"Environnement Développement Action pour la Protection Naturelle des Terroirs"
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26 Nov 2018

Processus de contribution du GDSP à la Revue Conjointe du Secteur Agro-Sylvo-Pastorale et halieutique

Le 18 octobre 2018, Enda Pronat a accueilli le Groupe de Dialogue Social et Politique (GDSP) dans ses locaux à Dakar pour l’atelier national de validation de sa contribution à la Revue Conjointe du Secteur Agro-sylvo-pastorale et halieutique (RCSA).

Le Sénégal, à l’instar d’autres pays membres de l’Union Africaine, s’est engagé à organiser annuellement la RCSA, un élément d’application du septième engagement de Malabo portant sur la responsabilité mutuelle[1]. Elle se décline par un processus de dialogues inclusifs entre le Gouvernement, le Secteur Privé, la Société Civile et les partenaires techniques et financiers. Elle offre donc un cadre de mutualisation pour : (i) évaluer les performances et résultats du secteur agricole, (ii) aider les groupes d’acteurs à asseoir des politiques et identifier les priorités pour le secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique et enfin (iii) renforcer la participation des acteurs non gouvernementaux dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques agricoles. Sous ce rapport, la revue conjointe revêt une importance capitale en ce sens qu’elle reste un moment fort de retour sur la dernière année de mise en œuvre de la politique agricole et de réflexion sur les résultats obtenus, les performances du secteur, mais également un exercice de renouvellement des engagements mutuels des groupes d’acteurs sur les perspectives du secteur. Elle constitue un cadre d’échanges où tous les représentants des groupes d’acteurs doivent examiner, de manière concomitante et concertée, les voies et moyens qui permettent au secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique de jouer pleinement son rôle de levier pour une croissance soutenue, durable et inclusive. C’est la raison pour laquelle les Organisations de Producteurs et de la Société Civile, à travers le Groupe de Dialogue Sociale et Politique (GDSP), ont pris l’engagement de mener un exercice préparatoire indépendant afin de structurer et de documenter leur contribution à ladite revue conjointe. A cet effet, le GDSP a organisé cinq ateliers régionaux de consultation des Organisations de Producteurs et de la Société Civile (à Louga, St Louis, Kaolack, Ziguinchor et Matam) en septembre 2018 et une retraite pour synthétiser leurs contributions dans un document qui a été discuté et validé par les membres du GDSP au niveau national le 18 octobre dans les locaux d’Enda Pronat. Pour enrichir la contribution du GDSP, une étude d’approfondissement a été réalisée afin de mettre en exergue la contribution des exploitations familiales dans les performances du secteur. L’étude a montré qu’en 2017, sur ces 6 filières prioritaires (arachide, riz, coton, maïs, tomate industrielle), les exploitations familiales ont emblavé 1 818 000 hectares et mobilisé un investissement moyen de campagne 95 milliards de Fcfa pour l’achat des intrants (essentiellement semences et engrais). A l’atelier national de validation, les membres du GDSP ont apprécié l’intégration de ces données dans leur document de contribution et recommandé au comité technique d’approfondir l’étude et de prendre en compte un plus grand nombre de spéculations pour la prochaine RCSA. La contribution du GDSP a ensuite été partagée avec le Gouvernement à l’atelier de partage du 30 octobre 2018 à l’hôtel Good Rade à Dakar. Ce dernier a apprécié positivement la qualité de la contribution et projette de l’intégrer dans le document global de la RCSA dont l’atelier se tiendra avant la fin de l’année.

[1] http://ecowas-agriculture.org/sites/default/files/dc3a9claration-de-malabo-fr.pdf

22 Nov 2018

Nations unies: la Troisième Commission approuve la Déclaration sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales

(Lundi 19 novembre 2018, New York) La Troisième Commission (questions sociales, humanitaires et culturelles) de l’Assemblée générale des Nations unies a voté en faveur d’une Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales, via la Résolution A/C.3/73/L.30. La résolution a été approuvée par 119 voix pour, 7 voix contre et 49 abstentions. C’est un immense pas en avant pour une campagne menée par La Via Campesina – le plus grand mouvement paysan mondial – et soutenue par de nombreuses organisations autour du globe, dont FIAN et le CETIM. La Déclaration des Nations unies vise à mieux protéger les droits de toutes les populations rurales, comme les paysans, les pêcheurs, les personnes transhumantes et nomades, les ouvriers agricoles et les peuples autochtones et à améliorer leurs conditions de vie tout en renforçant la souveraineté alimentaire, la lutte contre les changements climatiques et la conservation de la biodiversité. L’approbation de cette Déclaration est également une importante contribution à l’effort de la communauté internationale pour promouvoir l’agriculture familiale et paysanne. La Bolivie, qui présidait le processus, a insisté sur l’importance d’une telle déclaration pour parvenir à des sociétés humaines plus résilientes, durables et inclusives: « Nous pensons qu’il s’agit d’un pas important vers des politiques publiques qui reconnaissent non seulement les droits et les besoins des paysans, mais aussi leur contribution au bien-être et à la qualité de vie des sociétés qu’ils nourrissent quotidiennement par leur travail. Nous sommes convaincus que cet instrument jouera un rôle central dans le domaine des droits de la personne ainsi que dans l’éradication de la faim et de la pauvreté, conformément à l’Agenda 2030 pour le développement durable et à la Décennie pour l’agriculture familiale, sans laisser personne derrière. » Depuis son adoption par le Conseil des droits de l’homme à Genève fin septembre, La Via Campesina et ses alliés ont redoublé d’efforts pour que cette Déclaration des Nations unies soit adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies. Les déléguées et délégués de La Via Campesina présents à New York depuis le début de la session de la Troisième Commission ont exprimé leur joie à l’issue du vote.« L’assemblée est une victoire stratégique, non seulement pour les paysans mais aussi pour les peuples du monde entier. Nous allons continuer sur ce long chemin de lutte et d’unité, pour les droits et la justice sociale, convaincus que la pleine démocratie n’est possible que par la réforme agraire, la fonction sociale de la terre et la pleine jouissance des droits des paysans » a affirmé Diego Monton de La Via Campesina Amérique latine.  L’approbation de la déclaration par la Commission a été ponctuée de quelques débats mais a bénéficié du soutien conséquent des régions de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine. Quelques réactions négatives sont survenues de la part de l’Europe et autre régions, avec la délégation des USA rejetant le texte en raison de préoccupations de longue date au sujet de la Déclaration, qui chercherait à étendre des droits existants, en distinguant les droits humains des paysans de ceux d’autres groupes, ainsi que concernant les droits collectifs stipulés dans le contenu. Les pays européens se sont également montrés divisés dans leur réponse. « Au sein de la Troisième Commission, à laquelle participent tous les pays de l’ONU, nous avons assisté à une grande diversité de positions de l’Europe orientale et occidentale. Nous remercions vivement ceux qui nous ont soutenus. Vos votes en faveur de la déclaration mettent des valeurs humaines dans les droits de l’homme et donnent de l’espoir à des millions de paysans, hommes et femmes, à travers le continent. A ceux qui se sont abstenus ou ont voté contre, nous tenons à vous dire que les paysans et les petites familles paysannes de vos pays ne peuvent être laissés pour compte », a rappelé Ramona Duminicioiu de la Coordination Européenne de La Via Campesina.

Zainal Arifin Fuat, de La Via Campesina Asie a dit de cette déclaration qu’elle marquait un tournant historique dans l’histoire des luttes paysannes.

« La Déclaration reconnaît le rôle de premier plan que jouent les paysans dans la résolution des multiples crises auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui – alimentaires, environnementales, sociales et économiques. Les paysans ont un rôle essentiel pour la sécurité et la souveraineté alimentaires et pour la réalisation du droit à l’alimentation, en particulier dans les pays en développement, où ils fournissent jusqu’à 80% de la nourriture consommée localement. Cette Déclaration des Nations unies contribuera également aux efforts de l’humanité pour mettre fin à la pauvreté, à la faim et pour atteindre nos objectifs de développement durable. En Asie, nous pensons que si nos droits sont reconnus et mieux protégés, les populations pourront développer les zones rurales et éviter l’exode rural, cause de problèmes insolubles » a-t-il ajouté.

« La ruée sur les ressources qui se poursuit sur le continent africain comme ailleurs a mis les paysans dans une position d’extrême vulnérabilité. L’attaque en cours contre les systèmes semenciers paysans a des répercussions bien au-delà de ceux qui produisent la nourriture. Elle touche tout le monde. Depuis 17 ans, nous faisons patiemment campagne pour un instrument international qui puisse protéger nos droits en tant que paysans et empêcher que nos systèmes alimentaires ne soient démantelés au profit d’une poignée d’individus. C’est un moment de fierté aujourd’hui pour les millions de paysans du monde entier, qui n’abandonnent jamais face à l’adversité. » a affirmé Elizabeth Mpofu, coordinatrice générale de La Via Campesina.

