"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
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30 Sep 2019

La Dynamique pour la Transition Agroécologique au Sénégal reçue par le Ministre de l’agriculture et de l’équipement rural

Reçue en audience par le Ministre Moussa Baldé le lundi 23 septembre 2019, une délégation de la Dynamique pour la Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES) a présenté la feuille de route de ce groupe multi acteurs engagé pour la transition agroécologique du Sénégal.

Cette délégation était composée entre autres de représentants de faitières paysannes (CNCR, Réseau National des Femmes Rurales du Sénégal), d’ONGs nationales comme Enda Pronat, du Réseau des villes et communes vertes et écologiques du Sénégal (REVES), de l’association de consommateurs CICODEV, de la Coalition sous régionale pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN), de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ou encore du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD). L’objet de l’audience était de présenter la dynamique au sein de laquelle ce groupe d’acteurs est engagé pour la contribution à la transition agroécologique au Sénégal, ainsi que sa feuille de route, et de trouver chez le ministre et l’Etat un interlocuteur pour travailler ensemble à la mise en œuvre de cette vision forte.

En effet, depuis plusieurs années, ces organisations ont initié une diversité d’activités pour la promotion de l’agroécologie au Sénégal, telles que des sensibilisations, des expérimentations de terrain, la diffusion des bonnes pratiques et le plaidoyer envers les décideurs, notamment à travers l’organisation des Journées de l’agroécologie organisées avec l’implication du MAER depuis 2008. L’agroécologie est aujourd’hui reconnue comme un moyen de lutter contre les changements climatiques, de restaurer les sols, de fournir des produits de qualité, de créer des emplois et de la richesse.

Et lorsqu’en début d’année, le Président de la République avait affirmé sa volonté de faire de la transition agroécologique un axe prioritaire de son quinquennat, au sein du PSE Vert, les acteurs de l’agroécologie avaient décidé de se rassembler au sein de la Dynamique sur la Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES). Dans un souci de soutenir le gouvernement dans son ambition, et conscient que la Transition Agroécologique est un projet de société qui nécessite la mise en synergie de tous les acteurs, ce groupe multi acteurs avait alors pris l’engagement de conduire un processus de co-construction d’un document de contribution aux politiques nationales sur la transition agroécologique, en partant des préoccupations de la base, pour donner une contribution forte à cette vision en vue de faire du Sénégal un pays pilote dans la mise à l’échelle de l’agroécologie.

C’est dans ce sens qu’une série d’ateliers de consultation sont organisés entre aout et octobre 2019 dans les 6 zones éco-géographiques du Sénégal. Ces ateliers seront sanctionnés par un atelier national de validation du document de contribution aux politiques nationales sur la transition agroécologique, les 4 et 5 novembre 2019. L’idée étant de remettre ensuite ce document validé au Chef de l’Etat du Sénégal lors de la 3eme édition des Journées de l’Agroécologie qui devrait se tenir fin janvier 2020 en présence d’experts sous-régionaux et internationaux.

27 Sep 2019

Transition agro-écologique : consultation multi-acteurs dans la vallée du fleuve Sénégal

Dans le cadre du processus multi-acteurs pour une transition agroécologique, le groupe « Dynamique sur la Transition Agroécologique au Sénégal » (DYTAES) a lancé en août une série de sept ateliers zonaux pour consulter les populations locales et recueillir leurs propositions afin d’élaborer une stratégie d’accompagnement de l’Etat dans le processus de la transition agroécologique au Sénégal annoncé par le Président.

Après les zones de Niayes, le Bassin Arachidier et le Sénégal oriental, c’est au tour de la vallée du fleuve Sénégal d’être auditionnée. Le GITES s’est associé à cette rencontre qui s’est déroulée à Ndioum (Podor) du 17 au 19 septembre 2019 avec la DYTAS, EndaPronat et Action Contre la Faim.

