"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
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11 Nov 2020

CHARTE D’ENGAGEMENT Dynamique pour une Transition Agroécologique au Sénégal

Au Sénégal, l’agriculture est confrontée au triple défi de la croissance démographique, du changement climatique et de la dégradation des ressources productives (eau, sols, végétations).

Dans ce contexte, le modèle actuel d’intensification agricole n’apportera pas de réponses durables. Les systèmes de production conventionnels paraissent performants à court terme, mais ils sont en réalité bâtis sur des fondements très fragiles : des sols pauvres et dégradés, une dépendance élevée aux intrants exogènes, une faible résilience face aux aléas climatiques et aux bio-agresseurs et une instabilité des rendements. Il est donc nécessaire de changer de paradigme pour repenser en profondeur nos manières de produire et de consommer des aliments de meilleure qualité.
L’agroécologie est reconnue au niveau international comme un levier puissant pour rendre l’agriculture plus durable et plus résiliente face au changement climatique. En Afrique subsaharienne, de nombreuses études ont montré que l’agroécologie peut contribuer à l’emploi, à la sécurité alimentaire et à la restauration des ressources naturelles et des services écosystémiques.
Au Sénégal, depuis plusieurs décennies, des organisations de la société civile, des institutions de recherche, certaines communes et l’Etat portent diverses initiatives pour développer l’agroécologie. Plus récemment, l’Etat sénégalais a placé la transition agroécologique (TAE) parmi les cinq initiatives majeures du Plan d’Action Prioritaire de la deuxième phase du Plan Sénégal Emergent (2019-2023).
En mai 2019, faisant suite à cette déclaration, les différentes organisations et plateformes engagées dans l’agroécologie au Sénégal ont décidé de se réunir au sein d’une seule alliance, la DyTAES, dans le but de mener une action de dialogue politique avec le Gouvernement.
La DyTAES, c’est qui ?
La « Dynamique pour une Transition Agroécologique au Sénégal » (DyTAES) est un réseau sans reconnaissance légale, mais structuré, qui regroupe
des organisation faîtières de producteurs, de consommateurs, des ONG et des institutions de recherches sénégalaises et internationales, des réseaux d’organisations de la société civile sénégalaise et ouest africaine, un réseau d’élus locaux engagés dans la transition agroécologique.Les membres fondateurs sont : Enda Pronat, TaFAé, FENAB, CNCR, AgriSud International, Gret, AFSA, REVES, ANSTS, ACF, CICODEV, Action Aid, IED Afrique, IPAR, CIRAD.
Ce groupe a été, par la suite, rejoint par d’autres acteurs qui ont mis en commun leurs connaissances et compétences pour co-construire un document de contribution politique pour une transition agroécologique au Sénégal à partir de consultations menées auprès d’un millier de personnes (producteurs/trices, éleveurs, services techniques, ONG, etc.) dans les 6 zones éco-géographiques du pays. La DyTAES est aussi membre de l’Alliance pour l’Agroécologie en Afrique de l’Ouest (3AO).

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28 Oct 2020

Le projet FAIR mise sur l’agroécologie pour accroître la résilience des producteurs sahéliens

L’intensification agroécologique permet de rémunérer décemment les agriculteurs, nourrir sainement les populations, tout en protégeant les ressources naturelles. Les petits producteurs de trois pays sahéliens pourront miser sur l’adoption de ces nouvelles méthodes pour améliorer leurs conditions de vie et la résilience de leur exploitation. Le projet FAIR les accompagnera vers cet objectif. Coordonné par le Cirad, il est co-financé par l’AFD et l’Union européenne dans le cadre du programme DeSIRA.

L’agroécologie pourrait-elle permettre d’intensifier de manière durable une productivité agricole sahélienne en proie à de profondes vulnérabilités ? C’est là tout l’enjeu du projet FAIR coordonné par le Cirad, dont un atelier fédérateur a eu lieu à Ouagadougou en octobre. Co-financé à hauteur de 9 millions d’euros par l’Union européenne et l’Agence française de développement, il réunira pendant quatre ans dix partenaires européens et ouest-africains autour d’activités menées au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal. « C’est un projet très ambitieux, précise Eric Scopel, spécialiste des transitions agroécologiques au Cirad. Nous souhaitons mettre en place avec les producteurs des innovations agroécologiques permettant d’améliorer leurs conditions de vie, tout en pesant moins sur les ressources naturelles. Mais l’originalité est surtout de revisiter les processus collectifs à l'œuvre entre les producteurs et les acteurs de la recherche et du développement, pour rendre pérenne l’appropriation de ces innovations dans les zones rurales. »

