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3AO: Alliance pour l’agroécologie en Afrique de l’ouest

L’Alliance pour l’Agroécologie en Afrique de l’Ouest (3AO) est une plateforme de coordination et de relais d’information composée d’organisations paysannes, d’instituts de recherche/universités, d’ONG internationales et nationales dont ENDA PRONAT et de mouvements sociaux. Elle a pour objectif de promouvoir et d’accompagner une transition agroécologique en Afrique de l’Ouest pour garantir des moyens d’existence résilient, durables et adaptés aux nouveaux enjeux agricoles ouest-africains. À travers une série d’actions concrètes et concertées, 3AO vise à renforcer les synergies entre différents organismes et échelles d’action pour accentuer la force du plaidoyer, la visibilité du mouvement, et l’impact des initiatives agroécologiques.

 

 

 

Etude sur les mécanismes de gestion des semences: Cas du Sénégal

La gestion des semences se trouvent actuellement dans une situation mixte dans la plupart des pays francophones d’Afrique de l’Ouest : i) d’une part, les gouvernements sont sous la pression des entreprises internationales, qui semblent très déterminées à contrôler les semences partout dans le monde, et militent ainsi à avoir des lois harmonisées sur les semences; ces lois viseront à orienter la gestion des semences dans la même direction que celle des pays européens et nord-américains ; de telles lois déposséderaient, dans un futur que les entreprises internationales souhaiteraient proche, les agriculteurs de leurs semences, criminalisant l’utilisation des semences indigènes; ii) d’autre part, les gouvernements sont confrontés à une situation où l’agriculture familiale est dominante dans les zones rurales, avec un mécanisme presque sui generis de gestion des semences; dans ce système d’agriculture familiale, les agriculteurs utilisent encore, dans leur grande majorité, des semences locales et autochtones selon les us et coutumes en vigueur dans leurs communautés depuis des millénaires, et ne sont pas prêts à respecter la réglementation nationale, en particulier dans la production alimentaire.

Les enquêtes se sont déroulées dans 12 communes situées dans 7 régions du Sénégal (Dakar, Thiès, Diourbel, Fatick, Kaolack, Kaffrine et Tambacounda) qui appartiennent à trois zones agroécologiques que sont les Niayes, le Bassin Arachidier et le Sénégal Oriental (www.isra.sn). Voir figure 1 ci-dessous. ENDA PRONAT, point focal COPAGEN Sénégal, a participé activement à cette étude.

Les propositions de réforme de la société civile portées par le Cadre de Réflexion et d’Action sur le foncier au Sénégal (CRAFS) rejettent une immatriculation généralisée des terres et proposent le maintien de l’esprit de la loi 64-46 relative au domaine national avec quelques réaménagements. La société civile sénégalaise qui a travaillé depuis des années sur la question foncière avec les communautés locales, affirme son opposition à toute option de réforme qui est de nature à instaurer un marché foncier et une tendance à la marchandisation foncière. Le maintien de l’esprit de la loi 64-46 renvoie à la consolidation des principes de l’inaliénabilité et de la gestion communautaire des ressources foncières. Toutefois, l’évolution du contexte exige un toilettage de cette loi de 1964 afin de prendre en compte les mutations contextuelles. Ainsi, quels que soient les changements à apporter, la terre doit rester entre les mains des communautés qui l’exploitent. Consciente de l’important rôle que doit jouer le secteur privé, la société civile lui aménage un environnement juridique attractif basé sur le partenariat gagnant-gagnant avec les communautés locales.

Nous, Délégué-es des coalitions nationales membres de la COPAGEN , représentant différentes organisations locales, venu-es de neuf (9) pays de l’Afrique de l’Ouest , sommes réunis du 2 au 4 octobre 2018, à Ouagadougou (Burkina Faso), dans le cadre du 13ème forum régional annuel, en vue de réfléchir sur le thème suivant : « Accaparement des terres, nouvelles générations d’Organismes Génétiquement Modifiées (OGM) et biopiraterie: Quelles menaces sur l’agriculture familiale et l’agro écologie paysanne et quelles solutions durables ? ». Les différentes communications, les témoignages et les échanges nous ont permis d’établir les constats suivants :

Agroécologie: Capitalisation d’expériences en Afrique de l’ouest

Ce rapport présente les résultats de l’étude réalisée dans le cadre du projet Capitalisation d’expériences d’acteurs pour le développement de techniques agroécologiques résilientes en Afrique de l’Ouest (CALAO). Le projet CALAO a été coordonné par l’association Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) et mis en œuvre par les associations AVSF, Gret, CARI, Agrisud International, ENDA Pronat (Sénégal), ARFA (Burkina Faso), RAFIA (Togo), Inades Formation Togo, ainsi que l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD, Dakar), l’Université Nazi Boni (UNB, anciennement UPB, Bobo Dioulasso), l’Ecole Supérieure d’Agronomie du Togo (ESA-UL) et l’association Inter-réseaux Développement rural. L’étude s’est également appuyée sur un partenariat avec l’Unité de Formation et de Recherche Agriculture com- parée et Développement agricole d’AgroParisTech. Le projet a été mis en œuvre dans le cadre du PASANAO (Projet d’Appui à la Sécurité Alimentaire en Afrique de l’Ouest), financé par l’AFD et dont la maitrise d’ouvrage est assurée par la CEDEAO. Le projet CALAO a été cofinancé par AVSF, le Gret, Agrisud et le Cari dans le cadre du Groupe de travail sur les transitions agroécologiques (GTAE).

Pour la sécurisation des droits fonciers des femmes la stimulation des interventions pour un impact durable au Sénégal

La terre, au Sénégal, est une ressource qui est de plus en plus rare. De nombreuses communautés rurales sont confrontées à l’insécurité de jouissance en raison de la croissance démographique, de l’urbanisation galopante et des projets d’investissements publics et privés (étrangers) ayant une incidence sur le foncier. Dans ce genre de situation les femmes ont peu à dire dans ce qui se passe dans le domaine foncier. La loi sénégalaise stipule que les femmes et les hommes ont des droits égaux en ce qui concerne l’accès aux ressources foncières et naturelles ainsi que le contrôle de ces dernières. Cependant la gouvernance foncière est très décentralisée dans le pays. Les décisions relatives à la terre sont prises au niveau local et souvent, les pratiques coutumières et traditionnelles où les femmes héritent rarement de la terre, prennent le dessus sur les lois. La terre est en général une propriété familiale gérée par le chef de famille, qui est habituellement un homme. Cette publication est parue en 2018