La première journée de travail a consisté à réaliser une étude de terrain entre les terres autour du fleuve et l’espace pastoral. La première équipe a rencontré des acteurs du secteur agricole de l’île à Moprhile et s’est intéressé aux aménagements agricoles et aux terres de décrues. La seconde équipe est allé dans le diéri à la rencontré des groupements d’élevage et d’association pour la promotion de cultures fourragères et de la collecte de lait.

La deuxième journée s’est concentré sur un atelier participatif faisant remonter plusieurs thématiques atour des questions :

  • Comment faire revenir l’arbre dans l’agriculture ?
  • Comment améliorer l’accès aux aménagements hydrauliques responsables et équitables ?
  • Comment intensifier écologiquement l’élevage ?
  • Comment intensifier écologiquement l’agriculture ?
  • Comment améliorer l’accès à la formation en agro-écologie ?
  • Comment améliorer l’accès au crédit ?
  • Comment améliorer la gestion des aménagements hydro-agricoles ?
  • Comment améliorer la répartition de l’eau dans l’espace et le temps ?
  • Comment améliorer la coexistence entre agriculteurs et éleveurs ?

Cette initiative multi-acteurs, composée par des instituts de recherche, des acteurs de la société civile, d’organisations paysannes et les services techniques a été lancée dans un contexte où le Président de la République, dans son programme quinquennal, a fait de la transition agroécologique l’un des axes principaux du développement du Sénégal, « pour sécuriser l’alimentation des générations futures ».

Source: https://www.initiative-gites.org/transition-agro-ecologique-consultation-multi-acteurs-dans-la-vallee-du-fleuve-senegal/

25 Sep 2019

Ouvrages Biologiques pour renforcer la lutte contre l’érosion hydrique des sols

ENDA Pronat et la fédération Woobin accompagnent les populations de la commune Keur Moussa au Sénégal depuis une dizaine d’années, dans le développement d’une agriculture saine et durable, à travers des formations sur les techniques de productions agroécologiques, mais aussi des techniques de récupération des terres agricoles fortement dégradées et incultes, par la mise en place d’ouvrages de lutte anti-érosive et le reboisement.

La fédération paysanne Woobin est née en 2007, avec l’appui d’Enda Pronat, à partir de Comités Villageois de Développement des 36 villages de la Communauté Rurale de Keur Moussa (Région de Thiès) pour promouvoir une Agriculture Saine et Durable et notamment régénérer les ressources naturelles (sols, eau, végétation) de leur terroir. Depuis lors, Enda Pronat et Woobin mettent en œuvre un programme de renforcement de capacités des communautés de la zone afin de contribuer à l’atteinte de leur sécurité alimentaire et nutritionnelle. Cet accompagnement est axé principalement sur l’appui à la production agroécologique et la lutte anti érosive accompagnée de reboisement.

En effet, alors que le Centre et le Nord de la commune où l’eau d’irrigation est accessible, sont caractérisés par l’arboriculture et le maraichage principalement, les premiers diagnostics menés par les populations ont montré que la zone Sud, où les nappes d’eaux sont profondes, est soumise à une forte érosion hydrique qui emporte toutes les couches fertiles des terres et menace les villages.

Des formations et appui techniques et matériels sont fournis aux populations pour mettre en place des ouvrages antiérosifs mécaniques tels que des diguettes, fascines, demi-lunes, ponts filtrants et d’autres ouvrages.

De 2007 à 2017, ces actions ont contribué à la réduction du ruissellement, au retour de la végétation et à la récupération de 114,47 ha de terres dégradées dans sept villages. En 2015, une étude commanditée au cabinet GEODEF a montré dans son plan d’aménagement global des ouvrages de LAE qu’il ne suffisait pas seulement des ouvrages mécaniques pour lutter contre l’érosion mais aussi des ouvrages biologiques pour renforcer ces derniers.

Or, en parallèle de la mise en place des ouvrages, des comités observatoires composés des membres des villages qui interviennent dans les activités de lutte anti érosive (LAE), avaient été mis en place pour assurer le suivi des impacts de la LAE. Ces comités ont donc été formés par l’agent du Service des Eaux et Forêts de Pout sur les techniques de pépinières forestières. De 2014 à 2016, les membres des comités ont ainsi reboisé 28 675 plants d’acacia mellifera et acacia senegal, choisis par les comités pour leur résistance au stress hydrique. Ces arbres ont permis de contribuer à la préservation des sols mais aussi de sécuriser les exploitations agricoles des producteurs dans les villages.

