté et reproduit dans l’ensemble des communes du pays.

  • Plaidoyer au niveau national

Les résultats des expérimentations menées dans le cadre de la gouvernance locale permettront de nourrir le plaidoyer mené au niveau national en faveur d’une gouvernance durable des ressources naturelles. Au cœur du plaidoyer, l’institutionnalisation des outils de gouvernance, telles que les conventions locales, sera prioritaire.

Enda Pronat et ses partenaires cherchent à faire porter le plaidoyer par la base, avec l’accompagnement de scientifiques et de leaders paysans du terroir. Le plaidoyer est principalement structuré autour de journées de sensibilisation des parlementaires, de visites de terrain avec les scientifiques et d’ateliers d’échange au niveau national avec l’ensemble des acteurs (OP, ONG, institutions de recherche et de formation, décideurs, etc.).

Le plaidoyer est renforcé par une forte médiatisation à travers la réalisation d’émissions radiophoniques pour informer les populations rurales et d’émissions télévisées en direction des décideurs qui sont alimentées par les vidéos réalisées sur le terrain.

Enda Pronat développe ainsi un plaidoyer fondé sur un argumentaire, la mobilisation d’alliances et le renforcement d’espaces de plaidoyer comme CRAFS, qui a eu une influence notable dans le processus de réforme foncière du Sénégal de 2014 à 2016 et dans la défense de victimes de l’accaparement des terres (ex. Dodel, Diokoul,…), et qui interpelle l’Etat pour la reprise du processus inclusif et participatif de la réforme foncière, et sur la loi n° 2017-06 portant sur les Zones Economiques Spéciales (ZES) qui menacent les droits, notamment fonciers, des sociétés paysannes.

[1] http://www.endapronat.org/wp-content/uploads/2018/06/Position-Crafs.pdf

 

30 Sep 2019

La Dynamique pour la Transition Agroécologique au Sénégal reçue par le Ministre de l’agriculture et de l’équipement rural

Reçue en audience par le Ministre Moussa Baldé le lundi 23 septembre 2019, une délégation de la Dynamique pour la Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES) a présenté la feuille de route de ce groupe multi acteurs engagé pour la transition agroécologique du Sénégal.

Cette délégation était composée entre autres de représentants de faitières paysannes (CNCR, Réseau National des Femmes Rurales du Sénégal), d’ONGs nationales comme Enda Pronat, du Réseau des villes et communes vertes et écologiques du Sénégal (REVES), de l’association de consommateurs CICODEV, de la Coalition sous régionale pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN), de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ou encore du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD). L’objet de l’audience était de présenter la dynamique au sein de laquelle ce groupe d’acteurs est engagé pour la contribution à la transition agroécologique au Sénégal, ainsi que sa feuille de route, et de trouver chez le ministre et l’Etat un interlocuteur pour travailler ensemble à la mise en œuvre de cette vision forte.

En effet, depuis plusieurs années, ces organisations ont initié une diversité d’activités pour la promotion de l’agroécologie au Sénégal, telles que des sensibilisations, des expérimentations de terrain, la diffusion des bonnes pratiques et le plaidoyer envers les décideurs, notamment à travers l’organisation des Journées de l’agroécologie organisées avec l’implication du MAER depuis 2008. L’agroécologie est aujourd’hui reconnue comme un moyen de lutter contre les changements climatiques, de restaurer les sols, de fournir des produits de qualité, de créer des emplois et de la richesse.

Et lorsqu’en début d’année, le Président de la République avait affirmé sa volonté de faire de la transition agroécologique un axe prioritaire de son quinquennat, au sein du PSE Vert, les acteurs de l’agroécologie avaient décidé de se rassembler au sein de la Dynamique sur la Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES). Dans un souci de soutenir le gouvernement dans son ambition, et conscient que la Transition Agroécologique est un projet de société qui nécessite la mise en synergie de tous les acteurs, ce groupe multi acteurs avait alors pris l’engagement de conduire un processus de co-construction d’un document de contribution aux politiques nationales sur la transition agroécologique, en partant des préoccupations de la base, pour donner une contribution forte à cette vision en vue de faire du Sénégal un pays pilote dans la mise à l’échelle de l’agroécologie.