Sortir des systèmes agricoles vulnérables et peu performants

À l’origine du projet, une agriculture sahélienne exposée à de nombreux risques, au premier rang desquels le changement climatique. « C’est une zone tampon qui en subit de plein fouet les effets, au-delà de ses fragilités structurelles liées aux conditions de pluviométrie et de température » détaille Eric Scopel. Essentiellement tournés vers les productions vivrières et l’élevage traditionnel, les systèmes agricoles se caractérisent par des rendements faibles (<1t/ha) et des pertes post-récolte élevées (>30%). Quelques voies d’intensification émergent, mais elles sont soumises à des contextes de marché extrêmement instables et des prix fluctuants. Par ailleurs, la population africaine devrait tripler à l’horizon 2100. Dans ce contexte de forte pression anthropique -on assiste à une dégradation rapide des ressources naturelles (sols, eau, biodiversité) ainsi qu’à une compétition pour les différents usages des terres agricoles et pastorales. « Les systèmes agricoles sont en déséquilibre permanent et de moins en moins durables », expose le chercheur. Cette situation critique, qu’accentue encore davantage l’insécurité liée aux mouvements terroristes, explique qu’une grande partie de la population sahélienne soit touchée par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Selon Oxfam, en 2018 au Sahel, près de 10 millions de personnes souffrent de malnutrition aiguë, dont 1,6 million d’enfants, et entre 40 et 50 % de la population vit dans l’extrême pauvreté.

Intensification agroécologique

Face à cette insécurité alimentaire chronique, FAIR fait le pari de l’agroécologie, via des activités menées à trois niveaux. Celui des communautés, en s’appuyant sur les expériences des producteurs eux-mêmes ainsi que sur les contributions d'acteurs de la recherche et du développement, pour définir de nouvelles méthodes et techniques de production. Celles-ci concernent tant la gestion des sols et de leur fertilité que l’incorporation de la biodiversité végétale dans les cultures. Les interactions entre agriculture et élevage seront également abordées, pour passer « d’une relation conflictuelle à une relation bénéfique », schématise Eric Scopel.
Les services à disposition des producteurs et leurs liens aux marchés sont d’une importance capitale pour accompagner efficacement la mise en place de ces innovations. C’est pourquoi le second niveau d’action est celui des institutions régionales (fédérations de producteurs, autorités locales, entreprises du marché et des filières, recherche locale, instituts de formation, ONG). En recourant aux outils de prospective (ateliers, jeux de rôle), l’ensemble des acteurs explorent collectivement les conditions d’émergence de l’agroécologie de demain : accès aux filières, accès aux semences, mécanisation, appui technique spécialisé, formation.
Enfin, aux niveaux national et intra sahélien, un travail de plaidoyer vise la convergence avec d’autres initiatives similaires, mais surtout l’appui politique des gouvernements. Objectif : pérenniser et étendre la transition agroécologique des systèmes.

Savoir s’adapter aux changements de demain

Grâce à l’intensification et à la diversification de la production, les agriculteurs pourront améliorer leurs revenus et les populations rurales accéder à la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Une attention particulière sera portée à l’impact de l’intensification agroécologique sur la condition des femmes et la répartition de la charge de travail entre les sexes*. En permettant un usage plus efficient des ressources et intrants mobilisés, les nouvelles voies d’intensification agroécologiques seront moins nocives pour la santé et l’environnement.
Dans un contexte de forte incertitude face à l’ampleur et la diversité des changements à venir, le plus grand défi du projet est que les acteurs locaux deviennent autonomes dans les processus d’adaptation. « Jusqu’à présent, les producteurs étaient souvent en position d’attente vis-à-vis des chercheurs, lesquels pouvaient avoir une approche normative », analyse Eric Scopel. Qu’est-ce qui satisfait les producteurs ? De quelles connaissances ont-ils besoin ? Comment la produire et la diffuser ? Un nouvel équilibre devra être trouvé dans la construction et le partage des savoir-faire. « On parie sur la prise de conscience, par les producteurs, d’autres dimensions des performances des systèmes agricoles et des impacts positifs qu’ils peuvent avoir sur les écosystèmes », conclut le scientifique.

* Le projet FAIR fait partie des initiatives pilotes du programme européen Gender Smart. A ce titre, le genre est une dimension transversale qui sera étudiée dans l’organisation de la recherche, la répartition des rôles sociaux de sexe dans les institutions et au sein des exploitations agricoles.

Partenaires du projet FAIR

  • Institut d'économie rurale (Mali)
  • Institut de l'environnement et recherches agricoles (Burkina Faso)
  • Institut sénégalais de recherches agricoles (Sénégal)
  • Institut de recherche pour le développement (France)
  • Wageningen University & Research (Pays bas)
  • Consejo Superior de Investigaciones Cientificas (Espagne)
  • Leibniz Centre for Agricultural Landscape Research (Allemagne)
  • Agronomes et vétérinaires sans frontières (France)
  • ENDA Pronat (Sénégal)

 

SOURCE : CIRAD

15 Oct 2020

JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES RURALES

JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES RURALES

Les femmes et les filles jouent un rôle majeur et de plus en plus reconnu pour un développement durable en zone #rurale. Elles constituent une large part de la main d’œuvre des activités économiques rurales et effectuent la grande majorité des tâches domestique au sein des familles et foyers en zones rurales. Elles contribuent aussi de manière significative à la production agricole, à la sécurité alimentaire et à la nutrition, à la gestion des terres et des ressources naturelles et au renforcement des capacités d’adaptation face aux changements climatiques.
La journée internationale des femmes rurales 2020 coïncide avec une pèriode fortement marquée par la pandémie de la Covid 19 rendant ainsi la situation de la femme rurale plus difficile.
ENDA PRONAT renouvelle son engagement de renforcer la résilience des femmes rurales face á la Covid19.
Les actions continueront de manière significative pour booster la production agricole, la bonne gouvernance des terres et des ressources naturelles et au renforcement des capacités

Le saviez-vous ?