Plus de 200 ouvrages antiérosifs ont été réalisés de 2007 à 2017, et plus de 80 supplémentaires de 2017 à nos jours. En 2019, les comités ont décidé de mettre en place 29 877 plants (d’acacia mellifera, acacia senegal, acacia nilotica, anacardier, moringa oleifera, prosopis juliflora, leuceana leucocephala).

Les populations ont pu constater elles-mêmes que les plants reboisés ont une action protectrice contre le vent et la pluie. La présence de racines abondantes dans le sol permet de fixer et de retenir les parties désagrégées de la roche, et donc de limiter considérablement l’érosion mécanique des sols. Les arbres permettent aussi qu’une partie de l’eau de pluie s’infiltre directement dans le sol pour alimenter les nappes phréatiques, mais aussi la production de litière pour la fertilité des sols. Grâce au phénomène de l’évapotranspiration, les arbres contribuent enfin à transférer de l’eau vers l’atmosphère, et participent ainsi pleinement au cycle de l’eau. Outre ces éléments positifs, l’aménagement des haies vives au niveau des exploitations agricoles réduit également les risques de conflits entre éleveurs et agriculteurs dans la zone, limitant les risques d’intrusion des troupeaux dans les champs.

 

 

23 Sep 2019

Contribution de la Société Civile à la Politique Nationale de Transition Agro-écologique au Sénégal : Consultation dans le Bassin arachidier

Dans le cadre du processus multi-acteurs pour une transition agroécologique, le groupe « Dynamique sur la Transition Agroécologique au Sénégal » (DYTAES), dont Enda Pronat est membre actif[1], a lancé en août une série de sept ateliers zonaux pour consulter les populations locales et recueillir leurs propositions afin d’élaborer une stratégie d’accompagnement de l’Etat dans le processus de la transition agroécologique au Sénégal annoncé par le Président. En effet, cette initiative multi-acteurs, composée par des instituts de recherche, des acteurs de la société civile, d’organisations paysannes et les services techniques a été lancée dans un contexte où le Président de la République, dans son programme quinquennal, a fait de la transition agroécologique l’un des axes principaux du développement du Sénégal, « pour sécuriser l’alimentation des générations futures ».

A la suite des ateliers tenus les 5 et 6 août et les 30 et 31 août respectivement dans la zone des Niayes et au Sénégal oriental, un troisième atelier a été organisé dans le Bassin arachidier les 12, 13 et 14 septembre 2019. L’objectif général de cette consultation des populations locales sur les questions agroécologiques est de faire un diagnostic sur le potentiel agrécologique et de recueillir les avis des populations pour une transition agroécologique durable et viable Des visites, échanges et témoignages ont permis de constater que la zone du Bassin arachidier regorge d’un fort potentiel et d’initiatives agro écologiques, et que dans certains villages, les populations se donnent à fond pour protéger leur patrimoine foncier et forestier.

En exemple, on peut citer le village de Tcheytou, dans la commune de Dinguiraye, où une forêt communautaire de 417 ha a été délibérée par le conseil municipal avec approbation par la sous-préfecture. Dans cette forêt, les espèces florales et animales sont bien protégées et des activités telles que l’agriculture, l’élevage, la cueillette y sont pratiquées avec le respect strict des règles établies dans la convention de gestion des ressources naturelles élaborées par les populations.

Dans la commune de Ndiob, plus de 345 producteurs ont été formés sur les techniques de régénération naturelle assistée (RNA). Dans le village de Thialé, l’ensemble des exploitations familiales sont engagées dans la production agroécologique des grandes cultures avec l’accompagnement technique de la ferme Beer Sheba.