C’est dans ce sens qu’une série d’ateliers de consultation sont organisés entre aout et octobre 2019 dans les 6 zones éco-géographiques du Sénégal. Ces ateliers seront sanctionnés par un atelier national de validation du document de contribution aux politiques nationales sur la transition agroécologique, les 4 et 5 novembre 2019. L’idée étant de remettre ensuite ce document validé au Chef de l’Etat du Sénégal lors de la 3eme édition des Journées de l’Agroécologie qui devrait se tenir fin janvier 2020 en présence d’experts sous-régionaux et internationaux.

25 Sep 2019

Ouvrages Biologiques pour renforcer la lutte contre l’érosion hydrique des sols

ENDA Pronat et la fédération Woobin accompagnent les populations de la commune Keur Moussa au Sénégal depuis une dizaine d’années, dans le développement d’une agriculture saine et durable, à travers des formations sur les techniques de productions agroécologiques, mais aussi des techniques de récupération des terres agricoles fortement dégradées et incultes, par la mise en place d’ouvrages de lutte anti-érosive et le reboisement.

La fédération paysanne Woobin est née en 2007, avec l’appui d’Enda Pronat, à partir de Comités Villageois de Développement des 36 villages de la Communauté Rurale de Keur Moussa (Région de Thiès) pour promouvoir une Agriculture Saine et Durable et notamment régénérer les ressources naturelles (sols, eau, végétation) de leur terroir. Depuis lors, Enda Pronat et Woobin mettent en œuvre un programme de renforcement de capacités des communautés de la zone afin de contribuer à l’atteinte de leur sécurité alimentaire et nutritionnelle. Cet accompagnement est axé principalement sur l’appui à la production agroécologique et la lutte anti érosive accompagnée de reboisement.

En effet, alors que le Centre et le Nord de la commune où l’eau d’irrigation est accessible, sont caractérisés par l’arboriculture et le maraichage principalement, les premiers diagnostics menés par les populations ont montré que la zone Sud, où les nappes d’eaux sont profondes, est soumise à une forte érosion hydrique qui emporte toutes les couches fertiles des terres et menace les villages.

Des formations et appui techniques et matériels sont fournis aux populations pour mettre en place des ouvrages antiérosifs mécaniques tels que des diguettes, fascines, demi-lunes, ponts filtrants et d’autres ouvrages.

De 2007 à 2017, ces actions ont contribué à la réduction du ruissellement, au retour de la végétation et à la récupération de 114,47 ha de terres dégradées dans sept villages. En 2015, une étude commanditée au cabinet GEODEF a montré dans son plan d’aménagement global des ouvrages de LAE qu’il ne suffisait pas seulement des ouvrages mécaniques pour lutter contre l’érosion mais aussi des ouvrages biologiques pour renforcer ces derniers.

Or, en parallèle de la mise en place des ouvrages, des comités observatoires composés des membres des villages qui interviennent dans les activités de lutte anti érosive (LAE), avaient été mis en place pour assurer le suivi des impacts de la LAE. Ces comités ont donc été formés par l’agent du Service des Eaux et Forêts de Pout sur les techniques de pépinières forestières. De 2014 à 2016, les membres des comités ont ainsi reboisé 28 675 plants d’acacia mellifera et acacia senegal, choisis par les comités pour leur résistance au stress hydrique. Ces arbres ont permis de contribuer à la préservation des sols mais aussi de sécuriser les exploitations agricoles des producteurs dans les villages.

