"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
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25 Avr 2020

Rapport annuel de 2018

I. Context

    1.1. Politique

Le Sénégal est l’un des pays les plus stables d’Afrique. Son président actuel, Macky Sall dirige le pays depuis mars 2012. Cependant, selon l’opposition politique, cette année est marquée, par un équilibre démocratique fragilisé, suite à des arrestations ou condamnations d’opposants politiques. Après la condamnation pour « détournement de deniers publics » de Khalifa Sall, député et maire de Dakar, figure de proue de l’opposition emprisonné depuis le 7 mars 2017, c’est au tour du maire Barthélémy Dias d’être condamné pour « outrage à magistrat » du fait de sa vive contestation de ladite décision de justice.

Le climat politique a été encore plus tendu lorsque les candidats à la présidentielle au Sénégal ont été tenus d’obtenir le parrainage de 0,8% des citoyens inscrits au fichier électoral et répartis dans au moins 6 régions du pays. La loi sur le parrainage fut votée le 19 avril, dans un climat de tension aux abords de l’Assemblée nationale. Les leaders opposants n’ont pu cependant empêcher l’application de cette loi qui a écarté nombre d’entre eux de ce suffrage national. Ainsi, seuls 5 candidats ont pu se présenter aux élections présidentielles.

Parmi eux, le président Macky Sall, a proclamé, le 2 décembre 2018, lors de son discours d’investiture à la coalition au parti Benno Bokk Yaakaar, sa ferme intention de soutenir la transition agroécologique avec une vision sectorielle : « La quatrième initiative nationale, que je vais lancer, porte sur la transition agro-écologique que nous devons entreprendre pour sécuriser, je dirais même sanctuariser, l’alimentation des générations futures. Nos ressources forestières ont diminué de moitié en soixante ans. Chaque année, nous perdons 40.000 hectares de forêts... La reforestation et la gestion durable de nos forêts apparaissent dès lors comme une exigence nationale. Je leur consacrerai une haute priorité. »

Ainsi, le contexte politique sénégalais n’a jamais été aussi favorable pour le passage à l’échelle de la transition agroécologique. D’ailleurs, le Sénégal a été sélectionné comme pays pilote de l’initiation de passage à l’échelle supérieure de l’agroécologie, dans le cadre de la stratégie de coopération de la FAO avec le Sénégal.

Cependant, en dépit de ces facteurs favorables, la politique de développement agricole et rural reste orientée vers un modèle d’agro-industrialisation qui est basé sur les capitaux privés ; ce qui entraîne le transfert des terres des producteurs ruraux vers les entreprises agricoles et l’accroissement de la vulnérabilité des communautés paysannes. Or, depuis plusieurs décennies, ce modèle n’est pas parvenu à répondre aux multiples défis que le pays doit relever, notamment : (i) la réduction de la dépendance vis-à-vis des importations de denrées alimentaires ; (ii) l’intégration dans les stratégies de développement agricole des besoins d’adaptation et du potentiel d’atténuation des impacts du changement et de la variabilité climatique ; (iii) la préservation de la base des ressources naturelles ; et (vi) la fourniture d’une alimentation saine, nutritive et équilibrée pour l’ensemble de la population.

 

25 Avr 2020

Rapport annuel 2019 : Synthèse des résultats 2016-2019

II. Synthèse des principaux résultats de 2016 à 2019

C’est dans cette situation sociale et économique difficile, dans laquelle on ressent de plus en plus une disparité des richesses, que nous avons poursuivi notre programme qui vise à renforcer la réappropriation de la gouvernance locale par les populations pour la reconquête de leur souveraineté alimentaire à partir d'une approche agro-écologique globale. Cette approche s’appuie sur un plaidoyer pour que l’Etat s’oriente enfin vers des politiques agricoles viables et durables.

La reconquête de la souveraineté alimentaire repose fortement sur les dynamiques locales engagées dans une optique d’un développement durable à l’échelle du terroir. Ce sont les habitants des terroirs (les communautés locales) qui ont le plus d’intérêt à gérer et développer les ressources locales et leurs potentialités pour satisfaire les besoins immédiats et ceux des générations futures alors qu’ils ne possèdent pas encore ou que partiellement ou de manière inéquitable le contrôle sur ces ressources. Et ce sont eux qui doivent être engagés au premier plan dans la recherche des solutions à la fois équitable et démocratique.

Cette approche terroir vise à ce que les communautés locales parviennent à changer les modes de gestion des ressources locales à travers notamment l’élaboration de politiques territoriales cohérentes et arrivent à les défendre au niveau local et national comme un projet de société. Cette gestion écologique et les principes de l’agroécologie en particulier devraient donc se traduire par le développement d’organisations sociales et d’économie durables pour améliorer le bien-être des sociétés paysannes. Tout cela, doit être accompagné par un plaidoyer politique porté à terme parles communautés de base, et en premier lieu par les organisations paysannes partenaires d’Enda Pronat.

De façon générale, depuis mars 2016, nous avons pu avancer avec les communautés de base au niveau principalement des objectifs qui concernent la réappropriation de la gouvernance locale et le plaidoyer pour influencer les politiques publiques et la promotion de l’agro écologie, notamment auprès des institutions de formation et du Ministère de l’Agriculture.