Bref, les initiatives et potentiels agroécologiques dans le Baol, le Sine et le Saloum sont d’une importance cruciale. Néanmoins, la zone est confrontée à des problèmes d’eau (salinisation, indisponibilité et cherté), les effets des changements climatiques, la restauration des terres dégradée… Les ressources naturelles se dégradent et se raréfient de plus en plus, menaçant ainsi la satisfaction des besoins alimentaires des populations en quantité et en qualité.

La réponse à ces problématiques est d’encourager des systèmes de production et de consommation durables. Cela nécessite de mener un travail d’information, de conscientisation et d’accompagnement des populations locales et un plaidoyer vis à vis des autorités aux niveaux national, sous régional et international pour influencer les politiques de développement vers des pratiques durables.

[1] Plus d’informations sur la DYTAES et le rôle d’Enda Pronat dans cette dynamique dans ce précédent article : http://www.endapronat.org/2622-2/?fbclid=IwAR0EkfgXcr9nsUqpXQ3b7POtl3mXhkAZkYvI1hbGLKp5bXH4N0-pPT8AeSM

13 Sep 2019

Contribution de la Société Civile à la Politique Nationale de Transition Agro-écologique au Sénégal : Consultation dans les Niayes et dans le Sénégal oriental

Dans le cadre du processus multi-acteurs pour une transition agroécologique le groupe « Dynamique sur la Transition Agroécologique au Sénégal » (DYTAES), dont Enda Pronat est membre actif, a lancé en août une série de sept ateliers zonaux pour consulter les populations locales et recueillir leurs propositions afin d’élaborer une stratégie d’accompagnement de l’Etat dans le processus de la transition agroécologique au Sénégal annoncé par le Président. En effet, cette initiative multi-acteurs, composée par des instituts de recherche, des acteurs de la société civile, d’organisations paysannes et les services techniques a été lancée dans un contexte où le Président de la République, dans son programme quinquennal, a fait de la transition agro-écologique l’un des axes principaux du développement du Sénégal, « pour sécuriser l’alimentation des générations futures ».

La naissance de la DYTAES

Depuis lors, dans un souci de soutenir le gouvernement dans son ambition et consciente que la Transition Agroécologique est un projet de société qui nécessite la mise en synergie de tous les acteurs, Enda Pronat a initié une étude sur le partenariat multi-acteurs allant dans ce sens. Lors de l’atelier de restitution de l’étude, organisé à l’hôtel Good Rade le 8 mai dernier, les échanges entre les 80 participants issus de la société civile, de la recherche et de la formation ont confirmé le besoin d’harmonisation entre les différents cadres de l’agroécologie existants et plus particulièrement, la nécessité de mettre en place un groupe de travail pour appuyer politiquement ou sur le plan de la recherche la transition agroécologique (TAE) au Sénégal. C’est ainsi qu’est née, le 24 mai 2019, la DYTAES qui a pris l’engagement de conduire un processus de co-construction d’un document de contribution aux politiques nationales sur la TAE en partant des préoccupations de la base. Pour répondre aux défis actuels, il est crucial de mener des réflexions profondes avec les populations sur des modèles de production beaucoup plus durables qui visent une souveraineté alimentaire, la santé des êtres vivants, la création des richesses, la création d’emploi et la protection de l’environnement. C’est dans ce sens que les sept ateliers zonaux sont organisés en couvrant les différentes zones agroécologiques du Sénégal, en l’occurrence les Niayes, le bassin arachidier, la zone sylvo-pastorale, la vallée du fleuve Sénégal, le Sénégal oriental, la Casamance et la zone de Dakar.

Atelier de consultation dans la zone des Niayes

Le premier atelier de cette série s’est tenu les 5 et 6 août dans la zone des Niayes, plus précisément dans les communes de Keur Moussa, Diender et de Cayar (département de Thiès). Ces zones subissent aujourd’hui de plein fouet les effets des changements climatiques, des actions anthropiques et de politiques de développement peu soucieuses de l’environnement. Les ressources naturelles se dégradent et se raréfient de plus en plus, menaçant ainsi la satisfaction des besoins alimentaires des populations, en quantité et en qualité. Lors de la première journée des visites de terrain et des entretiens ont été effectués à Landou et à Diender pour échanger avec les populations locales. En plus, des restitutions et des séances de discussion ont été tenues, suite à des travaux de groupe, en présence des autorités locales et des services techniques.  

