"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
54, Rue Carnot , Immeuble Cheikh Hamidou KANE Dakar , Plateau
(+221) 33 889 34 39
BP
3370
05 Oct 2021

Enda Pronat et le réseau Enda Tiers Monde au cœur de la semaine mondiale d’action pour les objectifs de développement durable

Alors que la semaine mondiale d’action pour les objectifs de développement durable se tient pour la 5e année consécutive, le réseau international Enda Tiers Monde et ses membres, dont Enda Pronat, se sont mobilisés pour apporter leur contribution à travers des actions concrètes sur le terrain, auprès des communautés.
La Semaine mondiale d’action #Act4SDGs a pour objectif d’encourager l’action collective et de mobiliser l’ensemble des parties prenantes pour conduire au changement et rappeler aux chefs d’États que les citoyens du monde entier sont engagés pour accélérer l’atteinte des ODD. Cette année s’est tenue la 5e édition de cette mobilisation internationale, du 17 au 28 septembre, durant la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies.
Présent dans trois continents (Afrique, Asie, Amérique Latine) le réseau ENDA Tiers Monde développe ses activités dans une dynamique transformatrice en parfaite symbiose avec les objectifs de développement durable. C’est à ce titre qu’ENDA Tiers Monde, en collaboration avec ses différentes entités à travers le monde et son partenaire technique et financier qu’est l’Union Européenne, s’est joint aux actions de mise en œuvre de l’Agenda 2030 et des ODD au cours de la semaine du 17 au 28 septembre 2021.
Enda Pronat est l’une des entités du réseau Enda Tiers Monde. Depuis sa création, l’organisation œuvre pour un changement de comportements en faveur de la transition agroécologique. Une analyse détaillée de l’ensemble des interventions menées dans ce sens ont permis de voir que l’organisation contribue à l’atteinte de 16 des 17 ODD. En effet, Enda Pronat travaille directement sur six ODD (2, 5, 11, 12, 13, 15 et 17), et indirectement sur 9 ODD (1, 3, 4, 6, 7, 8, 9, 10, et 16). Seul l’ODD 14 sur la vie aquatique n’est absolument pas concerné par les interventions d’Enda Pronat.


Enda Pronat a activement participé à la semaine d’action #Act4SDGs aux côtés des autres entités du réseau Enda Tiers Monde, à travers la capitalisation et la diffusion sur ses différents canaux de communication d’un certain nombre d’activités organisées dans ses différentes zones d’ancrage :
• Un pompage solaire a été installé au niveau du jardin des femmes de Guédé Village, accompagnées par Enda Pronat dans la recherche action en agroécologie depuis sa création en 2002.
• Une formation sur la gestion participative et inclusive des ressources naturelles, et particulièrement sur les textes et lois fonciers et forestiers, a été organisée auprès des 26 comités villageois paritaires de gestion des ressources naturelles de la Commune de Ndiob.
• Une rencontre de la Dynamique pour une transition agroécologique de la zone de Tambacounda (DyTAEL Tambacounda) a été organisée les 15 et 16 septembre avec une cinquantaine de participant-e-s d’organisations paysannes, des élus, des chercheurs, des ONG dont Enda Pronat, et des services techniques.
• Une journée de distribution d’équipements a été organisée à destination des 120 veilleurs des comités villageois de la convention locale de gestion des ressources naturelles de la commune de Diouroup, en présence des autorités locales et de partenaires de la zone.
• Des échanges et renforcements de capacités sur la participation des femmes à la gouvernance locale, notamment la participation des femmes aux élections locales de 2022, ont été organisés à Agnam Tonguel et Medina Fresbe dans la commune de Guédé Village.
• Une formation sur les co-responsabilités (rôles et responsabilités des hommes et des femmes relativement à la prise de décision, au travail domestique, productif et communautaire, et à l’accès aux ressources et aux instances de décision) a été organisée à Guédé Chantier auprès des représentant.e.s des animateurs, leaders et couples de générations et de situations différentes issus des villages de Guédé Village, Guédé Chantier, Lérabé et Médina Fresbé.
• La remise d’un document d’information sur les ODD traduit en langues locales, à l’intention des animateurs locaux de Koussanar et Ndoga Babacar.
• Des émissions sur l’agenda transformateur et les ODD en relations avec les actions locales ont été organisées avec les radios locales Koussanar FM, la voix de la nature 106.2 de Ndiob, Pout FM 92.3 (Keur Moussa), Ngatamaré FM de Ndioum et Def leng Fatick.
Ces différentes actions ont contribué à l’atteinte de dix ODD (1, 2, 5, 6, 7, 12, 13, 15, 16 et 17).

