GENRE

La société sénégalaise présente traditionnellement de fortes disparités en ce qui concerne les rapports sociaux de genre. Cette situation est due à plusieurs facteurs dont la plupart sont liés aux mœurs, à l’inégalité de l’accès entre hommes et femmes au savoir, aux ressources naturelles et financières de même qu’aux sphères de prise de décision. En milieu rural, cette disparité est entretenue par des facteurs socioculturels qui assignent à la femme des fonctions beaucoup plus familiales et sociales (alimentation, reproduction, éducation des enfants ; …) qu’économiques et politiques. Cette responsabilisation des femmes dans l’espace privé réduit leur participation aux processus de décisions économiques et politiques à tous les niveaux (ménages ; villages ; organisations ; Collectivités Locales) et freine ainsi leur accès sécurisé aux ressources notamment à la terre et aux technologies.

Conscientes de cette injustice, les autorités étatiques ont intégré le principe d’équité et d’égalité entre hommes et femmes dans certaines lois et programmes de développement. C’est le cas notamment de la loi sur la parité, adoptée en 2010, qui consacre une représentation égalitaire entre les hommes et les femmes dans les instances électives et semi-électives (Assemblée Nationale, Conseil Régional, Conseil Municipal). Grâce à cette loi, les femmes représentent 43% des députés à l’Assemblé Nationale depuis juin 2012.

De même, la loi sur le Domaine National (loi 64-46 de 1964) promeut un accès équitable au foncier pour les différentes catégories sociales. Néanmoins, sa promulgation et la signature des décrets d’application n’ont pas réussi à détourner véritablement les populations locales des pratiques coutumières qu’elle était censée combattre. Les inégalités de toute sorte persistent au détriment des catégories sociales les plus faibles, notamment les femmes, et les principes coutumiers demeurent la référence en matière d’accès au foncier au niveau local. C ‘est dans ce contexte et dans le souci de réduire les inégalités entre les femmes et les hommes qu’ENDA PRONAT prenne en compte la dimension genre dans sa démarche.