Les femmes rurales représentent un quart de la population mondiale et travaillent comme agricultrices, entrepreneures ou salariées agricoles.
Moins de 20 % des propriétaires terriens dans le monde sont des femmes. Dans les zones rurales, l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes peut atteindre 40 %.
Une réduction de l’écart entre les taux d’activité des hommes et des femmes de 25 % d’ici à 2025 pourrait faire augmenter le PIB mondial de 3,9 %.
Si les femmes des zones rurales disposaient du même accès aux actifs agricoles, à l’éducation et aux marchés que les hommes, la production agricole pourrait être augmentée et le nombre d’individus souffrant de la faim pourrait diminuer d’environ 100 à 150 millions de personnes.

13 Août 2020

La terre, notre identité

Notre démarche n’est pas ponctuelle. elle se fonde sur la mission et la vision de notre maison mère, le réseau international enda tiers-monde dont enda Pronat est membre. il s’agit pour nous d’accompagner les communautés à la base, acteurs de l’économie locale et nationale, et les acteurs politiques à tous les nouveaux (local, national, sous régional et même international) dans une démarche de recherche action, pour aller vers des modèles de développement durable. les résultats de cette démarche nous permettent de construire des alternatives et de bâtir un plaidoyer sur des politiques locales, nationales, sous régionales et internationales, porté par l’ensemble des acteurs. Ce qui fait d’Enda tiers monde, et bien sûr d’Enda Pronat aussi, des acteurs de transformation de nos sociétés, pour la construction de modèles de production et de consommation plus durables, au niveau de l’alimentation, de la transmission des savoirs ou connaissances, de la création de richesses, des systèmes de gouvernance et d’exploitation de nos ressources naturelles pour la construction de modèles de développement durable qui rétablissent l’équité et la justice sociale entre les peuples. C’est construire réellement son autonomie et aspirer à la souveraineté.
En savoir plus

13 Juil 2020

Déclaration suite à l’attaque à main armée et cambriolage du domicile du porte-parole de la CGLTE OA

Nous, Plateformes Nationales de la Convergence Globale des luttes Terre et Eau Ouest Africaine (CGLTE OA), représentant de 15 pays et organisations, sommes signataires de la présente déclaration.

Face à l’agression dont a été victime, notre Camarade Massa KONE, Porte-parole de la CGLTE OA et de No vox Afrique, Membre du Comité international du Forum Social Mondial et de la coordination pour le Droit à l’Alimentation et la Nutrition, le vendredi 22 juin 2020 à son domicile.

Nous sommes indignés face à cette intervention musclée qu’a subi Massa KONE et sa famille, par six (06) individus cagoulés et habillés en tenue militaire avec des armes de guerre, qui s’est soldé par des actes de vandalisme, d’agressions, et de pillages de son domicile et en présence des enfants terrorisés.

Nous condamnons, ensemble et sans réserve cet acte barbare à l’encontre de Massa KONE et sa famille et mettons en garde les commanditaires et exécutants.

Lire la déclaration

 

09 Juil 2020

Dynamique nationale pour une transition agroécologique au Sénégal (DyTAES).

En mai 2019, suite à la déclaration du Président de la République faisant de la transition agroécologique un axe prioritaire de son quinquennat, les différentes organisations, plateformes et réseaux engagés dans l’agroécologie au Sénégal ont décidé de se réunir au sein d’une seule alliance dans le but de mener une action de dialogue politique d’envergure nationale : cette initiative a donné naissance à la Dynamique Nationale pour une Transition Agro-Ecologique au Sénégal (DyTAES).

09 Juil 2020

Le Réseau des communes et villes vertes du Sénégal (REVES)

Une trentaine de maires sont entrain de mettre en pratique l’agroécologie dans leurs communes en luttant contre l’introduction d’OGM et la réduction de l’utilisation des pesticides chimiques, en mettant en défens des forêts, en œuvrant pour la régénération des pâturages, en promouvant les énergies renouvelables pour favoriser l’accès des producteurs/trices à l’eau d’irrigation, etc. Ils se sont rassemblés au sein du REVES qui a tenu son assemblée constitutive à Ndiob, le 16 janvier 2017.

En 2018, le REVES a également co-organisé avec Enda Pronat, la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FENAB) et l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) la 2ème édition des journées de l’agroécologie les 5 et 6 février 2018 à la Place du Souvenir Africain à Dakar. Ces journées ont été clôturées par la «Nuit de l’Agroécologie» au Théâtre Daniel Sorano, avec une retransmission en direct des débats à la 2STV

1. Ndiob, à la tête du REVES

Le maire de la commune de Ndiob assure la présidence du REVES.