En effet, les activités de plaidoyer pour l’intégration de l’agroécologie dans les politiques agricoles ont commencé à porter leurs fruits, tant au niveau du discours du Ministre de l’Agriculture et de l’Equipement Rural lors des deux dernières éditions des Journées de l’Agroécologie (2018 et 2020) que dans le document du nouveau Programme d’Investissement Agricole pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition (PNIASAN 2018-2025) auquel la société civile, en particulier Enda Pronat, a contribué dans le cadre du Groupe de Dialogue Social et Politique (GDSP). Mais le résultat le plus important du programme est que le Président de la République a, en 2019, intégré la transition agroécologique (TAE) dans le plan d’action prioritaire du PSE 2019-20232.

L’année 2019 a été particulièrement marquée par la mise en place, au niveau national et sous l’impulsion d’Enda Pronat, de la Dynamique pour la Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES) qui a produit, à partir de consultation menées dans les 6 zones écogéographiques du pays, un document de contribution politique sur la TAE qui a été remis au président de la République en janvier 2020 lors des Journées de l’agroécologie.

19 Avr 2020
Ibrahim Ouedraogo

Ibrahim Ouedraogo : une FORCE TRANQUILLE nous a quittés

Au moment où on se projetait vers de grands projets, notre Homme, très cher ami, frère, collègue, formateur et surtout et surtout fervent combattant pour les droits des agriculteurs vient de nous quitter. Ô qu’elle est brutale cette séparation qui déchire nos cœurs que Ibrahim savait tant remplir de joie, nos esprits bouleversés qu’il savait tant remplir de sagesse.
Pionner de l’agroécologie dans son pays natal à côté de Pierre Rabi, avant de servir à d’autres nations et dans d’autres sphères du développement rural, retenons de cet homme du Faso qu’il n’avait pas de frontière dans ses œuvres.
Aujourd’hui le Burkina est frappé par ce choc inattendu, mais aussi les pays de la sous-région notamment le Sénégal, et au-delà de ces frontières pour citer l’Afrique toute entière et le reste du monde. Les tiers-mondistes du monde entier ont perdu un Grand et Aimable Homme.
Le compagnonnage d’Enda Pronat avec Ibrahim a commencé depuis le début des années 1998, en tant que Directeur d’Inades Formation Côte d’Ivoire, jusqu’au moment où on apprend son voyage vers l’au-delà : une collaboration pleine de succès et sans regret.
Au Sénégal beaucoup de gens l’ont connu comme expert du développement des chaînes de valeurs agroalimentaires quand il dirigeait l’ONG Ricolto (ex VECO), mais aussi en tant que personne ressource active de la société civile sénégalaise pour la protection et la défense des ressources naturelles, en commençant par le foncier en 2010 avec le CRAFS, puis les semences paysannes avec la COPAGEN Sénégal et la transition agroécologique à l’échelle des territoires avec notre équipe d’Enda Pronat. Il fut membre fondateur de la COPAGEN régionale où il est membre du groupe de coordination et de la coalition du Sénégal. Il a animé à cet effet plusieurs sessions de sensibilisation et de formation avec les agriculteurs pour leur parler des OGM, des enjeux et menaces qui pèsent sur la santé des consommateurs, et que le recours à la valorisation des semences paysannes était la seule voie à suivre et la seule voix à porter. Entre autres fruits de ce combat noble qu’il a toujours porté à côté d’Enda Pronat et de la société civile sénégalaise, nous pouvons citer la naissance de l’Association Sénégalaise des Producteurs de Semences Paysannes (ASPSP) : il était aussi là.
En tant que membre actif de notre conseil d’administration, il a toujours marqué les esprits par sa qualité d’écoute, sa capacité de synthèse et la brillance de ses interventions constructives. Il a toujours répondu à toutes nos sollicitations sans exception, notamment la définition des orientations stratégiques dans le cadre de l’élaboration de notre plan stratégique, le coaching de la jeune équipe de l’organisation dont il n’a jamais douté de ses capacités et le besoin de les renforcer pour porter haut le flambeau de la lutte contre les inégalités et pour des transformations sociales durables. Il n’a cessé de rappeler l’importance d’encadrer cette jeunesse, la motiver et la féliciter à sa juste valeur.
Tisserand du partenariat bilatéral et multi-acteurs, Ibrahim était aussi présent pour faciliter notre contact avec des acteurs du développement, du local à l’international. En effet, à l’échelle territoriale la plus petite nous nous rappelons des missions de terrain faites ensemble dans le terroir de Lérabé et dans la commune de Ndiob dans le cadre de la recherche-action sur la mise à l’échelle de la transition agroécologique. Mais aussi hors du territoire national, avec d’une part, des organisations du sud, notamment avec les réseaux de la COPAGEN, du COASP, et d’autre part avec des partenaires du nord tels que Interpares, CCFD, USC Canada, Fondation Rosa Luxemburg, WFD, Misereor, SUCO, pour appuyer Enda Pronat sur son plaidoyer à travers la sensibilisation des décideurs occidentaux.
D’une modestie inestimable et d’une générosité sans fin, Ibrahim s’est distingué dans le partage illimité de son savoir, de son savoir-faire et de son expérience. Toujours disponible et positif, il savait apporter sa pierre à l’édifice dans toutes nos réflexions stratégiques et planifications opérationnelles pour le respect de la dignité et des droits des communautés à la base en faveur du développement durable de leurs territoires. La toute dernière occasion fut sa participation aux journées de l’agroécologie de la DyTAES tenues du 30 janvier au 1er février 2020 où il a modéré le panel 4  » Politiques, lois et financements en faveur de la TAE » et en marge de cet événement au dîner d’affaire que le conseil d’administration d’Enda Pronat avait organisé avec ses partenaires techniques et financiers.
Nous avons appris avec Ibrahim plus que l’on attendait. Il ne nous doit rien.
Nul n’eut été cette crise sanitaire qui nous oblige à nous confiner là où nous sommes, au moment où les frontières terrestres et aériennes sont fermées, nous ne manquerions pas de nous rendre à Ouaga à côté de ta femme et de tes enfants t’accompagner dans ta dernière demeure sur terre. Mais nous ne manquerons pas de te porter dans nos prières.
Que ton âme repose en paix notre très cher Ibrahim Ouedraogo.
Amen !
L’équipe d’Enda Pronat

