"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
54, Rue Carnot , Immeuble Cheikh Hamidou KANE Dakar , Plateau
(+221) 33 889 34 39
BP
3370
16 Oct 2019

Journée mondiale de l’alimentation – Enda Pronat pour la souveraineté alimentaire des peuples

Cette année, la Journée mondiale de l’alimentation (#WorldFoodDay) lance un appel pour un monde #FaimZéro, avec une alimentation saine, et durable. La @FAO rappelle ainsi que « l’intensification de la production vivrière et le changement climatique sont en train de provoquer une perte rapide de la biodiversité »[1], et que la sécurité alimentaire doit s’accompagner de mesures de préservation de l’environnement.

Alors que la production alimentaire mondiale par habitant n’a jamais été aussi élevée, la sous-nutrition repart à la hausse depuis 2015 après des décennies de baisse. Les systèmes alimentaires sont soumis à un ensemble de menaces qui tendent à s’accentuer et s’accumuler ces dernières années, particulièrement dans les pays dit du « Sud ». On peut citer la forte croissance démographique, les changements de régimes alimentaires en lien avec la mondialisation et la libéralisation, la pression sur les ressources naturelles (dont principalement l’eau, les terres et les semences) et la dégradation de l’environnement en lien les changements climatiques.

Pour parer à ces phénomènes, Enda Pronat travaille pour l’émergence d’un modèle de société basé sur la promotion de l’agroécologie et plaçant au centre de ses préoccupations la souveraineté alimentaire des peuples. C’est ainsi par exemple qu’elle accompagne depuis 2011 les communautés de Diouroup (région de Fatick, dans le bassin arachidier) dans l’adoption de pratiques agroécologiques et de gestion durable et équitable des ressources naturelles, pour promouvoir une meilleure adaptation et atténuation des effets des changements climatiques, et des systèmes alimentaires privilégiant une alimentation saine et locale.

Les pratiques agroécologiques les plus utilisées dans la zone sont l’autoproduction de semences (58%), la fertilisation organique (57%), et la valorisation des déchets organiques ménagers (56%).

Pour contribuer à la restauration de la fertilité des sols dans la zone, un accompagnement des producteurs dans la pratique de la Régénération Naturelle Assistée a également permis de reboiser 162 hectares de parcelles agricoles avec une densité de 35 pieds/ha contre 7 pieds/ha avant l’intervention, et une majorité d’espèces ayant un intérêt agronomique (fertilisation et augmentation de la diversité microbienne du sol) comme le Faidherbia albida.

Des études[2] ont montré que cet accompagnement a eu par exemple un impact majeur sur les rendements de mil (+ 17%), et que plus le niveau d’intégration des pratiques agro écologiques est élevé, plus le rendement de mil augmente. La transition agroécologique est donc une réponse adaptée pour fournir une alimentation saine et durable en quantité suffisante aux populations particulièrement impactées par les effets des changements climatiques. Enda Pronat travaille au niveau local, comme l’illustre cet exemple de Diouroup, et au niveau national à travers des partenariats multi-acteurs, pour accompagner la transition agroécologique qui s’inscrit dans l’atteinte de l’#ODD2 #SDG2 #FaimZéro, et plus spécifiquement de sa cible 2.4 : « D’ici à 2030, assurer la viabilité des systèmes de production alimentaire et mettre en œuvre des pratiques agricoles résilientes qui permettent d’accroître la productivité et la production, contribuent à la préservation des écosystèmes, renforcent les capacités d’adaptation aux changements climatiques, aux phénomènes météorologiques extrêmes, à la sécheresse, aux inondations et à d’autres catastrophes et améliorent progressivement la qualité des terres et des sols. »

[1] http://www.fao.org/world-food-day/theme/fr/

[2] Promouvoir l’agriculture saine et durable auprès des exploitations familiales – Voies durables pour un meilleur système alimentaire au Sénégal : http://www.endapronat.org/wp-content/uploads/2018/10/Etude_agroe%CC%81cologie.pdf ;

et Agroécologie : Capitalisation d’expériences en Afrique de l’Ouest – Facteurs favorables et limitant au développement de pratiques agroécologiques – Evaluation des effets socio-économiques et agro-environnementaux : http://www.endapronat.org/wp-content/uploads/2018/10/calao-2018-web-pages.pdf

05 Août 2019

4e édition du sommet international Désertif’actions à Ouagadougou

Du 19 au 22 juin 2019, Enda Pronat a participé au sommet international Désertif’actions à Ouagadougou au Burkina Faso. Cet événement, co organisé par l’ONG CARI[1], le SPONG[2] et la CNULCD[3], a regroupé environ 370 participant-e-s (ONG, scientifiques, collectivités locales, institutions internationales, acteurs des secteurs privés et publics…) de 40 pays du monde. Les échanges ont porté sur la problématique de la dégradation des terres, à travers les prismes de la désertification, de la protection de la biodiversité, de l’adaptation au changement climatique et de leurs conséquences au Nord comme au Sud.