La commune de Ndiob est chef-lieu d’Arrondissement du même nom dans le Département de Fatick, Région de Fatick. Elle couvre une superficie de127 km² englobant 18 villages et 19 028 habitants.

Le conseil municipal actuel de Ndiob a été installé en Juin 2014 suite aux dernières élections municipales du Sénégal. Dès son installation le conseil municipal a défini officiellement et adopté sa vision de développement économique et sociale «Faire de Ndiob une commune verte, résiliente à travers un processus de développement économique et social endogène, inclusif et respectueux des droits des personnes vulnérables.»

Pour mettre en œuvre sa vision, en 2017 la commue a sollicité l’appui de ENDA-PRONAT qui l’a accompagné dans la réalisation d’un diagnostic participatif du terroir, notamment l’état de dégradation des RN et recueillir l’avis des populations (plus d’un millier de personnes dont 50% de femmes) par rapport aux actions à envisager pour régler les problèmes constatés.

Une évaluation des systèmes de production a été menée dans le but d’aboutir à l’élaboration d’un modèle de développement agricole compris et accepté par les populations. En réponse à la problématique majeure de dégradation de leur environnement, les populations ont préconisé plusieurs actions comme la mise en place d’une convention locale de gestion durable des ressources naturelles, des activités de renforcement de capacités et des appuis en matériel et intrants agricoles (semences, matière organique) pour accompagner la transition agro écologique.

Pour faciliter la mise en œuvre de ces actions,le conseil municipal de Ndiob principal animateur du dispositif a mis en place le Collectif des Amis et Partenaires de la Commune de Ndiob (CAP COMMUN). Les premiers résultats du programme de Transition Agroécologique sont déclinés dans le rapport de l’atelier bilan du quinquennat du conseil municipal.

08 Juil 2020

Communiqué de presse de la Coalition suisse pour le droit aux semences: La Suisse, le Liechtenstein et la Norvège sapent le droit aux semences dans les pays du Sud

Berne, le 9 juillet 2020 – Dans une lettre ouverte, 250 organisations de 60 pays demandent à la Suisse, à la Norvège et au Liechtenstein de cesser d’imposer aux pays du Sud des lois strictes sur la protection des obtentions végétales qu’ils ne respectent pas eux-mêmes. Cette demande des pays de l’AELE pour une protection stricte des variétés végétales – une sorte de protection par brevet des semences – restreint considérablement la libre utilisation des semences aux dépens des agriculteurs du Sud. Le droit à l’alimentation, la souveraineté alimentaire et la diversité agrobiologique sont menacés. 

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25 Juin 2020

« COVID-19 et impacts socio-économiques sur le monde rural : il faut réformer les politiques agricoles

Installation de la COVID-19 au Sénégal avec des impacts socio-économiques sur le monde rural et l’Agriculture

Annoncé officiellement au Sénégal le 2 mars 2020, la COVID-19 a touché aujourd’hui toutes les régions du pays. L’interdiction de rassemblement le 13 mars, l’état d’urgence proclamé le 23 mars avec des mesures d’endiguement, notamment la restriction des déplacements interurbains, et la suspension des marchés hebdomadaires ou « louma », ont engendré divers impacts et mis en lumière les limites des politiques sanitaires, mais aussi socio-économiques et agro-environnementales du pays.
Les populations vulnérables les plus touchées par cette pandémie, sont celles des quartiers des banlieues qui vivent dans des situations précaires, mais aussi celles du monde rural, beaucoup moins équipées et résilientes pour se défendre face au virus, notamment les agropasteurs et personnes actives des secteurs de l’informel.
En effet, la commercialisation des produits agricoles de la contre-saison froide qui sont périssables, a été sévèrement perturbée. L’économie rurale principalement assurée par le secteur primaire qui représente 16% du PIB et 50% des emplois est paralysée. Des stocks de semences sont autoconsommés par endroit pour faire face à la soudure précoce, et la campagne agricole d’hivernage est compromise par manque de ressources matérielles (intrants et équipements) et/ou financières qui aurait dû se faire pour certains avec les recettes de la campagne de contre-saison.
Face à une démographie galopante, à un modèle agricole mondial à bout de souffle, aux effets croissants du réchauffement climatique, … : comment parvenir à assurer la sécurité alimentaire des populations de manière durable ? Cette question d’ordre mondial est devenue d’autant plus préoccupante dans un contexte de pandémie de la COVID-19 qui remet plus que jamais en question nos systèmes alimentaires.

