Présentation

Créée en 1972, l’ONG ENDA Tiers-monde a su fédérer les énergies, les compétences et les initiatives contre les mécanismes qui génèrent la pauvreté et affectent la dignité humaine, en vue de promouvoir une nouvelle citoyenneté qui préserve les intérêts des couches et catégories sociales les plus démunies. Née au Sud, ENDA est la résultante d’un long cheminement d’esprits éclairés qui ont constaté les échecs du développement des pays du Sud qui, non seulement ne parvenaient pas à décoller après une décennie d’indépendance, mais qui étaient engagés dans des politiques conduisant à une dégradation progressive des ressources naturelles. Depuis toujours, ENDA a mené son combat pour le développement durable, en agissant à la base en faveur de l’amélioration des conditions de vie des groupes vulnérables et en prenant une part active dans la bataille d’idées contre l’hégémonie de la pensée unique néolibérale.

La création d’ENDA Pronat a procédé de la volonté de deux universitaires qui avaient fait le pari de réussir à sensibiliser les populations et les décideurs politiques sur les risques liés à l’utilisation des produits agrochimiques, dans un contexte où le niveau d’instruction des personnes chargées de manipuler ces produits était très limité. En effet, ces personnes ne disposaient pas des capacités requises pour identifier le type de ravageur, la nature des attaques, le produit approprié, les modalités de son utilisation et les conditions de sa conservation.

Après plusieurs activités de sensibilisation, d’information et de formation ciblant les différents acteurs (décideurs politiques, chercheurs, agents d’encadrement et populations), une autre étape a consisté à réfléchir sur les alternatives à promouvoir, en mettant à contribution les « chercheurs aux pieds nus » et les chercheurs scientifiques sur le terrain. Cette démarche a permis de remettre en valeur les pratiques traditionnelles fondées sur le savoir-faire des populations locales et de les combiner avec les acquis de la recherche scientifique et technologique, pour minimiser l’utilisation des produits agrochimiques dans les systèmes de production, tout en favorisant l’augmentation des rendements.

Pyramide d’évolution des thématiques ENDA PRONAT

 

Zones d'ancrage d'ENDA PRONAT et Réseaux partenaires

L’évolution de la zone des Niayes au cours du siècle dernier est caractérisée par des tendances lourdes de l’extension des villes au détriment de l’espace rural et le développement de pratiques agricoles intensives pour satisfaire la demande alimentaire croissante. Ces deux tendances engendrent des pressions croissantes et continues sur les ressources naturelles (sol, couvert végétal, eau souterraine et de surface) qui se dégradent avec une rapidité inquiétante. Ces facteurs sont le résultat d’une politique de « mal aménagement de l’espace », et à l’origine d’un processus d’exclusion et d’appauvrissement des populations autochtones.Confrontés à ces problèmes, les Agropasteurs de Diender et la Fédération Woobin de Keur Moussa s’organisent pour défendre leurs terres et les valoriser à travers la promotion du maraîchage et de l’arboriculture agro écologique.

L’avènement des barrages et de la sécheresse a conduit à une modification des systèmes de production. Ils font désormais face à des problèmes de rentabilité dus aux coûts importants des aménagements, de la production et à la faiblesse des performances économiques qui butent sur l’accès difficile des producteurs aux moyens techniques et financiers.Ce modèle qui se concentre principalement sur la production de riz et de légumes utilise beaucoup de pesticides pour faire face aux prédateurs des cultures. Depuis les années 90, Pronat accompagne la fédération Ngatamaaré Tooro dans la riziculture et le maraîchage agro écologique et la production de semences paysannes (plus de 200 espèces de fruits, légumes, riz et sorgho).

Situé à 500 km à l’est de Dakar, au carrefour des civilisations peul, mandingue et bambara, la région de Tambacounda se trouve enclavée, loin du pôle économique qui est concentré sur la côte ouest. Dans cette zone, la Fédération Yakaar Niani Wulli œuvre pour la diversification des cultures biologiques telles que le fonio, sésame, bissap, arachide, mil, sorgho et maïs et la production de semences locales de ces spéculations.

La subvention de l’arachide par l’Etat dans les années 60 a entraîné une forte pression sur les ressources naturelles entraînant une importante dégradation des sols. La monoculture et l’utilisation d’engrais minéraux continuent d’engendrer une acidification qui se traduit par des baisses de rendement. La dégradation de la fertilité des sols a également facilité l’envahissement des cultures de mil par la plante invasive Striga qui constitue un véritable fléau pour les producteurs. Le déficit vivrier qui s’est installé, a engendré une pauvreté et un exode massif des populations vers les centres urbains comme Dakar et Touba. L’Union des Collectivité de Tattaguine se bat pour préserver les variétés de semences locales (mil, sorgho, riz, arachide) à travers des actions de sensibilisation des populations et de formations sur les techniques de conservation traditionnelle des semences (greniers en banco).

Au niveau national, ENDA PRONAT est membre fondateur des réseaux suivants:

  1. REVES: Réseau des villes et communes vertes du SENEGAL;
  2. RNFRS: Réseau National des Femmes Rurales du Sénégal;
  3. CRAFS: Cadre d’action et de réflexion sur le foncier au Sénégal;
  4. ASPSP: Association Sénégalaise de Producteurs de Semences Paysannes;
  5. FENAB: Fédération Nationale pour l’Agriculture Biologique;
  6. COPAGEN: Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain .

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