Cette 4e édition du Sommet Désertif’actions était organisée pour la première fois sur le continent africain. Elle a vu la participation d’éminentes personnalités dont :

  1. Batio Bassiere, Ministre de l’environnement, de l’économie verte et du changement climatique du Burkina Faso, qui a présidé le sommet et a évoqué l’engagement du Burkina Faso à soutenir les acteurs de désertif’actions dans le plaidoyer pour la reconnaissance de leurs recommandations, notamment lors de la prochaine COP.

M Ibrahima Thiaw, Secrétaire Exécutif de la CNULCD, qui a interpelé l’assistance en ces termes : « Notre génération fait face à un défi existentiel. Le monde n’a jamais accumulé autant de richesses matérielles, mais il n’a jamais été aussi pauvre moralement. Nous n’avons jamais accumulé autant de connaissances, mais nous n’avons jamais autant ignoré les résultats de la science. Pourquoi marchons-nous sur la tête alors que nous avons des pieds ? »

M Patrice Burger, Président de l’ONG CARI qui a déclaré sur un ton grave que « Nous sommes à un point de basculement du changement climatique. Nous devons apprendre à vivre avec les mauvaises nouvelles, et questionner de manière critique l’avenir probable pour essayer de faire en sorte qu’un autre avenir soit possible. L’agroécologie porte des promesses importantes. » Il a conclu en scandant : « Nous sommes la terre qui se bat contre la désertification ! »

Les participant-e-s ont également eu le privilège d’échanger avec des militants et praticiens de l’agroécologie.

Ainsi, une grande variété d’acteurs a pu, pendant 4 jours, débattre et réfléchir sur l’enjeu majeur et mondial de la désertification. Les exposés et travaux de groupe ont porté sur la place des terres dans les initiatives en Afrique, l’agroécologie face à la désertification, l’Initiative de la Grande Muraille Verte, le pastoralisme en zone aride, la mise en œuvre de la neutralité en matière de dégradation des terres et en lien avec la gestion foncière, les multi-usages et la gestion intégrée des ressources en eau, ou encore les financements de la lutte contre la désertification. Enda Pronat a eu à partager son expérience notamment en termes de reverdissement à travers la pratique de la RNA, d’agroécologie, de gouvernance des ressources naturelles et de plaidoyer.

[1] http://www.cariassociation.org/

[2] http://www.spong.bf/

[3] https://www.unccd.int/ – La Convention des Nations Unies de Lutte Contre la Diversification a été adoptée le 17 juin 1994, suite au Sommet de la Terre de Rio. Elle vise à « l’amélioration de la productivité des terres ainsi que sur la remise en état, la conservation et une gestion durable des ressources en terres et en eau, et aboutissant à l’amélioration des conditions de vie, en particulier au niveau des collectivités ». En 2017, elle compte 197 Etats partis. La Conférence des Parties (COP) en est l’organe suprême décisionnel.

 

03 Juin 2019

Participation au quatrième Congrès Mondial de l’agroforesterie

Enda Pronat a participé au quatrième Congrès Mondial de l’Agroforesterie à Montpellier au Palais des congrès Le Corum, du 20 au 25 mai 2019, avec 1200 participant-e-s, 600 posters et 200 communications. Cet événement, qui a lieu tous les cinq ans, était organisé pour la première fois en Europe, par le Cirad et l’Inra, en partenariat avec Agropolis International et l’Université de Montpellier d’Excellence. Ayant réuni un nombre égal de participants de régions tropicales et tempérées où le regain d’intérêt pour l’agroforesterie est plus récent, le congrès avait pour objectif général de renforcer les liens entre la science, la société et les politiques publiques et de combler le fossé entre la recherche et les politiques publiques.

L’agroforesterie est un système de gestion des ressources qui est dynamique, écologique et naturel et qui par l’intégration des arbres dans le paysage, permet une production durable et diversifiée, procurant aux paysan-ne-s des bénéfices sociaux, économiques et environnementaux (Leakey, 1996). Elle apparait dès lors comme un outil précieux permettant de concilier développement socioéconomique et la gestion durable des ressources naturelles, et fait appel à une diversité d’acteurs. C’est ainsi que ce quatrième Congrès Mondial de l’Agroforesterie a vu la participation de chercheurs, décideurs, acteurs de développement et étudiants, afin de discuter sur toutes les grandes questions de recherche en agroforesterie.