Les plans de riposte adoptés par l’Etat, les organisations de la société civile et les populations s’inscrivent dans le très court terme, alors que l’insécurité alimentaire s’accentue

Bien avant le début de la pandémie du COVID-19, 135 millions de personnes à travers le monde étaient déjà confrontées à une situation d’insécurité alimentaire grave en raison de crises ou de chocs préexistants : http://www.fao.org/news/story/fr/item/1269763/icode/.
Selon la FAO, en 2020, 24 millions de Sahéliens, dont la moitié sont des enfants, ont besoin d’une assistance et d’une protection vitales, le nombre le plus élevé jamais enregistré. En raison de la violence généralisée et des catastrophes naturelles, 6,9 millions de personnes sont confrontées aux conséquences désastreuses des déplacements forcés. Plus de 4,5 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur de leur pays ou réfugiées – soit un million de plus qu’en 2019, et 2,5 millions de retournés luttent pour reconstruire leur vie.
Au Sénégal, le bilan négatif de la précédente saison des pluies (2019) annonçait déjà une situation d’insécurité alimentaire et de malnutrition accrue et préoccupante, selon un rapport de la FAO de novembre 2019. L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim) avait déclaré qu’au moins 975 000 personnes avaient été touchées par la sécheresse au Sénégal . Déjà en 2019, des signaux d’insécurité alimentaire étaient perceptibles sur le terrain.
La situation inquiétante de la crise annonce des menaces plausibles d’insécurité alimentaire, et d’écroulement de l’économie nationale, surtout pour un pays comme le Sénégal ou le déficit commercial s’est aggravé au mois de mars dernier, indique la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE). Durant le mois de mars 2020, les échanges extérieurs du Sénégal font ressortir un déficit de 274,5 milliards contre 29,4 milliards en février 2020, soit un creusement de 282,8 milliards’’, constate la DPEE dans son Point mensuel de conjoncture pour le mois de mars : http://aps.sn/actualites/economie/article/le-deficit-commercial-s-est-degrade-en-mars-dpee.

De surcroît, quand on se réfère au communiqué du 18 mars 2020 du Directeur du commerce intérieur, le pays était à un stock cumulé de 246 mille tonnes de riz (denrée la plus consommée par les sénégalais et son niveau d’importation toujours trop importante) pour couvrir deux mois et demi, et attendait un complément de 120 mille tonnes au mois d’avril pour atteindre une couverture des besoins du pays pendant quatre mois

Dans la confusion totale et l’incertitude sur l’avenir que la crise de la COVID-19 nous réserve, des initiatives d’appuis sont notées autant du côté de l’Etat que des organisations de la société civile, principalement sur la sensibilisation pour le respect des mesures barrières et des dons de kits de protection sanitaire, de vivres de soudure, l’appui en intrants et en matériel agricole. En effet, des plans de riposte sectorielle, notamment de l’agriculture, de l’élevage et du développement territorial sont mis en place par le gouvernement pour gérer l’urgence de sortie de crise dans le court terme.
Par exemple, pour cette présente campagne agricole 2020, le Gouvernement du Sénégal a décidé de faciliter l’acquisition d’intrants et de matériels agricoles subventionnés à hauteur de 60 à 70% et d’accompagner les petites exploitations agricoles pour un coût global de 90 361 598 870 FCFA.
Au vu des besoins des populations vulnérables touchées par la crise, sans parler des retards liés à leur mise en place effective, ces plans d’aide sont très insuffisants et n’ont pas non plus intégré de planification stratégique à moyen et long terme pour promouvoir le développement de systèmes alimentaires durables et viser la souveraineté alimentaire et nutritionnelle.
En outre, certaines tranches de la population rurale, particulièrement des acteurs économiques agrosylvopastoraux et de l’artisanat, ont eux aussi su mettre à l’épreuve leur ingéniosité en exploitant les potentialités des ressources de leur territoire et réorganisant leur système d’exploitation. Il s’agit notamment devant la situation d’urgence, du développement de marchés de proximité au niveau des villages et communes, de partenariats commerciaux entre producteurs, transporteurs et commerçants, du renforcement de l’autonomie et du pouvoir de négociation des exploitations familiales. Seulement, aucune garantie de pérennisation et de mise à l’échelle de ces initiatives ponctuelles et éparses n’est donnée.

Nécessité de politiques cohérentes qui promeuvent des systèmes de production et économiques plus résilients et autonomes.