21 Sep 2021

Mise à l’échelle de l’agroécologie dans la région de Tambacounda

La Dynamique pour une transition agroécologique de la zone de Tambacounda continue son chemin. Un atelier et des visites de terrain ont été organisés les 15 et 16 septembre à Tambacounda avec une cinquantaine d’acteurs.

  Une rencontre de la DyTAEL Tambacounda organisée les 15 et 16 septembre a réuni une cinquantaine de participant-e-s d’organisations paysannes telles que le CNCR, Yakaar Niani Wulli, APROVAG et la FNPC ; des élus de communes des départements de Tambacounda et de Goudiry ; des chercheurs de l’Institut Sénégalais de Recherche Agricole (ISRA) ; des ONG comme Am Be Koun, Caritas Sénégal et Enda Pronat ; et des services techniques comme le Centre d’Appui au Développement Local (CADL), l’Inspection Régionale des Eaux et Forêts de Tambacounda, l’Inspection de l’Education et de la Formation de Tambacounda.

Ces journées s’inscrivent dans la continuité de l’atelier de lancement de cette DyTAEL qui s’est tenu en mars 2021. Plus spécifiquement, elles visaient à favoriser le partage d’expériences en vue de renforcer les synergies entre acteurs pour aller vers une mise à l’échelle de la transition agroécologique au niveau du département.

Présidée par la Préfet de Tambacounda, la première journée a été consacré à des échanges sous forme d’atelier qui ont permis de faire le point sur les avancées de l’agroécologie au niveau local, national et international, notamment grâce au plaidoyer porté par la Dynamique nationale pour une transition agroécologique au Sénégal (DyTAES) et qui est alimenté par les résultats des initiatives locales. Au niveau local, les acteurs ont eu la satisfaction de constater que la plupart des activités de la feuille de route élaborée en mars par la DyTAEL de Tambacounda ont été réalisées.

Certaines de ces activités ont fait l’objet de présentation au cours de l’atelier. C’est le cas notamment de la méthodologie de l’évaluation d’initiatives agroécologiques élaborée dans le cadre du projet Avaclim par un consortium coordonné par le CARI en collaboration avec Enda Pronat, IRD et ISRA et mise en œuvre dans le village de Saré Boubou, commune de Koussanar.

D’autres présentations ont permis de partager les résultats d’activités réalisées par le CIRAD, l’ISRA et Enda Pronat au sein du projet Desira FAIRS, telles qu’une étude sur les arènes de collaboration dans la région et la mise en place de champs expérimentaux visant à intensifier les pratiques agroécologiques.

Cette rencontre fut l’occasion de réfléchir aux perspectives pour intensifier la communication de la DyTAEL. Il a notamment été proposé de mieux documenter les résultats des initiatives agroécologiques en cours dans la zone et d’établir des conventions avec les radios communautaires pour diffuser des messages de sensibilisation sur l’agroécologie.

La seconde journée a été consacrée à des visites de terrain d’un périmètre agroforestier d’un groupement de femmes accompagné par Am Be Koun dans la commune de Sinthiou Malème, d’un champ villageois accompagné par CARITAS dans la commune de Koussanar pour alimenter une banque céréalière, et de champs expérimentaux mis en place par ISRA et Enda Pronat dans la commune de Ndoga Babacar.

D’importantes rencontres sont prévues dans la zone d’ici la fin de l’année, notamment une rencontre sur l’agroforesterie organisée par Am Be Koun.

Ces journées d’échange entrent dans la mise en œuvre de la feuille de route de la DyTAES dont la mission est de promouvoir la transition agroécologique au Sénégal. C’est ce qui justifie son plan d’action fondé d’une part par des actions concrètes d’appui en termes de renforcement de la production agroécologique, de la gouvernance durable des ressources naturelles, de la promotion des produits sains locaux, d’autre part par le dialogue politique pour la prise en compte des préoccupations des acteurs de l’agroécologie dans les politiques publiques de développement surtout agricoles.