Plus de 200 ouvrages antiérosifs ont été réalisés de 2007 à 2017, et plus de 80 supplémentaires de 2017 à nos jours. En 2019, les comités ont décidé de mettre en place 29 877 plants (d’acacia mellifera, acacia senegal, acacia nilotica, anacardier, moringa oleifera, prosopis juliflora, leuceana leucocephala).

Les populations ont pu constater elles-mêmes que les plants reboisés ont une action protectrice contre le vent et la pluie. La présence de racines abondantes dans le sol permet de fixer et de retenir les parties désagrégées de la roche, et donc de limiter considérablement l’érosion mécanique des sols. Les arbres permettent aussi qu’une partie de l’eau de pluie s’infiltre directement dans le sol pour alimenter les nappes phréatiques, mais aussi la production de litière pour la fertilité des sols. Grâce au phénomène de l’évapotranspiration, les arbres contribuent enfin à transférer de l’eau vers l’atmosphère, et participent ainsi pleinement au cycle de l’eau. Outre ces éléments positifs, l’aménagement des haies vives au niveau des exploitations agricoles réduit également les risques de conflits entre éleveurs et agriculteurs dans la zone, limitant les risques d’intrusion des troupeaux dans les champs.

 

 

10 Mai 2019

Les femmes au cœur de pratiques agroécologiques dans la vallée du fleuve Sénégal

Le 06 Avril 2019, à Madina Fresbé, dans la commune de Guédé Village, un atelier de partage d’expériences sur les pratiques agro-écologiques a été organisé entre les femmes des groupements féminins accompagnés par Enda Pronat. Il avait pour objectif de renforcer les synergies entre trois groupements féminins (GPF) de la zone et de partager leurs connaissances sur la gestion des sols et des ravageurs des cultures.

La rencontre s’est tenue dans le jardin agroécologique du GPF de Madina Fresbé. Elle a été introduite par Mme Binta Diallo, Secrétaire du GPF, avec un rappel historique sur le groupement. Ce groupement, fondé en 2015, regroupe plus de 100 femmes, dont 84 sont actives dans un jardin agroécologique. Selon Binta Diallo, « c’est grâce à Enda Pronat que les femmes du groupement sont aujourd’hui bien structurées et qu’elles sont parvenues à obtenir une reconnaissance juridique de leur groupement ». Enda Pronat les appuie également sur les techniques de production agroécologique. En 2018, ce GPF a pu bénéficier d’une pompe solaire raccordée à un mini forage, un moyen d’exhaure fourni par Enda Pronat pour pallier aux difficultés d’eau du GPF qui dépendait jusqu’à présent totalement du casier agricole de Guédé Chantier alimenté en eau par la station de la SAED. Toujours d’après Binta Diallo, « l’arrivée de cette pompe solaire a complétement amélioré les conditions de travail du GPF. Désormais, elles ne dépendent plus des eaux du casier de Guédé, dont la qualité reste douteuse, et elles sont libérées des charges de carburant et de pompiste ; donc leurs frais de campagne sont réduits ».

Pour la contre saison froide, le GPF de Madina Fresbé est allé en campagne d’oignon associé au chou, à la laitue, à l’aubergine, au navet, à la carotte, au maïs, au manioc. Ceci témoigne de la forte diversification et associations culturales.

Le reste de la journée a été consacré à des démonstrations de fabrication de compost liquide et d’un bio-pesticide à base d’ail et de piment, efficace contre les pucerons. Cette prestation a été faite par Mme Cira Hameth Sow en tant que membre du GPF de Lérabé et animatrice de l’UJAK dans la zone. Le compost liquide a été élaboré à base de 6 kg de fumier pour 100 litres d’eau et de feuilles riches en azote et disponibles au niveau des champs (feuilles de niébé, de patate, de « peuf teun », de « guddy » et de leucéna). Le compost liquide vient en complément du fumier qui se fait de plus en plus rare dans certaines zones.