« La force du mouvement paysan se fait sentir au plus haut niveau de la gouvernance internationale: pour cela, nous devons rendre compte du travail acharné et de la passion de tant de paysans du monde entier. La solidarité des paysans, à l’échelle internationale, témoigne du lien étroit qui nous unit et lie nos enjeux, peu importe où nous vivons. Cependant, aujourd’hui n’est qu’une étape sur le long chemin de la justice en matière de droits humains pour les populations rurales. Nous devons poursuivre sur cette lancée et mettre la déclaration en action à tous les niveaux de la société. » a déclaré Jessie MacInnis, La Via Campesina Amérique du Nord.La Déclaration des Nations unies sera formellement ratifiée par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 2019, à la suite de la décision prise par la Troisième Commission cette après-midi.


Une note d’information sur la Déclaration des Nations unies peut être téléchargée ici.
Le texte complet de la Résolution et de la Déclaration est disponible ici.
Pour plus d’information merci de visiter www.viacampesina.org

Contacts pour la presse:

Ramona Duminicioiu (anglais, français, roumain) : +40 746 337 022 , ramona@ecoruralis.ro
Jessie MacInnis: (anglais) : +1 (902) 292-1040 , jessiemacinnis@gmail.com
Diego Monton (espagnol) : +54 9 261 561-5062 , diegomonton@gmail.com

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22 Nov 2018

Deuxième édition de la Caravane ouest africaine, TERRE, EAU et SEMENCES PAYSANNES

Le lancement officiel de la deuxième édition de la Caravane ouest africaine de la Convergence Globale de Lutte pour la Terre et l’Eau Ouest Africaine (CGLTE-OA)[1], s’est tenu le samedi 10 novembre 2018 à Mamou, Guinée Conackry sous la présidence effective du Gouverneur de ladite région. Cette forte mobilisation a réuni plus de 200 personnes venant d’horizons divers tels que la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. A l’issue de la rencontre, le porte-parole de la Convergence Globale, Monsieur Massa Konè est revenu d’abord sur l’esprit de la caravane qui est l’engagement citoyen et le militantisme. « Cette caravane prône la paix et se définit comme principal objectif la lutte pour le respect des droits humains sur la gouvernance des ressources naturelles, notamment l’eau et la terre. Ces deux ressources constituent la vie. Sans terre et eau, il n’aura pas de vie. Aujourd’hui la jeunesse ouest africaine s’est engagée par le plaidoyer pour un développement durable et viable qui profite à tout le monde. Quel qu’en soit le prix, ce combat sera mené dans la paix mais avec la détermination. Le développement de l’Afrique est entre les mains des Africains et il doit être arraché par la jeunesse. » Abondant dans le même sens, le Gouverneur de la région de Mamou, Monsieur Alpha Omar Diallo s’est réjoui de cette initiative. « L’Afrique est une et indivisible. La caravane est une belle initiative d’intégration des peuples, elle porte espoir puisqu’elle est en majorité portée par des jeunes. La jeunesse c’est l’espoir, l’espérance et le développement. En outre, il avoue la terre et l’eau sont indispensable à la vie. Mais aujourd’hui le phénomène est beaucoup plus global, c’est un problème environnemental. Le monde subit de plus en plus les effets des changements climatiques. Ensemble, nous devons unir nos forces pour une Afrique prospère. » Sur ces mots, il a lancé officiellement le démarrage des activités de la Deuxième Edition de la Caravane Ouest Africaine de Lutte pour la Terre, l’Eau et les Semences Paysannes. La caravane se déroule du 10 au 30 novembre. Elle a déjà fait étapes dans plusieurs localités de Guinée Conakry et Côté d’Ivoire, et se trouve actuellement au Ghana, avant de continuer vers le Togo, et enfin le Bénin. Les caravaniers doivent rencontrer le Président béninois M Patrick Talon, actuel Président de la CEDEAO, pour lui remettre le livret Vert de la CGLTE[2].

[1] https://africaconvergence.net/?lang=fr

[2] https://africaconvergence.net/spip.php?article4

03 Nov 2018

Magazine la Clef des terroirs N 10: Foncier et alimentation

Le droit à l’alimentation et á la terre est une base pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations rurales vulnérables tout en contribuant à la protection des moyens de subsistance de millions d’agriculteurs dans le monde. L’accès accru à l’eau, à la terre, aux pêches, aux forêts et aux autres ressources naturelles favorise , pour des milliards de personnes, l’accès à des denrées alimentaires suffisantes permettant ainsi une alimentation adéquate. Voilà pourquoi votre magazine la « La Clef des terroirs » concentre son dixième numéro sur cette question.

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