Le Sénégal n’est pas encore sorti de cette situation de crise sanitaire avec des incidences á tous les niveaux (social, économique, écologique). Les plans de riposte des autorités contre la COVID-19 sont éphémères et les défis de l’agriculture sénégalaise énormes. Et pourtant, des acteurs de la société civile avaient sonné l’alerte bien avant la pandémie en incitant les gouvernants vers des politiques de développement plus résilientes aux crises et catastrophes naturelles et qui garantissent mieux la bonne gouvernance des ressources naturelles et la reconquête de la souveraineté alimentaire.
C’est dans cette logique que les résultats du diagnostic produit par la Dynamique pour la Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES) lors d’un vaste processus de consultation dans les six zones éco-géographiques du Sénégal au second semestre de l’année 2019 ont mis en relief 15 défis auxquels l’Agriculture sénégalaise fait face. Et nous constatons que les effets de la crise n’ont pas changé le contenu du diagnostic de la DyTAES, mais l’ont plutôt mis au grand jour. Les difficultés et l’insécurité constatés durant cette crise confirment à nouveau la pertinence des recommandations d’ordre général et spécifiques de la DyTAES sur la nécessité, voir l’obligation de revoir le modèle de développement territorial et les systèmes alimentaires du Sénégal pour une transition agroécologique au niveau national, gage de la résilience et de l’autonomie des exploitations familiales.
L’agroécologie est reconnue à l’international comme un levier puissant pour rendre plus durables l’agriculture et l’alimentation (FAO, 2018 ; IPES-Food, 2018 ; De Schutter, 2011 ). Basée sur des processus ascendants et territoriaux, l’agroécologie aide à résoudre les problèmes locaux grâce à des solutions adaptées au contexte. Les innovations agroécologiques se fondent sur la production conjointe de connaissances, en associant la science et les savoirs traditionnels, concrets et locaux des producteurs et productrices. En renforçant leur autonomie et leur capacité d’adaptation, l’agroécologie donne aux producteurs-trices et aux populations les moyens d’être des acteurs clés du changement.
En Afrique subsaharienne, de nombreuses études de cas prouvent que l’agroécologie peut contribuer à la sécurité́ alimentaire et nutritionnelle tout en restaurant les ressources, les services écosystémiques et la biodiversité (Oakland Institute, 2020 ; AFSA, 2019 ; FAO, 2020). Ces études montrent également que l’agroécologie peut jouer un rôle important dans la cohésion sociale, le renforcement de la résilience et l’adaptation au changement climatique. Elle ouvre de nouvelles perspectives aux jeunes ruraux et peut, de ce fait, concourir à freiner l’exode rural actuellement observé en Afrique sub-saharienne.
Au vu de la nature systémique et multidimensionnelle des freins au changement, on comprend que la transition agroécologique n’est pas qu’une affaire d’agriculteurs ou d’éleveurs. Elle s’appuie nécessairement sur des changements profonds dans l’organisation des filières et des territoires et dans l’ensemble du système d’appui à l’agriculture (recherche, formation, conseil, subvention, etc.).
Dès lors, les initiatives endogènes, généralement fondées sur les principes de l’agroécologie, méritent davantage d’attention des pouvoirs publics pour leur mise à l’échelle en vue de mettre fin aux menaces d’insécurité alimentaire qui s’accentuent chaque année à travers le pays.
Malgré́ la bonne volonté́ du gouvernement qui a placé la transition agroécologique parmi les cinq initiatives majeures du Plan d’Action Prioritaire de la deuxième phase du Plan Sénégal Emergent (2019-2024), et des autres acteurs, la mise à l’échelle de l’agroécologie est freinée par l’éparpillement des initiatives et par des blocages systémiques. Un dialogue entre tous les acteurs et une mise en synergie des initiatives apparaissent comme deux conditions préalables pour aller de l’avant et opérationnaliser la vision du chef de l’Etat.

Que propose la Dynamique pour la Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES) ?
Le document de contribution qui a été produit par la DyTAES au sortir des consultations du monde rural a été remis aux autorités compétentes du pays en février 2020, et puis largement diffusé en ligne. Dans ce document, sont formulées des recommandations politiques en faveur de la transition agroécologique dans le court et le long terme. De prime abord, la DyTAES propose trois recommandations immédiates :
i) Mettre en place un cadre national de dialogue regroupant tous les acteurs pour la transition agroécologique ;
ii) Encourager et appuyer financièrement des expérimentations impliquant la mise en œuvre de changements coordonnés et simultanés dans plusieurs secteurs d’activités (éducation, agriculture, alimentation, énergie, habitat, forêt…) à l’échelle de communes ou départements pour mettre en œuvre un plan territorial ;
iii) Identifier des priorités pouvant avoir un effet de levier pour la transition agroécologique et les valoriser dans les expérimentations.
Cependant, la DyTAES n’a pas eu de retour du gouvernement du Sénégal depuis qu’elle lui a remis officiellement ce document de contribution politique lors de la 3ème édition des Journées de l’Agroécologie qui s’est tenue du 30 janvier au 1er février 2020 en présence de 1500 personnes provenant essentiellement du monde rural, d’une diversité d’organisations du Sénégal et de pays de la sous-région ouest africaine, de l’Europe et du Canada.
Présidées à l’ouverture par le Ministre de l’Agriculture et clôturées par le Ministre de l’Environnement représentants du président de la République, ces journées furent l’occasion pour la DyTAES d’appeler le gouvernement sénégalais au dialogue en faveur d’une politique intégrée et fondée sur une vision holistique qui prend en compte le caractère multidimensionnel et transversal de la transition agroécologique.
Toutefois, la DyTAES réitère sa disponibilité pour accompagner l’Etat du Sénégal dans la construction d’une politique de transition agroécologique intégrée et holistique, avec une intervention coordonnée dans plusieurs secteurs, et qui sera capable d’aborder toutes les dimensions nécessaires à cette transformation.
Pour endiguer la menace d’insécurité alimentaire qui s’annonce et renforcer notre autosuffisance alimentaire et notre souveraineté alimentaire, la DyTAES demande à l’Etat de renforcer les investissements dans l’agriculture pour cette année particulière, et plus particulièrement dans l’agroécologie, et de prendre des mesures spéciales pour renforcer la sécurisation de la production agricole et l’autonomisation des exploitations familiales au détriment des agro-industries à qui l’on réserve d’habitude une bonne partie des subventions agricoles, mais aussi étendre les mesures d’appui en intrants aux engrais organiques.
Pour le moyen et long terme, la DyTAES décline sa proposition d’orientation politique sur quatre axes principaux similaires à ceux du Programme National d’Investissement Agricole pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition (PNIASAN) :
Axe 1 – Amélioration et sécurisation des bases productives
• Permettre un accès équitable à l’eau productive pour les exploitations familiales, et susciter une utilisation durable de l’eau par tous les usagers : accroître les investissements et assurer un accès économique à l’eau productive en quantité et en qualité suffisante avec moins d’impact carbone) ;
• Faire de la gestion durable des ressources naturelles (forêts, ressources halieutiques, sols) une priorité nationale : responsabilisation des communautés et application rigoureuse de réglementations adaptées ;
• Protéger et valoriser les semences paysannes, les races rustiques et les espèces forestières et halieutiques locales en veillant à la préservation de la biodiversité.