A l’issue de la journée, un temps d’échange a permis aux femmes de rassembler les principaux enseignements sur ce qu’elles venaient d’observer et de discuter, et une satisfaction pouvait se lire sur les visages. Elles ont pu constater l’efficacité et la pertinence de l’installation solaire, et exprimé le souhait d’en bénéficier également au niveau de leurs groupements. Elles ont également souhaité une continuité dans la tenue des rencontres inter-GPF afin de mieux se renforcer mutuellement. Elles ont enfin remercié Enda Pronat pour l’accompagnement technique, mais aussi Le Monde Selon les Femmes pour avoir bien appuyé la tenue de cet atelier qui leur a permis d’acquérir de nouvelles connaissances sur la gestion de la fertilité des sols et des ravageurs des cultures.

02 Mai 2019

Quand une commune décide de prendre en main la gestion de ses ressources naturelles

Les 31 mars et 1er avril, une centaine de représentants des communautés locales étaient rassemblées à la mairie de Ndoga Babacar dans le département de Tambacounda, à l’appel du maire Monsieur Oumar DEME et d’Enda Pronat, pour réfléchir sur les enjeux de la gouvernance foncière et forestière dans la commune et sur les actions à envisager pour plus de durabilité dans la gestion durable de ses ressources.

Pendant ces deux jours, des chefs de villages, présidentes de GPF, élus et jeunes, ont fait l’état des lieux de la gestion des ressources foncières et forestières, ont identifié les contraintes et difficultés pour une gestion durable de ces ressources, et ont proposé des solutions sous forme d’ébauche de plan d’action pour la commune.

Les principaux points de discussion ont porté notamment sur i) le manque d’implication et d’organisation des populations face aux feux de brousse, ii) la complicité des populations et leur faible maitrise des enjeux, le manque d’activités génératrices de revenus alternatives et le faible contrôle du trafic du bois, concernant le défrichement agricole et la coupe illicite du bois, iii) les conflits liés à l’accès à l’eau et à la gestion de l’espace avec les transhumants et les pasteurs, et enfin iv) le foncier avec les accaparements de terres et la problématique de l’accès des femmes à la terre.

Les discussions étaient facilitées par le maire de la commune lui-même, présent et impliqué tout au long des échanges. Il était accompagné par plusieurs experts : le chef de secteur de la brigade des Eaux et Forêts de l’arrondissement, un expert forestier venu spécialement pour l‘occasion avec la délégation d’Enda Pronat, et le coordinateur des programmes d’Enda Pronat, expert des problématiques foncières du Sénégal.

Pendant les échanges, ces trois intervenants ont eu l’occasion de revenir sur la gestion forestière et les innovations majeures du nouveau Code forestier actualisé en novembre 2018, et sur les procédures de sécurisation foncière des exploitations familiales.

L’intervention d’Enda Pronat dans le département de Tambacounda ne date pas d’hier. Cela fait maintenant 25 ans que l’organisation y intervient aux côtés de la fédération Yakaar Niani Wulli et des collectivités locales, pour le développement d’une agriculture saine et durable et la mise en place de mécanismes de gestion durable et participative des ressources naturelles.

Depuis 2017, Enda Pronat travaille avec le conseil municipal de Ndoga Babacar sur la gouvernance des ressources naturelles, particulièrement sur la sensibilisation pour une meilleure sécurisation des ressources foncières. A la demande de la commune, et face à l’ampleur des dégâts connus et constatés dans cette zone particulièrement affectée par l’exploitation du charbon et le trafic illégal du bois facilité par la porosité de la frontière gambienne située à une trentaine de kilomètres, il a paru indispensable d’intégrer également dans les sensibilisations et réflexions la gestion de la ressource forestière.