Des sessions parallèles en plénières se sont tenues sur des thématiques diverses et interconnectées. Il a été rappelé que l’agroforesterie consiste à protéger, conserver les arbres dans les parcs agroforestiers et introduire des espèces ligneuses afin de répondre aux défis agroenvironnementaux relatifs à la baisse des rendements agricoles, l’érosion du sol, les effets des changements climatiques, la problématique de la gestion de l’eau, la perte de biodiversité des espèces végétales et fauniques, etc.

De nombreux témoignages ont porté sur les avancées notées dans la recherche en agroforesterie et son expansion au niveau mondial. De plus, des communications en plénière ont également montré la contribution de l’agroforesterie dans les défis actuels du monde. Pour preuve, le Directeur du centre de recherche Start international[1] a affirmé que l’« agroforesterie ne doit pas être une agriculture pour les pauvres. Elle doit être une agriculture qui fait face au défi actuel de l’Afrique notamment l’emploi des jeunes. Pour cela, la création des entreprises agroforestières est nécessaire à la base pour la valorisation des Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) ».

Enda Pronat, en tant qu’ONG active dans le reverdissement et dans l’agroécologie, a fait une communication sur « Natural Assisted Regeneration of woody species in agrosystems of Senegal: agroecological advantages and constraints » pour la session Agroforestery and agroecology : Challenges and opportinuty. Dans cette communication, Enda Pronat a mis en avant :

  • La contribution positive des pratiques agro écologiques sur le développement de la régénération naturelle assistée (RNA) : par exemple, l’épandage de fumier organique améliore la faculté germinative des graines à dormance tégumentaire une fois prétraitées dans le tube digestif des animaux lors du transit. Les espèces dont les graines sont le plus prétraitées sont Faidherbia albida, Balanites aegytiaca Zizyphus mauritiana et Sclerocarya birrea.
  • Les potentiels avantages agro écologiques de la pratique : d’abord, les jeunes pousses des espèces comme Piliostigma reticulatum, Faidherbia albida, Leucena leucocephala et Guiera senegelensis sont protégées par les producteurs au plan agronomique dans le but de fertiliser et d’augmenter la diversité microbienne du sol. Ensuite, au plan pastoral, des espèces comme Acacia raddianna, Faidherbia albida et Adansonia digitata sont maintenues pour l’alimentation du bétail et la santé animale. Enfin, des espèces en voie de disparition comme Lepisanthes Senegalensis, Acacia werek, Cordyla pinnata sont maintenues pour leur rareté.
  • Les contraintes à la mise à l’échelle de la RNA. La divagation animale, les coupes liées aux activités humaines (les transhumants à la recherche d’alimentation pour leurs troupeaux, les femmes à la recherche du bois et les tradipraticiens), la salinisation des terres, le manque de technicité des producteurs pour les opérations de la RNA et la participation partielle des populations perturbent la mise à l’échelle de la RNA.

La conférence a aussi été l’occasion de visiter les Terres de Roumassouze, principal site d’expérimentation du projet de recherche participative «ARBRATATOUILLE », initié par la SCOP Agroof[2], qui a pour objectif d’améliorer les itinéraires techniques des systèmes agroforestiers maraichers.

Une des principales recommandations de cette conférence a été « reverdir notre planète avec l’agroforesterie ». Et pour y arriver, il est mentionné dans la Déclaration finale intitulée « notre planète a besoin d’arbres », quelques recommandations à l’endroit des décideurs publics et privés et des institutions de recherche :

  • Les décideurs politiques mondiaux, les dirigeants d’entreprises et responsables financiers, ainsi que les principales institutions de recherche doivent s’engager rapidement dans un processus de transformation en profondeur afin de promouvoir les avantages de l’agroforesterie auprès des propriétaires et des gestionnaires de terres de la planète ;
  • Les décideurs, gouvernements et régulateurs de l’économie mondiale doivent également accélérer la conception et la mise en place de mécanismes légaux, réglementaires et de soutien afin d’encourager l’adoption généralisée de l’agroforesterie ;
  • Le secteur privé doit élaborer des modèles financiers et d’investissement permettant de mobiliser les ressources en capital nécessaires pour appuyer la transformation des systèmes agricoles en agroforesterie ;
  • Les instituts de recherche doivent continuer à considérer comme prioritaire l’amélioration continue des systèmes agroforestiers à haute performance, adaptés à toutes les tailles d’exploitations agricoles, zones climatiques et niveaux de revenus ;
  • La collaboration avec les universités est nécessaire pour donner la priorité au développement et à la mise en place de modules pédagogiques destinés aux propriétaires et aux gestionnaires de terres afin de les aider à adopter les solutions agroforestières adaptées à leurs contextes.