27 Fév 2020

Les impacts de la sensibilisation sur la gouvernance forestière dans la commune de Ndoga Babacar au Sénégal oriental

C’est dans un contexte où les cas d’accaparement de terres se multiplient dans la zone, et où l’exploitation abusive de la forêt en lien avec la Gambie voisine s’intensifie, conduisant à une forte dégradation de l’environnement, qu’Enda Pronat s’est engagée à travailler depuis plusieurs années avec la commune de Ndoga Babacar, avec l’objectif principal d’appuyer la mairie et les populations à s’inscrire dans une dynamique de gestion durable de leurs ressources naturelles. Cela passe par des sessions de formation et de sensibilisation de l’ensemble des acteurs pour une meilleure prise de conscience et un engagement citoyen pour la défense et la restauration de l’écosystème.

Plusieurs sessions de sensibilisation/formation ont ainsi été organisées en 2019 avec l’appui d’experts et une forte implication des conseillers municipaux, chefs de villages, notables, présidents d’associations d’agriculteurs, d’éleveurs, d’exploitants forestiers, de femmes et de jeunes et de personnes ressources de la commune. Les formations ont porté sur les enjeux fonciers, la législation foncière, la gestion forestière et le nouveau code forestier, notamment les opportunités qu’il offre pour une participation citoyenne à la gouvernance des ressources forestières. 

Dans ce processus, un rôle capital est attribué aux animateurs locaux qui ont été chargés d’animer des réunions thématiques villageoises avec la participation de l’ensemble des catégories sociales (hommes, femmes, jeunes, autorités religieuses et politiques, etc.). C’est ainsi que 1300 personnes ont été sensibilisés dans 26 villages de la commune, avec l’appui de Pronat et du service des Eaux et forêts.

 

Après un an de sensibilisation continue, le maire de Ndoga Babacar, M. Oumar Dème témoigne qu’il a noté de nombreux impacts grâce à la sensibilisation menée avec Enda Pronat.

« La population a une meilleure prise de conscience sur les enjeux liés à la préservation de la forêt ; 80% des villageois sont en train d’abandonner la coupe du bois. En revanche, les coupeurs venant de Koussanar, Sinthiou Maleme et Tamba continuent avec les tronçonneuses. »

Les villageois informent désormais le maire à chaque fois qu’ils voient passer un véhicule avec des troncs. En octobre dernier, le maire est parvenu à en intercepter un qui transportait trois troncs. Il a appelé les Eaux et Forêt qui ont saisi la voiture. Jusqu’à présent cette dernière est garée aux Eaux et forêt avec les troncs.

Les charbonniers qui étaient dans la forêt classée depuis des années ont été dénoncés par les populations sensibilisées et sont retournés en Guinée. Les Eaux et forêts ont évalué ce qu’ils ont coupé, ont dressé un Procès-Verbal, ont saisi le charbon et ont reversé 18% des ventes à la mairie.

La maire attire également notre attention sur le fait que certains coupeurs de bois sont particulièrement démunis et manquent d’alternative pour subvenir aux besoins de leur famille. D’où l’importance de soutenir les alternatives génératrices de revenus.

Grâce à la sensibilisation sur la foncier, les populations ont compris la loi sur le domaine national et commencent à demander des titres de régularisation pour leurs parcelles agricoles.

24 Fév 2020

Expérimentation de mécanismes et d’outils intégrés de gouvernance locale des ressources naturelles au Sénégal Oriental

 Depuis la fin des années 90, Enda Pronat accompagne des communautés du département de Tambacounda dans la promotion d’une agriculture saine et durable. Dans la continuité de ces actions et face au niveau avancé de dégradation de la forêt et des cas d’accaparement des terres, depuis 2017, Pronat expérimente avec la mairie et les populations de Ndoga Babacar des mécanismes et outils intégrés pour une gouvernance participative, équitable et durable des ressources naturelles.

Dans un contexte où la sécheresse des années 70-80 a fragilisé l’écosystème sahélien, l’action anthropique renforcée par des politiques agricoles basées sur les principes de la Révolution verte ont conduit à une forte dégradation des ressources naturelles qui accroit la situation d’insécurité alimentaire au Sénégal. Malgré le transfert de compétences aux communes rurales en matière de gestion des ressources naturelles, ces dernières manquent de moyens pour jouer leur rôle et impliquer les communautés de base.

Ces constats sont particulièrement visibles au Sénégal Oriental, notamment dans la commune de Ndoga Babacar, où l’implication des populations dans la gouvernance locale est très faible et le niveau de dégradation des ressources naturelles élevé. Les ménages pauvres ne parviennent, avec leur production, qu’à couvrir 6 à 7 mois de consommation. Ceux qui tentent de diversifier leur production rencontrent des difficultés liées au sous-équipement agricole.