Les témoignages de certains participants ont particulièrement marqués les échanges, notamment celui du chef de village de Ndoga Babacar. Il est revenu sur les propos d’un de ses homologues qui a dit que si des étrangers viennent couper le bois dans son village, lui aussi ira couper le bois pour ne pas laisser tous les bénéfices aux étrangers. Le chef du village de Ndoga Babacar l’a interpelé en ces termes : « Si tu vois des personnes étrangères au village venir couper la forêt de ton village et que tu vas toi-même couper à côté d’eux pour gagner aussi ta part, finalement tu seras perdant. Car une fois sa besogne accomplie, l’étranger rentrera chez lui, alors que toi tu seras là et il ne te restera qu’un désert ».

Ces propos illustrent bien le fait que le chemin est encore long pour que les populations prennent en main la préservation de leurs forêts et de leurs terres, mais qu’il y a parmi elles des leaders éclairés et décidés à tout mettre en œuvre pour y parvenir. D’ailleurs il existe dans la zone un village que tous les participants y compris le chef de secteur du service des Eaux et Forêts ont cité comme exemple dans la lutte contre la coupe de bois et la gestion durable des ressources. Il s’agit du village de Saré Aladji à la frontière gambienne où le chef de village a mis en place un dispositif de veille en complicité avec les services des Eaux et Forêts pour préserver son village contre la coupe de bois.

Quelques actions ont été identifiées par les participants pour lutter contre la dégradation des ressources naturelles. Il s’agit entre autres de de poursuivre la sensibilisation à l’échelle villageoises / inter villageoise avec l’appui d’animateurs relais bien formés sur ces questions, de doter les comités villageois de petits matériels pour lutter contre les feux de brousse, de pousser les populations à définir des règles locales pour mieux lutter les dégradations en impliquant davantage les jeunes et les femmes. Sur le plan de la sécurisation foncière, les participants ont préconisé l’accompagnement des populations pour l’obtention des titres de délibérations et une meilleure implication des villages dans toute décision relative à leur espace foncier villageois.

Enda Pronat s’est engagée à accompagner la mairie de Ndoga dans ces actions aux côtés des services techniques et des autres partenaires au développement.

 

11 Fév 2019

Atelier Bilan & Perpectives des activités de Enda Pronat dans la zone de Koussanar

Le 28 janvier 2019, Enda Pronat a organisé à Koussanar un atelier de partage des résultats et perspectives de ses activités avec les représentants des communes de Koussanar, Ndoga Babacar et Sinthiou Maleme.

Cet atelier a réuni 96 participant-e-s, dont les sous-préfets de Koussanar et de Makacolibantang, les maires des 3 communes, des élu-e-s, des partenaires au développement, des chefs de village, des présidentes de groupements, des producteurs et jeunes, les services techniques de l’arrondissement, la radio locale.

Le Président de la Fédération Yakaar Niani Wulli a rappelé l’histoire de la Fédération et son partenariat avec Enda Pronat, démarré en 1994 autour de la production de coton biologique certifié. Cette association regroupe aujourd’hui plus de 2000 producteurs/trices répartis dans tout le département de Tambacounda. Elle a évolué vers une diversification des spéculations produites et transformées localement (fonio, sésame, indigo,…) et vers une gestion plus durable des ressources naturelles.

Le représentant local de Enda Pronat, a ensuite présenté les principaux résultats obtenus au cours des 5 dernières années dans la zone (communes de Koussanar, de Ndoga Babacar et de Sinthiou Maleme).

Sur l’axe gouvernance des ressources naturelles :

  • Depuis 2013, plus de 2000 personnes (populations, élu-e-s), dont 50% de femmes, ont été sensibilisées sur les enjeux fonciers et les procédures de régularisation ;
  • Grâce aux nombreuses sensibilisations menées, les populations ont compris les enjeux et déposées plus de 1500 demandes de régularisation qui sont en attente de délibération ;
  • Enda Pronat a également accompagné le processus de redynamisation de la convention locale de gestion durable des ressources naturelles (plus de 500 personnes consultées en 2018)

Sur l’axe de la production agroécologique :

  • Les 2 pompages solaires villageois installés ont permis d’améliorer l’accès des populations et du bétail à l’eau, l’amélioration des revenus maraichers de 50 femmes et l’allègement de leurs tâches ménagères ;
  • Les agriculteurs sensibilisés ont pratiqué la Régénération Naturelle Assistée (RNA) sur 68 ha de terres agricoles en vue de contribuer à la restauration de la fertilité des sols ;
  • Les appuis en semences (9 t d’arachide en 2018) et matériel agricole donné par Enda Pronat en 2018 ont permis l’amélioration de la production de 90 exploitations familiales.