 

20 Sep 2021

Etude – Pression foncière sur l’axe Dakar-Mbour-Thiès : Le triangle du mal

Par Ndèye Fatou NIANG (Correspondante) – En dépit de l’existence de textes de loi, la gestion durable du foncier demeure une problématique cruciale pour la plupart des communes du Sénégal. Parmi elles figurent celles situées dans le triangle Dakar-Mbour-Thiès, où de grands projets de l’Etat à impact foncier comme les Zones économiques spécialisées (Zes), le projet de Train express régional (Ter), le port de Ndayane, le projet de prolongement de la Voie de dégagement nord (Vdn) jusqu’à Saint-Louis, le prolongement des autoroutes à péage, l’installation des forages, des agrobusiness…sont mis en œuvre, augmentant la pression sur les ressources naturelles, notamment sur le foncier. C’est dans ce cadre qu’une étude a été sollicitée par Enda Pronat avec l’appui de L’Ong Heks-Eper, Acces et Fapd sur : «L’évolution des enjeux fonciers et les politiques publiques régissant la gestion de terres dans la zone d’intervention du projet.» Laquelle étude a démontré qu’avec l’installation de ces grands projets de l’Etat, il y a un risque de disparition des activités agro-silvo-pas­torales, indique Dr Alpha Bâ. Ce d’autant plus que, estime l’enseignant-chercheur à l’Eco­le nationale supérieure de l’agriculture (Ensa) de l’Univer­sité Iba Der Thiam de Thiès (Uidt), qui faisait hier une restitution de l’étude devant les populations impactées, «les réserves sont très minimes dans la zone. Et quand vous prenez le Plan national d’aménagement du territoire, les activités agro-silvo-pastorales sont classées en quatrième priorité par l’Etat dans la zone. Donc il y a d’autres priorités».

Les activités agro-silvo-pastorales menacées
En clair, poursuit le sociologue, «ce n’est pas une priorité pour l’Etat». Or argumente-t-il, «dans des pays comme le Sénégal, plus de 60% de nos populations dépendent de l’activité du secteur primaire, donc de l’agriculture. Il est important, comme nous n’avons pas un secteur tertiaire ou industriel très développé, de préserver ces secteurs comme l’agriculture. Sinon ce qui risque de se passer c’est que tous les producteurs de la zone risquent de se retrouver sans terre pour produire». Ce qui constitue un danger «pour l’agglomération de Dakar qui consomme 80% des légumes qui proviennent de cette zone». Pour simplement dire, selon Dr Bâ, «il faut penser de manière structurelle et préserver ces activités-là pour l’intérêt des producteurs de la zone mais aussi pour des questions de sécurité sanitaire pour ceux qui sont à Dakar et environs».
Revenant sur l’étude sur l’évolution des enjeux fonciers et les politiques publiques régissant la gestion de terres qui entre dans le cadre du projet «sécurisation du patrimoine foncier des communes de Diender, Cayar, Keur Moussa, Yenne, Diass, Sindia et Popenguine Ndayanne», Dr Alpha Ba note : «Ce qui est sorti de l’étude c’est qu’actuellement on a des projets comme des lignes à haute tension. Et souvent quand ces lignes sont mises en place, les gens ne voient pas trop l’impact, mais quand on les étale sur la longueur, on voit qu’elles sont des lignes avec les servitudes de sécurité qui peuvent avoir un impact foncier dans des zones où les réserves foncières ne sont pas importantes.» Aussi, «avec l’arrivé du gaz et du pétrole, il y a possibilité de construire des pipelines qui pourraient exister dans la zone et qui peuvent avoir un impact». Et ceci sans compter, «les petits projets structurants qui seront mis sur place à côté de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd), mais également l’Etat qui envisage de développer l’exploitation minière dans la zone et de mettre beaucoup de projets de logements». Le spécialiste de conclure : «Ce sont tous ces projets-là que nous avons estimé partager avec les populations, pour les informer pour qu’elles puissent se préparer par rapport à tout ce que l’Etat envisage dans la zone. Ainsi pour voir avec elles les actions à mettre sur place pour atténuer les effets négatifs.»

20 Sep 2021

Tamba : Les acteurs de la Dynamique pour une Transition Agro Ecologique Locale (DyTAEL) en conclave

Les ONG, ENDA Pronat, Am Be Koun, ISRA et Caritas se sont retrouvées pour un atelier de partage d’expériences dans le cadre de la dynamique locale pour une transition agro écologique dans la région de Tambacounda. Une session qui s’inscrit dans la continuité de l’atelier de lancement de la DyTael (Dynamique pour une Transition Agro Ecologique Locale) de la région de Tambacounda.