Consultation locale à Kédougou

Après l’atelier dans les Niayes, la DYTAES a organisé le deuxième atelier dans la zone de Kédougou les 30 et 31 août en suivant la même méthodologie. La zone de Kédougou est confrontée au problème de la gestion intégrée des ressources en eau, des effets des changements climatiques, de la régénération de la végétation naturelle et d’autres défis de développement tel que l’exploitation minière. Lors de la première journée, l’équipe d’animation a visité deux villages, Bakho et Madina Kenioto, et a mené des discussions avec les chefs de villages, les groupements des femmes et d’autres acteurs locaux sur les questions liées à la production agricole et au changement climatique. Plusieurs problèmes ont été relevés par les communautés, notamment la divagation des animaux, l’accès au foncier et à l’eau. Lors de l’atelier de restitution organisé le lendemain, les résultats des visites de terrain ont été partagés avec les autorités locales et les différents acteurs intervenant dans la zone.

« Il est important d’accompagner les communautés dans la mise en place d’un système de gestion de leurs ressources naturelles. » – Mamadou Sow, Agronome à Enda Pronat

Parmi les recommandations qui ont été élaborées lors de deux premiers ateliers, on peut citer les suivantes :

  • Faciliter l’accès à l’eau pour la consommation et la production agricole ;
  • Améliorer la gouvernance des ressources naturelles, notamment le foncier, l’eau et les ressources minières ;
  • Mettre en place des systèmes d’accès aux matières organiques ;
  • Mettre en place des mécanismes de financement adaptés à la situation des producteurs agroécologiques et élargir les interventions à l’ensemble des services techniques de l’Etat ;
  • Prendre des mesures pour faciliter la co-existence entre agriculteurs et éleveurs ;
  • Mener des études d’impact social et environnemental ;
  • Etablir des systèmes d’information sur les marchés ;
  • Identifier l’ensemble des acteurs du secteur ;
  • Favoriser la planification et la diversification des cultures ;
  • Renforcer les dynamismes multi-acteurs ;

Dans ce processus de consultations locales, les prochains ateliers se tiendront à Ndiob, dans le bassin arachidier, du 12 au 14 septembre et à Ndioum, dans la vallée du fleuve Sénégal, du 18 au 19 septembre 2019. S’en suivront les ateliers de la zone sylvo-pastorale, de Casamance et de Dakar, puis un atelier de synthèse et de validation du document de contribution politique sur la transition agroécologique au Sénégal, consolidé avec les conclusions de l’ensemble des ateliers zonaux.

13 Sep 2019

Consultations locales sur la transition agroécologique au Sénégal

Dans le cadre du processus multi-acteurs pour une transition agroécologique le groupe « Dynamique sur la Transition Agroécologique au Sénégal » (DYTAES), dont Enda Pronat est membre actif, a lancé en août une série de sept ateliers zonaux pour consulter les populations locales et recueillir leurs propositions afin d’élaborer une stratégie d’accompagnement de l’Etat dans le processus de la transition agroécologique au Sénégal annoncé par le Président. En effet, cette initiative multi-acteurs, composée par des instituts de recherche, des acteurs de la société civile, d’organisations paysannes et les services techniques a été lancée dans un contexte où le Président de la République, dans son programme quinquennal, a fait de la transition agro-écologique l’un des axes principaux du développement du Sénégal, « pour sécuriser l’alimentation des générations futures ».