Depuis 25 ans, Enda Pronat accompagne la Fédération Yakaar Niani Wulli dans la promotion de l’agriculture saine et durable auprès de milliers de producteurs/trices répartis dans plusieurs communes du département de Tambacounda. Chaque année, Enda Pronat organise avec ses partenaires de base des auto-évaluations participatives des activités menées. Ainsi, dans l’idée de renforcer davantage les synergies avec les autres acteurs de développement intervenant dans ces communes, il est important de partager les résultats et difficultés vécus, ainsi que les perspectives envisagées.

En 2019, Enda Pronat a prévu i) de mettre en place des classes d’alphabétisation fonctionnelle pour inculquer à 300 jeunes des notions sur la citoyenneté et la gestion durables des ressources naturelles, ii) de poursuivre le processus de redynamisation de la convention locale pour une large appropriation par la population et iii) la redynamisation des filières arachide et fonio avec l’appui de la FAO et d’Action Aid.

Les participant-e-s ont apprécié le partage des résultats et perspectives de Enda Pronat et recommandé de relancer le cadre de concertation des acteurs de développement de l’arrondissement de Koussanar en vue de renforcer davantage les synergies d’action. Le sous-préfet de Koussanar a pris l’engagement de réunir le cadre de concertation des acteurs dès le mois de mars.

05 Fév 2019

FATICK : LES CONSEILLERS MUNICIPAUX DE NDIOB SENSIBILISÉS SUR LA SÉCURISATION FONCIÈRE

Ndiob, 5 fév (APS) – La commune de Ndiob (Fatick, centre), a initié, en partenariat avec l’ONG Enda Pronat, un forum de sensibilisation des conseillers municipaux, des notables et autres acteurs locaux sur les enjeux fonciers et la sécurisation foncière, a appris lundi l’APS.
« Nous avons initié cette formation à l’endroit des jeunes, des femmes, des animateurs, des notables, des chefs de village et les conseillers municipaux de la commune pour qu’ils comprennent les règles de la gestion foncière, et les outiller pour mieux sécuriser le foncier », a dit le maire de la commune de Ndiob, Oumar Bâ.
Il s’entretenait avec des journalistes lors d’un atelier de formation des conseillers municipaux organisé dans le cadre du forum de sensibilisation sur les enjeux fonciers et la sécurisation foncière dans la commune de Ndiob.
« Cette formation, a-t-il souligné, intervient dans un contexte où la terre est au centre des préoccupations géostratégiques au niveau mondial pour la simple raison qu’en Europe, il n’y a plus de surfaces cultivables, mais aussi de problèmes familiaux, entre éleveurs et agriculteurs, au niveau local. »
« Aujourd’hui, les continents européen, asiatique et américain sont confrontés à un problème de terres cultivables pour nourrir leurs populations alors l’Afrique qui détient encore 60% des terres cultivables dans le monde suscite des convoitises’’, a-t-il soutenu.
Le maire de Ndiob a dénoncé « le phénomène de l’accaparement des terres », ajoutant qu’il « peut porter préjudice au continent africain, aux populations africaines et locales puisque nous cultivons nos terres pour se nourrir ».
« Donc, il ne faut pas que nous bazardions nos terres », a-t-il préconisé, expliquant que c’est la raison pour laquelle la commune de Ndiob et Enda Pronat, ont initié ce forum de renforcement de capacité sur la gestion foncière.
Selon lui, un renforcement de capacités des populations leur permettra de connaître, d’une part, la loi sur les modalités de gestion de la terre, et d’autre part, l’importance des terres dans la vie des collectivités locales.
« Quand elles seront suffisamment imprégnées des enjeux fonciers, ce sont elles-mêmes qui pourront sécuriser leurs terres et leurs ressources naturelles sur la base d’une bonne connaissance et une bonne formation des enjeux et la sécurisation des terres », a dit l’édile de Ndiob.
Toutefois, a-t-il précisé, sa commune n’est pas spécifiquement confrontée au problème d’accaparement des terres à cause de la vigilance du conseil municipal.
« Les terres sont destinées à la satisfaction des intérêts des populations et non des multinationales. Et en formant nos populations nous voulons prévenir le phénomène d’accaparement des terres », a-t- encore expliqué.
Ouvert dimanche dernier, ce forum de sensibilisation va se poursuivre jusqu’ au jeudi.
Source: APS
31 Jan 2019

