Gouvernance

La reconquête de la souveraineté alimentaire repose fortement sur les dynamiques locales engagées dans une optique d’un développement durable. C’est à l’échelle du terroir que les problèmes de développement durable sont perçus. Ce sont les habitants des terroirs (les communautés locales) qui ont le plus d’intérêt de gérer et développer les ressources locales et leurs potentialités pour satisfaire les besoins immédiats et des générations futures alors qu’ils ne possèdent pas encore ou que partiellement ou de manière inéquitable le contrôle sur ces ressources. Et ce sont eux qui doivent être engagés au premier plan dans la recherche des solutions à la fois équitable et démocratique. Donc, les terroirs doivent avoir une place privilégiée dans l’élaboration et la mise en place des stratégies de développement durable.

Cela veut dire que les populations et les élus travaillent ensemble pour que les planifications de communes puissent partir des besoins des habitants. Les populations doivent comprendre le rôle des élus pour qu’elles soient beaucoup plus actives sur les choix de leurs représentants, une façon de contrecarrer la non-transparence et la dilapidation des ressources.

Dans une communauté locale, dans l’intérêt des populations et des générations futures, toutes les catégories d’acteur doivent parvenir à définir et comprendre son rôle pour s’engager dans la recherche :

  • à la souveraineté alimentaire
  • à la création des richesses et
  • à la construction de la citoyenneté pour atténuer les conflits et sécuriser les zones rurales.

Même si la décentralisation demeure incontestablement un outil fondamental dans la gouvernance des terroirs par les populations elles-mêmes, dans le processus de notre apprentissage avec les fédérations et les Conseils Ruraux, nous avons ensemble fait le constat de quelques obstacles qui ralentissent la réappropriation de cet outil :

  1. le niveau général d’instruction des populations,
  2. la pauvreté et la corruption entrainées par la politique politicienne.
  1. le manque des ressources financières

Les sociétés paysannes sont entrain de vivre des mutations profondes ; elles méritent un accompagnement dans une alternative de développement durable qui prenne en compte leurs valeurs socio-culturelles et économiques.

Donc, pour parvenir à reconquérir la souveraineté alimentaire, nous devons commencer par renforcer les capacités d’organisation, de concertation, de prise de décision puis d’action collective des exploitations familiales. Or, cela reste largement tributaire d’une prise de conscience citoyenne des populations. Cette prise de conscience suppose que chaque individu soit conscient de son rôle dans l’élaboration d’une démocratie viable. Elle reflète la participation active de toutes les composantes de la société. Les OSC et le système d’éducation d’enfants doivent beaucoup apporter à l’élaboration de cette conscience qui par ailleurs stimule la participation citoyenne. Le programme d’éducation environnementale en milieu scolaire devient un maillon essentiel de l’approche agro-écologique.

Cette démarche de renforcement de la gouvernance locale est nécessaire d’autant plus que le gouvernement du Sénégal cherche à renforcer l’autonomisation des communautés à travers l’acte 3 de la décentralisation.

De plus, au Sénégal, la bonne gouvernance est au cœur de l’agenda des politiques publiques. Elle fait en effet l’objet du troisième axe stratégique de la Stratégie Nationale de Développement Economique et Social (SNDES 2013-2017). En droite ligne de la vision et des perspectives politiques tracées par les Autorités, le Ministère a élaboré une stratégie de promotion de  bonne gouvernance qui consacre la définition et la matérialisation d’une politique fondée sur une nouvelle éthique du développement.  Le Gouvernement du Sénégal a réaffirmé, dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement Economique et Social (SNDES 2013-2017), sa volonté de poursuivre la promotion de la gouvernance en vue de renforcer l’efficacité des politiques publiques pour un développement économique et social durable.