Il a était question entre autres, de renforcer l’alliance entre les acteurs mais également de partager des informations permettant d’alimenter le dialogue politique, le plaidoyer au niveau local.

Ardo Sow de Enda Pronat de noter que la « Dynamique pour une Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES) est un réseau qui regroupe des organisations faîtières de consommateurs, des ONG, des institutions de recherches, des réseaux d’organisations de la société civile sénégalaise et un réseau d’élus locaux engagés dans la transition agroécologique. Cette mobilisation devrait se structurer au sein de cadres locaux, Dynamique pour la Transition Agroécologique au niveau Local (DyTAEL), qui seraient chargés de nourrir et d’outiller la DyTAES dans le dialogue national avec le gouvernement sénégalais.
«Nous avons senti que le changement de système de production est une nécessité aujourd’hui dans la mesure où, avec la pandémie qui sévit à travers le monde, l’alimentation est devenue de plus en plus difficile », explique Ardo Sow. Il s’agit pour lui, « de développer des stratégies qui permettent de voir comment retourner à une agriculture beaucoup plus résiliente, une agriculture beaucoup plus productive sans engrais ni pesticide. Car, qui parle d’agriculture sans engrais ni pesticide parle de santé humaine ».

Donc, précise Ardo, la rencontre de Tambacounda est un suivi qui intervient après la mise en place de la Dytael. « Une feuille de route a été élaborée avec plusieurs actions. Et chaque acteur avait promis de faire certaines actions. Nous sommes là pour voir le niveau d’avancement ou de réalisation de ces actions », souligne-t-il.
Source: http://echoriental.com/tamba-les-acteurs-de-la-dynamique-pour-une-transition-agro-ecologique-locale-dytael-en-conclave/

16 Avr 2021

Convergence Globale des luttes pour la terre et l’eau: Rencontre bisannuelle

La coordination de la Convergence Globale de Lutte pour la terre et l’eau en Afrique de l’Ouest s’est réunie du 1er au 3 avril 2021 pour faire le bilan des actions menées depuis 2019, et préparer la suite. Enda Pronat a pris part à cette rencontre.

C’est à Selingué, dans le Sud-Ouest du Mali, que les points focaux des plateformes nationales membres de la Convergence Globale de Lutte pour la terre et l’eau en Afrique de l’Ouest (CGLTE-OA) se sont réunis pendant 3 jours, pour la rencontre biannuelle de ce réseau d’organisations de la société civile ouest africaine.

La rencontre fut l’occasion de rappeler l’historique de la CGLTE-OA, dont la genèse remonte au Forum Social Africain à Dakar en 2014. L’idée s’est ensuite affinée en 2015 au Forum Social Mondial de Tunis, avant d’aboutir la même année à l’élaboration et à la validation d’un plan d’action lors d’une rencontre organisée au Centre international de formation en agroécologie paysanne de Nyéléni (CIFAN) au Mali. Cet événement fut le point de départ d’une véritable synergie d’actions sous régionales contre les accaparements des terres et de l’eau, baptisée Convergence des luttes pour la terre et l’eau ouest africaine (CGLTE OA), et structurée d’une commission de coordination régionale, d’une commission de communication, et de 14 plateformes nationales. Une analyse des forces et faiblesses de la convergence a été faites à travers des échanges entre les participants, notamment en lien avec son système organisationnel.

Des bilans ont été dressés concernant l’exécution du plan d’actions mis en œuvre lors de la dernière rencontre de la Convergence au Bénin en 2018, et les activités menées par les plateformes nationales. Des recommandations ont été formulées pour la suite des actions à mener en 2021, et un début de plan d’action 2022-2024 a été élaboré, divisé en six axes : 1) le renforcement de la convergence et des plateformes nationales, 2) le foncier, 3) la promotion de l’agroécologie paysanne, 4) la promotion des droits humains, 5) la promotion du genre, et 6) la communication.

Les participant-e-s ont également travaillé sur les préparatifs  de la 3e édition de la caravane sous régionale, activité phare de la CGLTE-AO, prévue du 28 octobre au 18 novembre 2021. Les deux caravanes précédentes ont chacune touchées environ 10 000 personnes et mobilisées 300 organisations, tout au long des pays traversés. La 3eme caravane devrait parcourir la Gambie comme pays de départ, puis le Sénégal, la Guinée Bissau, ensuite la Guinée, et enfin pour finir avec la Sierra Léone à Freetown.