Face à toutes les contraintes précitées, et dans la continuité du processus d’accompagnement mené avec la commune depuis plus de 20 ans, Enda Pronat s’est fixée pour défis de i) Promouvoir l’instauration de mécanismes et d’outils propices à une gouvernance participative, équitable et durable des ressources naturelles, ii) Soutenir le développement de systèmes de production alternatifs dans une perspective de contribuer à l’atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle de manière durable, iii) Poursuivre le plaidoyer auprès de l’Etat pour l’adoption de politiques agricole et foncière cohérentes qui permettent aux exploitations familiales d’améliorer leur accès sécurisé aux ressources productives.

Pour relever ces défis et accélérer la prise de conscience et les transformations, Enda Pronat mène des activités de sensibilisation et d’information des populations de la commune, met en place des mesures d’accompagnement et des alternatives, et soutient le plaidoyer au niveau national, pour une gestion plus durable et équitable des ressources naturelles.

Sensibilisations sur la gestion durable des ressources naturelles

C’est dans ce contexte qu’Enda Pronat s’est engagée à travailler avec la commune de Ndoga Babacar avec l’objectif principal d’appuyer la mairie et les populations à s’inscrire dans une dynamique de gestion durable des ressources naturelles.

  • Sessions de formation et de sensibilisation de l’ensemble des acteurs

Plusieurs sessions de sensibilisation/formation ont ainsi été organisées en 2019, pour une meilleure prise de conscience et un engagement citoyen pour la défense et la restauration de l’écosystème. Ces ateliers, organisés au niveau de la commune et portés par le conseil municipal, se sont déroulés dans une dynamique inclusive avec le Sous-Préfet et les agents du service des Eaux et Forêts, des experts foncier et forestier, les chefs de villages, notables, présidents d’associations d’agriculteurs, d’éleveurs, d’exploitants forestiers, de femmes et de jeunes, les animateurs de la commune et autres personnes ressources. Les formations ont porté sur les enjeux fonciers, la législation foncière, la gestion forestière et le nouveau code forestier, notamment les opportunités qu’il offre pour une participation citoyenne à la gouvernance des ressources forestières. 

Partant du principe que seul un travail à la base peut conduire à des changements et garantir la durabilité de ses actions, Enda Pronat a fondé sa stratégie d’intervention sur l’approche-village pour s’étendre progressivement à l’échelle du terroir. Ainsi, c’est suite aux ateliers de formation que les animateurs de la commune, spécifiquement renforcés par les experts, sont descendus dans les villages. Accompagnés par l’équipe locale d’Enda Pronat, ils ont animé des réunions thématiques villageoises avec la participation de l’ensemble des catégories sociales (hommes, femmes, jeunes, autorités religieuses et politiques, etc.).

C’est ainsi que 1300 personnes ont été sensibilisés dans 26 villages de la commune (sur un total de 107 villages et hameaux), avec l’appui d’Enda Pronat et du service des Eaux et forêts. Ces sensibilisations ont permis de : (i) mieux comprendre les causes des problèmes de gouvernance; (ii) vulgariser les textes législatifs auprès des populations notamment le code forestier et la loi sur le domaine national ; (iii) réfléchir avec les populations sur les solutions à adopter.

  • Classes d’alphabétisation fonctionnelle

Parallèlement à ces actions, Enda Pronat a mis en place 4 classes d’alphabétisation fonctionnelle dans la commune. Appliquée à la gouvernance locale des ressources naturelles, ce programme d’alphabétisation permet de préparer des jeunes hommes et femmes déscolarisés de 18 à 35 ans environ à participer de façon significative à la gestion de leur terroir, notamment en leur permettant de lire les documents écrits en Puhlar concernant la gestion des ressources naturelles et la gouvernance locale et en devenant de futurs animateurs et/ou conseillers municipaux.

Mesures d’accompagnement et alternatives pour une gestion durable des ressources naturelles

  • Vulgarisation de la Régénération Naturelle Assistée

La régénération naturelle assistée (RNA) consiste à protéger et gérer les repousses naturelles (pousses) que produisent les souches d’arbres et arbustes dans les champs. C’est une stratégie alternative agro forestière développée par Enda Pronat dans plusieurs de ses zones d’intervention, considérée à la fois comme une pratique agroécologique pour faire face à la baisse de la fertilité des sols, mais aussi comme une mesure d’accompagnement bien plus efficace que le reboisement pour améliorer la gestion des ressources forestières en luttant contre la forte régression de la densité et de la diversité végétale. Une bonne gestion des ressources naturelles est essentielle au développement de l’agriculture saine et durable promue depuis plus de 20 ans dans la zone par Enda Pronat.

Les 6 animateurs de la commune de Ndoga Babacar ont reçu une formation et intègrent la RNA dans les sensibilisations qu’ils mènent dans l’ensemble des villages de la commune. La formation et l’accompagnement des producteurs volontaires devraient être étendus progressivement à l’ensemble des villages de la commune.

  • Commissions domaniales et environnementales élargies

On dit qu’une commission qu’elle est élargie lorsqu’elle associe dans ses travaux d’autres personnes non élues et initialement non prévues par les textes.

Par exemple une commission domaniale est composée des conseillers élus dont un président, un secrétaire, un rapporteur et éventuellement un membre simple, accompagnés des services techniques (chef CADL), et le chef du village dans lequel se déroule la mission de la commission (celui-ci est membre d’office de la commission).

Mettre en place une commission domaniale élargie consiste à décider que désormais, en plus de ces membres, la commission est ouverte.