[1] https://start.org/

[2] https://www.agroof.net/

06 Fév 2019

Volontaires belges et sénégalaises luttent contre l’érosion des sols

Fondée en 2018, l’association Les voix du climat – Climates voices a pour objectifs d’informer, de sensibiliser et d’accompagner différents publics sur les changements climatiques et en particulier les enjeux de la transition écologique et sociale. Elle est venue en juin 2018 filmer les actions entreprises par les communautés de la zone de Keur Moussa dans les Niayes, pour lutter contre l’érosion, avec l’appui de l’ONG Enda Pronat.

Des volontaires de Quinoa, ONG belge d’éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire, ont également pu  témoigner sur leur expérience dans cette vidéo. Quinoa est une organisation partenaire d’Enda Pronat qui organise des séjours interculturels dans des organisations de différentes régions du monde engagées pour la défense des droits des communautés. Pour la 3e année consécutive, un groupe de volontaires de Quinoa est venu au Sénégal dans une des zones d’ancrage d’Enda Pronat, pour découvrir la vie des populations, et évoluer à leurs côtés dans leurs activités quotidiennes individuelles, familiales et communautaires.
17 Jan 2019

Bénin/Le Gouvernement prend des mesures contre l’injustice foncière à Womey

La plateforme nationale de la convergence au Bénin a le plaisir de vous informer qu’après le passage de la 2e édition de la Caravane à Womey, une localité où règne une injustice foncière dénommée « affaire MARCOS » sur un domaine litigieux, le Gouvernement du Bénin a en conseil des ministres de ce Mercredi 16 Janvier 2019 retiré des mains de la collectivité MARCOS responsable de cette injustice, le domaine de 12ha pour cause d’utilité publique, au grand soulagement des populations victimes.
En effet, il s’agit d’un conflit domanial qui oppose des acquéreurs de parcelles et la collectivité MARCOS présumée propriétaire du foncier en litige, en raison de l’intention de cette dernière de faire exécuter des décisions de justice qui remonteraient à l’année 1941. Après des investigations menées et qui renseignent que le site impacte un nombre important de personnes (plus de 3000 personnes)  , et que des doutes subsistent sur l’existence de l’authenticité  des jugements mis à exécution, de même que sur la superficie réelle du domaine litigieux, le gouvernement a décidé de prendre des mesures conservatoires allant dans le sens d’une expropriation pour cause d’utilité publique, en application de la législation en vigueur.
Cette décision montre que le plaidoyer fait par la convergence à l’endroit des décideurs politiques lors de la caravane au Bénin et en particulier à Womey est entrain d’avoir ses effets. Ceci constitue une victoire pour toute la convergence.
Vive la convergence.
13 Déc 2018

Participation à la 4e Conférence Africaine sur l’Agriculture Biologique

Enda Pronat a participé à la 4e Conférence Africaine de l’Agriculture Biologique (African Organic Conference – AOC)[1] à Saly au Sénégal du 5 au 8 novembre 2018. Cette conférence est une initiative du Réseau africain de l’Agriculture Biologique (AfrONet)[2], organisée tous les trois ans pour :

  • Mettre en valeur le potentiel de l’Agriculture Biologique (AB) au niveau i) du développement économique, ii) de la résilience face au changement climatique, iii) du renforcement de la souveraineté alimentaire, et iv) de manière plus générale au niveau de la réalisation des objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine ;
  • Faciliter les partages d’expériences entre tous les acteurs de l’Agriculture Ecologique et Biologique (AEB) ;
  • Renforcer les organismes sous-régionaux d’AfrONet et réfléchir à la stratégie de mise en œuvre du Plan d’action africain pour l’AEB d’ici à 2025. L’événement a rassemblé plus de 150 participant-e-s d’horizons divers, évoluant dans et pour l’agriculture écologique et biologique : agriculteurs, consommateurs, acteurs de la société civile, chercheurs et universitaires, formateurs, professionnels de la vulgarisation, décideurs, partenaires techniques et financiers, médias, acteurs du secteur privé, étudiants, …

De nombreuses présentations y ont été faites en plénière, et des travaux de groupes ont permis d’approfondir les discussions, sur le commerce et les politiques en lien avec l’AEB, la production AEB, et la recherche scientifique en lien avec l’AEB. La conférence s’est terminée par la visite de la ferme-école agroécologique de Kaydara. Une des principales conclusions de la conférence est que l’AEB a la capacité de nourrir le monde si les gouvernements font confiance aux acteurs de l’AEB.