Les Sénégalais ont prévu de se rendre très prochainement en Gambie, nouveaux arrivants dans la caravane, afin de bien préparer l’événement ensemble. Bien que certaines inquiétudes persistent, notamment en lien avec le contexte de pandémie, les membres de la CGLTE-OA restent confiants sur la tenue de l’événement.

Un « Document de plaidoyers communs pour une gouvernance foncière responsable inclusive et équitable en Afrique de l’Ouest sécurisant le droit des communautés dont les femmes et enfants » a été partagé et amendé par l’assemblée. Ce document devra être remis au Président en fonction de la CEDEAO, le Président de la République du Ghana, ainsi qu’aux différents chefs d’Etat de la CEDEAO.

Enfin, les participant-e-s ont échangé sur la mise en place d’un système d’alerte pour protéger les militants actifs de la CGLTE-AO ou autres activistes par des organisations de droits humains au niveau national, régional et international.

Prochaine étape : organisation d’un atelier au Burkina Faso au mois de mai 2021, pour mettre en place des mesures préventives de protection des personnes et des données, et réfléchir au format de système d’alerte le mieux adapté à la Convergence.

 

15 Avr 2021

L’agriculture conventionnelle, un modèle à l’agonie

Le modèle d’agriculture conventionnelle a, sur le long terme , affaibli les ressources naturelles productives et les acteurs s’accordent sur le fait que l’urgence , pour le Sénégal , c’est de passer à l’agroécologie . Une transition qui , cependant , requiert un accompagnement étatique.

Lire la suite 

Source: Journal Enquête du mercredi 14 avril 2021, Sénégal

06 Avr 2021

Une Dynamique pour une Transition Agroécologique Locale (DyTAEL) en route à Tambacounda

Les 23 et 24 mars 2021, Enda Pronat et Am Be Koun ont tendu la main à d’autres acteurs de la zone de Tambacounda pour unir leurs efforts en vue de mettre à l’échelle la Transition Agroécologique dans la localité.

77 participant-e-s issus des organisations de producteurs, d’ONG, d’institutions de recherche et de formation, de privés, de collectivités territoriales et des services techniques des communes de Koussanar, Ndoga Babacar, Bala, Koar et Sinthiou Maleme ont répondu à l’appel.

L’atelier s’est déroulé sur deux jours au niveau de la mairie en présence des représentants du Préfet et du maire de Tambacounda et du sous-préfet de Koussanar. Cette rencontre a débuté par le partage du document de contribution politique de la  Dynamique pour une Transition Agroécologique au Sénégal. Puis quelques initiatives réussies en agroécologie dans la zone ont été présentées. Les participants ont ensuite échangé sur la vision, la mission et les objectifs de la DyTAES. Et finalement, une feuille de route pour la mise en place de la Dynamique pour la Transition Agroécologique au niveau Local, à Tambacounda, a été définie collectivement.

Au Sénégal, depuis plusieurs décennies, des organisations de la société civile, des institutions de recherche, certaines communes et l’Etat portent diverses initiatives pour développer l’agroécologie. Plus récemment, l’Etat sénégalais a placé la transition agroécologique parmi les cinq initiatives majeures du Plan d’Action Prioritaire de la deuxième phase du Plan Sénégal Emergent (2019-2023).

En effet, au Sénégal et plus globalement dans le Sahel, l’agroécologie apparaît de plus en plus comme une réponse pertinente à la problématique d’adaptation agricole de la région, que ce soit en matière de gestion de l’eau, de préservation du sol contre l’érosion ou de gestion de sa fertilité.

Ainsi, en mai 2019, faisant suite à la déclaration de l’Etat, les différentes organisations et plateformes engagées dans l’agroécologie au Sénégal ont décidé de se réunir au sein d’une seule alliance, la DyTAES, dans le but de mener une action de dialogue politique avec le Gouvernement.

La « Dynamique pour une Transition Agroécologique au Sénégal » (DyTAES) est un réseau qui regroupe des organisations faîtières de producteurs, de consommateurs, des ONG et des institutions de recherches, des réseaux d’organisations de la société civile sénégalaise et un réseau d’élus locaux engagés dans la transition agroécologique.

