"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
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31 Jan 2019

L’alphabétisation fonctionnelle pour une meilleure gestion des ressources naturelles

Du 15 au 18 janvier 2019, une équipe d’Enda Pronat est partie dans la zone de Koussanar en mission de prospection pour la mise en place de classes d’alphabétisation fonctionnelle sur la gouvernance locale des ressources naturelles.

Afin de choisir de manière participative et consensuelle les 10 villages bénéficiaires, les apprenants et les alphabétiseurs, des rencontres ont été organisées dans plusieurs villages, en collaboration avec notre partenaire local la Fédération Yakaar Niani Wulli, avec le chef de village, des notables et divers représentants et représentantes de la population, mais aussi avec les maires de Koussanar et Ndoga Babacar, et avec le sous-préfet de Koussanar et l’adjoint du sous-préfet de Maka Koulibanta.

Le jeudi 17 janvier, Malick SOW, chef du village de Ndémou Gayo, avait rassemblé hommes, femmes et enfants autour de lui pour échanger avec les avec les représentant-e-s d’Enda Pronat et de la Fédération de Yakaar Niani Wulli.

La protection de l’environnement a toujours été au cœur des activités menées par Enda Pronat dans l’ensemble de ses zones d’ancrage, celle de Koussanar y compris. Mais depuis 2012, des activités spécifiquement dédiées à l’amélioration de la gestion des ressources naturelles ont été mises en œuvre avec les populations de cette zone, où l’implication des populations locales dans la gouvernance locale est très faible et le niveau de dégradation des ressources naturelles particulièrement élevé (exploitation du charbon, changements climatiques, forte croissance démographique, réduction des surfaces cultivables…).

Ce sont d’abord des mises en défens qui ont été installées avec une quinzaine de villages, pour favoriser la régénération forestière. Mais face à l’ampleur du phénomène de déforestation sur de très larges superficies, il est paru essentiel d’adopter des stratégies de gestion plus globale des ressources naturelles. Le travail s’est alors peu à peu orienté vers la sensibilisation des populations sur les enjeux fonciers, et la redynamisation d’une ancienne convention locale de gestion des ressources naturelles, délaissée par les populations. De concertations villageoises, en séances zonales d’harmonisation des règles, le processus de renouvellement et de réappropriation de cette convention par les populations est toujours en cours.

C’est pour répondre à une forte et récurrente demande des populations de la zone où le taux d’analphabétisme est l’un des plus élevé du pays, et avec la volonté de renforcer leur éducation citoyenne et environnementale et de faciliter ainsi l’instauration de cette gouvernance participative, équitable et avertie des ressources naturelles, que des classes d’alphabétisation fonctionnelle doivent être mises en place. Réparties dans 6 villages de la commune de Koussanar et 4 villages de la commune de Ndoga Babacar, ces classes regrouperont chacune une trentaine de jeunes hommes et jeunes femmes analphabètes pendant 6 mois. Elles auront pour objectif de partager et renforcer la compréhension des règles de la convention locale, mais aussi du code pastoral, du tout nouveau code forestier, ou encore des enjeux fonciers et des procédures de sécurisation foncière des terres paysannes.

Dès le mois de février, les alphabétiseurs seront formés puis les classes d’alphabétisation pourront débuter.

Il sera nécessaire de poursuivre l’accompagnement mis en place à travers ces CAF sur plusieurs années et au niveau d’un maximum de villages de la zone, afin de favoriser l’émergence d’une génération de citoyens et citoyennes éveillé-e-s qui comprennent les enjeux et qui pourront ainsi participer activement à la gouvernance des ressources de leurs terroirs et les exploiter durablement pour que les générations futures puissent un jour en bénéficier à leur tour.

24 Jan 2019

Litige foncier à Ngnith : Les populations des 47 villages de la réserve du Djaël ont encore marché pour réclamer leurs terres.

Le torchon brûle toujours entre les populations des 47 villages du Djaël et  les responsables de l’entreprise agro-industrielle installée dans la zone de Ngnith depuis maintenant plusieurs années. La décision de l’attribution de 20 000 ha  par l’État à cette entreprise est toujours contestée par ces populations éleveurs. Ces dernières,  très en colère contre les pouvoirs publics, continuent de réclamer la rétrocession de leurs terres.

Regroupées derrière leurs responsables, elles se sont données rendez-vous au niveau de la commune de Ngnith pour organiser une marche de protestation et afficher leur ferme volonté de continuer la lutte pour que leur terres leur soient restituées. Tous les chefs de village de ces 47 localités impactées par le projet, parmi lesquelles on peut citer Kaddu Ndeff, Ndiorno, Ndiourki, Wouro Diali, Gnilling pour ne citer que ceux-là, sont plus que jamais déterminés à poursuivre le combat.

Gorgui Sow Seyfour Sarr et leurs autres camarades de ces villages peulhs demandent au président Macky Sall de  leur restituer ces terres qui, depuis qu’elles ont été mises à la disposition de ces agro industriels étrangers, n’ont apporté que  malheur et pauvreté pour eux, pour leurs enfants et leurs femmes, mais aussi pour leur cheptel.