La Déclaration de la 4e Conférence de l’Agriculture Biologique[3] a été lue en fin de rencontre. Quelques recommandations fortes issues des échanges y ont été mentionnées, à l’endroit des Etats :

  • Accroître les efforts de production et de diffusion de l’information pour faire progresser l’AEB, et faire une solide analyse de rentabilité de l’AEB ;
  • Combler les lacunes de communication entre les scientifiques et les agriculteurs, afin d’assurer l’utilité des résultats de la recherche ;
  • Fournir des solutions qui pourraient faciliter l’engagement des institutions financières dans l’amélioration de l’accès au financement des activités d’agriculture biologique (particulièrement pour les petits producteurs) ;
  • Inclure l’AEB dans les programmes nationaux d’investissement ;
  • Participer à la mise à l’échelle de l’I-AEB dans tous les pays d’Afrique, partager les progrès et les enseignements tirés ;
  • Mieux intégrer les apports des organisations paysannes et améliorer la participation des agriculteurs / de la société civile aux initiatives liées à l’AEB.

Enda Pronat, en tant que membre de la FENAB et porteur du pilier recherche-formation-vulgarisation de l’I-AEB au Sénégal, était fortement impliquée dans l’organisation de cet événement.

Suite à un vote, il a été décidé que la prochaine conférence continentale aurait lieu au Maroc en 2021.

10 Déc 2018

Participation à la Conférence sur les Systèmes alimentaires africains

Une conférence de trois jours sur « Les systèmes alimentaires africains et les ODD[1] » a été organisée 03 novembre au 05  2018 au Sénégal, par l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA)[2], en collaboration avec ses membres nationaux et l’Initiative pour l’Agriculture Ecologique et Biologique (I-AEB / EOA-I)[3], AfrONet[4],et IFOAM International[5]. Cet événement a rassemblé une grande diversité d’acteurs – agriculteurs, pêcheurs, associations de consommateurs, médias, gouvernements et ONG – pour réfléchir sur la promotion de « la complexité, la diversité et la valeur nutritionnelle des systèmes alimentaires africains et lancer un plan d’action et une déclaration de changement pour de meilleurs systèmes alimentaires à l’intention du grand public et des organes décisionnels »[6]. Les discussions, facilitées par des moyens artistiques (très peu de projection de document), ont tourné autour de 5 grands thèmes :

  • Les systèmes alimentaires urbains ;
  • Systèmes alimentaires et changement climatique ;
  • Apporter un changement de politique sur les systèmes alimentaires ;
  • L’avenir des systèmes alimentaires dans un monde de plus en plus complexe ;
  • Protéger les systèmes alimentaires africains.

Pendant le discours d’ouverture, Mme Mariama Sonko, la Présidente du mouvement international « Nous sommes la solution », regroupant 800 associations de femmes rurales dans sept pays d’Afrique de l’Ouest, a insisté sur le fait que les paysans ont besoin d’avoir un accès libre aux semences, à l’eau, à la terre, au matériel agricole et aux financements. Elle a souligné l‘importance d’augmenter la quantité de produits régionaux sur les marchés, et de mieux approvisionner les petites boutiques dans les villages. Dans ce contexte elle a proposé la création de « boutiques communautaires« . Selon elle, pour promouvoir l’agriculture familiale, il faut améliorer les moyens de communication, l’éducation, le transport et le marketing des produits. Au cours de la deuxième journée de la conférence, Mme Heila Lotz-Sisitka de l’Université Rhodes en Afrique du Sud et coéditrice du journal « Learning, Culture and Social Interaction », a parlé de l’importance d’une transformation de la société avant tout pour aller vers l’agroécologie, la diversité et l’égalité. Pour elle, le changement climatique n’est pas une crise naturelle, mais une crise sociale. Il faut donc d’abord changer la société, c’est-à-dire les activités de la société, pour créer une base de « l’activisme collectif » et remplacer « les monocultures de notre esprit« . Selon elle, cette transformation est possible seulement à travers la mise en place d’un système éducatif qui permet aux gens d’échanger, de rencontrer d’autres personnes et d’être plus créatifs. Mr. Pat Mooney, fondateur du groupe ETC qui cumule plus de quatre décennies d’expérience dans la société civile internationale, a parlé du pouvoir des entreprises multinationales qui contrôlent de plus en plus les semences au niveau international. Depuis 2014 l’entreprise privée chinoise BGI – Global Genomics Organization (nommé Beijing Genomics Institute avant 2008), est devenue l’un des plus grands instituts de séquençage de l’ADN au niveau international avec la plus grande plateforme des variétés de semences de ce monde. Des entreprises comme John Deere, le plus grand constructeur de machines agricoles du monde, ont commencé à collecter des données sur les sols, le climat, etc. à travers les capteurs des machines vendues (= JD box) et ont contribué donc à la « robotisation des systèmes alimentaires« . Dans ce contexte la plus grande menace d’aujourd’hui selon Mooney c’est la dématérialisation des aliments, la digitalisation d’ADN/semences et de l’agriculture en général. Selon lui, les multinationales sont très bien organisées et c’est très important que la société civile unisse ses forces pour construire au sein du mouvement agroécologique un « business case » basé sur l’évidence scientifique que cette alternative est rentable, crée des emplois, produit des aliments de haute qualité, et contribue à la diversification de l’économie. Cette conférence a permis entre autres de faire la promotion des solutions agroécologiques face à la crise des systèmes alimentaires urbains et au changement climatique, et d’identifier des besoins de recherche à travers le continent africain dans toute sa diversité. Enda Pronat était membre du comité d’organisation de cette conférence internationale, et a activement participé aux 3 jours de rencontre, en tant que point focal national de la Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africain (COPAGEN)[7], qui est membre de l’AFSA. A la fin de cette conférence les participant-e-s se sont joint(e)s à ceux et celles de la 4e Conférence Africaine sur l’Agriculture Biologique pour …