  • Soit à des personnes ressources issues de la commune, identifiées en fonction des particularités et besoins spécifiques de la commune Il peut s’agir du représentant communal des agriculteurs, des femmes, des jeunes, des éleveurs, un religieux, …
  • Soit aux représentants des villages concernés par l’opération foncière, regroupés au sein des comités villageois. Le comité villageois est alors le répondant de la commission domaniale au niveau du village et peut, au même titre que les autres membres de la commission, signer le procès-verbal.

Suite aux sensibilisations avec les élus sur la gouvernance foncière et forestière, la commune de Ndoga Babacar a choisi d’adopter des commissions environnementales et domaniales élargies. La mise en place des comités villageois n’étant qu’à un stade expérimental dans deux villages pilotes de la commune, il a été décidé que les commissions seraient désormais ouvertes aux comités villageois là où il y en a, et à toute autre personnes ressources déléguée par les villageois dans les villages où les comités villageois n’ont pas encore été mis en place. L’arrêté officialisant les comités villageois a déjà été publié, et celui concernant les commissions élargies le sera prochainement

  • Comités villageois paritaires

Le Cadre de Réflexion et d’Action sur le Foncier (CRAFS), dont Enda Pronat est membre active, recommande dans son document de position[1] l’institutionnalisation d’Instances Villageoises Paritaires, espace de dialogue et de concertation sur le foncier à l’échelon le plus proche des populations. Des comités villageois sont ainsi mis en place dans deux villages pilotes de la commune, d’une part pour favoriser un rééquilibrage des relations de pouvoir entre acteurs des communautés en améliorant la participation des femmes et de l’ensemble des catégories socio professionnelles dans la prise de décision, et d’autre part pour renforcer équitablement et durablement le contrôle citoyen sur la gestion des ressources naturelles.

Le comité villageois est ainsi un intermédiaire entre la commune et les populations. Dorénavant, les commissions municipales (dont la commission domaniale), ne pourront plus dialoguer uniquement avec le chef de village, elles devront s’adresser aux comités, garantissant une meilleure circulation de l’information et plus de transparence au sein du village, renforçant la prévention des conflits, prévenant les accaparements de terres, et préservant ainsi les ressources naturelles pour les générations actuelles et futures.

Un arrêté a été signé par le maire, pour officialiser la mise en place des comités. Il envisage également d’associer les comités villageois à certaines réunions du conseil municipal. Une formation de renforcement organisationnel et renforcement de capacités sur la gouvernance des ressources naturelles sera organisée pour préciser le rôle du comité, l’articulation avec le travail du conseil municipal, et garantir la meilleure gestion possible des ressources naturelles des villages concernés.

  • Caisses autogérées villageoises

La problématique de la déforestation ne pourrait se régler qu’à travers la sensibilisation. En effet, les populations qui sont confrontées à une pauvreté extrême sont contraintes de se rabattre sur les ressources naturelles. Ainsi, il est aussi nécessaire de soutenir des alternatives économiques génératrices de revenus. C’est dans ce sens qu’Enda Pronat soutient la mise en place de caisses autogérées villageoises pour faciliter l’accès des populations aux moyens de production (matériel agricole, semences,…). Les caisses sont une composante des comités villageois, elles viennent les renforcer en offrant la possibilité aux populations d’accéder à du crédit pour développer des activités économiques autres que la coupe du bois.

Témoignage du chef de village de Sinthiou Alhadji Mody Ba : « Je porte un intérêt important pour cette caisse, parce que nous sommes fatigués par les problèmes forestiers et ce serait difficile de faire fonctionner le comité sans ça. Quand il y a un besoin tu peux aller à la caisse et rembourser ensuite, ça va aider les gens à s’engager dans la lutte contre la déforestation. »

Les comités de gestion des caisses sont composés d’environ deux tiers de membres du comité villageois pour former les comités de crédit et de recouvrement, et un tiers de villageois extérieurs au comité pour former un conseil de surveillance, avec une répartition équitable entre hommes et femmes.

Les membres des comités de gestion des caisses des deux villages pilotes ont bénéficié d’une formation afin de définir les règles de fonctionnement de leur caisse, leur politique de crédit et de recouvrement, les rôles et responsabilités des différents comités internes. Ces comités de gestion seront accompagnés par les animateurs de la commune et l’équipe locale d’Enda Pronat.

Perspectives

  • Au niveau local

L’expérimentation de ces différents outils et mécanismes au niveau des villages pilotes, dans un premier temps, devrait permettre par la suite une mise à l’échelle dans l’ensemble des villages de la commune, et l’intégration de ces outils et mécanismes au sein d’un mécanisme plus global : une convention locale de gestion des ressources de la commune.

Dès les premières sensibilisations, la convention locale avait été identifiée comme étant l’outil le plus pertinent pour régler les problèmes de la commune en lien avec la gestion des ressources naturelles.

Le travail de construction de cette convention a commencé avec un diagnostic. Les animateurs ont profité de leurs sensibilisations pour identifier les modes d’organisation des villages, les éventuelles difficultés dans la gestion des ressources naturelles, les règles déjà mises en place par les communautés, et les propositions des populations pour renforcer durablement la gestion des ressources naturelles de leur terroir. Une cartographie des ressources de la commune est en cours.

L’ensemble de ces actions articulées et cohérentes contribuera directement à l’atteinte des ODD 2, 13 et 15, et formera un modèle de gouvernance des ressources naturelles qui pourra être adapté et reproduit dans l’ensemble des communes du pays.

  • Plaidoyer au niveau national

Les résultats des expérimentations menées dans le cadre de la gouvernance locale permettront de nourrir le plaidoyer mené au niveau national en faveur d’une gouvernance durable des ressources naturelles. Au cœur du plaidoyer, l’institutionnalisation des outils de gouvernance, telles que les conventions locales, sera prioritaire.