Issu d’un large processus de consultation dans les différentes régions du Sénégal, le document de contribution aux politiques nationales de TAE élaboré par la DyTAES[1], constitue un premier investissement collectif pour une TAE dont la nécessité fait l’objet d’un consensus national. Ce document a été partagé avec les décideurs lors des Journées de l’Agroécologie de janvier 2020.

A l’issue de ces journées, la DyTAES a inscrit entre autres actions dans sa feuille de route la mobilisation des acteurs au niveau local pour accompagner des dynamiques territoriales de mise à l’échelle de l’agroécologie, et ainsi construire des modèles afin d’alimenter le dialogue politique et améliorer les recommandations déjà formulées. Ainsi, cette mobilisation devrait se structurer au sein de cadres locaux – Dynamique pour la Transition Agroécologique au niveau Local (DyTAEL) – qui seraient chargés de nourrir et d’outiller la DyTAES dans le dialogue national avec le gouvernement sénégalais.

Dans les départements de Tambacounda et de Goudiry, situés dans la région de Tambacounda, des initiatives sont entreprises par plusieurs acteurs de développement, mais à des échelles réduites et de façon éparse dans l’espace.

Ces interventions généralement marquées par des moyens limités et un manque de concertation justifient aujourd’hui la mobilisation des acteurs autour d’une dynamique locale pour une véritable mise à l’échelle de la transition agroécologique. C’est dans ce sens qu’a été organisé un atelier de réflexion sur la mise en place d’une dynamique locale pour la transition agroécologique au niveau local (DyTAEL).

La feuille de route élaborée à l’issue de cet atelier regroupe des activités portées par une quinzaine d’organisations (OP, ONG, services techniques, mairies,…) désormais responsables de la réussite de cette dynamique.

« Nous avons le devoir de communiquer et de travailler ensemble pour réussir. Demain nous devrons tirer le bilan de nos actions » a rappelé le représentant du maire de Tambacounda lors de la clôture de la rencontre. Il a insisté aussi sur la nécessité d’organiser des sessions spéciales sur l’agroécologie avec les conseils municipaux pour favoriser une appropriation. Cela permettra à chaque conseiller d’être porte-voix de l’agroécologie dans son village.

Cet atelier a pu être financé grâce à l’appui des projets AVACLIM et Desira FAIRS, dont l’objectif est respectivement d’organiser des échanges sur les pratiques ou initiatives agroécologiques entre des praticiens ou acteurs de terrains, et de rassembler les acteurs engagés dans l’agroécologie pour porter le dialogue politique au niveau local

[1] https://www.endapronat.org/wp-content/uploads/2020/05/Contribution-aux-politiques-nationales-pour-une-TAE-au-Sénégal-_-DyTAES-_-Avril-2020.pdf

29 Mar 2021

One Planet Summit: Discours de Mariam SOW , Secrétaire Exécutive ENDA PRONAT

Au Sénégal, tous les acteurs  de l’agroécologie dans leur diversité  se retrouvent dans une dynamique  nationale  pour une transition agroécologique la DyTAES. Le souci est de mutualiser nos ressources, nos connaissances, et les résultats de nos recherches actions, et faire face aux enjeux  du moment que sont : la dégradation  de nos écosystèmes  et la perte de la biodiversité dues aux changements climatiques et à nos systèmes de production.

Notre DYTAES regroupe des organisations paysannes, des collectivités locales, des ONG et des institutions de recherche scientifique nationales et internationales  basées au Sénégal.

Nous sommes membres fondateurs de l’Alliance 3AO,  une plateforme de coopération, de plaidoyer et de diffusion de l’agroécologie dans la sous-région. C’est  dans  cet élan que nous, la DYTAES avons produit  un document de contribution et l’avons  remis  au chef de l’état du Sénégal, qui a fait de l’agroécologie le 4éme  axe  de son quinquennat.

Après notre structuration à la demande du ministre  de l’agriculture, nous sommes en négociations avec lui pour un cadre de  dialogue multi-acteurs pour la mise en œuvre de nos recommandations. Ce cadre va intégrer naturellement les différents  ministères, dès l’instant que  nous reconnaissons tous, que l’agro écologie  est un tout.

La  Covid  19, confirme  la nécessité d’un changement de paradigme et d’accélérer la mise à l’échelle de la transition écologique.

