Les communautés reverdissent le Sahel

 

Les 12 et 13 mars 2019, s’est tenu à l’hôtel club des filaos de Saly (Mbour), l’atelier de pré-validation des études de référence dans le cadre du Programme « Les communautés reverdissent le Sahel », porté au Sénégal par le Consortium composé du Centre National de Recherches Forestières de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (CNRF/ISRA), de ENDA Énergie, de ENDA Pronat et de IED Afrique qui en assure la coordination au niveau national.

Cet atelier avait pour objectif de partager et de discuter les résultats de ces études de référence, de réfléchir sur des pistes d’amélioration des approches méthodologiques (capitalisation des expériences, stratégie de reverdissement, choix des sites d’intervention, etc.), d’explorer les opportunités de partenariat et de synergie avec les parties prenantes clés dans la mise en œuvre et réfléchir sur le processus de mise en place d’une plateforme des parties prenantes sur le reverdissement au niveau du Sénégal.

Le Programme « Les communautés reverdissent le Sahel » vise à reverdir 200 000 ha dans trois pays de l’Afrique de l’Ouest (Niger, Burkina Faso et Sénégal) dont 60 000 ha pour le Sénégal, valoriser les produits forestiers non ligneux issus de la régénération naturelle assistée (RNA) et mener des actions de plaidoyer et lobbying pour la prise en compte de la RNA dans les décisions politiques. Ce programme s’aligne bien avec les objectifs du Sénégal dans le cadre de la Contribution Déterminée au Niveau National (CDN) où l’Etat s’est fixé 500 000 ha de mise en défens/RNA avec l’appui des organisations non gouvernementales.

Ces objectifs ambitieux et audacieux témoignant des défis à relever, expriment tout de même la nécessité de réunir tous les acteurs potentiels susceptibles de contribuer à l’atteinte des objectifs du projet. A cet effet, le présent atelier a vu la participation des députés membres du Réseau des Parlementaires pour la Protection de l’Environnement au Sénégal (REPES), des producteurs leaders et des maires des communes étudiées (Mboula, Diouroup, Diognick, Khatre Sy et Koussanar), des représentants d’ONG et des services techniques (eaux et forêts, agriculture, élevage).

Dans sa première partie, les discussions ont tourné autour des résultats d’études portant sur la revue du cadre légal des politiques de reverdissement et de l’évolution des approches de la gouvernance. Les études ont mis en relief la pluralité des lois nationales et des conventions nationales ratifiées, et leur évolution d’une gestion centralisée au niveau de l’Etat à une gestion décentralisée, puis enfin à une gestion concertée qui soutient la participation des communautés à la gouvernance locale. Considérant qu’on ne peut pas prétendre gérer une chose sans connaître son potentiel, les échanges ont aussi porté sur les résultats de la revue documentaire sur les produits forestiers non ligneux (PFNL) et des situations de référence de la RNA dans les communes de Ndiognick, Mboula, Mbayène, Diouroup et Koussanar. Les discussions ont aussi été enrichies par le partage d’expériences de reverdissement des acteurs, notamment capitalisées par la Direction des Eaux et Forêts et des Etablissements Classées, de l’ONG SOS Sahel et de l’Institut National de Podologie à travers le programme Gestion Durable des Terres (GDT).

Dans sa seconde partie, la réflexion a été poussée autour des stratégies de mises en œuvre de la RNA, de la valorisation des PNFL et des politiques.

Au terme de cette première rencontre, des recommandations fortes ont été soulignées, dont les principales sont de :

  • Renforcer les alliances pour une vulgarisation de la RNA au Sénégal ;
  • Poursuivre le diagnostic dans les zones à fort potentiel de RNA ;
  • Identifier des filières porteuses pour la valorisation des produits forestiers non ligneux (PFNL) ;
  • S’appuyer sur les plateformes existantes (Plateforme GDT, les directives volontaires etc.) ;
  • Installer un cadre de réflexion spécifique sur la RNA ;
  • Intégrer les institutions de formation dans la mise en œuvre du projet dans le cadre de l’éducation environnementale pour un changement de comportement,
  • Mettre en place un fonds incitatif destiné aux producteurs qui vont pratiquer la RNA.

Dans les prochaines étapes, il s’agira dès lors pour le consortium du programme au Sénégal « Les communautés reverdissent le Sahel », d’exploiter les différentes contributions des participants pour affiner les différentes études de référence et de les restituer au niveau des différentes communes étudiées pour enfin tout compiler et dégager un plan d’action triennal.