[1] https://foodsystems.afsafrica.org/?lang=fr

[2] https://afsafrica.org/fr/

[3] http://eoai-africa.org/fr/

[4] http://afronet.bio/

[5] https://www.ifoam.bio/

[6] https://afsafrica.org/fr/hold-the-date-african-food-systems-conference-in-cameroon-3-5-november-2018/

[7] http://www.endapronat.org/copagen-2/

10 Déc 2018

Journée Mondiale des Sols, le 5 décembre 2018

Historique du World Soil Day

La Journée mondiale des sols (WSD) se tient chaque année le 5 décembre afin d’attirer l’attention sur l’importance d’un sol en bonne santé et préconiser la gestion durable des ressources en sol. Recommandée par l’Union internationale des sciences du sol (IUSS) en 2002, la FAO a soutenu l’instauration du WSD en tant que plate-forme mondiale de sensibilisation. Et finalement, en décembre 2013, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté officiellement le 5 décembre 2014 comme la toute première journée mondiale des sols[1].

Une forte dégradation des sols au Sénégal

Depuis plus de trois décennies, on assiste au Sénégal à une dégradation continue de la terre avec pour conséquence un effondrement continu des performances de l’agriculture. En effet, le véritable mal de l’agriculture sénégalaise reste principalement la perte prononcée de la fertilité des sols. Ainsi, des études réalisées par le CILSS en Novembre 2010 indiquent que sur les 3 805 000 ha de terres arables dont dispose le pays, 2 400 000 ha sont fortement dégradés (soit 63%). Cette perte de fertilité des sols est due principalement aux effets conjugués de facteurs tels que l’utilisation d’engrais chimiques, la pratique de cultures sur brûlis, le déboisement massif, la surcharge de bétail mais surtout la baisse et l’instabilité des pluies en partie consécutive au recul des boisements naturels (20 000 ha de forêts perdues par an).[2]

En 2015, le Gouvernement du Sénégal a adopté la Stratégie Nationale de Développement Durable (SNDD) et le Cadre National d’Investissement Stratégique pour la Gestion Durable des Terres (CNIS/GDT), en vue d’inverser durablement, d’ici 2026, la tendance à la dégradation des terres dans tous les écosystèmes pour une productivité durable.  Cependant, en dépit des efforts consentis, force est de constater qu’il reste encore beaucoup à faire pour restaurer la fertilité des sols.

Comment restaurer la fertilité des sols ?

Depuis plus de 30 ans, Enda Pronat expérimente avec des organisations paysannes partenaires des pratiques agro écologiques comme alternative à une agriculture productiviste basée sur l’utilisation d’intrants de synthèse et la monoculture, en partie responsables de la dégradation des sols et de l’environnement. Parmi les pratiques agroécologiques expérimentées qui contribuent à la restauration des sols, nous pouvons citer :

  • La mobilisation de matières organiques
    • valorisation des déchets organiques ménagers,
    • valorisation des déchets agricoles,
    • valorisation du fumier des foirails ou des transhumants,
    • utilisation de bio-fertilisants prêts à l’emploi,
    • parcage du bétail au niveau des champs.
  • Le développement de la culture de plantes fourragères, pour compléter l’offre de fourrage, maintenir plus longtemps les animaux dans la zone, et faciliter leur parcage au niveau des parcelles pour enrichir les sols avec leur fumier ;
  • La Régénération Naturelle Assistée au niveau des parcelles agricoles, avec des espèces comme Faidherbia albida (kaad), Piliostigma reticulatum (guiguiss), Guieria senegalense (nger), Leucena (dans les vergers) ou encore Annageisus leocarpa (ngediane) ;
  • La lutte anti-érosive associée à la plantation de vetiver par exemple, pour fixer les sols ;

Exemples concrets expérimentés par les paysan-ne-s accompagné-e-s par Enda Pronat

Photo 1 : Lutte anti érosive – Sortie pédagogique avec les élèves de la Licence en agriculture écologique et biologique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar[3], observation des ouvrages de lutte anti érosive au village de Landou (commune de Keur Moussa, département et région de Thiès). On peut voir ici un pont filtrant qui a presque complètement permis l’obstruction d’un ravin.