C’est de là que nous invitons tous les partenaires  politiques et financiers à des négociations sur des systèmes de financements adaptés et durables pour une  agroécologie portée par les peuples et pour les peuples, qui permette de rétablir les inégalités économiques et sociales, aspirer  á une souveraineté aux différents niveaux : nutritionel, alimentaire, sanitaire et bien sûr économique, au Sénégal et dans la sous-région, et ainsi sécuriser les communautés actuelles et futures.

Monsieur le Président, chers participants,  je demeure convaincue que le Sénégal va confirmer  son leadership en agroécologie, par des projets  structurants qui permettront aux dynamiques locales de passer à  l’échelle. Mais pourvu qu’il y ait une bonne gouvernance de nos ressources, une écoute mutuelle, des échanges égalitaires à tous les niveaux. On ne peut plus régler le problème tout seul, mais c’est avec la compréhension de tous et la participation de tous, de façon claire, que nous pourrons apporter une réponse à cette urgence qui est à l’échelle mondiale, pas seulement en Afrique et au Sénégal.

Je vous remercie monsieur le Président, et j’espère que j’aurai un moment beaucoup plus long pour parler de l’expérience du Sénégal qui n’est pas petite.

Version vidéo du discours https://youtu.be/JijaVXnfx60

 

 

08 Mar 2021

Quand tout un village s’initie à l’agroécologie sous l’impulsion d’une seule femme

DIEYNABA DIALLO est une productrice du Sénégal oriental, qui grâce à son leadership et son engagement, a pu entrainer avec elle tout son village dans la transition agroécologique, avec l’accompagnement d’Enda Pronat.

Dieynaba Diallo habite dans le village de Sinthiou Sambarou, dans la commune de Ndoga Babacar. Mère de 8 enfants, seconde femme d’un ménage polygame, c’est une paysanne fermement engagée dans l’agroécologie. C’est en 2017 qu’elle intègre le programme d’Enda Pronat, d’accompagnement des exploitations familiales (haatandé) dans la transition agroécologique. Elle est la seule à l’époque à croire à l’agroécologie. Mais grâce à son engagement, son leadership, sa détermination, et les résultats qu’elle a obtenus, elle a pu convaincre progressivement sa communauté villageoise de rentrer dans le processus.

D’après elle, « l’accompagnement d’Enda a permis de renforcer l’autonomie des femmes de toute la zone. Les femmes ont plus accès à la terre, elles contribuent davantage aux décisions concernant les exploitations familiales. Elles connaissent mieux leurs droits et devoirs, et les chefs de ménage se concertent avec elles pour les activités champêtres et pour prendre les décisions en lien avec le ménage. C’est grâce à Enda Pronat que j’ai eu cette opportunité de me sentir importante.”

Ainsi, avant d’être appuyée par Enda Pronat, elle se débrouillait seule dans ses champs avec ses enfants qui sont jeunes. Les enfants de sa co épouse étaient grands et ne s’occupaient que des champs de leur mère. Mais avec l’accompagnement d’Enda elle a eu du matériel et des semences pour l’aider à valoriser ses terres, et elle a réussi à acheter une charrette et un cheval pour emblaver une superficie plus importante. Elle ajoute qu’ « avant les hommes emblavaient leur champ, puis allaient emblaver les champs des femmes, mais maintenant les femmes peuvent semer à temps, et elles ne dépendent plus des hommes ».

 

D’autre part, elle et les autres femmes du village avaient tout le temps des problèmes en période de soudure, elles avaient

 des difficultés pour donner à manger à leurs enfants. Mais « avec l’appui des animateurs de la Fédération Yakar Niani Wulli et de Enda Pronat, les femmes ont pu faire une banque céréalière, et elles gèrent mieux la période de soudure. Chacune prend 50 ou 100 Kg dans la banque quand elle en a besoin, et après les récoltes elle rembourse avec des intérêts (10 kg / 50 kg empruntés). » Elles ont donc gagné en autonomie et ont renforcé la sécurité alimentaire de leurs enfants.

Elle-même présidente du GPF Kawral Sinthiou Sambarou qui regroupe 30 femmes autour d’activités d’agriculture et d’élevage, elle a remarqué que « l’accompagnement d’Enda Pronat a permis aux femmes d’être davantage dans les instances de décision. Par exemple certaines ont intégré activement les conseils municipaux. D’autres sont devenues Présidentes d’Union de producteurs, lors du récent renouvellement » (trois Présidentes sur un total de six unions).

