Du 19 au 22 juin 2019, Enda Pronat a participé au sommet international Désertif’actions à Ouagadougou au Burkina Faso. Cet événement, co organisé par l’ONG CARI[1], le SPONG[2] et la CNULCD[3], a regroupé environ 370 participant-e-s (ONG, scientifiques, collectivités locales, institutions internationales, acteurs des secteurs privés et publics…) de 40 pays du monde. Les échanges ont porté sur la problématique de la dégradation des terres, à travers les prismes de la désertification, de la protection de la biodiversité, de l’adaptation au changement climatique et de leurs conséquences au Nord comme au Sud.

Cette 4e édition du Sommet Désertif’actions était organisée pour la première fois sur le continent africain. Elle a vu la participation d’éminentes personnalités dont :

  1. Batio Bassiere, Ministre de l’environnement, de l’économie verte et du changement climatique du Burkina Faso, qui a présidé le sommet et a évoqué l’engagement du Burkina Faso à soutenir les acteurs de désertif’actions dans le plaidoyer pour la reconnaissance de leurs recommandations, notamment lors de la prochaine COP.

M Ibrahima Thiaw, Secrétaire Exécutif de la CNULCD, qui a interpelé l’assistance en ces termes : « Notre génération fait face à un défi existentiel. Le monde n’a jamais accumulé autant de richesses matérielles, mais il n’a jamais été aussi pauvre moralement. Nous n’avons jamais accumulé autant de connaissances, mais nous n’avons jamais autant ignoré les résultats de la science. Pourquoi marchons-nous sur la tête alors que nous avons des pieds ? »

M Patrice Burger, Président de l’ONG CARI qui a déclaré sur un ton grave que « Nous sommes à un point de basculement du changement climatique. Nous devons apprendre à vivre avec les mauvaises nouvelles, et questionner de manière critique l’avenir probable pour essayer de faire en sorte qu’un autre avenir soit possible. L’agroécologie porte des promesses importantes. » Il a conclu en scandant : « Nous sommes la terre qui se bat contre la désertification ! »

Les participant-e-s ont également eu le privilège d’échanger avec des militants et praticiens de l’agroécologie.

Ainsi, une grande variété d’acteurs a pu, pendant 4 jours, débattre et réfléchir sur l’enjeu majeur et mondial de la désertification. Les exposés et travaux de groupe ont porté sur la place des terres dans les initiatives en Afrique, l’agroécologie face à la désertification, l’Initiative de la Grande Muraille Verte, le pastoralisme en zone aride, la mise en œuvre de la neutralité en matière de dégradation des terres et en lien avec la gestion foncière, les multi-usages et la gestion intégrée des ressources en eau, ou encore les financements de la lutte contre la désertification. Enda Pronat a eu à partager son expérience notamment en termes de reverdissement à travers la pratique de la RNA, d’agroécologie, de gouvernance des ressources naturelles et de plaidoyer.

[1] http://www.cariassociation.org/

[2] http://www.spong.bf/

[3] https://www.unccd.int/ – La Convention des Nations Unies de Lutte Contre la Diversification a été adoptée le 17 juin 1994, suite au Sommet de la Terre de Rio. Elle vise à « l’amélioration de la productivité des terres ainsi que sur la remise en état, la conservation et une gestion durable des ressources en terres et en eau, et aboutissant à l’amélioration des conditions de vie, en particulier au niveau des collectivités ». En 2017, elle compte 197 Etats partis. La Conférence des Parties (COP) en est l’organe suprême décisionnel.