Photo 2 : Epandage de fumier de vache semi composté au niveau du jardin du GPF de Guédé Village (département de Podor, région de Saint Louis).

Photo 3 : Zone de régénération naturelle assistée protégée, commune de Diouroup (département et région de Fatick).

Photo 4 : Femme marquant un arbre pour signaler le fait qu’il est en RNA et qu’il ne faut pas le couper (département et région de Fatick).

Photo 5 : Montage avec 2 photos de parcelle de mil. Sur celle de gauche, aucune matière organique n’a été amenée, le mil est jauni et peu dense. Sur celle de droite, le producteur a écouté les conseils des techniciens d’Enda Pronat et a amendé sa parcelle en matière organique, le mil y est beaucoup plus vert et dense. Commune de Diouroup (département et région de Fatick).

Photo 6 : Champ de mil d’Ousmane Ba à Paniath (commune de Koussanar, département et région de Tambacounda) où le bétail est régulièrement parqué. La taille des épis fait le double de celle des champs non fertilisés. Certains producteurs qui n’ont pas de vaches ont commencé à ramasser le fumier des transhumants. Nous les encourageons à poursuivre leurs efforts.

Photo 7 : Comparaison de plants d’arachide produits avec et sans biofertilisants à Fass Thidy (commune de Koussanar, département et région de Tambacounda). A gauche, un plant de la parcelle témoin et à droite un plant de la parcelle avec les biofertilisants : on constate que les plants dans la parcelle témoin semblent contenir moins de gousses que ceux de la parcelle qui a été fertilisée.

Vous pouvez trouver plus d’exemples d’initiatives de fertilisation des sols et autres pratiques agroécologiques, développées par Enda Pronat mais aussi par d’autres acteurs nationaux de l’agroécologie, sur ce recueil de fiches de capitalisation produit de 2015 à 2017 par Enda Pronat : http://www.endapronat.org/annuaire-professionnel/1287/capitalisation-de-bonnes-pratiques-agro-ecologiques/

[1] http://www.fao.org/world-soil-day/about-wsd/fr/

[2] Analyse Intégrée du Contexte, PAM Sénégal, 2017 

[3] https://www.youtube.com/watch?v=sPRQ5i9sP68

22 Nov 2018

Nations unies: la Troisième Commission approuve la Déclaration sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales

(Lundi 19 novembre 2018, New York) La Troisième Commission (questions sociales, humanitaires et culturelles) de l’Assemblée générale des Nations unies a voté en faveur d’une Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales, via la Résolution A/C.3/73/L.30. La résolution a été approuvée par 119 voix pour, 7 voix contre et 49 abstentions. C’est un immense pas en avant pour une campagne menée par La Via Campesina – le plus grand mouvement paysan mondial – et soutenue par de nombreuses organisations autour du globe, dont FIAN et le CETIM. La Déclaration des Nations unies vise à mieux protéger les droits de toutes les populations rurales, comme les paysans, les pêcheurs, les personnes transhumantes et nomades, les ouvriers agricoles et les peuples autochtones et à améliorer leurs conditions de vie tout en renforçant la souveraineté alimentaire, la lutte contre les changements climatiques et la conservation de la biodiversité. L’approbation de cette Déclaration est également une importante contribution à l’effort de la communauté internationale pour promouvoir l’agriculture familiale et paysanne. La Bolivie, qui présidait le processus, a insisté sur l’importance d’une telle déclaration pour parvenir à des sociétés humaines plus résilientes, durables et inclusives: « Nous pensons qu’il s’agit d’un pas important vers des politiques publiques qui reconnaissent non seulement les droits et les besoins des paysans, mais aussi leur contribution au bien-être et à la qualité de vie des sociétés qu’ils nourrissent quotidiennement par leur travail. Nous sommes convaincus que cet instrument jouera un rôle central dans le domaine des droits de la personne ainsi que dans l’éradication de la faim et de la pauvreté, conformément à l’Agenda 2030 pour le développement durable et à la Décennie pour l’agriculture familiale, sans laisser personne derrière. » Depuis son adoption par le Conseil des droits de l’homme à Genève fin septembre, La Via Campesina et ses alliés ont redoublé d’efforts pour que cette Déclaration des Nations unies soit adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies. Les déléguées et délégués de La Via Campesina présents à New York depuis le début de la session de la Troisième Commission ont exprimé leur joie à l’issue du vote.« L’assemblée est une victoire stratégique, non seulement pour les paysans mais aussi pour les peuples du monde entier. Nous allons continuer sur ce long chemin de lutte et d’unité, pour les droits et la justice sociale, convaincus que la pleine démocratie n’est possible que par la réforme agraire, la fonction sociale de la terre et la pleine jouissance des droits des paysans » a affirmé Diego Monton de La Via Campesina Amérique latine.  L’approbation de la déclaration par la Commission a été ponctuée de quelques débats mais a bénéficié du soutien conséquent des régions de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine. Quelques réactions négatives sont survenues de la part de l’Europe et autre régions, avec la délégation des USA rejetant le texte en raison de préoccupations de longue date au sujet de la Déclaration, qui chercherait à étendre des droits existants, en distinguant les droits humains des paysans de ceux d’autres groupes, ainsi que concernant les droits collectifs stipulés dans le contenu. Les pays européens se sont également montrés divisés dans leur réponse. « Au sein de la Troisième Commission, à laquelle participent tous les pays de l’ONU, nous avons assisté à une grande diversité de positions de l’Europe orientale et occidentale. Nous remercions vivement ceux qui nous ont soutenus. Vos votes en faveur de la déclaration mettent des valeurs humaines dans les droits de l’homme et donnent de l’espoir à des millions de paysans, hommes et femmes, à travers le continent. A ceux qui se sont abstenus ou ont voté contre, nous tenons à vous dire que les paysans et les petites familles paysannes de vos pays ne peuvent être laissés pour compte », a rappelé Ramona Duminicioiu de la Coordination Européenne de La Via Campesina.