Axe 2 – Accroissement durable de la productivité́ et des productions d’agriculture, d’élevage et de la pêche
• Renforcer la résilience des systèmes de production agricole, d’élevage et de la pêche via l’adoption de pratiques agroécologiques : accompagner les exploitations familiales qui souhaitent s’engager dans l’agroécologie à travers des mesures incitatives (produits d’assurance agricole adaptés, amortissement des risques, infrastructures de stockage et conservation, etc.)
• Faciliter l’accès des exploitations familiales à des intrants organiques et à des équipements de qualité́ pour accroître la productivité́ des systèmes agriculture, d’élevage et de la pêche :
• Subventionner et rendre plus accessibles les biofertilisants, les biopesticides et le matériel agricole et soutenir toutes les initiatives de valorisation des ressources alimentaires pour le bétail et de production de cultures fourragères afin de favoriser la complémentarité́ agriculture-élevage ;
• Prioriser l’agroécologie dans les programmes de recherche, de formation et de conseil agricole.
Axe 3 – Promotion des produits issus de l’agroécologie dans les chaînes de valeur agricole, d’élevage et de la pêche
• Limiter les pertes post-récolte, améliorer la qualité sanitaire des produits et diversifier l’offre en produits transformés : renforcer les capacités des acteurs et les infrastructures de conservation, de transformation et de transport ;
• Promouvoir la consommation des produits issus de l’agroécologie au niveau national : campagnes d’information, sensibilisation et inclure dans les commandes publiques des quotas ou clauses pour faciliter l’accès des produits agroécologiques aux marchés, notamment institutionnels.
• Faciliter l’accès des exploitations familiales à des marchés qui valorisent les produits agroécologiques : renforcer les mécanismes de régulation des marchés et d’information sur la disponibilité́, la localisation et le prix des produits issus de l’agroécologie.
Axe 4 – Amélioration de la gouvernance, des conditions cadres et du financement pour une transition agroécologique à grande échelle
• Instaurer un cadre de concertation intersectoriel, participatif et inclusif pour faciliter la construction, la mise en œuvre et le suivi des politiques de transition agroécologique : soutenir également la mise en place de cadre de concertation multi-acteurs au niveau local ;
• Améliorer, adopter et faire appliquer les lois, codes et règlements favorables à la transition agroécologique : foncier, biosécurité et aménagement du territoire ;
• Assurer le financement de la transition agroécologique en priorisant le soutien aux exploitations familiales : budgets spécifiquement alloués à la transition agroécologique et orientés en priorité vers le soutien aux exploitations familiales, à la recherche sur l’agroécologie, à la préservation des ressources naturelles et à la restauration des sols.

09 Juin 2020

NOTE D’INFORMATION SUR LES IMPACTS DU COVID19 DANS LES ZONES D’ANCRAGE D’ENDA PRONAT

INTRODUCTION

Le Coronavirus COVID-19 a surpris le monde entier par la rapidité et l’ampleur de sa propagation et ses conséquences multidimensionnelles et multisectorielles.A l’instar de plusieurs pays, le Sénégal a été touché. Depuis l’apparition du premier cas déclaré le 02 Mars2020, l’Etat du Sénégal a pris plusieurs mesures budgétaires, économiques, sanitaires, sociales et politiques pour faire face à cette pandémie.L’installation de l’état d'urgence et du couvre-feu, les limitations de déplacements,l’interdiction des rassemblements et la fermeture de bon nombre des marchés sont parmi les mesures prises pour faire face à cette pandémie qui n’épargne aucun secteur ni aucune couche de la population.Enda Pronat,qui travaille sur la transition agroécologique et la gestion durable des ressources naturelles avec les populations rurales,suit et vit avec les bénéficiaires les conséquences de Covid -19.