Que ce soit Senhuile ou tout autre entreprise étrangère qui aurait pris la relève après l’échec reconnu des premiers producteurs italiens qui se sont lancés dans l’aventure, toutes ont échoué  car le projet n’a rien changé ni apporté comme avancées notoires pour les populations du Djaël.

Une situation qui, selon eux, doit pousser les autorités gouvernementales à méditer sur cette affaire et prendre la décision de leur restituer leurs terres pour que la paix puisse revenir définitivement dans cette zone. Un mémorandum a été remis par les  responsables du collectif a l’adjoint au maire.

Ndar Info | 22 Janvier 2019

Tension foncière : les démons de la contestation ressurgissent dans le NDIAEL (vidéo)

​La mutation de SENHUILE devenue désormais «  Ferme de la Téranga » n’enterre pas les accusations de spoliation de terres qui poursuivent cette entreprise installée dans la zone du NDIAEL.Les populations des 47 villages riverains ont marché, mardi, pour exiger de manière définitive la mise à la disposition de leurs terres.

Excédées notamment par l’incapacité du maire de GHITH Adama SARR à gérer le dossier, les populations s’adressent au président Macky SALL à qui ils ont donné une échéance.  « Si, d’ici la présidentielle, aucune mesure n’est prise pour nous mettre dans nos droits, nous prendrons nos responsabilités », a averti un manifestant. Les ruraux renseignent que les parcours du bétail obstrué, les barbelés dressés sur les sillages blessent les troupeaux.

Au terme de la marche, ils ont remis un mémorandum à un adjoint au maire de la Commune.

23 Jan 2019

Réunion des membres de l’Alliance 3AO au Sénégal Siège de Enda Pronat, Dakar, le 17/01/19

L’Alliance pour l’Agroécologie en Afrique de l’Ouest (3AO)[1] a été créée en Avril 2018 à Dakar au Sénégal, lors d’une réunion multi-acteurs co-organisée par ROPPA et IPES-Food. 31 organisations s’étaient réunies pour élaborer conjointement une stratégie visant à soutenir, par l’action, le développement de l’agroécologie et des systèmes alimentaires durables en Afrique de l’Ouest.

Depuis sa création, d’autres d’organisations ont rejoint l’Alliance. De ce fait et au vu des différentes initiatives au niveau national en faveur de l’agroécologie, le besoin de se rencontrer entre partenaires s’est fait ressentir.

Ainsi, afin de renforcer la dynamique de l’Alliance 3AO au niveau national, le comité de pilotage de 3AO basés au Sénégal a organisé une rencontre, le 17 janvier 2019, au siège de Enda Pronat, avec les membres de 3AO basés au Sénégal. Sur 25 organisations convoquées, 19 organisations ont répondu à l’appel.

Cette réunion avait pour objectif spécifique de décliner la feuille de route de l’Alliance en plan d’action national 2019 en identifiant le rôle et les contributions des différents membres.

Enda Pronat s’est engagée en particulier sur les thématiques du plaidoyer et sur le développement de systèmes alimentaires durables.

Le suivi du plan d’action de 3AO Sénégal 2019 sera assuré par les organisations membres du comité de pilotage de l’Alliance qui sont basées au Sénégal à savoir Action Contre la Faim, CIRAD et Enda Pronat, en s’appuyant sur les organisations responsables des actions. La prochaine réunion 3AO Sénégal est prévue fin juin.

[1] http://www.endapronat.org/lalliance-pour-lagroecologie-en-afrique-de-louest-3ao/

17 Jan 2019

Bénin/Le Gouvernement prend des mesures contre l’injustice foncière à Womey

La plateforme nationale de la convergence au Bénin a le plaisir de vous informer qu’après le passage de la 2e édition de la Caravane à Womey, une localité où règne une injustice foncière dénommée « affaire MARCOS » sur un domaine litigieux, le Gouvernement du Bénin a en conseil des ministres de ce Mercredi 16 Janvier 2019 retiré des mains de la collectivité MARCOS responsable de cette injustice, le domaine de 12ha pour cause d’utilité publique, au grand soulagement des populations victimes.
En effet, il s’agit d’un conflit domanial qui oppose des acquéreurs de parcelles et la collectivité MARCOS présumée propriétaire du foncier en litige, en raison de l’intention de cette dernière de faire exécuter des décisions de justice qui remonteraient à l’année 1941. Après des investigations menées et qui renseignent que le site impacte un nombre important de personnes (plus de 3000 personnes)  , et que des doutes subsistent sur l’existence de l’authenticité  des jugements mis à exécution, de même que sur la superficie réelle du domaine litigieux, le gouvernement a décidé de prendre des mesures conservatoires allant dans le sens d’une expropriation pour cause d’utilité publique, en application de la législation en vigueur.
Cette décision montre que le plaidoyer fait par la convergence à l’endroit des décideurs politiques lors de la caravane au Bénin et en particulier à Womey est entrain d’avoir ses effets. Ceci constitue une victoire pour toute la convergence.
Vive la convergence.
04 Jan 2019

PROTECTION DES SOLS, DES FORETS ET DES NAPPES La transition agro-écologique pour sauver le système de production

La viabilité de notre modèle agricole repose sur la transition agro-écologique, et celle-ci doit transcender les régimes politiques. C’est une question de survie dans un contexte de dégradation de notre environnement. Cette analyse est faite par Marième Sow, présidente du conseil d’administration du réseau international de Enda Tiers-Monde.