Enda Pronat et ses partenaires cherchent à faire porter le plaidoyer par la base, avec l’accompagnement de scientifiques et de leaders paysans du terroir. Le plaidoyer est principalement structuré autour de journées de sensibilisation des parlementaires, de visites de terrain avec les scientifiques et d’ateliers d’échange au niveau national avec l’ensemble des acteurs (OP, ONG, institutions de recherche et de formation, décideurs, etc.).

Le plaidoyer est renforcé par une forte médiatisation à travers la réalisation d’émissions radiophoniques pour informer les populations rurales et d’émissions télévisées en direction des décideurs qui sont alimentées par les vidéos réalisées sur le terrain.

Enda Pronat développe ainsi un plaidoyer fondé sur un argumentaire, la mobilisation d’alliances et le renforcement d’espaces de plaidoyer comme CRAFS, qui a eu une influence notable dans le processus de réforme foncière du Sénégal de 2014 à 2016 et dans la défense de victimes de l’accaparement des terres (ex. Dodel, Diokoul,…), et qui interpelle l’Etat pour la reprise du processus inclusif et participatif de la réforme foncière, et sur la loi n° 2017-06 portant sur les Zones Economiques Spéciales (ZES) qui menacent les droits, notamment fonciers, des sociétés paysannes.

[1] http://www.endapronat.org/wp-content/uploads/2018/06/Position-Crafs.pdf

 

06 Jan 2020

Le CRAFS en Assemblée Générale

Les 11 et 12 décembre 2019, le Cadre de Réflexion et d’Action sur le Foncier au Sénégal (CRAFS) a tenu son assemblée générale à l’hôtel Trarza du Lac rose, en présence des leaders et techniciens des organisations qui le composent et qui l’ont fait naitre une dizaine d’années plus tôt.

Le CRAFS[1] est une plateforme de la société civile sénégalaise qui œuvre pour une gouvernance foncière inclusive, transparente et équitable. Conscient des risques qu’encourent les communautés locales face aux accaparements de terres qui se multiplient suite aux crises alimentaires et énergétiques de 2008, le CRAFS mène des campagnes de sensibilisation et d’information des communautés, et un plaidoyer au niveau national pour la sécurisation des terres paysannes, en faisant remonter les idées et constats des terroirs jusqu’aux plus hautes instances du pouvoir.

Malgré plusieurs succès et avancées notables depuis sa création en 2010, comme la prise en compte d’une bonne partie des propositions paysannes dans le Document de Politique Foncière (DPF), ou encore la victoire des communautés de Dodel[1], les défis auxquels le CRAFS doit faire face continuent de s’accumuler. C’est pour les identifier précisément et mieux s’organiser que les organisations fondatrices et membres du CRAFS, (Organisations Non Gouvernementales, Associations et Organisations Paysannes) ont décidé de se retrouver en assemblée générale en cette fin d’année 2019. Cette assemblée a réuni pendant deux jours les organisations CNCR, Enda Pronat, Action Aid, IED Afrique, Gret, AJS, Congad, CICODEV Africa, ACCESS, FAPD, FONGS, Woobin, ASI, AVSF, Réseau National des Femmes Rurales du Sénégal, FENAB et Forum social sénégalais.

Lors de la première journée, les participant-e-s se sont concentré-e-s sur une analyse du contexte actuel au Sénégal, qui se résume principalement autour de deux axes :

  1. Abandon du processus participatif et inclusif de la réforme depuis 2017 avec l’absence de réaction suite au dépôt du Document de Politique Foncière en avril 2017 et la dissolution de la Commission Nationale de Réforme Foncière CNRF en juin 2017 ;
  2. Mise en œuvre d’une réforme en douceur, à travers d’une part le projet de cadastre et de sécurisation foncière PROCASEF, porté par l’Etat et la Banque mondiale, visant la généralisation de l’expérience de gouvernance foncière du PDIDAS à toutes les communes du Sénégal, sans évaluation préalable ; et d’autre part la promotion par l’Etat des Zones Economiques Spéciales (ZES).

En bref, un contexte où les risques d’immatriculation et de privatisation des terres du domaine national entrainant une systématisation de la vente des terres aux plus offrants, semblent particulièrement élevés et inévitables à moins d’une forte mobilisation de l’ensemble de la société civile.

C’est pourquoi la seconde journée a été dédiée au renforcement organisationnel et à l’élaboration d’une feuille de route pour l’année à venir.

La vision a été actualisée, pour devenir « Le Crafs une plateforme multi-acteurs de la société civile crédible et influente pour une gouvernance foncière participative, inclusive, transparente, équitable et paritaire qui améliore les conditions de vie des communautés ».

Trois objectifs stratégiques ont été définis et validés : i) Promouvoir un espace de la société civile approprié d’échanges et de valorisation d’expériences sur les questions foncières ; ii) Promouvoir la production de connaissances et la veille pour alimenter le dialogue politique et appuyer la mise en œuvre du plaidoyer pour une sécurisation des droits fonciers des communautés ; iii) Développer des dynamiques solidaires et complémentaires autour des initiatives de plaidoyer, de mobilisation sociale et d’engagement citoyen pour la sécurisation des droits fonciers des communautés.

Quatorze autres points ont été validés par l’Assemblée Générale, concernant la collecte d’informations, la participation à de grands événements, l’organisation de grandes mobilisations, la communication, l’élaboration d’une charte d’engagement des membres du CRAFS, l’identification et le financement d’une personne chargée d’animer le cadre, etc.