I –ETAT DES LIEUX

Quelle que soit la zone d’intervention (Vallée du Fleuve Sénégal, Niayes Sud, Bassin arachidier et Tambacounda), la situation vécue par les communautés rurales reste sensiblement identique.

11 -Situation par rapport à la mise en œuvre des activités de projet d’Enda Pronat

Enda Pronat travaillant avec des populations rurales, la période actuelle de pandémie de Covid 19 (mars à mai) coïncide avec une phase intensive d’activités non agricoles sur le terrain.Dans la plupart des zones, les populations ont plus de temps libre et sont facilement mobilisables pour la mise en œuvre des activités participatives. Vu sous cet angle, nous notons plusieurs inconforts :

  • le report de plusieurs activités structurantes et participatives relatives à la redynamisation des cadres locaux de gestion des ressources naturelles (GRN) à Koussanar (formations sur le foncier, renforcement et accompagnement de comités villageois paritaires de GRN, renforcement des caisses villageoises, etc.) ;
  • les difficultés dans le suivi des activités,notamment la restriction de l'appui-conseil auprès des producteurs et productrices et du suivi rapproché effectué au niveau des caisses locales autogérées pour recouvrer les crédits de semences et de matériel agricole et prendre en charge les expressions de besoins pour la campagne d’hivernage à venir ;
  • Un service minimum est cependant assuré avec les collègues des équipes locales présentes dans les zones d’intervention qui parviennent à accompagner les producteurs et productrices individuellement autant que possible, et avec l’utilisation accrue du téléphone pour les acteurs à la base et l’équipe de coordination qui démarche pour obtenir des autorisations de circuler.

12-Situation sur le terrain

L’état des lieux de la situation sur le terrain nous permet d’analyser les aspects sanitaires,mais aussi la façon dont la pandémie affecte les activités des bénéficiaires et les ressources.

Situation socio-sanitaire dans les zones d’intervention

Nos zones d’intervention sont encore peu touchées par la maladie en terme de contamination1, cependant, il faut poursuivre la vigilance avec les mesures barrières.Des comités locaux de lutte contre le Covid19 sont mis en place et travaillent entre autre à l’identification des bénéficiaires et à la distribution des appuis apportés par l’Etat pour faire face au Covid 19.

Situation sur les activités économiques.

En milieu rural, les populations ont plusieurs activités,toutes impactées de manière plus ou moins grave :

  • les difficultés de commercialisation des récoltes sont liées à la fermeture des loumas et marchés (espaces de service, de vente de produits ruraux et d’approvisionnement), à la réduction de la vente «bord champ» et du commerce de détaille long des axes routiers fait par les femmes revendeuses,et à la fermeture de restaurants et d’hôtels.
  • les perturbations dans les transports ont touché les transporteurs de nos zones avec les bus de transport interurbains reliant des localités du pays à la capitale.
  • Les difficultés sur l’élevage: avec la fermeture des frontières, des loumas, le couvre-feu et l’interdiction des cérémonies,des problèmes sont notés par rapport à la transhumance(déplacement et méfiance envers les éleveurs vus comme des étrangers pouvant contaminer), aux pâturages et à l’alimentation (accès à l’eau et à l’alimentation) du bétail, à l’approvisionnement en animaux sur pied, en viande et lait des unités de transformations et des centres urbains; ce qui constitue également un énorme manque à gagner pour les éleveurs en terme de revenus tirés de leurs activités.

Situation sur les flux migratoires

La saison sèche est une période d’exode pour les jeunes à la recherche d’emplois vers les villes dans le secteur informel et comme ouvriers agricoles dans les zones de culture irriguée. Les revenus obtenus permettent de prendre en charge plusieurs besoins de la famille,d’acheter des intrants pour la campagne agricole et de rendre la période de soudure moins dure.Certains jeunes qui avaient quitté leur village après la saison des pluies sont bloqués dans les villes et avec les mesures mises en place par l’Etat, ils se trouvent dans une situation très précaire, surtout que le secteur informel est aussi durement touché par la crise. L’indisponibilité en main-d'œuvre agricole lors des périodes de récolte d’oignon prolonge la durée de récoltes dans les champs,entrainant ainsi une augmentation des charges d’exploitations et exposant les produits aux attaques et à la pourriture.

Situation sur les ressources naturelles

L’exploitation du charbon de bois procure des revenus aux exploitants et aux femmes qui ramassent les restes au niveau des sites de combustion après exploitation par le propriétaire et les commercialisent ou les utilisent pour leurs besoins en combustibles au niveau des foyers. Avec la fermeture des marchés et la diminution des revenus, on constate une forte pression sur les ressources naturelles de la part des communautés,avec notamment la coupe des arbres pour le bois de chauffe de la part des femmes et le trafic de bois par les hommes. En réalité aucune couche de la société n’est épargnée par les conséquences économiques de la pandémie: les producteurs et productrices, les commerçant.e.s, les exploitants forestiers, les transporteurs, les femmes et les jeunes.Cependant,les communautés s’organisent de mieux en mieux pour s’adapter à la nouvelle situation et faire face aux effets et conséquences du Covid19.