Zainal Arifin Fuat, de La Via Campesina Asie a dit de cette déclaration qu’elle marquait un tournant historique dans l’histoire des luttes paysannes.

« La Déclaration reconnaît le rôle de premier plan que jouent les paysans dans la résolution des multiples crises auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui – alimentaires, environnementales, sociales et économiques. Les paysans ont un rôle essentiel pour la sécurité et la souveraineté alimentaires et pour la réalisation du droit à l’alimentation, en particulier dans les pays en développement, où ils fournissent jusqu’à 80% de la nourriture consommée localement. Cette Déclaration des Nations unies contribuera également aux efforts de l’humanité pour mettre fin à la pauvreté, à la faim et pour atteindre nos objectifs de développement durable. En Asie, nous pensons que si nos droits sont reconnus et mieux protégés, les populations pourront développer les zones rurales et éviter l’exode rural, cause de problèmes insolubles » a-t-il ajouté.

« La ruée sur les ressources qui se poursuit sur le continent africain comme ailleurs a mis les paysans dans une position d’extrême vulnérabilité. L’attaque en cours contre les systèmes semenciers paysans a des répercussions bien au-delà de ceux qui produisent la nourriture. Elle touche tout le monde. Depuis 17 ans, nous faisons patiemment campagne pour un instrument international qui puisse protéger nos droits en tant que paysans et empêcher que nos systèmes alimentaires ne soient démantelés au profit d’une poignée d’individus. C’est un moment de fierté aujourd’hui pour les millions de paysans du monde entier, qui n’abandonnent jamais face à l’adversité. » a affirmé Elizabeth Mpofu, coordinatrice générale de La Via Campesina.

« La force du mouvement paysan se fait sentir au plus haut niveau de la gouvernance internationale: pour cela, nous devons rendre compte du travail acharné et de la passion de tant de paysans du monde entier. La solidarité des paysans, à l’échelle internationale, témoigne du lien étroit qui nous unit et lie nos enjeux, peu importe où nous vivons. Cependant, aujourd’hui n’est qu’une étape sur le long chemin de la justice en matière de droits humains pour les populations rurales. Nous devons poursuivre sur cette lancée et mettre la déclaration en action à tous les niveaux de la société. » a déclaré Jessie MacInnis, La Via Campesina Amérique du Nord.La Déclaration des Nations unies sera formellement ratifiée par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 2019, à la suite de la décision prise par la Troisième Commission cette après-midi.


Une note d’information sur la Déclaration des Nations unies peut être téléchargée ici.
Le texte complet de la Résolution et de la Déclaration est disponible ici.
Pour plus d’information merci de visiter www.viacampesina.org

Contacts pour la presse:

Ramona Duminicioiu (anglais, français, roumain) : +40 746 337 022 , ramona@ecoruralis.ro
Jessie MacInnis: (anglais) : +1 (902) 292-1040 , jessiemacinnis@gmail.com
Diego Monton (espagnol) : +54 9 261 561-5062 , diegomonton@gmail.com

Via-info-fr@viacampesina.org

http://viacampesina.org/Via-info-fr/
https://mail.viacampesina.org/lists/listinfo/Via-info-fr
To unsubscribe from this list, send an email to Via-info-fr-unsubscribe@viacampesina.org.