La naissance de la DYTAES

Depuis lors, dans un souci de soutenir le gouvernement dans son ambition et consciente que la Transition Agroécologique est un projet de société qui nécessite la mise en synergie de tous les acteurs, Enda Pronat a initié une étude sur le partenariat multi-acteurs allant dans ce sens. Lors de l’atelier de restitution de l’étude, organisé à l’hôtel Good Rade le 8 mai dernier, les échanges entre les 80 participants issus de la société civile, de la recherche et de la formation ont confirmé le besoin d’harmonisation entre les différents cadres de l’agroécologie existants et plus particulièrement, la nécessité de mettre en place un groupe de travail pour appuyer politiquement ou sur le plan de la recherche la transition agroécologique (TAE) au Sénégal. C’est ainsi qu’est née, le 24 mai 2019, la DYTAES qui a pris l’engagement de conduire un processus de co-construction d’un document de contribution aux politiques nationales sur la TAE en partant des préoccupations de la base. Pour répondre aux défis actuels, il est crucial de mener des réflexions profondes avec les populations sur des modèles de production beaucoup plus durables qui visent une souveraineté alimentaire, la santé des êtres vivants, la création des richesses, la création d’emploi et la protection de l’environnement. C’est dans ce sens que les sept ateliers zonaux sont organisés en couvrant les différentes zones agroécologiques du Sénégal, en l’occurrence les Niayes, le bassin arachidier, la zone sylvo-pastorale, la vallée du fleuve Sénégal, le Sénégal oriental, la Casamance et la zone de Dakar.

Atelier de consultation dans la zone des Niayes

Le premier atelier de cette série s’est tenu les 5 et 6 août dans la zone des Niayes, plus précisément dans les communes de Keur Moussa, Diender et de Cayar (département de Thiès). Ces zones subissent aujourd’hui de plein fouet les effets des changements climatiques, des actions anthropiques et de politiques de développement peu soucieuses de l’environnement. Les ressources naturelles se dégradent et se raréfient de plus en plus, menaçant ainsi la satisfaction des besoins alimentaires des populations, en quantité et en qualité. Lors de la première journée des visites de terrain et des entretiens ont été effectués à Landou et à Diender pour échanger avec les populations locales. En plus, des restitutions et des séances de discussion ont été tenues, suite à des travaux de groupe, en présence des autorités locales et des services techniques.

 

PHOTOS 1 + 2 Niayes

 

Consultation locale à Kédougou

Après l’atelier dans les Niayes, la DYTAES a organisé le deuxième atelier dans la zone de Kédougou les 30 et 31 août en suivant la même méthodologie. La zone de Kédougou est confrontée au problème de la gestion intégrée des ressources en eau, des effets des changements climatiques, de la régénération de la végétation naturelle et d’autres défis de développement tel que l’exploitation minière. Lors de la première journée, l’équipe d’animation a visité deux villages, Bakho et Madina Kenioto, et a mené des discussions avec les chefs de villages, les groupements des femmes et d’autres acteurs locaux sur les questions liées à la production agricole et au changement climatique. Plusieurs problèmes ont été relevés par les communautés, notamment la divagation des animaux, l’accès au foncier et à l’eau. Lors de l’atelier de restitution organisé le lendemain, les résultats des visites de terrain ont été partagés avec les autorités locales et les différents acteurs intervenant dans la zone.

 

PHOTOS 1 + 2 Kédougou

 

« Il est important d’accompagner les communautés dans la mise en place d’un système de gestion de leurs ressources naturelles. » – Mamadou Sow, Agronome à Enda Pronat

 

Parmi les recommandations qui ont été élaborées lors de deux premiers ateliers, on peut citer les suivantes :

  • Faciliter l’accès à l’eau pour la consommation et la production agricole ;
  • Améliorer la gouvernance des ressources naturelles, notamment le foncier, l’eau et les ressources minières ;
  • Mettre en place des systèmes d’accès aux matières organiques ;
  • Mettre en place des mécanismes de financement adaptés à la situation des producteurs agroécologiques et élargir les interventions à l’ensemble des services techniques de l’Etat ;
  • Prendre des mesures pour faciliter la co-existence entre agriculteurs et éleveurs ;
  • Mener des études d’impact social et environnemental ;
  • Etablir des systèmes d’information sur les marchés ;
  • Identifier l’ensemble des acteurs du secteur ;
  • Favoriser la planification et la diversification des cultures ;
  • Renforcer les dynamismes multi-acteurs ;