Il a été donné mandat au comité technique de préciser le plan d’action proposé pour l’année 2020, à partir du contexte et des enjeux partagés, et en fonction des orientations issues de cette AG.

[1] http://www.endapronat.org/annulation-de-loctroi-de-10-000-ha-a-une-agro-industrie-une-victoire-pour-les-populations-de-dodel/

[1] Plus d’informations sur le CRAFS : http://www.endapronat.org/crafs/

16 Oct 2019

Journée mondiale de l’alimentation – Enda Pronat pour la souveraineté alimentaire des peuples

Cette année, la Journée mondiale de l’alimentation (#WorldFoodDay) lance un appel pour un monde #FaimZéro, avec une alimentation saine, et durable. La @FAO rappelle ainsi que « l’intensification de la production vivrière et le changement climatique sont en train de provoquer une perte rapide de la biodiversité »[1], et que la sécurité alimentaire doit s’accompagner de mesures de préservation de l’environnement.

Alors que la production alimentaire mondiale par habitant n’a jamais été aussi élevée, la sous-nutrition repart à la hausse depuis 2015 après des décennies de baisse. Les systèmes alimentaires sont soumis à un ensemble de menaces qui tendent à s’accentuer et s’accumuler ces dernières années, particulièrement dans les pays dit du « Sud ». On peut citer la forte croissance démographique, les changements de régimes alimentaires en lien avec la mondialisation et la libéralisation, la pression sur les ressources naturelles (dont principalement l’eau, les terres et les semences) et la dégradation de l’environnement en lien les changements climatiques.

Pour parer à ces phénomènes, Enda Pronat travaille pour l’émergence d’un modèle de société basé sur la promotion de l’agroécologie et plaçant au centre de ses préoccupations la souveraineté alimentaire des peuples. C’est ainsi par exemple qu’elle accompagne depuis 2011 les communautés de Diouroup (région de Fatick, dans le bassin arachidier) dans l’adoption de pratiques agroécologiques et de gestion durable et équitable des ressources naturelles, pour promouvoir une meilleure adaptation et atténuation des effets des changements climatiques, et des systèmes alimentaires privilégiant une alimentation saine et locale.

Les pratiques agroécologiques les plus utilisées dans la zone sont l’autoproduction de semences (58%), la fertilisation organique (57%), et la valorisation des déchets organiques ménagers (56%).

Pour contribuer à la restauration de la fertilité des sols dans la zone, un accompagnement des producteurs dans la pratique de la Régénération Naturelle Assistée a également permis de reboiser 162 hectares de parcelles agricoles avec une densité de 35 pieds/ha contre 7 pieds/ha avant l’intervention, et une majorité d’espèces ayant un intérêt agronomique (fertilisation et augmentation de la diversité microbienne du sol) comme le Faidherbia albida.

Des études[2] ont montré que cet accompagnement a eu par exemple un impact majeur sur les rendements de mil (+ 17%), et que plus le niveau d’intégration des pratiques agro écologiques est élevé, plus le rendement de mil augmente. La transition agroécologique est donc une réponse adaptée pour fournir une alimentation saine et durable en quantité suffisante aux populations particulièrement impactées par les effets des changements climatiques. Enda Pronat travaille au niveau local, comme l’illustre cet exemple de Diouroup, et au niveau national à travers des partenariats multi-acteurs, pour accompagner la transition agroécologique qui s’inscrit dans l’atteinte de l’#ODD2 #SDG2 #FaimZéro, et plus spécifiquement de sa cible 2.4 : « D’ici à 2030, assurer la viabilité des systèmes de production alimentaire et mettre en œuvre des pratiques agricoles résilientes qui permettent d’accroître la productivité et la production, contribuent à la préservation des écosystèmes, renforcent les capacités d’adaptation aux changements climatiques, aux phénomènes météorologiques extrêmes, à la sécheresse, aux inondations et à d’autres catastrophes et améliorent progressivement la qualité des terres et des sols. »

[1] http://www.fao.org/world-food-day/theme/fr/

[2] Promouvoir l’agriculture saine et durable auprès des exploitations familiales – Voies durables pour un meilleur système alimentaire au Sénégal : http://www.endapronat.org/wp-content/uploads/2018/10/Etude_agroe%CC%81cologie.pdf ;

et Agroécologie : Capitalisation d’expériences en Afrique de l’Ouest – Facteurs favorables et limitant au développement de pratiques agroécologiques – Evaluation des effets socio-économiques et agro-environnementaux : http://www.endapronat.org/wp-content/uploads/2018/10/calao-2018-web-pages.pdf

10 Oct 2019

L’approche par les communs de la terre et des ressources qu’elle porte : illustration par six études de cas

 » Ce sixième numéro de « Regards sur le foncier » regroupe un ensemble de 6 études de cas illustrant l’approche par les « communs tissés autour de la terre et des ressources qu’elle porte ». L’une d’entre elles porte sur le Sénégal, et a été co produite par cinq auteurs, dont El Hadji FAYE, coordinateur des programmes d’Enda Pronat.
Ce document a été élaboré dans le cadre du chantier collectif sur les communs qui a été entamé en 2016 par le Comité Technique « Foncier & Développement », dans l’objectif de mieux appréhender les opportunités et les défis de la prise en compte des communs dans le traitement des questions foncières par les opérateurs de développement. Cette approche par les communs propose de placer l’action collective au cœur du diagnostic et de la recherche de solution, pour tenter de répondre aux enjeux liés à l’adaptation des sociétés contemporaines à un contexte de crises politiques, économiques et écologiques.
30 Sep 2019

La Dynamique pour la Transition Agroécologique au Sénégal reçue par le Ministre de l’agriculture et de l’équipement rural

Reçue en audience par le Ministre Moussa Baldé le lundi 23 septembre 2019, une délégation de la Dynamique pour la Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES) a présenté la feuille de route de ce groupe multi acteurs engagé pour la transition agroécologique du Sénégal.