L’alphabétisation fonctionnelle pour une meilleure gestion des ressources naturelles

Du 15 au 18 janvier 2019, une équipe d’Enda Pronat est partie dans la zone de Koussanar en mission de prospection pour la mise en place de classes d’alphabétisation fonctionnelle sur la gouvernance locale des ressources naturelles.

Afin de choisir de manière participative et consensuelle les 10 villages bénéficiaires, les apprenants et les alphabétiseurs, des rencontres ont été organisées dans plusieurs villages, en collaboration avec notre partenaire local la Fédération Yakaar Niani Wulli, avec le chef de village, des notables et divers représentants et représentantes de la population, mais aussi avec les maires de Koussanar et Ndoga Babacar, et avec le sous-préfet de Koussanar et l’adjoint du sous-préfet de Maka Koulibanta.

Le jeudi 17 janvier, Malick SOW, chef du village de Ndémou Gayo, avait rassemblé hommes, femmes et enfants autour de lui pour échanger avec les avec les représentant-e-s d’Enda Pronat et de la Fédération de Yakaar Niani Wulli.

La protection de l’environnement a toujours été au cœur des activités menées par Enda Pronat dans l’ensemble de ses zones d’ancrage, celle de Koussanar y compris. Mais depuis 2012, des activités spécifiquement dédiées à l’amélioration de la gestion des ressources naturelles ont été mises en œuvre avec les populations de cette zone, où l’implication des populations locales dans la gouvernance locale est très faible et le niveau de dégradation des ressources naturelles particulièrement élevé (exploitation du charbon, changements climatiques, forte croissance démographique, réduction des surfaces cultivables…).

Ce sont d’abord des mises en défens qui ont été installées avec une quinzaine de villages, pour favoriser la régénération forestière. Mais face à l’ampleur du phénomène de déforestation sur de très larges superficies, il est paru essentiel d’adopter des stratégies de gestion plus globale des ressources naturelles. Le travail s’est alors peu à peu orienté vers la sensibilisation des populations sur les enjeux fonciers, et la redynamisation d’une ancienne convention locale de gestion des ressources naturelles, délaissée par les populations. De concertations villageoises, en séances zonales d’harmonisation des règles, le processus de renouvellement et de réappropriation de cette convention par les populations est toujours en cours.

C’est pour répondre à une forte et récurrente demande des populations de la zone où le taux d’analphabétisme est l’un des plus élevé du pays, et avec la volonté de renforcer leur éducation citoyenne et environnementale et de faciliter ainsi l’instauration de cette gouvernance participative, équitable et avertie des ressources naturelles, que des classes d’alphabétisation fonctionnelle doivent être mises en place. Réparties dans 6 villages de la commune de Koussanar et 4 villages de la commune de Ndoga Babacar, ces classes regrouperont chacune une trentaine de jeunes hommes et jeunes femmes analphabètes pendant 6 mois. Elles auront pour objectif de partager et renforcer la compréhension des règles de la convention locale, mais aussi du code pastoral, du tout nouveau code forestier, ou encore des enjeux fonciers et des procédures de sécurisation foncière des terres paysannes.