La présidente du conseil d’administration du réseau international de Enda Tiers-Monde, Marième Sow, est comblée de satisfaction. L’appel que les organisations de la société civile ont lancé, depuis les années 70, a été finalement entendu. L’appropriation des principes de la transition agro-écologique était leur cheval de bataille depuis des décennies. Cette figure emblématique d’une agriculture propre salue la prise de conscience des autorités d’aller vers un modèle de production agricole qui ne dégrade pas nos forêts ni nos sols, et qui ne pollue pas nos eaux souterraines et de surface. En effet, dans son message à la nation du 31 décembre 2018, le président Macky Sall a annoncé une préparation du Sénégal, pays sahélien, à la transition écologique à travers le « Pse Vert ». «  Si l’on parle de transition agro-écologique, cela veut dire qu’il y a une nécessité de changer notre système de production. La sécheresse, la coupe abusive de bois, l’utilisation incontrôlée de l’engrais chimique sont les causes fondamentales de la dégradation de l’environnement. L’alternative, c’est la transition agro-écologique », a affirmé Marième Sow. Cette Sénégalaise fait partie des associations de la société civile qui avaient alerté, depuis les années 70, sur les conséquences d’une agriculture qui abuse des intrants chimiques. En fait, qu’est-ce que c’est que la transition agro-écologique ? C’est le basculement vers un système de production qui impacte moins nos formations forestières et qui ne dégrade pas nos sols. En réalité, l’agro-écologie emprunte beaucoup aux techniques agricoles connues en Afrique. C’est pour cela que, depuis les années 70, Enda Tiers-Monde milite pour la vulgarisation de l’agro-écologie. Les spécialistes considèrent que la durabilité du système de production agricole dépend, en grande partie, de cette « alternative ». « La transition agro-écologique, c’est d’arriver à redonner vie à la terre, à nos forêts, aux micro-organismes qui sont dans le sol. C’est sur la base de l’analyse des résidus des pesticide dans le sol, que Enda Pronat a initié les organisations paysannes à faire recours à d’autres techniques de culture », rappelle Marième Sow, qui salue la vision du président de la République de faire de la transition agro-écologique un axe stratégique du Pse.

Maîtriser la gestion du patrimoine foncier

Elle considère que la transition agro-écologique doit transcender les régimes politiques. C’est une question de survie dans un contexte marqué par les conséquences du changement climatique pour un pays sahélien comme le Sénégal. « Si l’on y regarde de près, la transition agro-écologique est un projet de société. Nous saluons l’option du président Macky Sall d’en faire un axe prioritaire de sa politique. Même d’autres présidents qui viendront après lui doivent en faire une préoccupation majeure. Nous sommes satisfaits de cet appel, parce que pour réussir la transition agro-écologique, il faut qu’elle soit portée par les décideurs politiques, les communautés et les acteurs de la société civile », a précisé la secrétaire exécutive de Enda Pronat, Marième Sow.

Depuis les années 70, les acteurs à la base ont amorcé ce basculement vers une agriculture biologique qui utilise moins d’intrants chimiques. Aujourd’hui, on dénombre plus de 150 organisations paysannes qui ont adopté les techniques propres de production au Sénégal. Toutefois, la militante refuse de résumer la transition agro-écologique à la préservation de l’environnement. Cette notion, ajoute-t-elle, englobe le mode de gestion du foncier. Pour elle, il faut un équilibre entre l’usage du foncier pour l’agriculture, la restauration du couvert végétal, la protection des forêts entre autres. « La réussite de la transition écologique dépend de la maîtrise de la gestion de notre patrimoine foncier. Et, nous devons accepter que cette ressource soit utilisée pour satisfaire, à la fois, les besoins agricoles et la reconstitution du couvert végétal. Nous devons aussi maîtriser la gouvernance de nos ressources hydriques. On ne peut pas concéder des terres à des multinationales qui font de l’agro-business, qui utilisent toutes sortes d’intrants chimiques et prétendre arriver à la transition agro-écologique », a prévenu cette militante. Mme Sow s’est félicitée de la floraison des marchés de légumes bio aussi bien à Dakar qu’à l’intérieur du pays. La sensibilisation menée depuis les années 70 a vraiment porté ses fruits.

Idrissa SANE, journal LeSoleil