Selon Dieynaba Diallo, « les pratiques agroécologiques ont un impact important dans la fertilisation et la santé des sols, mais aussi au niveau de la santé humaine ». Emmenées par Dieynaba, lesfemmes de son GPF ont leur jardin agroécologique aménagé et suivi par Enda Pronat, qui leur permet de subvenir à leurs besoins, de gérer l’étude de leurs enfants et d’avoir de l’aliment de bétail pour le petit ruminant. 

08 Mar 2021

AISSATOU HABY SENE, L’AMAZONE DE L’AGROECOLOGIE DANS LA COMMUNE DE KEUR MOUSSA

Aissatou Haby SENE, la cinquantaine passée, est née à Ndiobass et vit actuellement à Landou. Elle est membre active de la fédération Woobin de Keur Moussa dont elle fut présidente de la zone Sud. Plutôt bonne élève, elle a su tirer profit des formations et des connaissances acquises à travers la fédération tant dans le foncier que l’ASD et cherchant à appliquer au maximum ses connaissances. Malgré les contraintes liées à l’enclavement et au manque d’eau, elle fait preuve d’ingéniosité et d’adaptation et développe ainsi une agroécologie aux multiples facettes

Haby, la productrice en agricultrice saine et durable (ASD) : Dans ses champs, elle cultive en saison des pluies une diversité de cultures comme le niébé, le bissap, le gombo, les courges, des aubergines, etc. sans se décourager des dégâts parfois causés par la divagation animale. Elle produit ses propres bio-pesticides et fait ses traitements en cas d’attaques. Elle plante et protège également des arbres dans son champ promouvant ainsi la biodiversité. Elle passe la journée dans ses champs, ce qui lui permet de surveiller sa production.

Haby, l’experte en Lutte Anti Erosive (LAE) : Formée à la première heure, elle fait partie des  leaders et organisatrices de l’activité dans son village Landou. Avec le noyau de femmes leaders et l’animateur, elles suivent la programmation des journées d’investissement, procèdent à l’identification et à la réalisation des ouvrages. Elle a fait l’objet de plusieurs interviewes lors des reportages par des médias nationaux et internationaux pour expliquer leur activité de défense et restauration des sols (DRS), les types d’ouvrages de lutte anti-érosive, leurs utilités  et impacts sur la végétation, la restauration des terres, la sécurité du village, etc. Elle réalise également des ouvrages dans ses champs.

Haby, la défenseuse du foncier local : les sensibilisations faites pour la sécurisation des terres dans cette zone qui subit de fortes pressions foncières en raison de la réalisation des infrastructures (aéroport Blaise Diagne, autoroute à péage, cimenterie, etc.) et sa proximité avec Dakar ne l’ont pas laissée de marbre. Aussi raconte-t-elle fièrement l’anecdote où elle s’est mise sur le chemin du Caterpillar qui terrassait le sol pour des lotissements, pour préserver la terre de ses enfants. Elle (sa famille) a déposé une demande de délibérations pour régulariser leurs terres. Elle  contribue à la valorisation de leurs champs grâce aux activités agricoles développées.

Haby, la dame à la main verte, comme l’illustre la photo devant son goyavier. Elle achète régulièrement des fruits qu’elle donne aux enfants contre remise des pépins ou des graines qui passeront par sa main verte pour devenir de jeunes plantes. Tout est pour elle prétexte de pépinières, arbres fruitiers (papayers, citronniers, goyaviers, corossoliers, etc.) comme espèces forestières (kad, quinkéliba, ndiadame, kel, etc.). Elle contribue ainsi à la préservation des espèces en voie de disparition ou simplement utiles. Aussi fait-elle le bonheur des écoles, des paysans et de quelques citadins et même en dehors du pays, qui les achètent pour en faire des plantes de jardins. Elle a même acquis une cantine au site de recasement pour la vente de ses pépinières et de semences.

Toutes les personnes qui la connaissent, reconnaissent en elle ce don et cette passion que les contraintes de son environnement ne découragent guère. Elle gagne des revenus avec la vente de ses produits ASD diversifiés. Aussi s’exclame- t-elle souvent  « Si j’avais de l’eau » comme pour laisser deviner tout ce qu’elle aurait pu faire avec ce liquide précieux si rare dans leur village. Elle a également le soutien de ses enfants qui l’appuient dans les factures d’eau.

Puisse-t-elle continuer à vivre dignement de son engagement et de sa passion de praticienne de l’’agroécologie au service de sa collectivité et du monde.