Cette délégation était composée entre autres de représentants de faitières paysannes (CNCR, Réseau National des Femmes Rurales du Sénégal), d’ONGs nationales comme Enda Pronat, du Réseau des villes et communes vertes et écologiques du Sénégal (REVES), de l’association de consommateurs CICODEV, de la Coalition sous régionale pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN), de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ou encore du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD). L’objet de l’audience était de présenter la dynamique au sein de laquelle ce groupe d’acteurs est engagé pour la contribution à la transition agroécologique au Sénégal, ainsi que sa feuille de route, et de trouver chez le ministre et l’Etat un interlocuteur pour travailler ensemble à la mise en œuvre de cette vision forte.

En effet, depuis plusieurs années, ces organisations ont initié une diversité d’activités pour la promotion de l’agroécologie au Sénégal, telles que des sensibilisations, des expérimentations de terrain, la diffusion des bonnes pratiques et le plaidoyer envers les décideurs, notamment à travers l’organisation des Journées de l’agroécologie organisées avec l’implication du MAER depuis 2008. L’agroécologie est aujourd’hui reconnue comme un moyen de lutter contre les changements climatiques, de restaurer les sols, de fournir des produits de qualité, de créer des emplois et de la richesse.

Et lorsqu’en début d’année, le Président de la République avait affirmé sa volonté de faire de la transition agroécologique un axe prioritaire de son quinquennat, au sein du PSE Vert, les acteurs de l’agroécologie avaient décidé de se rassembler au sein de la Dynamique sur la Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES). Dans un souci de soutenir le gouvernement dans son ambition, et conscient que la Transition Agroécologique est un projet de société qui nécessite la mise en synergie de tous les acteurs, ce groupe multi acteurs avait alors pris l’engagement de conduire un processus de co-construction d’un document de contribution aux politiques nationales sur la transition agroécologique, en partant des préoccupations de la base, pour donner une contribution forte à cette vision en vue de faire du Sénégal un pays pilote dans la mise à l’échelle de l’agroécologie.

C’est dans ce sens qu’une série d’ateliers de consultation sont organisés entre aout et octobre 2019 dans les 6 zones éco-géographiques du Sénégal. Ces ateliers seront sanctionnés par un atelier national de validation du document de contribution aux politiques nationales sur la transition agroécologique, les 4 et 5 novembre 2019. L’idée étant de remettre ensuite ce document validé au Chef de l’Etat du Sénégal lors de la 3eme édition des Journées de l’Agroécologie qui devrait se tenir fin janvier 2020 en présence d’experts sous-régionaux et internationaux.

27 Sep 2019

Transition agro-écologique : consultation multi-acteurs dans la vallée du fleuve Sénégal

Dans le cadre du processus multi-acteurs pour une transition agroécologique, le groupe « Dynamique sur la Transition Agroécologique au Sénégal » (DYTAES) a lancé en août une série de sept ateliers zonaux pour consulter les populations locales et recueillir leurs propositions afin d’élaborer une stratégie d’accompagnement de l’Etat dans le processus de la transition agroécologique au Sénégal annoncé par le Président.

Après les zones de Niayes, le Bassin Arachidier et le Sénégal oriental, c’est au tour de la vallée du fleuve Sénégal d’être auditionnée. Le GITES s’est associé à cette rencontre qui s’est déroulée à Ndioum (Podor) du 17 au 19 septembre 2019 avec la DYTAS, EndaPronat et Action Contre la Faim.

La première journée de travail a consisté à réaliser une étude de terrain entre les terres autour du fleuve et l’espace pastoral. La première équipe a rencontré des acteurs du secteur agricole de l’île à Moprhile et s’est intéressé aux aménagements agricoles et aux terres de décrues. La seconde équipe est allé dans le diéri à la rencontré des groupements d’élevage et d’association pour la promotion de cultures fourragères et de la collecte de lait.

La deuxième journée s’est concentré sur un atelier participatif faisant remonter plusieurs thématiques atour des questions :

  • Comment faire revenir l’arbre dans l’agriculture ?
  • Comment améliorer l’accès aux aménagements hydrauliques responsables et équitables ?
  • Comment intensifier écologiquement l’élevage ?
  • Comment intensifier écologiquement l’agriculture ?
  • Comment améliorer l’accès à la formation en agro-écologie ?
  • Comment améliorer l’accès au crédit ?
  • Comment améliorer la gestion des aménagements hydro-agricoles ?
  • Comment améliorer la répartition de l’eau dans l’espace et le temps ?
  • Comment améliorer la coexistence entre agriculteurs et éleveurs ?

Cette initiative multi-acteurs, composée par des instituts de recherche, des acteurs de la société civile, d’organisations paysannes et les services techniques a été lancée dans un contexte où le Président de la République, dans son programme quinquennal, a fait de la transition agroécologique l’un des axes principaux du développement du Sénégal, « pour sécuriser l’alimentation des générations futures ».

Source: https://www.initiative-gites.org/transition-agro-ecologique-consultation-multi-acteurs-dans-la-vallee-du-fleuve-senegal/