Dès le mois de février, les alphabétiseurs seront formés puis les classes d’alphabétisation pourront débuter.

Il sera nécessaire de poursuivre l’accompagnement mis en place à travers ces CAF sur plusieurs années et au niveau d’un maximum de villages de la zone, afin de favoriser l’émergence d’une génération de citoyens et citoyennes éveillé-e-s qui comprennent les enjeux et qui pourront ainsi participer activement à la gouvernance des ressources de leurs terroirs et les exploiter durablement pour que les générations futures puissent un jour en bénéficier à leur tour.

24 Jan 2019

Litige foncier à Ngnith : Les populations des 47 villages de la réserve du Djaël ont encore marché pour réclamer leurs terres.

Le torchon brûle toujours entre les populations des 47 villages du Djaël et  les responsables de l’entreprise agro-industrielle installée dans la zone de Ngnith depuis maintenant plusieurs années. La décision de l’attribution de 20 000 ha  par l’État à cette entreprise est toujours contestée par ces populations éleveurs. Ces dernières,  très en colère contre les pouvoirs publics, continuent de réclamer la rétrocession de leurs terres.

Regroupées derrière leurs responsables, elles se sont données rendez-vous au niveau de la commune de Ngnith pour organiser une marche de protestation et afficher leur ferme volonté de continuer la lutte pour que leur terres leur soient restituées. Tous les chefs de village de ces 47 localités impactées par le projet, parmi lesquelles on peut citer Kaddu Ndeff, Ndiorno, Ndiourki, Wouro Diali, Gnilling pour ne citer que ceux-là, sont plus que jamais déterminés à poursuivre le combat.

Gorgui Sow Seyfour Sarr et leurs autres camarades de ces villages peulhs demandent au président Macky Sall de  leur restituer ces terres qui, depuis qu’elles ont été mises à la disposition de ces agro industriels étrangers, n’ont apporté que  malheur et pauvreté pour eux, pour leurs enfants et leurs femmes, mais aussi pour leur cheptel.

Que ce soit Senhuile ou tout autre entreprise étrangère qui aurait pris la relève après l’échec reconnu des premiers producteurs italiens qui se sont lancés dans l’aventure, toutes ont échoué  car le projet n’a rien changé ni apporté comme avancées notoires pour les populations du Djaël.

Une situation qui, selon eux, doit pousser les autorités gouvernementales à méditer sur cette affaire et prendre la décision de leur restituer leurs terres pour que la paix puisse revenir définitivement dans cette zone. Un mémorandum a été remis par les  responsables du collectif a l’adjoint au maire.

Ndar Info | 22 Janvier 2019

Tension foncière : les démons de la contestation ressurgissent dans le NDIAEL (vidéo)

​La mutation de SENHUILE devenue désormais «  Ferme de la Téranga » n’enterre pas les accusations de spoliation de terres qui poursuivent cette entreprise installée dans la zone du NDIAEL.Les populations des 47 villages riverains ont marché, mardi, pour exiger de manière définitive la mise à la disposition de leurs terres.

Excédées notamment par l’incapacité du maire de GHITH Adama SARR à gérer le dossier, les populations s’adressent au président Macky SALL à qui ils ont donné une échéance.  « Si, d’ici la présidentielle, aucune mesure n’est prise pour nous mettre dans nos droits, nous prendrons nos responsabilités », a averti un manifestant. Les ruraux renseignent que les parcours du bétail obstrué, les barbelés dressés sur les sillages blessent les troupeaux.

Au terme de la marche, ils ont remis un mémorandum à un adjoint au maire de la Commune.